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Marchés de prédiction : l’ASIC australienne doute de l’accès des particuliers et les compare aux options binaires, sans les interdire

Marchés de prédiction : l'ASIC n'est « pas actuellement convaincue » de leur intérêt pour les particuliers et cite les options binaires, sans interdiction.

8 min de lecture

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Sommaire
  1. Marchés de prédiction et ASIC : un doute, pas une interdiction
  2. Pourquoi l’ASIC rapproche les contrats d’événements des options binaires interdites
  3. Plateformes étrangères : aucune protection australienne pour les utilisateurs directs
  4. Les autres régulateurs divergent sur les mêmes contrats
  5. Ce que l’on ignore encore

Le régulateur australien des marchés dit qu’blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il n’est « pas actuellement convaincu que les marchés de prédiction destinés aux clients de détail soient dans l’intérêt public » (traduction de Coindaro), dans une déclaration attribuée à sa présidente, Sarah Court, publiée le vendredi 30 octobre. L’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) a exprimé un doute. Elle n’a imposé aucune interdiction.

La déclaration, communiqué 26-261MR, affirme que les contrats des marchés de prédiction « présentent toutes les caractéristiques d’un pari » (traduction de Coindaro) et les rapproche des options binaires, interdites aux clients de détail en Australie. Ses exemples : s’il pleuvra demain, qui gagnera un match ou avec combien de buts d’écart, des événements qui n’ont souvent, selon elle, « rien à voir avec l’investissement » (traduction de Coindaro). Elle se demande même si ces contrats méritent le nom de produits d’investissement. Elle ne cite aucune plateforme, ne mentionne pas les cryptomonnaies et n’annonce ni règle, ni consultation, ni action de contrôle.

Un jour plus tôt, le jeudi 29 octobre, Sarah Court a indiqué à une audition budgétaire du Sénat (« Senate estimates ») qu’aucun opérateur de marché de prédiction n’avait déposé de demande auprès de l’ASIC, qu’une demande permettrait au régulateur de vérifier si une plateforme est apte à opérer, et que toute candidature se heurterait à un seuil élevé. Ces propos nous parviennent de seconde main : Finance Magnates les a relayés d’après Bloomberg, sans citation directe, et Coindaro n’a pas consulté le compte rendu officiel (Hansard).

Marchés de prédiction et ASIC : un doute, pas une interdiction

En Australie, le critère de l’intérêt public s’applique au stade de l’agrément. Une note de contexte jointe au communiqué indique que l’article 798A du Corporations Act 2001 oblige l’ASIC à examiner si l’octroi d’un agrément de marché australien servirait l’intérêt public. Se dire non convaincue indique à tout futur candidat où se situe le régulateur aujourd’hui. D’après Sarah Court, personne n’a déposé de demande : l’ASIC n’a donc rien refusé, et le mot « actuellement » laisse la porte ouverte à un changement d’avis.

L’ASIC énumère aussi des risques pour l’intégrité des marchés, dont l’usage d’informations confidentielles, la manipulation de cours et les litiges sur la façon de déterminer les résultats. Les lecteurs qui suivent les États-Unis connaissent le premier. Des sénateurs américains ont donné à Kalshi et à Polymarket jusqu’au 3 novembre pour dénombrer les cas présumés de délit d’initié ou de manipulation sur les contrats liés aux élections.

Faute d’agrément, les plateformes risquent plutôt de relever des règles du jeu d’argent que de celles de la finance, selon Bloomberg tel que relayé par Finance Magnates. Polymarket a déjà connu cette voie. L’Australian Communications and Media Authority (ACMA) l’a inscrit le 13 août 2025 parmi les sites bloqués par les fournisseurs d’accès, après des enquêtes ayant constaté des manquements à l’Interactive Gambling Act 2001.

