Capitalisation 2,74 T $ −6,37 % sur 24 heuresVolume 24 h 80,64 Md $Dominance BTC 59,5 %ETH 10,6 %Fear & Greed 68 AviditéCryptos 22 442

Altcoin : définition, familles, exemples et risques

Altcoin : définition simple, familles et exemples, altcoin season, risques chiffrés, règles AMF et MiCA, flat tax de 31,4 % et liste pour juger un token.

Débutant 28 min de lectureMis à jour À lire d'abord : Coin ou token : quelle différence ?
Trois piles de pièces bleues lumineuses sur un fond sombre bleu-turquoise
Sommaire
  1. C’est quoi un altcoin ? La définition simple
    1. Ethereum et les stablecoins : altcoins ou pas
  2. De Namecoin à Ethereum : brève histoire des altcoins
    1. 2011 : les premiers forks
    2. 2012 et 2013 : nouveau consensus, nouveaux usages, une blague
    3. 2015 à 2017 : smart contracts et vague des ICO
    4. Années 2020 : DeFi, launchpads et millions de tokens
  3. Nombre d’altcoins : le chiffre dépend de qui compte
  4. Liste des altcoins par famille, avec des exemples
    1. Layer 1 et plateformes de smart contracts
    2. Stablecoins
    3. Jetons de plateformes d’échange
    4. Jetons DeFi et de gouvernance
    5. Oracles et infrastructure
    6. Cryptos de paiement
    7. Cryptos anonymes
    8. Memecoins
    9. Jetons d’IA, d’actifs réels et de jeux
  5. Altcoin et bitcoin : offre, consensus et qui décide
    1. Dominance du bitcoin et altcoin dominance
    2. Pourquoi les altcoins suivent (presque toujours) le bitcoin
  6. Altcoin season : l’indice de la saison des altcoins
  7. Les risques des altcoins, en chiffres
    1. La plupart des tokens cessent d’être échangés
    2. Rug pulls et pump-and-dump
    3. Liquidité faible et détenteurs concentrés
    4. Déblocages de jetons et dilution
    5. Effondrements de gros altcoins
    6. Retraits de cote et changements de règles
  8. Comment évaluer un altcoin : la liste en neuf points
  9. Acheter des altcoins en France : AMF, PSAN, CASP et MiCA
    1. MiCA : un livre blanc notifié, jamais approuvé
    2. Du PSAN au CASP : qui peut vous vendre des altcoins
  10. Fiscalité des altcoins en France : flat tax de 31,4 % et seuil de 305 €
  11. Et ailleurs : la SEC, l’IRS et la FCA
  12. Des altcoins aux transactions qui les déplacent

Un altcoin, c’est toute cryptomonnaie qui n’est pas le bitcoin. Au 16 octobre 2026, CoinGecko suit 22 310 crypto-actifs : le bitcoin en est un, les 22 309 autres sont des altcoins. La définition d’un altcoin s’arrête là, et c’est bien le problème : le mot range dans le même sac Ethereum, un stablecoin adossé au dollar, le jeton de fidélité d’une plateforme d’échange et un token créé pour rire hier après-midi depuis un téléphone. blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il ne dit presque rien de chacun d’eux.

Cette leçon prolonge notre explication de la différence entre coin et token, car certains altcoins sont des coins, beaucoup plus sont des tokens, et ce qui peut mal tourner n’est pas le même dans les deux cas. Les chiffres de marché cités ont été relevés le matin du 16 octobre 2026 (heure UTC) et ont bougé depuis.

C’est quoi un altcoin ? La définition simple

« Altcoin » est la contraction de l’anglais alternative coin, pièce alternative. Le bitcoin est arrivé le premier, en 2009. Tout ce qui a été lancé ensuite était une alternative, et le nom est resté, même quand certaines de ces alternatives sont devenues d’immenses réseaux.

Le terme mélange deux types d’actifs que la leçon précédente avait séparés. Certains altcoins sont des coins, l’actif natif de leur propre blockchain : l’ether sur Ethereum, le SOL sur Solana. D’autres sont des tokens (jetons), des soldes tenus par un smart contract sur la chaîne de quelqu’un d’autre. Shiba Inu (SHIB) est un token sur Ethereum. Dogecoin (DOGE) tourne sur sa propre blockchain : c’est un coin.

Juridiquement, le mot n’existe pas. Le règlement européen MiCA parle de crypto-actifs, de jetons de monnaie électronique et de jetons se référant à un ou des actifs ; l’AMF reprend ce vocabulaire. Aux États-Unis, la SEC distingue matières premières numériques, objets de collection, outils, stablecoins et titres financiers. « Altcoin » reste un mot de marché, pas une catégorie légale.

