Phantom, le portefeuille crypto en autogarde, permet depuis le vendredi 23 octobre 2026 aux utilisateurs américains de négocier les marchés de prédiction de Kalshi directement dans son application, selon un article du blog de Phantom. L’accès doit s’élargir au cours des prochaines semaines. Les transactions se paient en CASH, le stablecoin en dollars de Phantom, converti en monnaie fiduciaire à l’arrivée chez Kalshi, et Phantom affiche des frais de 0,02 $ par contrat, a rapporté The Block le même jour.
Le lancement est réservé aux États-Unis. Un utilisateur de Phantom en France, en Belgique, en Suisse, au Canada ou ailleurs hors des États-Unis n’aura pas accès à ces marchés, et ni Phantom ni Kalshi n’ont dit quoi que ce soit sur d’autres pays. Sur le statut de ces contrats en droit français, nous n’avons pas de source officielle à citer et nous ne l’affirmons donc pas.
Le moment est délicat pour Kalshi. Le mardi 20 octobre, trois jours avant le déploiement, le procureur général de l’Utah a assigné Kalshi et deux sociétés du groupe Susquehanna au titre de la loi de l’État sur les jeux d’argent. Phantom affirme que le droit fédéral couvre son activité. Plusieurs États, et deux cours d’appel fédérales, ont pris le parti inverse dans les dossiers de Kalshi.
Phantom et Kalshi : comment fonctionne l’intégration (KYC, CASH, 0,02 $ par contrat)
Phantom n’exploite pas le marché. Son blog décrit le partage des rôles : l’utilisateur vérifie son identité et passe ses ordres dans l’application Phantom, un service tiers collecte et conserve les données d’identité, et Kalshi valide et détient les comptes de trading, puis exécute les ordres transmis par Phantom. The Block ajoute que la vérification d’identité (KYC) se fait auprès de Kalshi.
Le trajet de l’argent compte plus que l’écran. D’après The Block, les utilisateurs alimentent leurs transactions en CASH depuis un compte Phantom Cash. Les fonds envoyés à Kalshi sont convertis en monnaie fiduciaire pour le règlement, et les retraits comme les gains reviennent sur le compte Cash. Les contrats vivent donc sur une plateforme régulée qui règle en dollars, et non sur une blockchain.
Le CASH est le mode de financement décrit par The Block pour le lancement. Kevin Jacobs, directeur juridique de Phantom, a déclaré au média que « d’autres moyens de paiement arrivent bientôt », sans les nommer ni donner de date.
En plus des 0,02 $ par contrat, de petits frais de réseau s’appliquent lorsque les fonds partent vers Kalshi, et Phantom présente le détail avant que l’utilisateur ne confirme, selon The Block. L’article du blog ne donne aucun détail sur les frais, et nous n’avons pas trouvé de page d’aide de Phantom qui les liste, pas plus que les États concernés.
| Point | Ce qui est rapporté | Source |
|---|---|---|
| Qui peut l’utiliser | Utilisateurs américains uniquement, déploiement à partir du 23 octobre 2026 sur plusieurs semaines | Blog de Phantom |
| Vérification d’identité | KYC effectué auprès de Kalshi ; un service tiers conserve les données d’identité | The Block, blog de Phantom |
| Financement | CASH depuis un compte Phantom Cash, converti en monnaie fiduciaire chez Kalshi | The Block |
| Frais | 0,02 $ par contrat, plus de petits frais de réseau pour envoyer les fonds | The Block |
| Paiements | Retraits et gains reviennent sur le compte Cash | The Block |
| Marchés affichés | Choisis par Phantom dans l’ensemble du catalogue de Kalshi | The Block |

Kalshi ouvre tout son catalogue à Phantom, et Phantom décide des marchés qui apparaissent dans l’application, a expliqué à The Block Max Crowley, vice-président du développement commercial de Kalshi. pool di un market maker automatico divergono, rispetto a tenere semplicemente gli stessi token. Diventa definitiva al prelievo.">Il compte sur ce partenariat pour apporter à Kalshi plus d’utilisateurs et de liquidité. Sur le blog de Phantom, il a affirmé : « Phantom a fait le travail réglementaire en amont, et c’est un modèle pour que les marchés de prédiction touchent plus de monde. » Phantom présente ce lancement comme sa première intégration américaine. Notre explication sur Kalshi et son bras de fer avec les États détaille comment la plateforme est régulée.
Sports bloqués dans le Michigan, élections aussi au Nevada et dans l’État de Washington
Certains marchés sont fermés dans certains États dès le premier jour. Selon The Block, les utilisateurs du Michigan ne peuvent pas négocier de contrats sur le sport. Au Nevada, le sport, les élections, la politique et le divertissement sont bloqués. L’État de Washington bloque tout cela, plus la culture, la science et la tech, les « mentions » et la géopolitique.
The Block précise que ces limites pourraient évoluer au fil des procédures judiciaires dans ces États. Phantom dit qu’il suivra les restrictions des États, et son blog indique que les marchés sont soumis à disponibilité dans certaines juridictions, sans fournir de liste. Personne n’a publié les restrictions des autres États : un lecteur américain hors de ces trois États doit donc vérifier dans l’application plutôt que de présumer un accès complet.
Phantom s’appuie sur une lettre de non-action du personnel de la CFTC, pas sur un agrément
L’avertissement de Phantom est bref : « Phantom n’est pas enregistré auprès de la CFTC. » Ce qu’il détient, c’est une lettre de non-action. Le 17 mars 2026, les services de la CFTC ont émis la Staff Letter 26-09, une lettre assortie de conditions confirmant que Phantom n’aurait pas à s’enregistrer comme courtier introducteur pour donner accès à des marchés régulés, a rapporté Decrypt ce jour-là. Le blog de Phantom donne le numéro de la lettre et précise que la dispense est soumise à certaines conditions, sans les énumérer.