Pourquoi l’ASIC rapproche les contrats d’événements des options binaires interdites

Les deux produits consistent à spéculer sur l’issue binaire d’un événement futur, explique la note de contexte. La différence qu’elle retient tient au canal : les contrats des marchés de prédiction passent en général par une plateforme de marché, tandis que les options binaires sont vendues de gré à gré par des courtiers. Notre guide sur le fonctionnement des marchés de prédiction en détaille la mécanique.

Le rapprochement pèse lourd, car l’ASIC a déjà agi sur l’un des deux produits. Elle a interdit la vente d’options binaires aux clients de détail à compter du 3 mai 2021, puis, en septembre 2022, prolongé l’interdiction jusqu’au 1er octobre 2031. La note de vendredi dit que cette décision faisait suite à des données montrant que « jusqu’à 77 % » des clients de détail perdaient de l’argent, pour 14 millions de $ de pertes sur la dernière année avant l’interdiction. Cette phrase réunit deux mesures que le communiqué de 2022 donne séparément ; le tableau les garde donc distinctes.

Chiffre de l’ASIC sur les options binairesValeur, telle qu’imprimée par l’ASICQui est comptéPériode
Clients de détail ayant perdu de l’argentenviron 80 %Clients de détailExamens de l’ASIC de 2017 et 2019
Pertes nettes, estimation de l’ASIC à partir du chiffre d’affaires brut de tradingenviron 490 millions de $Clients en Australie et à l’étranger de cinq prestataires agréés2018
Pertes nettes, estimation de l’ASIC, probablement sous-évaluéeplus de 6,7 millions de $Clients de détail australiens uniquement2019 (12 mois jusqu’au 30 novembre 2019)
Clients de détail actifs ayant perdu de l’argent74 % à 77 %Clients de détail actifsChaque trimestre, d’avril 2020 au 3 mai 2021
Pertes nettes cumulées14 millions de $Comptes de clients de détail13 mois jusqu’au 3 mai 2021

Ces chiffres portent sur des périodes différentes et des groupes de personnes différents : il ne faut ni les additionner ni y lire une tendance. L’estimation de 2018 couvre les clients en Australie et à l’étranger, et l’ASIC l’a déduite du chiffre d’affaires déclaré par les cinq prestataires. Le chiffre de 2019 ne compte que les Australiens, pour les 12 mois jusqu’au 30 novembre 2019 dans l’étude d’impact de l’ASIC, qui précise que les pertes sont probablement sous-estimées. Entre les deux, les prestataires ont cessé de servir de nombreux clients étrangers après un avertissement de l’ASIC en avril 2019, et leurs clients de détail sont passés de plus de 280 000 à moins de 12 000.

Les signes dollar sont ceux de l’ASIC. Ni les communiqués, ni l’avis de 2021 n’indiquent de devise pour ces montants. Le dollar australien est la lecture naturelle pour un régulateur australien, mais c’est notre lecture et non la formulation de l’ASIC : nous n’avons donc ajouté ni « A$ » ni conversion en euros.

Tout cela concerne les options binaires. L’ASIC ne donne aucun chiffre de pertes pour les marchés de prédiction dans cette déclaration, et sa page Moneysmart cite un autre chiffre pour les options binaires, environ 75 % de clients de détail perdants, sans préciser la période.

Courbe descendante abstraite à côté d'un panneau d'alerte, d'un sablier et d'un document
L'interdiction des options binaires aux clients de détail, produit auquel l'ASIC compare les marchés de prédiction, court jusqu'en octobre 2031.

Plateformes étrangères : aucune protection australienne pour les utilisateurs directs

Les Australiens qui se rendent directement sur des marchés de prédiction étrangers ne bénéficient d’aucune protection au titre du droit australien, prévient la déclaration. Moneysmart, dans une page mise à jour le 3 août 2026, nomme deux des garanties qu’ils perdent : le règlement interne des litiges et la protection des fonds des clients. Le site indique qu’aucun marché de prédiction n’est actuellement agréé comme marché financier en Australie, et invite à vérifier si une plateforme figure sur la liste des sites de jeux d’argent bloqués par l’ACMA.