Ethereum et les stablecoins : altcoins ou pas

Selon la définition stricte, oui pour les deux. Beaucoup de traders mettent pourtant l’ether à part en raison de sa taille : le matin du 16 octobre 2026, l’ETH pesait 10,9 % de la valeur totale du marché sur CoinMarketCap (10,5 % sur CoinGecko), loin devant n’importe quel autre altcoin. Notre guide sur Ethereum explique pourquoi il occupe cette place à part.

Les stablecoins forment l’exception la plus nette. Un stablecoin est conçu pour valoir un dollar (ou un euro), il ne se comporte donc pas comme le reste du groupe. Blockchaincenter et CoinMarketCap les excluent de leurs indices de saison des altcoins, et la plupart des traders font de même quand ils parlent d’« alts ».

De Namecoin à Ethereum : brève histoire des altcoins

Les premiers altcoins copiaient le code de Bitcoin en changeant quelques règles. Six ans plus tard, créer un nouvel actif ne demandait même plus de chaîne à soi.

2011 : les premiers forks

Namecoin démarre en avril 2011, et son site le présente toujours comme le premier fork de Bitcoin. Il reprenait la conception de Bitcoin pour gérer des noms en « .bit » en dehors du système habituel d’enregistrement des domaines. C’est aussi le premier à avoir utilisé le minage fusionné (merged mining), où le même travail sécurise deux chaînes à la fois.

Litecoin suit en octobre 2011. Charlie Lee l’annonce sur le forum Bitcointalk avec une poignée de changements : un autre algorithme de minage (Scrypt), un bloc toutes les 2,5 minutes au lieu de 10, et un plafond d’environ 84 millions de pièces, quatre fois les 21 millions du bitcoin.

2012 et 2013 : nouveau consensus, nouveaux usages, une blague

Deux projets rompent avec le minage en 2012. Le XRP Ledger est lancé en juin 2012 par David Schwartz, Jed McCaleb et Arthur Britto. Le XRP n’a jamais été miné : les fondateurs ont donné 80 milliards de XRP à la société aujourd’hui appelée Ripple, qui en a placé la majeure partie sous séquestre, d’après l’historique officiel du registre.

Peercoin arrive en août 2012. C’est la première cryptomonnaie à utiliser la preuve d’enjeu (proof of stake), combinée à la preuve de travail. Ethereum, Solana, Cardano et Avalanche fonctionnent tous en preuve d’enjeu aujourd’hui.

Le 6 décembre 2013, c’est au tour de Dogecoin. Billy Markus et Jackson Palmer l’ont créé pour plaisanter, parce qu’ils trouvaient que la crypto se prenait beaucoup trop au sérieux. On le décrit en général comme le premier memecoin, et en novembre 2025 il représentait encore 47,3 % de la valeur de tous les memecoins, selon CoinGecko.

2015 à 2017 : smart contracts et vague des ICO

Ethereum démarre le 30 juillet 2015, après une prévente organisée en 2014 et payée en bitcoins. Le réseau a été conçu pour exécuter des programmes, et grâce au standard ERC-20, n’importe qui pouvait y créer un token sans construire de blockchain.

Résultat : la folie des ICO (initial coin offerings, offres initiales de jetons) en 2017. Des projets vendaient directement au public leurs propres tokens ERC-20, souvent avec pour tout bagage un livre blanc et un site web. Selon les décomptes et ce que l’on range sous le nom d’ICO, les estimations du total levé cette année-là se chiffrent en milliards de dollars. Le 25 juillet 2017, la SEC publie son rapport sur The DAO, un projet bâti sur Ethereum qui avait levé environ 12 millions d’ETH, et conclut que ses jetons étaient des titres financiers.

Années 2020 : DeFi, launchpads et millions de tokens

La finance décentralisée ajoute des jetons de gouvernance pour les protocoles de prêt et d’échange. À partir de 2024, des launchpads de memecoins comme pump.fun permettent à n’importe qui de créer un token en une minute. GeckoTerminal, le site de CoinGecko consacré aux plateformes décentralisées, recensait 428 383 projets en 2021 et près de 20,2 millions en 2025. La plupart n’ont pas été échangés longtemps.