Le périmètre est étroit. Selon Decrypt, la dispense ne couvre ni les dérivés de la finance décentralisée (DeFi) ni les marchés de prédiction tokenisés (Jacobs a cité Polymarket comme exemple de ces derniers), et la CFTC a indiqué qu’une réglementation formelle ou des orientations plus larges pourraient la remplacer. « Phantom ne touche jamais aux fonds des clients », écrivait alors Jacobs.
Une lettre de non-action est une position du personnel de l’agence sur l’application de la loi. Ce n’est ni un règlement adopté par la commission ni une décision de justice, et elle ne tranche pas la question distincte de savoir si les lois des États sur les jeux d’argent s’appliquent aux contrats eux-mêmes. En septembre, la CFTC a accordé une dispense à l’échelle du secteur, aux mêmes conditions, à des fournisseurs de logiciels comparables, d’après le blog de Phantom ; The Block fait aussi état de cette extension.
Jacobs a dit à The Block : « Pour nous, la compétence de la CFTC est claire ici. » Tant que le rôle de Phantom reste conforme à sa position de non-action, a-t-il ajouté, « nous sommes sûrs de nous et à l’aise pour mener cette activité ». Il a précisé que Phantom respecterait les restrictions des États pendant que les différends suivent leur cours et qu’il s’attend à ce que la Cour suprême ait le dernier mot. Crowley a refusé de commenter les procédures des États.
La plainte de l’Utah et des cours d’appel fédérales divisées
La plainte de l’Utah, déposée le 20 octobre devant le tribunal de district de Salt Lake City (3rd District Court), vise Kalshi et plusieurs entités liées, ainsi que Susquehanna International Group et Susquehanna Government Products, a rapporté le Deseret News. Elle invoque les lois antijeu de l’État et qualifie l’activité de nuisance publique. Le procureur général Derek Brown demande que les contrats sur le sport, les élections, la politique, la culture et les « mentions » soient arrêtés dans l’Utah via un prestataire de géolocalisation approuvé par le tribunal, ainsi que des dommages et intérêts et une restitution. L’État estime les revenus de Kalshi issus de comptes de l’Utah entre 30,5 et 61,1 millions de dollars, une estimation fondée sur des frais d’un à deux cents par transaction. Jacki McGavick, porte-parole de Kalshi, a déclaré que la plateforme est régulée au niveau fédéral et qu’« aucun État ne devrait avoir un droit de veto sur elle », ajoutant que l’action de l’État « n’affecte pas notre contentieux fédéral en cours ».
Le même article recense au moins neuf États ayant agi contre des plateformes de marchés de prédiction, dont une plainte pénale en Arizona. L’Utah s’était déjà joint à 40 États et au district de Columbia dans une lettre à la CFTC affirmant que la commission n’a pas compétence sur les paris sportifs.
Les tribunaux n’ont pas donné une seule réponse. En avril 2026, la cour d’appel du troisième circuit, à Philadelphie, a jugé que les contrats de Kalshi ne relèvent pas des lois du New Jersey sur les jeux d’argent. Fin août, la cour d’appel du neuvième circuit, à San Francisco, a tranché dans l’autre sens dans l’affaire du Nevada. Le 25 septembre, un collège unanime du sixième circuit, à Cincinnati, a estimé que l’Ohio et le Tennessee peuvent appliquer leurs lois sur les jeux d’argent aux contrats d’événements, a rapporté Al Jazeera, qui rappelait les deux décisions précédentes. Les cours d’appel étant divisées, un recours devant la Cour suprême est largement attendu, ce que Jacobs lui-même envisage.

Le gouvernement fédéral surveille aussi ces marchés. Vendredi, le Pentagone a interdit aux militaires de parier sur des opérations avec des informations non publiques, en nommant Polymarket et Kalshi.
Volumes de Kalshi, et Robinhood qui se lance sur les mêmes contrats
Phantom arrive alors que les volumes de Kalshi grimpent. D’après les données propres de The Block, Kalshi a traité plus de 291 milliards de dollars de volume cette année. Octobre atteignait 55,33 milliards de dollars avec neuf jours restants, sur un rythme supérieur au record mensuel de septembre, à 59,32 milliards.
Les courtiers vont dans le même sens. Robinhood, dont les marchés de prédiction passent aussi par Kalshi, voit les contrats sur le bitcoin, l’or et le pétrole parmi ses plus dynamiques, a déclaré JB Mackenzie, son vice-président et directeur général des contrats à terme et des marchés de prédiction, le jeudi 22 octobre lors de l’événement NEXTPredict à New York, selon CoinDesk. Selon lui, ces contrats commencent à « dominer le marché », même si le sport reste la première catégorie. Kalshi élargit aussi son offre : la plateforme prévoit de laisser les traders déposer du bitcoin en marge pour des contrats à terme perpétuels.
Ce que Phantom et Kalshi n’ont pas encore dit
Plusieurs points restent ouverts. Phantom n’a pas dit combien de ses utilisateurs américains auront accès au service, ni quand le déploiement s’achèvera. Les restrictions hors Michigan, Nevada et État de Washington ne sont pas publiques. Aucune date n’est donnée pour d’autres moyens de paiement que le CASH, et aucune des deux entreprises n’a précisé quelle société détient les dollars une fois arrivés chez Kalshi.
Les prochains jalons sont la fin du déploiement dans les semaines à venir, la réponse de Kalshi dans l’affaire de l’Utah et un éventuel recours devant la Cour suprême sur la division entre cours d’appel. Pour comprendre le fonctionnement du portefeuille lui-même, voir notre test du portefeuille Phantom.
