Vers 9 h 30 UTC, le 31 octobre 2026, le suivi des rendements de DefiLlama affichait un blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool de liquidité WHYPE-USDC sur Hyperliquid à 61,15 % et de l’USDC prêté sur le marché Ethereum d’Aave à 5,43 %. Les deux chiffres figuraient dans la même colonne, sous les mêmes trois lettres : APY. Ils décrivent pourtant des réalités très différentes. DefiLlama range le premier entièrement dans les récompenses en jetons. Le second vient des emprunteurs, et sur les 30 jours précédents wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il s’était établi environ un point plus bas en moyenne.
La différence entre APR et APY ressemble à une question de vocabulaire, et le vocabulaire s’apprend en cinq minutes. L’APR est un taux annuel sans intérêts composés. L’APY est le même taux une fois que les intérêts rapportent eux-mêmes des intérêts. Le plus difficile tient à ce que l’étiquette ne dit pas : ce qui est capitalisé, quel jeton paie, sur quelle période le chiffre a été mesuré, et ce qui reste une fois les frais payés. Un débutant qui sait répondre à ces quatre questions lit une page de rendement mieux que celui qui connaît seulement la formule.
Cette leçon prolonge notre guide sur l’origine du rendement en DeFi, qui distingue les frais, les intérêts, les émissions de jetons et les points. Ici, le sujet est plus étroit : comment le chiffre affiché est construit, et quelle part en arrive jusqu’à vous. Rien ci-dessous ne classe un produit ni ne recommande un dépôt.
APR et APY : un même taux, avec ou sans intérêts sur les intérêts
APR signifie « annual percentage rate », taux annuel en pourcentage. En DeFi, c’est le taux annuel simple : ce que l’on gagne en 12 mois si les intérêts ne sont jamais ajoutés au solde. APY signifie « annual percentage yield », rendement annuel en pourcentage. C’est ce que produit le même taux si chaque versement d’intérêts rejoint le capital et se met à rapporter à son tour.
Quand une page affiche un APR, elle a arrêté le calcul avant les intérêts composés. Quand elle affiche un APY, elle a supposé un calendrier de capitalisation, que quelqu’un l’exécute réellement ou non.
Les intérêts composés dans un exemple chiffré
Exemple : vous détenez 1 000 € à 10 % d’APR. Sans intérêts composés, vous touchez 100 € sur l’année et vous finissez à 1 100 €. Créditez maintenant les intérêts chaque mois. Le taux d’un mois vaut 10 % divisé par 12, soit 0,833 %. Après le premier mois, vous avez 1 008,33 €. Le deuxième mois rapporte 0,833 % sur cette somme un peu plus grosse, ce qui donne 8,40 € au lieu de 8,33 €.
L’écart est minuscule sur un mois, et il s’alimente lui-même. Au bout de 12 mois, le solde atteint 1 104,71 €, ce qui signifie qu’un APR de 10 % capitalisé chaque mois équivaut à un APY de 10,471 %. Vous avez gagné 4,71 € d’intérêts sur les intérêts, sans rien ajouter au dépôt.

Calcul de l’APY : la formule, et pourquoi l’écart grandit avec le taux
La conversion tient en une ligne. Avec l’APR écrit en décimal et n le nombre de périodes de capitalisation par an :
APY = (1 + APR / n)^n - 1
Prenons 8 % d’APR capitalisé chaque jour, donc n = 365. Le calcul donne 8,328 %, soit 83,28 € sur 1 000 € au lieu de 80 €. Si la capitalisation était continue, la formule deviendrait e^APR – 1, un plafond dont la capitalisation quotidienne s’approche déjà beaucoup.
L’APY selon la fréquence de capitalisation
Ces chiffres relèvent de l’arithmétique pure, calculés pour cette leçon, et ne dépendent d’aucun marché.
| APR | Annuelle | Trimestrielle | Mensuelle | Hebdomadaire | Quotidienne | Continue |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 5 % | 5,000 % | 5,095 % | 5,116 % | 5,125 % | 5,127 % | 5,127 % |
| 10 % | 10,000 % | 10,381 % | 10,471 % | 10,506 % | 10,516 % | 10,517 % |
| 20 % | 20,000 % | 21,551 % | 21,939 % | 22,093 % | 22,134 % | 22,140 % |
| 100 % | 100,000 % | 144,141 % | 161,304 % | 169,260 % | 171,457 % | 171,828 % |
Lisez le tableau de gauche à droite, puis de haut en bas. À 5 %, passer d’une capitalisation annuelle à une capitalisation continue ajoute 0,13 point. À 100 %, cela ajoute 71,8 points. Les intérêts composés pèsent peu sur les taux modestes et énormément sur les taux extrêmes. C’est pourquoi les plus gros écarts entre les deux étiquettes apparaissent sur les pages les plus risquées, où un taux reste rarement en place assez longtemps pour être réellement capitalisé.