DateActifPourquoi il compte
Avril 2011Namecoin (NMC)Premier fork de Bitcoin ; noms en « .bit » ; minage fusionné
Octobre 2011Litecoin (LTC)Minage Scrypt, blocs de 2,5 minutes, plafond d’environ 84 millions
Juin 2012XRP Ledger (XRP)Pas de minage ; 80 milliards de XRP donnés à la future Ripple
Août 2012Peercoin (PPC)Première preuve d’enjeu, combinée à la preuve de travail
6 décembre 2013Dogecoin (DOGE)Né d’une blague ; considéré comme le premier memecoin
30 juillet 2015Ethereum (ETH)Smart contracts ; socle de la plupart des tokens
2017Vague des ICO en ERC-20Des milliards levés ; rapport de la SEC sur The DAO le 25 juillet 2017
2024 à 2025Launchpads de memecoinsDes millions de nouveaux tokens ; 11,6 millions disparus en 2025 (CoinGecko)

Nombre d’altcoins : le chiffre dépend de qui compte

Le compteur de CoinGecko affichait 22 310 cryptos et 1 508 plateformes d’échange le 16 octobre 2026. Deux jours plus tôt, il indiquait 22 257 : 53 actifs ajoutés en 48 heures. Le même jour, CoinMarketCap classait 8 147 actifs, alors que le compteur en haut de son site annonçait 64,02 millions de cryptos.

L’écart vient de DexScan, l’outil de CoinMarketCap qui référence automatiquement les tokens non vérifiés dès qu’ils apparaissent sur une plateforme d’échange décentralisée. Selon CoinMarketCap, DexScan couvre les 70 principales blockchains et capte plus de 97 % des tokens. Les 8 147 sont les actifs que le site classe ; les 64 millions ressemblent davantage à tout ce qui a été déployé un jour et détecté.

À la question « combien d’altcoins existe-t-il ? », il y a donc trois réponses : quelques milliers échangés avec un peu de volume, des dizaines de milliers suivis à la main par les sites de données, et des dizaines de millions de tokens créés sur des plateformes d’échange décentralisées (DEX), dont la plupart sont déjà morts.

Liste des altcoins par famille, avec des exemples

Les sites de données classent les altcoins par catégories. Les chiffres de CoinGecko ci-dessous ont été relevés le 16 octobre 2026. Un même actif peut porter plusieurs étiquettes, les catégories se recoupent et les totaux ne s’additionnent pas. Ce sont des étiquettes de site, pas des classes officielles.

FamilleÀ quoi elle sertExemplesNombre sur CoinGecko (16 oct. 2026)Risque propre à surveiller
Layer 1 / plateformes de smart contractsFait tourner sa blockchain et ses applicationsETH, SOL, ADA, AVAX, TRX, SUILayer 1 : 459 ; Smart Contract Platform : 921Concurrence entre chaînes, déblocages de jetons
StablecoinsSuit une monnaie, le plus souvent le dollarUSDT, USDC404Perte de parité, réserves de l’émetteur
Jetons de plateformes d’échangeRéductions de frais et avantages sur une plateformeBNB, HYPE, LEO, CRO349Dépend d’une seule entreprise
DeFi et gouvernanceDroit de vote sur un protocole, parfois une part de ses fraisUNI, AAVEDeFi : 1 733 ; gouvernance : 259Failles de code, baisse d’utilisation
OraclesApporte des données extérieures à la blockchainLINK51Dépend de la demande d’autres applications
PaiementsTransfère de la valeur à bas coûtLTC, XRP, XLM, BCH140Concurrence des stablecoins
Cryptos anonymes (privacy coins)Masque montants ou adressesXMR, ZEC52Retraits de cote, règle européenne de juillet 2027
MemecoinsBlagues, personnages, tendancesDOGE, SHIB, PEPE, TRUMP6 565Aucun usage au-delà de l’attention
Jetons IAPaie du calcul ou des réseaux d’IANEAR, TAO, RENDER1 543Étiquette appliquée de façon large
Actifs réels tokenisés (RWA)Représente de l’or, des prêts, des fondsXAUT, plus LINK et XLM comme infrastructure4 068Émetteur et conservation
Jeux (GameFi)Monnaies et objets de jeuxnon cités ici871Dépend des joueurs qui restent

Layer 1 et plateformes de smart contracts

Ce sont des coins, pas des tokens. Chacun fait tourner sa propre blockchain, et son actif natif paie les frais et sécurise le réseau par le staking. L’ether est le plus gros. Solana, Cardano, Avalanche, Tron et Sui se disputent les mêmes utilisateurs et les mêmes développeurs. La demande pour le coin grimpe quand la chaîne sert vraiment, puisque chaque transaction se règle avec lui.

Stablecoins

Tether (USDT) et USD Coin (USDC) sont des tokens émis par des entreprises qui promettent un dollar par jeton. Leur risque tient à une rupture de la parité ou à un problème de réserves, pas à une variation de cours. Notre guide des stablecoins détaille comment la parité est tenue. En Europe, ces jetons relèvent des règles de MiCA sur les jetons de monnaie électronique. Aux États-Unis, une fiche de la SEC de mars 2026 précise que les stablecoins conformes au GENIUS Act ne sont pas des titres financiers.

