Les autorités financières françaises veulent que l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) supervise directement davantage de prestataires crypto, et que le staking, le prêt de crypto-actifs et les stablecoins émis à la fois dans l’Union et hors de l’Union soient mieux encadrés. La direction générale du Trésor, l’Autorité des marchés financiers (AMF), la Banque de France et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont publié cette semaine leur réponse commune à la consultation de la Commission européenne sur la révision de MiCA : la page de la DG Trésor est datée du 20 octobre 2026 et le communiqué de l’AMF du 21 octobre. La réponse complète compte 73 pages et n’existe qu’en anglais.
La demande phare est un rôle renforcé de l’ESMA sur les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) « importants » et sur les crypto-conglomérats. Le texte intégral va plus loin que le communiqué. blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il demande de redessiner le test d’importance pour que plus qu’une poignée d’acteurs soient concernés, de créer un guichet européen unique pour les offres de jetons, de resserrer les règles applicables aux plateformes hors UE qui affirment que leurs clients européens sont venus à elles de leur propre initiative, et d’interdire aux PSCA agréés dans l’Union de servir des stablecoins qui ne respectent pas MiCA.
Rien de tout cela n’a valeur de loi. C’est la réponse d’un État membre à une consultation que la Commission a menée du 20 mai au 30 septembre 2026, selon la DG Trésor. En vertu de l’article 140 de MiCA, la Commission doit remettre au Parlement et au Conseil un rapport complet sur le règlement d’ici le 30 juin 2027, qui peut être accompagné d’une proposition législative. Aucune proposition n’a été déposée à ce stade, et la Commission n’a pas publié de synthèse des réponses reçues.
La réponse française sur la révision de MiCA en un tableau
Les autorités françaises ont évalué et commenté des dizaines de questions. Voici les points qui pèsent le plus pour les plateformes, les émetteurs de stablecoins et les utilisateurs, avec l’état actuel du texte.
| Sujet | MiCA aujourd’hui | Ce que proposent les autorités françaises |
|---|---|---|
| Supervision des plateformes par l’ESMA | Un PSCA est « important » à partir de 15 millions d’utilisateurs actifs moyens dans l’UE | Abaisser « significativement » ce seuil et ajouter des critères comme les actifs conservés et la complexité du groupe |
| Crypto-conglomérats | Aucun superviseur crypto au niveau du groupe | L’ESMA supervise leurs activités crypto, avec un organe réunissant les autorités nationales concernées |
| Offres de jetons (livres blancs) | Notifiées à une autorité nationale, sans approbation, puis passeportées | Guichet unique à l’ESMA, avec transfert des pouvoirs de sanction à l’ESMA |
| Sollicitation inversée | Autorisée, encadrée par des orientations de l’ESMA | Critères clairs : publicité, parrainage et influenceurs valent sollicitation ; délai de carence après une promotion |
| Stablecoins non conformes | Orientations de l’ESMA sur les jetons non MiCA | Interdiction explicite, pour les PSCA agréés dans l’UE, de fournir des services sur ces jetons |
| Stablecoins multi-émis | Pas clairement traités | Admis seulement avec évaluations d’équivalence, coopération des superviseurs et garanties sur les réserves et le remboursement |
| Intérêts sur les stablecoins | Les émetteurs ne peuvent pas verser d’intérêts | Maintenir l’interdiction pour l’émetteur ; encadrer, plutôt qu’interdire, les rémunérations versées par les plateformes et autres tiers |
| Staking, prêt, DeFi | Staking et prêt non régulés séparément | Règles ciblées sur l’information, le risque de perte et les garanties ; certification des protocoles et diligence des PSCA pour la DeFi |
Qui relèverait de l’ESMA : élargir le test du PSCA « important »
Selon l’article 85 de MiCA, un prestataire de services sur crypto-actifs est considéré comme important dès qu’il compte en moyenne 15 millions d’utilisateurs actifs dans l’UE sur une année civile. Ce statut entraîne une coordination plus étroite avec l’ESMA, mais la supervision au quotidien reste confiée à l’autorité nationale qui a agréé la société. Pour un acteur agréé par l’AMF, cela signifie que l’interlocuteur reste aujourd’hui le superviseur français.
Début décembre 2025, la Commission a présenté son paquet d’intégration et de supervision des marchés, dit MISP, que l’ESMA a salué le 4 décembre et qui transférerait à l’ESMA la supervision directe de certains prestataires de services sur crypto-actifs. Ce paquet est toujours en cours de négociation. La réponse française affirme que, quel que soit le résultat de ces discussions, les critères d’importance prévus par MiCA doivent être réécrits « pour éviter que seuls un ou deux PSCA ne relèvent de la supervision européenne de l’ESMA » (traduction de la réponse, publiée en anglais).
