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Arnaques crypto : comment les éviter et où les signaler en 2026

Éviter les arnaques crypto : hameçonnage, faux support, empoisonnement d'adresse, drainers, faux airdrops, signaux d'alerte et où porter plainte.

Globe et nœuds connectés illustrant les paiements crypto mondiaux
Sommaire
  1. Quelle est l’ampleur du phénomène ?
  2. Les principales arnaques crypto en 2025-2026
    1. L’hameçonnage : faux sites, fausses applis, fausses publicités
    2. Le faux service client
    3. L’empoisonnement d’adresse
    4. Les drainers et les signatures piégées
    5. Le « pig butchering » et les fausses plateformes d’investissement
    6. Les faux airdrops et cadeaux de jetons
    7. L’usurpation d’identité : célébrités, régulateurs, faux « récupérateurs »
  3. Les signaux d’alerte d’une arnaque crypto
  4. Comment se protéger
  5. Vous avez été victime : que faire maintenant ?
  6. Où signaler une arnaque crypto
  7. L’essentiel à retenir

Les arnaques crypto sont devenues la forme de fraude en ligne la plus coûteuse. Pour éviter les arnaques crypto en 2026, inutile d’être expert en sécurité : blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il suffit de reconnaître quelques scénarios que les escrocs réutilisent sans cesse et de connaître les règles simples qui les déjouent. Ce guide passe en revue les principales arnaques observées en 2025 et 2026, les signaux d’alerte qu’elles ont en commun et les services où signaler une escroquerie en France, en Italie, au Royaume-Uni, aux États-Unis et ailleurs en Europe.

Quelle est l’ampleur du phénomène ?

Le rapport 2025 de l’IC3, le service de plaintes en ligne du FBI, a recensé 181 565 plaintes impliquant des cryptomonnaies, pour plus de 11,3 milliards de dollars de pertes déclarées, le montant le plus élevé de toutes les catégories. La fraude à l’investissement crypto pèse à elle seule 7,2 milliards de dollars. Le FBI a aussi reçu 10 516 plaintes pour de fausses offres de « récupération » visant des personnes déjà escroquées, pour environ 1,4 milliard de dollars.

Les données on-chain vont dans le même sens. Dans son rapport 2026 sur la criminalité crypto, Chainalysis estime que les arnaques ont encaissé au moins 14 milliards de dollars en 2025 et que le total final pourrait dépasser 17 milliards. Le cabinet a mesuré une hausse de plus de 1 400 % des arnaques par usurpation d’identité par rapport à 2024, portée par des outils d’IA qui rendent les fausses voix, vidéos et messages très bon marché.

Il ne s’agit que des pertes déclarées : beaucoup de victimes ne portent jamais plainte.

Les principales arnaques crypto en 2025-2026

L’hameçonnage : faux sites, fausses applis, fausses publicités

L’hameçonnage (phishing) reste la porte d’entrée de la plupart des vols. Les escrocs achètent des annonces sur les moteurs de recherche qui mènent à des copies de sites de wallets, de plateformes ou de protocoles DeFi, publient de fausses applications de wallet ou envoient des e-mails et SMS évoquant une « connexion suspecte » ou une « mise à jour obligatoire du wallet ». Le but est toujours le même : obtenir votre mot de passe, votre code 2FA ou, pire, votre phrase de récupération.

En 2025 puis début 2026, des détenteurs de wallets Ledger et Trezor ont même reçu des lettres papier avec un QR code les invitant à « valider » leur wallet en saisissant leur phrase de récupération. Ledger a confirmé qu’il s’agissait d’une arnaque.

Le faux service client

Les escrocs surveillent les réseaux sociaux à la recherche de personnes qui se plaignent d’un retrait bloqué, puis répondent en se faisant passer pour le « support » et les attirent dans une conversation privée, un appel ou une fausse page de ticket. D’autres appellent directement. En mai 2025, Coinbase a révélé que des criminels avaient soudoyé des prestataires de son support à l’étranger pour copier des données clients, puis contacté ces clients en se faisant passer pour Coinbase afin de leur faire transférer leurs fonds. La plateforme a annoncé rembourser les clients piégés de cette manière.