Jetons de plateformes d’échange

Les plateformes de trading émettent des jetons qui donnent droit à des frais réduits ou à l’accès à des ventes de tokens. Le BNB est le plus important. Hyperliquid (HYPE) est le jeton d’une plateforme de trading qui tourne sur sa propre chaîne : il relève de deux familles à la fois. LEO (Bitfinex) et CRO (Cronos, chez Crypto.com) en sont deux autres grands exemples ; CoinGecko place même l’UNI d’Uniswap dans cette catégorie, preuve que les étiquettes restent floues. Leur valeur repose sur une seule entreprise, comme FTX l’a montré en novembre 2022.

Jetons DeFi et de gouvernance

Ces jetons donnent un droit de vote sur l’évolution d’un protocole, et parfois une part de ses frais (notre guide de la DeFi présente ces protocoles). Uniswap (UNI) gouverne le protocole d’échange Uniswap ; AAVE gouverne un marché de prêt. Leur valeur dépend de l’utilisation du protocole et de ce que les détenteurs ont réellement le droit de décider.

Oracles et infrastructure

Une blockchain ne sait pas lire le monde extérieur toute seule. Un réseau d’oracles lui fournit des cours, des taux d’intérêt ou des résultats sportifs. Chainlink (LINK) en est l’exemple principal. Les protocoles de prêt utilisent ses flux de prix pour décider quand un emprunt n’est plus assez garanti : un prix faux peut donc déclencher des liquidations. CoinGecko classe aussi LINK parmi les jetons d’actifs réels, car les fonds tokenisés ont besoin des mêmes données.

Cryptos de paiement

L’idée la plus ancienne des altcoins, c’est un bitcoin plus rapide ou moins cher. Litecoin, XRP, Stellar (XLM) et Bitcoin Cash visent tous les transferts d’argent entre particuliers et entreprises, avec des compromis différents. Litecoin a gardé le minage avec des blocs plus rapides. XRP et Stellar ont remplacé le minage par un accord entre validateurs. Bitcoin Cash s’est séparé de Bitcoin en 2017 à cause d’un désaccord sur la taille des blocs. Aujourd’hui, les stablecoins font une bonne partie de ce travail, sans les variations de prix.

Cryptos anonymes

Monero (XMR) masque par défaut l’expéditeur, le destinataire et le montant ; Zcash (ZEC) propose des transactions protégées en option. Binance a annoncé le 6 février 2024 le retrait de Monero et en a arrêté le trading le 20 février, comme l’a rapporté The Block (en anglais).

Dans l’Union européenne, le règlement anti-blanchiment (UE) 2024/1624, dit AMLR, interdit à partir du 10 juillet 2027 aux banques, aux établissements de paiement et aux prestataires de services sur crypto-actifs de tenir des comptes permettant l’anonymisation, y compris au moyen de cryptos renforçant l’anonymat. Détenir ces cryptos dans son propre portefeuille reste permis : la règle vise les intermédiaires régulés, pas les particuliers.

Memecoins

Un memecoin est un token construit autour d’une blague, d’un personnage ou d’une tendance, sans produit derrière. Dogecoin et Shiba Inu sont les anciens. Pepe (PEPE) et Official Trump (TRUMP) sont plus récents, et le jeton du launchpad pump.fun lui-même (PUMP) occupait la troisième place de la catégorie mèmes de CoinGecko en valeur le 16 octobre 2026. CoinGecko y comptait 6 565 memecoins, plus que dans toute autre famille du tableau.

Leur valeur totale a culminé à 150,6 milliards de dollars en décembre 2024, puis est retombée à 47,2 milliards en novembre 2025, d’après le rapport State of Memecoins de CoinGecko. Le Dogecoin en représentait à lui seul 47,3 % en novembre 2025.

Aux États-Unis, la division Corporation Finance de la SEC a estimé, dans une déclaration de ses services sur les memecoins (en anglais) du 27 février 2025, que la vente des memecoins qu’elle décrivait n’était pas une offre de titres financiers. Le revers est écrit noir sur blanc : ni les acheteurs ni les détenteurs ne sont protégés par le droit boursier fédéral. Cette position n’a pas force de loi, et les services de la SEC rappellent que la fraude autour des memecoins reste poursuivable.