Le tableau répond aussi à deux questions que se posent les lecteurs. À taux égal, l’APY n’est jamais inférieur à l’APR, et les deux ne coïncident que si les intérêts sont crédités une seule fois par an. Demander « APR ou APY, lequel est le meilleur » n’a donc pas de sens en soi : ce sont deux manières d’écrire un même taux. Un APR de 9,6 % capitalisé chaque mois et un APY de 10 % forment presque exactement la même offre.
Faire le chemin inverse : de l’APY à l’APR
Pour comparer une page qui affiche un APY et une autre qui affiche un APR, retournez la formule :
APR = n x ((1 + APY)^(1 / n) - 1)
Un APY de 10 % capitalisé chaque mois équivaut à un APR de 9,569 %. Le piège est n. Si la page ne précise pas la fréquence de capitalisation, la conversion exacte est impossible, et son APY doit être traité comme une hypothèse.
Dans les banques, les mêmes sigles désignent autre chose : du TAEG à l’AER
Une partie de la confusion vient du crédit. Pour un prêt immobilier ou un crédit, l’APR ne veut pas dire « sans intérêts composés ». Il mesure le coût du crédit frais compris. Le Consumer Financial Protection Bureau, l’autorité américaine de protection des consommateurs financiers, explique que l’APR d’un prêt immobilier reflète le taux d’intérêt auquel s’ajoutent d’autres charges (CFPB, en anglais). C’est pourquoi l’APR d’un prêt dépasse en général son taux d’intérêt, et pourquoi « APR ou APY » pour un prêt immobilier et dans un pool de prêt DeFi sont deux conversations distinctes.
En France, l’équivalent de l’APR du crédit est le TAEG, le taux annuel effectif global : le coût annuel total d’un prêt, avec les frais et l’assurance obligatoire en plus des intérêts, comme l’explique le site ABE Infoservice, piloté par la Banque de France. Le lecteur français rencontre donc le TAEG quand il emprunte, et la notion d’APY quand il épargne en dollars ou en crypto : deux familles de taux qui ne se comparent pas directement.
L’APY a un sens juridique précis pour l’épargnant américain. Selon les règles du Truth in Savings, la Regulation DD le définit comme un pourcentage qui représente tous les intérêts versés par un compte sur 365 jours, compte tenu de son taux et de la fréquence de capitalisation. L’annexe A donne la formule et un exemple : un compte NOW de 1 000 dollars qui verse 61,68 dollars en 365 jours affiche un APY de 6,17 %.
Les épargnants britanniques voient plutôt l’AER. La mise à jour de décembre 2023 de la FCA sur l’épargne le décrit comme un taux qui reflète ce que rapporte un produit sur l’année, en tenant compte des intérêts composés, des bonus et des frais. En Italie, la Banca d’Italia (en italien) distingue le TAN, l’intérêt annuel, du TAEG, qui englobe tous les coûts du prêt.
Dans une banque, ces lettres arrivent avec une définition et une formule attachées au produit. Sur une interface DeFi, considérez l’étiquette comme le choix du protocole et cherchez comment le chiffre a été calculé. Ne supposez pas qu’un site applique la formule bancaire.
Comment les protocoles DeFi construisent le chiffre : APR et APY en crypto
Prenons Aave, l’exemple que la plupart des lecteurs croisent en premier. Ses contrats stockent un taux annuel non composé, autrement dit un APR, et le code source divise ce taux par les 31 536 000 secondes d’une année de 365 jours. L’APY s’obtient avec la formule vue plus haut en fixant n à ce nombre : le guide développeur d’Aave pour la version 2 (copie d’archive, en anglais) indique que le taux affiché par l’interface est composé à la seconde, et sa bibliothèque de calcul, archivée en avril 2026, fait de même avec les taux de la version 3. Ainsi, un APR de 5,30 % devient environ 5,44 %.
Les mécanismes diffèrent selon le côté du marché. La logique de réserve d’Aave fait courir les intérêts du côté dépôt de façon linéaire entre deux mises à jour du marché, et ceux du côté emprunt avec une approximation composée : même au sein d’un protocole, les deux côtés ne sont pas traités de la même manière. Pour savoir comment ces taux se forment, lisez notre leçon sur le prêt et l’emprunt en crypto.