Un vrai support ne vous contacte pas le premier en message privé, ne vous demande jamais de déplacer vos fonds vers un « wallet sécurisé » et n’a jamais besoin de votre seed.

L’empoisonnement d’adresse

L’attaquant vous envoie une transaction minuscule, ou un transfert de jeton de valeur nulle, depuis une adresse qui commence et se termine par les mêmes caractères qu’une adresse que vous utilisez souvent. Plus tard, en copiant une adresse dans votre historique, vous risquez de prendre la fausse. Le virement est irréversible.

La parade est simple : ne copiez jamais une adresse depuis l’historique. Utilisez votre carnet d’adresses ou une liste blanche, vérifiez l’adresse en entier et pas seulement ses premiers et derniers caractères, et faites un petit envoi test pour les gros montants.

Les drainers et les signatures piégées

Un drainer est un kit vendu aux escrocs qui vide un wallet dès que la victime signe un message malveillant, généralement sur une fausse page de mint, d’airdrop ou de « claim ». La victime ne tape jamais sa seed : une seule signature accordant une autorisation sur ses jetons (un « permit ») suffit. Selon ScamSniffer, l’hameçonnage par drainers a dérobé environ 83,85 millions de dollars à 106 106 victimes en 2025, soit 83 % de moins qu’en 2024, mais les techniques évoluent, avec par exemple des signatures EIP-7702 malveillantes après la mise à jour Pectra d’Ethereum.

Lisez chaque demande de signature. Si votre wallet ne vous montre pas clairement ce que vous approuvez, refusez.

Le « pig butchering » et les fausses plateformes d’investissement

C’est la catégorie la plus coûteuse. Le FBI décrit des escroqueries au long cours, souvent menées par des groupes organisés basés en Asie du Sud-Est qui exploitent des victimes de la traite d’êtres humains. Tout commence par un SMS « envoyé par erreur », une application de rencontre ou un réseau social, se poursuit sur une messagerie, puis mène à une plateforme de trading qui affiche de faux gains croissants. Au moment du retrait, on exige des « impôts » ou des « frais », puis les escrocs disparaissent.

Les faux airdrops et cadeaux de jetons

Les faux sites d’airdrop copient l’identité d’un vrai projet et vous demandent de connecter votre wallet pour « vérifier votre éligibilité ». D’autres envoient dans votre wallet des jetons sans valeur dont le nom contient une adresse de site : la visiter mène à un drainer. Un vrai airdrop est annoncé sur le site et les comptes officiels du projet, et n’exige jamais de paiement ni votre phrase de récupération.

L’usurpation d’identité : célébrités, régulateurs, faux « récupérateurs »

Vidéos truquées (deepfakes) de fondateurs ou de célébrités promettant de doubler vos cryptos, faux régulateurs annonçant que vos fonds sont gelés, faux cabinets d’avocats promettant de récupérer l’argent volé : l’usurpation explose. Le FBI prévient que des escrocs se font passer pour l’IC3 lui-même. En France, l’AMF met aussi en garde contre les arnaques au faux recouvrement visant les victimes.

Les signaux d’alerte d’une arnaque crypto

  • Rendement garanti ou très élevé, trading « sans risque » ou robot qui « ne perd jamais ».
  • Urgence : offre qui expire dans quelques minutes, compte « sur le point d’être fermé ».
  • Une personne rencontrée en ligne qui oriente la conversation vers l’investissement.
  • Demande de votre seed, de votre clé privée, d’un code 2FA ou d’un accès à distance à votre ordinateur.
  • Paiement exigé pour débloquer un retrait (« taxe », « frais », « caution anti-blanchiment »).
  • Plateforme introuvable sur le registre d’un régulateur.
  • Lien reçu en message privé, via une publicité ou un e-mail inattendu.
  • Signature de wallet que vous ne comprenez pas.