Jetons d’IA, d’actifs réels et de jeux

La catégorie IA (1 543 actifs) est menée par NEAR et Bittensor (TAO), avec Internet Computer (ICP) et Render (RENDER) un peu plus loin. Certains vendent de la puissance de calcul, d’autres coordonnent du travail d’IA, et quelques-uns portent l’étiquette surtout pour le marketing. La catégorie RWA (4 068 actifs) mélange des jetons qui représentent un bien détenu hors chaîne, comme Tether Gold (XAUT), et des cryptos d’infrastructure comme LINK et XLM. La GameFi compte 871 entrées ; un jeton de jeu ne vaut que tant que les joueurs restent.

Histogramme et graphique en anneau verts, bleus et orange sur fond vert foncé
Dans le tableau ci-dessus, memecoins, tokens RWA et DeFi sont les familles les plus nombreuses selon CoinGecko.

Altcoin et bitcoin : offre, consensus et qui décide

Le bitcoin obéit à des règles qui ne changent presque jamais : un plafond de 21 millions d’unités, de nouvelles pièces versées uniquement aux mineurs, et aucune entreprise ni fondation aux commandes du code. Notre guide du bitcoin explique ce fonctionnement. La plupart des altcoins s’en écartent sur au moins un de ces points.

  • Pour beaucoup d’altcoins, toute l’offre a été créée au lancement et répartie entre fondateurs, investisseurs, fondation et public, avec des parts libérées selon un calendrier. D’autres n’ont aucun plafond. La tokenomics fixe combien de nouveaux jetons arrivent sur le marché, et quand.
  • Bitcoin repose sur la preuve de travail. La plupart des grands altcoins utilisent la preuve d’enjeu : les détenteurs qui bloquent leurs jetons valident les blocs, si bien que les plus gros détenteurs pèsent le plus.
  • Derrière de nombreux altcoins, une société, une fondation ou une petite équipe peut modifier les règles, gérer une trésorerie ou suspendre un contrat. Personne n’a ce pouvoir sur Bitcoin.
  • Selon le projet, un altcoin sert à payer du calcul, à voter, à suivre le dollar ou simplement à s’amuser. Sa valeur dépend de la solidité de cet usage.

Dominance du bitcoin et altcoin dominance

La dominance du bitcoin mesure la part du marché qu’il représente : sa capitalisation divisée par la valeur de tous les crypto-actifs. Le matin du 16 octobre 2026, CoinMarketCap l’évaluait à 59,8 %, et CoinGecko affichait 57,6 % vers 9 h UTC, pour une valeur totale du marché de 2 870 milliards de dollars. Les deux sites ne suivent pas les mêmes cryptos, d’où des totaux différents.

Ce que les traders appellent l’« altcoin dominance » se lit en creux : ce matin-là, l’ensemble des altcoins, stablecoins compris, pesait environ 40 % du marché.

Pourquoi les altcoins suivent (presque toujours) le bitcoin

Les cours des altcoins vont en général dans le même sens que celui du bitcoin, et plus loin. Une partie de l’explication est mécanique. Beaucoup d’altcoins s’échangent surtout contre le bitcoin ou contre des stablecoins en dollars, sur les mêmes plateformes, et ce sont les mêmes traders qui détiennent les deux. Quand le bitcoin chute brutalement, les positions à effet de levier sont fermées d’un coup sur tout le marché, et les carnets d’ordres plus minces des altcoins encaissent le choc le plus fort.

Les périodes où les altcoins ne suivent pas le bitcoin existent, dans les deux sens. C’est précisément ce que l’indice de la saison des altcoins essaie de mesurer.

Altcoin season : l’indice de la saison des altcoins

La « saison des altcoins », ou altcoin season, désigne les périodes où la plupart des altcoins montent plus vite que le bitcoin. La jauge la plus connue est l’Altcoin Season Index de Blockchaincenter (en anglais). Elle prend les 50 premières cryptos, écarte les stablecoins et les jetons adossés à d’autres actifs comme le bitcoin « enveloppé » (WBTC) ou l’ether staké (stETH), puis regarde combien ont fait mieux que le bitcoin sur les 90 derniers jours. Si c’est le cas de 75 % d’entre elles, le site parle de saison des altcoins.

Le score va de 0 à 100. À 25 ou moins, c’est la saison du bitcoin ; de 26 à 74, la zone est neutre ; à partir de 75, c’est l’altcoin season.

Le 16 octobre 2026, l’indice affichait 59 tôt le matin et 57 vers 9 h UTC, en zone neutre dans les deux cas, et le verdict du site était clair : pas de saison des altcoins. Son dernier changement de zone date du 2 septembre 2026, quand il est passé de la saison du bitcoin à la zone neutre. CoinMarketCap publie chaque jour sa propre version, sur une échelle de 1 à 100, avec les 100 premières cryptos et le même seuil de 75 % sur 90 jours.