Un coffre Morpho ajoute une couche. Des gestionnaires désignés pour le coffre répartissent les dépôts entre plusieurs marchés de prêt, et la documentation de Morpho pour le Vault V2 autorise une commission de performance pouvant aller jusqu’à 50 % du rendement et une commission de gestion jusqu’à 5 % des actifs. Ce sont des plafonds, chaque coffre fixe les siens. Demandez donc si le chiffre d’un coffre est calculé avant ou après cette commission. Le staking liquide est encore un autre cas : votre solde, ou la valeur de votre jeton, croît tout seul, et notre guide des jetons rémunérés traite le rebasing et les jetons de récompense.
Des taux variables : le chiffre du jour est un instantané
La plupart des rendements de prêt bougent avec la demande. Quand les emprunteurs utilisent davantage un pool, le taux monte ; quand ils remboursent, il baisse. Un APY répond donc à la question « que donnerait une année si cette seconde durait un an ». Il ne prévoit rien. Le 31 octobre 2026, le marché USDT d’Aave sur Ethereum affichait 6,01 % sur DefiLlama, en hausse de 2,64 points en sept jours, pour une moyenne à 30 jours de 3,81 %.
La capitalisation automatique n’a rien d’automatique
Les intérêts ne se composent que si quelqu’un les ajoute au solde. Parfois le protocole le fait par construction. Parfois un coffre récolte les récompenses et les redépose, et paie cette opération sur le rendement. Souvent, personne ne le fait, et l’APY de la page décrit un calendrier que vous devriez tenir vous-même, avec une transaction payante à chaque fois. Ce guide de la version 2 classe les récompenses de liquidity mining parmi les APR non composés, et la bibliothèque d’Aave les calcule de la même manière : additionner un APR de récompense à un APY de dépôt revient donc à mélanger deux sortes de nombres. Les totaux de DefiLlama sont de simples sommes de ce genre : sur la ligne à 7,21 % de la section suivante, il s’agit de 5,43 % plus 1,78 %.
Un court exemple, avec une hypothèse annoncée, montre l’enjeu. Supposons 20 % d’APR et 15 € de gas à chaque capitalisation, en ignorant le faible effet du gas sur le solde.
| Profit annuel (exemple) | Une fois par an | Mensuelle | Hebdomadaire | Quotidienne |
|---|---|---|---|---|
| Dépôt de 1 000 € | 185 | 39 | -559 | -5 254 |
| Dépôt de 100 000 € | 19 985 | 21 759 | 21 313 | 16 659 |
Avec 1 000 €, la meilleure fréquence de cet exemple est presque l’absence de capitalisation, et une capitalisation quotidienne brûlerait plus de gas que le dépôt lui-même : l’APY du tableau précédent est hors de portée. Avec 100 000 €, la capitalisation mensuelle l’emporte, et la quotidienne perd environ 5 100 € par rapport à elle. La bonne fréquence dépend de votre solde et du gas du jour.
Lire une page de rendement, ligne par ligne
DefiLlama Yields est un bon terrain d’entraînement, car il découpe chaque ligne en morceaux. Son API, consultée le 31 octobre 2026, renvoie un total (apy), une part issue de l’activité elle-même (apyBase), une part issue des récompenses en jetons (apyReward) et une moyenne à 30 jours (apyMean30d). Les dates et les pools ci-dessous viennent de ce flux : ce sont des exemples pour s’exercer à la lecture, pas une sélection.
| Pool, relevé du 31 oct. 2026, vers 9 h 30 UTC | TVL | APY total | Base | Récompense | Moyenne 30 j |
|---|---|---|---|---|---|
| Aave v3 Ethereum, USDC | 92,7 M$ | 5,43 % | 5,43 % | aucune | 4,40 % |
| Aave v3 Ethereum, USDC (Umbrella) | 54,6 M$ | 7,21 % | 5,43 % | 1,78 % | 5,98 % |
| Aave v3 Ethereum, USDT | 112,3 M$ | 6,01 % | 6,01 % | aucune | 3,81 % |
| Morpho Base, GROVE-STEAKUSDC | 554,4 M$ | 7,47 % | 7,47 % | 0 | 4,98 % |
| Morpho Base, SIRLOINUSDC | 443,8 M$ | 7,97 % | 5,60 % | 2,37 % | 5,96 % |
| Nest CL, Hyperliquid L1, WHYPE-USDC | 12,1 M$ | 61,15 % | aucune | 61,15 % | 56,04 % |
Parcourez une ligne dans cet ordre.