La déclaration vise aussi les titulaires australiens d’une licence de services financiers qui facilitent l’accès à ces plateformes. Toutes leurs obligations de licence continuent de s’appliquer à cette activité. Cette ligne s’adresse aux intermédiaires, c’est-à-dire aux sociétés déjà soumises au régime d’agrément de l’ASIC.

Pont abstrait à côté d'un bouclier, d'une clé et d'une loupe
L'ASIC rappelle que les titulaires de licence qui facilitent l'accès aux plateformes étrangères gardent toutes leurs obligations.

Les autres régulateurs divergent sur les mêmes contrats

L’ASIC affirme que son approche rejoint celle de plusieurs juridictions comparables, dont certaines en Europe et au Royaume-Uni, où les autorités ont restreint l’accès aux contrats d’événements qui ressemblent aux options binaires. Finance Magnates rapporte que l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a indiqué en juillet que de tels contrats peuvent relever de son interdiction des options binaires pour les clients de détail, quel que soit leur nom. Bitcoin.com ajoute que Gibraltar a créé le même mois un régime dédié aux marchés de prédiction, une autre voie. Coindaro n’a vérifié aucun de ces deux points à la source primaire.

Aux États-Unis, ces contrats s’échangent sur des plateformes supervisées par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), un modèle que contestent les régulateurs des jeux des États, note Finance Magnates. L’Utah a engagé des poursuites pénales contre Kalshi et ses fondateurs dans un document daté du 28 octobre. Le 29 octobre, jour de l’audition de Sarah Court au Sénat, Kalshi a dit avoir levé 1 milliard de $ sur une valorisation de 40 milliards de $. Finance Magnates cite FM Intelligence pour un volume « taker » cumulé de Kalshi, de Polymarket et de la plateforme américaine de Polymarket de 172,4 milliards de $ au troisième trimestre, contre 98,5 milliards au deuxième.

Les cryptomonnaies font partie de cette activité. Les contrats d’événements crypto de Kalshi et de Polymarket ont atteint un volume notionnel rapporté de 2,7 milliards de $ en une seule semaine, selon une newsletter de Bloomberg du 22 octobre. La documentation de Polymarket décrit son collatéral comme le pUSD, un jeton adossé à l’USDC sur Polygon. La déclaration de l’ASIC n’aborde pas le règlement en cryptomonnaies.

Ce que l’on ignore encore

L’ASIC n’a pas dit si elle prévoyait une mesure formelle ou une consultation. Rien de ce que nous avons trouvé n’indique une réaction de Kalshi ou de Polymarket à la déclaration. Les mots exacts employés par Sarah Court à l’audition restent non confirmés tant que le compte rendu Hansard n’a pas pu être lu. Le prochain test concret serait le dépôt d’une demande d’agrément par un opérateur, et aucun n’a été signalé.

Sources

  1. Communiqué de l'ASIC 26-261MR, déclaration sur les marchés de prédiction, 30 octobre 2026 (en anglais) asic.gov.au
  2. Communiqué de l'ASIC 22-243MR, interdiction des options binaires prolongée jusqu'en 2031, 5 septembre 2022 (en anglais) asic.gov.au
  3. Communiqué de l'ASIC 21-064MR, l'ASIC interdit la vente d'options binaires aux clients de détail, 1er avril 2021 (en anglais) asic.gov.au
  4. ASIC Moneysmart, avertissement sur les marchés de prédiction, mis à jour le 3 août 2026 (en anglais) moneysmart.gov.au
  5. Bitcoin.com News, 31 octobre 2026, sur l'ASIC et les marchés de prédiction de détail (en anglais) news.bitcoin.com
  6. Finance Magnates, 29 octobre 2026, d'après Bloomberg sur l'audition budgétaire du Sénat (en anglais) financemagnates.com

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