Quand viendra la prochaine altcoin season ? Aucun des deux indices ne le dit : ils décrivent les trois derniers mois et peuvent basculer en quelques jours si quelques grosses cryptos bougent. Ils montrent seulement si les altcoins battent le bitcoin de façon générale, ou si quelques-uns montent pendant que la majorité traîne.

Les risques des altcoins, en chiffres

Le règlement MiCA oblige chaque livre blanc à prévenir que le crypto-actif peut perdre tout ou partie de sa valeur. Pour les altcoins, les études suivantes mettent des chiffres sur cet avertissement.

La plupart des tokens cessent d’être échangés

CoinGecko Research a calculé que 53,2 % des tokens suivis sur GeckoTerminal ont disparu (étude en anglais), au sens où ils ne sont plus activement échangés. En 2025, 11 564 909 tokens ont disparu, soit 86,3 % de tous les échecs recensés entre mi-2021 et fin 2025, contre 1 382 010 en 2024. Environ 7,7 millions sont morts au seul dernier trimestre 2025. L’étude, mise à jour le 17 avril 2026, porte sur les tokens échangés au moins une fois, presque tous de minuscules jetons de DEX plutôt que des altcoins établis.

Rug pulls et pump-and-dump

Chainalysis a étudié les tokens lancés en 2024 et trouvé chez 3,59 % d’entre eux des schémas pouvant être liés à des pump-and-dump (en anglais) : 74 037 sur 2 063 519. Dans environ 94 % des pools suspects, la personne qui avait créé le pool d’échange était aussi celle qui en était sortie en vendant.

Solidus Labs, société spécialisée dans la surveillance des marchés, est allée plus loin dans son rapport 2025 sur les rug pulls. Sur plus de 7 millions de tokens lancés sur pump.fun entre janvier 2024 et mars 2025, environ 98 % se sont effondrés peu après leur lancement en pump-and-dump sans valeur, et seulement 97 000 ont conservé plus de 1 000 dollars de liquidité.

Les deux études ne mesurent pas la même chose, mais elles visent toutes deux les nouveaux tokens des launchpads et des DEX. Notre guide pour éviter les arnaques crypto recense les signaux d’alerte d’un rug pull.

Liquidité faible et détenteurs concentrés

Un token peut afficher une grosse capitalisation avec très peu d’argent derrière. La capitalisation n’est que le dernier prix multiplié par l’offre : un token dont le pool de liquidité ne contient que quelques milliers de dollars peut donc afficher une valorisation de plusieurs millions. Une seule vente un peu importante suffit alors à diviser le prix par deux. Quand quelques portefeuilles détiennent l’essentiel de l’offre, une baleine qui vend peut tout faire couler, d’où la vérification des détenteurs dans la liste plus bas.

Déblocages de jetons et dilution

Les projets libèrent souvent, selon un calendrier, des jetons bloqués réservés aux fondateurs, aux investisseurs et aux fondations. Chaque déblocage de jetons ajoute une offre que ses détenteurs peuvent vendre. Le matin du 16 octobre 2026, le site Tokenomist affichait 810,41 millions de dollars de jetons libérés dans la semaine, dont 177,99 millions de déblocages ponctuels (« cliff ») sur les sept jours suivants, menés par CRO (68,56 millions de dollars, 2,4 % de son offre), ZRO (57,84 millions, 6,4 %) et ARB (18,28 millions). L’écart entre capitalisation et valorisation entièrement diluée indique combien d’offre reste à venir.

Effondrements de gros altcoins

En mai 2022, le stablecoin TerraUSD (UST) perd sa parité avec le dollar, et l’UST comme ses jetons associés, dont le LUNA, tombent presque à zéro. Le 16 février 2023, la SEC poursuit Terraform Labs et son directeur général, Do Kwon. Son directeur de la répression, Gurbir Grewal, résume alors que l’écosystème Terraform n’était, selon ses mots, « neither decentralized, nor finance » (ni décentralisé, ni de la finance).

Six mois après Terra, FTX fait faillite. La plainte de la SEC contre son fondateur, annoncée le 13 décembre 2022, décrit comment Alameda Research avait accumulé des actifs surévalués et peu liquides, notamment des tokens liés à FTX, à commencer par le jeton de la plateforme, le FTT. Ses détenteurs étaient exposés deux fois à la même entreprise : comme clients de la plateforme et comme porteurs de son jeton.

Retraits de cote et changements de règles

Un altcoin peut perdre ses acheteurs du jour au lendemain quand une grande plateforme le retire, comme Binance l’a fait avec Monero en février 2024. Les règles changent aussi : l’échéance européenne de juillet 2027 va chasser les cryptos anonymes des plateformes régulées en Europe. Notre guide pour choisir une plateforme crypto explique comment vérifier agréments et listes de cryptos proposées.