- Séparez la base et la récompense. La base vient de ce que fait le pool. La récompense dépend d’une enveloppe de jetons que quelqu’un peut réduire, et la ligne WHYPE-USDC ci-dessus en est entièrement faite.
- Trouvez quel jeton paie. Une récompense versée dans l’actif que vous avez déposé n’a rien à voir avec une récompense dans un jeton qui peut perdre 70 % en un an. Sur la ligne USDC Umbrella d’Aave, par exemple, le jeton de récompense que liste DefiLlama est aEthUSDC, le jeton de dépôt USDC d’Aave lui-même.
- Comparez le chiffre du jour à la moyenne à 30 jours. Sur la ligne Morpho GROVE, 7,47 % aujourd’hui s’opposaient à 4,98 % sur 30 jours. Le second chiffre en dit plus sur ce qu’a réellement été le mois. Une moyenne à 7 jours, quand la page en montre une, se place entre les deux : plus lisse que le jour, plus rapide qu’un mois à signaler un changement.
- Vérifiez la taille. La valeur totale verrouillée indique combien d’argent se partage le rendement et dans quelle mesure votre dépôt le ferait bouger. Une grosse TVL n’est pas un certificat de sécurité.
- Vérifiez ce que paie le supplément. Les deux lignes USDC d’Aave ont la même base de 5,43 %. La ligne Umbrella ajoute 1,78 % parce que c’est une autre position : le dépôt est placé dans le système Umbrella d’Aave, qui couvre les créances irrécouvrables. Au-delà d’un seuil fixé, les déposants de cet actif peuvent subir une décote, jusqu’à la totalité de leur mise dans des cas extrêmes, et la sortie impose un délai de 20 jours pendant lequel l’argent reste exposé.
- Lisez les conditions autour du chiffre : la blockchain, un éventuel blocage ou délai de retrait, une éventuelle commission de dépôt ou de performance, et le type de position (prêt, coffre ou pool de liquidité).
Du rendement affiché au rendement net : un exemple chiffré
Tous les chiffres de cette section sont inventés pour l’exercice, à l’exception du relevé de gas du 31 octobre, et reposent sur des hypothèses simplifiées, énoncées au fur et à mesure.
Le gas dépend du jour et de la taille du dépôt
Vers 9 h 57 UTC le 31 octobre 2026, un nœud Ethereum public indiquait un prix du gas d’environ 0,041 gwei, avec l’ether autour de 2 243 dollars sur le flux de prix de DefiLlama. Une transaction de 200 000 unités de gas, taille approximative que nous supposons pour un dépôt, coûtait environ 2 cents de dollar. Ce relevé peut changer vite : les frais de gas grimpent quand le réseau est chargé, et ils varient d’une blockchain à l’autre.
Supposons que le gas coûte 15 € à l’aller et au retour. Sur 500 € à 8 % d’APY, l’année rapporte 40 € et le gas en prend 30 : il reste 10 €, soit 2 %. Sur 5 000 €, le même aller-retour laisse 370 €, soit 7,4 %. Le taux affiché sur la page était identique dans les deux cas.
La perte impermanente dans un pool de liquidité
Un rappel tiré de notre leçon sur les pools de liquidité et la perte impermanente : dans un pool 50/50 classique, la position finit par valoir moins que le simple fait de détenir les deux actifs lorsque leur prix relatif bouge. Pour une variation r du rapport de prix, la perte vaut 2 x racine(r) / (1 + r) – 1. Cela donne -5,72 % si l’un des actifs double ou est divisé par deux face à l’autre, et -20 % s’il est multiplié par quatre. Notre guide pour fournir de la liquidité traite le côté pratique.
Des récompenses payées dans un jeton qui baisse
Un APR de récompense est généralement exprimé au prix du jeton du jour. Si le jeton perd 70 % de sa valeur, un APR de récompense de 30 % rapporte 9 %, valorisés à la fin de l’année. C’est une simplification : les récompenses arrivent au fil des mois, et les vendre en route aurait préservé une plus grande part de leur valeur.