Comment se protéger

  • Enregistrez en favoris les sites que vous utilisez et n’y accédez jamais via des publicités ou des liens.
  • Utilisez un wallet matériel pour l’épargne à long terme et gardez votre phrase hors ligne (voir les wallets crypto expliqués).
  • Activez une application d’authentification ou une clé de sécurité sur vos comptes, plutôt que le SMS.
  • Utilisez les listes blanches d’adresses de retrait des plateformes.
  • Révoquez régulièrement les anciennes autorisations de jetons avec un outil reconnu.
  • Avant d’utiliser une plateforme, vérifiez qu’elle est agréée. Dans l’UE, un prestataire crypto doit désormais disposer d’un agrément MiCA : voir notre guide MiCA expliqué.

Vous avez été victime : que faire maintenant ?

  1. Arrêtez tout paiement. N’envoyez plus d’argent, même pour « débloquer » un retrait.
  2. Si votre wallet est compromis, transférez les fonds restants vers un nouveau wallet doté d’une nouvelle seed, depuis un appareil sain.
  3. Contactez la plateforme depuis laquelle vous avez envoyé les fonds : elle peut geler le compte destinataire s’il se trouve chez elle.
  4. Rassemblez les preuves : identifiants de transaction (hash), adresses, captures d’écran, adresses de sites, pseudonymes et messages.
  5. Signalez l’arnaque aux autorités listées ci-dessous. Les signalements permettent de recouper les dossiers et parfois de saisir des fonds.
  6. Méfiez-vous de quiconque vous propose de récupérer vos cryptos contre des frais payés d’avance : c’est une seconde arnaque.

Où signaler une arnaque crypto

PaysOù signalerVérifications utiles
FrancePlainte en ligne via le service THESEE (rubrique « Arnaque sur internet » de service-public.fr), 17Cyber, Info Escroqueries au 0805 805 817, ou commissariat et gendarmerieListes noires de l’AMF et liste blanche des prestataires agréés
ItaliePolizia Postale, Commissariato di PS Online (commissariatodips.it)Avis et sites bloqués par la CONSOB
Belgique, Luxembourg, autres pays de l’UEPolice nationale, service de lutte contre la cybercriminalitéRégulateur national et registre MiCA de l’ESMA
Royaume-UniReport Fraud (reportfraud.police.uk), qui a remplacé Action Fraud le 4 décembre 2025 en Angleterre, au pays de Galles et en Irlande du Nord ; Police Scotland au 101Warning List de la FCA
États-UnisFBI IC3 (ic3.gov) et FTC (ReportFraud.ftc.gov)Alertes de la SEC et de la CFTC

17Cyber est le service d’assistance aux victimes proposé par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr : il établit un diagnostic et oriente vers la bonne démarche.

L’essentiel à retenir

Toute arnaque crypto finit par la même demande : envoyer des fonds, signer quelque chose ou révéler votre phrase de récupération. Ralentissez dès qu’un inconnu, une publicité ou un message urgent vous pousse vers l’une de ces actions. Vérifiez la plateforme, gardez votre seed hors ligne, lisez ce que vous signez et signalez ce qui vous arrive : cela protège la victime suivante.

Sources

  1. FBI – 2025 Internet Crime Report (IC3) ic3.gov
  2. Chainalysis – Record $17 billion estimated stolen in crypto scams and fraud in 2025 chainalysis.com
  3. Scam Sniffer – 2025 crypto phishing losses fall 83% to $84 million drops.scamsniffer.io
  4. 17Cyber – assistance aux victimes de cybermalveillance 17cyber.gouv.fr
  5. AMF – Listes noires et mises en garde amf-france.org
Rédaction de Coindaro

Qui a écrit cet article

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