Comment évaluer un altcoin : la liste en neuf points

Cherchez-vous le « meilleur altcoin 2026 » ? Aucune de ces étapes ne dit si un cours va monter. Elles indiquent ce que vous détenez réellement et si les faits de base tiennent la route.

  1. Lisez le livre blanc ou la documentation officielle, pas un résumé. Cherchez ce que fait l’actif, pourquoi il a besoin de son propre jeton et qui l’a émis. Dans l’UE, un livre blanc MiCA doit avertir qu’aucune autorité ne l’a approuvé.
  2. Identifiez qui est derrière. Des personnes nommées avec un historique, ce n’est pas la même chose que des fondateurs anonymes. Vérifiez qui peut modifier le code, créer de nouvelles unités ou geler des soldes.
  3. Étudiez l’offre. Notez l’offre en circulation et l’offre maximale, la répartition au lancement et la part encore bloquée, puis consultez le calendrier des déblocages sur un site comme Tokenomist.
  4. Contrôlez la liquidité et les lieux d’échange. Plusieurs plateformes régulées, ou un seul pool décentralisé ? Du vrai volume, ou quelques portefeuilles qui s’échangent les jetons entre eux ?
  5. Regardez les détenteurs. Dans un explorateur comme Etherscan ou Solscan, l’onglet « Holders » montre la part détenue par les plus gros portefeuilles. Des outils comme Bubblemaps révèlent si ces portefeuilles sont liés entre eux.
  6. Cherchez les audits du smart contract, lisez ce qu’ils ont trouvé et vérifiez que c’est corrigé. Un audit vaut pour une date, pas pour l’avenir.
  7. Vérifiez le statut réglementaire. En France, consultez la liste noire de l’AMF et le registre des prestataires agréés ; dans l’UE, vérifiez qu’un livre blanc a été notifié.
  8. Récupérez l’adresse du contrat sur le site ou la documentation officiels, puis comparez-la dans l’explorateur. Les faux tokens reprennent les vrais noms et tickers ; la leçon coin ou token montre comment contrôler une adresse.
  9. Demandez-vous ce qui se passe si le cours perd 90 %. Si le projet ne peut plus fonctionner, l’usage du jeton disparaît avec le prix.

L’endroit où vous gardez un altcoin compte aussi : notre guide des portefeuilles crypto compare la garde sur une plateforme et la détention de vos propres clés.

Loupe jaune posée sur une courbe bleue et verte qui monte, fond bleu nuit
La liste de contrôle passe par le white paper, l’offre et les déblocages, les détenteurs et l’adresse du contrat.

Acheter des altcoins en France : AMF, PSAN, CASP et MiCA

MiCA : un livre blanc notifié, jamais approuvé

Pour un lecteur européen, la plupart des altcoins relèvent du titre II du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), pleinement applicable depuis le 30 décembre 2024. Celui qui offre un tel jeton au public doit être une personne morale et publier un livre blanc notifié à une autorité nationale, qui ne l’approuve pas. Les petites offres (moins de 150 personnes par État membre, ou pas plus de 1 million d’euros sur 12 mois) en sont dispensées. Les jetons gratuits, les récompenses de minage ou de validation et les jetons utilitaires donnant accès à un service qui fonctionne déjà sortent de ces règles.

Du PSAN au CASP : qui peut vous vendre des altcoins

En France, les plateformes enregistrées comme PSAN (prestataires de services sur actifs numériques) sous le régime de la loi PACTE ont dû basculer vers l’agrément européen de CASP, ou PSCA (prestataire de services sur crypto-actifs). La période de transition s’est achevée le 1er juillet 2026. Le 6 juillet 2026, l’AMF comptait 283 prestataires agréés dans l’Union, dont 31 en France, et invitait les épargnants à ne passer que par des CASP autorisés à opérer dans l’UE. Notre explication du règlement MiCA entre dans le détail.

Avant d’acheter un altcoin peu connu, deux réflexes : vérifier que la plateforme figure parmi les prestataires agréés, et consulter la liste noire de l’AMF, régulièrement mise à jour, qui recense les sites proposant des crypto-actifs sans autorisation.

Fiscalité des altcoins en France : flat tax de 31,4 % et seuil de 305 €

Le fisc français traite un altcoin comme le bitcoin : ce sont des actifs numériques au sens de l’article 150 VH bis du Code général des impôts. Ce qui suit est une information générale, pas un conseil fiscal.