Mettre bout à bout
Exemple : 1 000 € placés dans un pool, moitié en jeton volatil, moitié en USDC, qui affiche 70 % au total, soit 40 % d’APR de frais plus 30 % d’APR de récompense. Sur l’année, le jeton volatil est divisé par deux face à l’USDC, le jeton de récompense perd 70 %, et trois transactions coûtent 15 € chacune. Les frais sont simplifiés en un forfait de 40 % du dépôt de départ.
| Ligne (exemple) | Euros | Total cumulé |
|---|---|---|
| Dépôt de départ | 1 000 | |
| Rendement affiché : 70 % versés en totalité | +700 | 1 700 |
| Le jeton de récompense perd 70 % | -210 | 1 490 |
| La position perd de la valeur : prix divisé par deux, perte impermanente comprise | -293 | 1 197 |
| Gas : trois transactions à 15 € | -45 | 1 152 |
Les 70 % de l’écran sont devenus 15,2 % en euros. Il existe une seconde lecture. Si vous aviez simplement conservé les deux actifs, vous auriez 750 €, donc le pool a bien fait mieux que la simple détention, d’environ 402 €. Sur la baisse de 293 €, 250 viennent du prix du jeton et 43 seulement de la perte impermanente. Net par rapport à quoi ? Il faut choisir la comparaison avant que le chiffre ait un sens : par rapport aux euros de départ, par rapport à la simple détention, ou par rapport à un taux de prêt ordinaire.

Les impôts viennent après tout cela et dépendent du pays. En France, la direction générale des Finances publiques (DGFiP) indique, dans ses questions-réponses sur les actifs numériques du 17 juillet 2026, un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur les plus-values 2026. Le traitement fiscal des opérations DeFi elles-mêmes, comme les récompenses ou les positions en pool, n’est pas réglé de façon claire : notre guide de la fiscalité des cryptos en France fait le point. Le résultat net calculé plus haut reste donc avant impôt.
Les pièges qui rendent trompeur un chiffre correct
Annualiser une seule journée
Un pool verse 0,1 % aujourd’hui. Multipliez par 365 et vous pouvez afficher 36,5 % d’APR. Composez chaque jour et vous pouvez afficher 44,03 % d’APY. Les deux calculs supposent qu’une journée se répète pendant un an, ce qui n’arrive presque jamais.
Un cas réel est apparu pendant la rédaction de cette leçon. Le 31 octobre 2026, DefiLlama montrait le stETH de Lido à 15,07 %, pour une moyenne à 30 jours de 2,55 %. L’API de Lido elle-même portait le même saut : des relevés autour de 2,25 % la plupart des jours précédents, puis 15,08 % pour l’entrée du 30 octobre, soit une moyenne à sept jours de 4,16 %. Nous n’avons trouvé aucune explication publiée de ce relevé au 31 octobre, et ce n’est pas un rendement sur lequel bâtir un plan. Il montre pourquoi un chiffre d’un seul jour doit renvoyer à la moyenne plus longue et à la page du protocole.
Étiquettes échangées et « jusqu’à »
Un APR affiché à côté de l’APY d’un concurrent donne à ce dernier un air plus avantageux sans raison réelle, au moins sur les taux élevés : 100 % d’APR et 171 % d’APY peuvent désigner le même taux. Le « jusqu’à » renvoie le plus souvent au blocage le plus long ou à la plus forte majoration, que la plupart des déposants n’obtiendront pas.
Une capitalisation des récompenses supposée
Certaines pages composent un taux de récompense en APY comme si vous réclamiez, vendiez et redéposiez chaque jour sans frais. Si vous ne pouvez pas dire qui exécute ces étapes et qui les paie, retenez l’APR.
Un taux qui vient d’une réserve
Anchor, sur Terra, est le cas à retenir. Son taux de dépôt était fixé autour de 20 %, et une réserve sur la blockchain payait l’intérêt excédentaire. D’après le récit de l’effondrement par Haseeb Qureshi (en anglais), associé gérant chez Dragonfly, la réserve s’est vidée à mesure que les dépôts augmentaient, et en février 2022 Do Kwon a dû la recapitaliser avec 450 millions de dollars d’UST. Les emprunteurs ne payaient pas ces 20 % à eux seuls ; la réserve couvrait le reste.
Six vérifications avant de déposer
- Notez si le chiffre est un APR ou un APY, et à quelle fréquence les intérêts se composent.
- Découpez-le en base et en récompense, et nommez le jeton qui paie la récompense.
- Comparez-le à la moyenne à 30 jours et, si possible, à la page du protocole lui-même.
- Estimez vos coûts en euros pour la taille de votre dépôt : gas à l’entrée, gas à la sortie, réclamations, et toute commission de coffre.
- Pour un pool de liquidité, refaites le calcul avec un actif en baisse de 50 %, et décidez à quoi vous comparez le résultat.
- Demandez qui paie le rendement, et ce qui ferait cesser ce paiement.
La prochaine leçon du parcours DeFi s’intéresse aux outils qui automatisent les intérêts composés, les agrégateurs de rendement et les coffres, avec l’arithmétique ci-dessus comme point de départ.