Les plus-values sont imposées au prélèvement forfaitaire unique, la flat tax, de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, selon la page d’impots.gouv.fr mise à jour le 17 juillet 2026. Le contribuable peut opter pour le barème progressif. Les cessions sont exonérées quand leur montant total ne dépasse pas 305 € sur l’année : le seuil porte sur les prix de vente bruts, pas sur les gains.

Différence majeure avec les États-Unis ou le Royaume-Uni : en France, échanger un altcoin contre un autre sans soulte n’est pas imposé. L’article 150 VH bis place ces échanges en sursis d’imposition jusqu’à la conversion en euros ou l’achat d’un bien ou d’un service. Passer d’ETH à SOL ne déclenche donc pas d’impôt ; revendre ce SOL contre des euros, si. Les cessions imposables se déclarent sur le formulaire 2086.

Et ailleurs : la SEC, l’IRS et la FCA

Les États-Unis pèsent sur le marché des altcoins, même pour un lecteur français. Le président de la SEC, Paul Atkins, a lancé le « Project Crypto » le 31 juillet 2025. Le 17 mars 2026, la SEC a publié une interprétation (Release 33-11412) à laquelle s’est associée la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Sa fiche de synthèse range les crypto-actifs en cinq groupes : matières premières numériques, objets de collection numériques, outils numériques et stablecoins conformes au GENIUS Act ne sont pas des titres financiers, les titres numériques en sont. Une matière première numérique tire sa valeur d’un système crypto qui fonctionne et de l’offre et la demande, pas des efforts de gestion d’une équipe. Les objets de collection incluent les actifs inspirés de mèmes, de personnages, de l’actualité ou de tendances.

Il y a une nuance : un actif qui n’est pas un titre peut quand même être vendu dans le cadre d’un contrat d’investissement si son émetteur promet de travailler à faire monter sa valeur. Les fonds suivent une voie distincte. Le 17 septembre 2025, la SEC a approuvé des standards de cotation génériques permettant à trois Bourses de lister des produits cotés (ETP) détenant des matières premières au comptant, actifs numériques compris, sans dépôt préalable d’une modification de règles pour chaque produit. Le même jour, elle a autorisé le Grayscale Digital Large Cap Fund, qui détient les actifs de l’indice CoinDesk 5. Les fonds d’altcoins qui remplissent les critères peuvent emprunter la même voie. Tout cela reflète la lecture de la SEC actuelle, qu’une autre pourra changer.

Côté fiscalité américaine, l’IRS considère les actifs numériques comme des biens, pas comme une monnaie, et contrairement à la France, l’échange d’un altcoin contre un autre est une cession à déclarer. Les courtiers déclarent les produits bruts sur le formulaire 1099-DA pour les opérations effectuées depuis le 1er janvier 2025, et le prix de revient de certaines opérations depuis le 1er janvier 2026.

Au Royaume-Uni, la FCA prévient ses épargnants (en anglais) qu’ils doivent être prêts à perdre tout leur argent, que la crypto y est en grande partie non régulée et qu’un mécanisme d’indemnisation a très peu de chances de jouer. Un régime d’agrément complet entre en vigueur le 25 octobre 2027, avec des demandes à déposer entre le 30 septembre 2026 et le 28 février 2027. Le HMRC taxe déjà en plus-values tout échange d’une crypto contre une autre, à 18 % ou 24 % pour 2026-2027, après un abattement annuel de 3 000 livres.

Des altcoins aux transactions qui les déplacent

Tous les altcoins de ce guide circulent de la même manière : un portefeuille signe une transaction, le réseau la vérifie, puis un validateur ou un mineur l’inscrit dans un bloc, contre des frais payés dans le coin natif de la chaîne. La prochaine leçon du parcours, comment fonctionne une transaction crypto, du portefeuille au bloc, suit un transfert étape par étape : ce que prouve une signature, pourquoi les frais montent quand le réseau sature, et ce que signifie vraiment une confirmation.

Sources

  1. Cryptos mortes : combien de cryptomonnaies ont échoué ? - CoinGecko Research, mise à jour du 17 avril 2026 (en anglais) coingecko.com
  2. Indice de la saison des altcoins (Altcoin Season Index) - Blockchaincenter (en anglais) blockchaincenter.net
  3. Manipulation des marchés crypto : wash trading et pump-and-dump - Chainalysis, 29 janvier 2025 (en anglais) chainalysis.com
  4. Déclaration des services de la SEC sur les memecoins - Division of Corporation Finance, 27 février 2025 (en anglais) sec.gov
  5. Crypto-actifs : la page d’information des épargnants de la FCA britannique (en anglais) fca.org.uk
Rédaction de Coindaro

Qui a écrit cet article

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