Le seuil de 15 millions, selon les autorités françaises, « devrait être significativement abaissé » (traduction). Aucun nouveau chiffre n’est avancé. Le texte énumère plutôt d’autres critères à explorer : la valeur des crypto-actifs conservés, la complexité de la structure du groupe, l’exploitation ou non d’une plateforme de négociation, les modèles d’affaires risqués, l’externalisation de fonctions clés et les antécédents prudentiels de la société. Il ajoute qu’un nouveau reporting sera nécessaire, ne serait-ce que pour savoir quelles sociétés franchissent la ligne. Les PSCA importants devraient aussi détenir des fonds propres calqués sur ceux des entreprises d’investissement : la réponse suggère de leur appliquer le régime prudentiel des entreprises d’investissement de classe 2 prévu par le règlement IFR, ou des règles similaires, plutôt que le régime plus léger de MiCA.
Les grands groupes ont droit à une section à part. Certains groupes crypto internationaux exploitent une plateforme de négociation, la conservation, des services d’échange et l’émission de stablecoins à travers plusieurs entités juridiques et plusieurs pays, relève le texte. Pour ces crypto-conglomérats, la France veut que l’ESMA supervise les activités crypto, « comme les autorités françaises l’ont soutenu dans les négociations sur la proposition MISP » (traduction), avec un organe réunissant les autorités nationales concernées, chargé d’une vision consolidée du groupe. La réponse ne cite aucune entreprise.
Deux demandes plus modestes comptent pour les banques et pour la charge de travail de l’AMF elle-même. Les banques et entreprises d’investissement déjà agréées peuvent proposer de la conservation de crypto-actifs après une simple notification, que les autorités françaises assimilent à un simple contrôle de complétude. Elles jugent « moins logique » (traduction) de laisser ces établissements exercer la conservation sans les vérifications qu’impose un agrément de PSCA, contrôles de cybersécurité compris. Quant aux délais dont disposent les autorités nationales pour instruire les demandes d’agrément de PSCA, ils sont « difficiles à tenir » (traduction), et la France veut les modifier.

Un guichet européen pour les offres de jetons, et moins de moyens de contourner les règles
Le chapitre de MiCA sur les offres de jetons (titre II, qui exclut les stablecoins) permet à un émetteur de notifier un livre blanc à une seule autorité nationale, puis de passeporter l’offre dans toute l’Union, sans approbation préalable. Les autorités françaises écrivent que « le modèle de notification préalable sans approbation est sa disposition la plus faible » (traduction). Leur remède est celui que Paris défendait déjà avec la Consob italienne et la FMA autrichienne dans une position commune de septembre 2025 : un guichet unique européen, tenu par l’ESMA, pour le dépôt et la gestion des offres de jetons, avec transfert à l’ESMA des pouvoirs de sanction.
L’argument est pratique. La plupart des offres visent la plupart des États membres : chaque autorité nationale reçoit donc des notifications de passeport quasi identiques et les traite à sa façon. Il en résulte des traitements inégaux, du travail supplémentaire pour les émetteurs et un coût pour les superviseurs, explique la réponse. Les autorités nationales conserveraient une porte d’entrée : elles pourraient demander à l’ESMA de se saisir d’un dossier.
Le langage le plus ferme vise les sociétés établies hors de l’UE. La sollicitation inversée permet à une plateforme hors UE de servir un résident européen qui l’a contactée de sa propre initiative. La France veut que le règlement lui-même, et non les seules orientations de l’ESMA, précise ce qui constitue une sollicitation : bannières publicitaires, contrats de parrainage et promotion par toute personne liée à la société, influenceurs et célébrités compris. Un formulaire de contact demandant des informations à l’investisseur compterait aussi comme une sollicitation. Une société qui bloque l’accès de son site aux utilisateurs de l’UE montrerait, elle, qu’elle ne les sollicite pas.
Une proposition va au-delà des orientations actuelles de l’ESMA. MiCA devrait fixer la durée pendant laquelle une société hors UE qui s’est promue en Europe doit attendre avant de pouvoir invoquer de nouveau la sollicitation inversée. Les autorités françaises veulent aussi que l’ESMA coordonne la détection, l’inscription sur liste noire et les demandes de blocage entre États membres, afin qu’un prestataire bloqué dans un pays ne puisse pas continuer à démarcher des clients depuis un autre. Les offres relayées par des influenceurs « échappent au régime du livre blanc » (traduction), dit le texte, et la réponse proposée est une détection automatisée et des règles pour les influenceurs, non un allègement des obligations des émetteurs. Pour les épargnants français, ces plateformes non agréées sont précisément celles contre lesquelles l’AMF publie régulièrement ses mises en garde.
Stablecoins : la multi-émission admise, mais avec des garde-fous
La multi-émission est le modèle dans lequel un même stablecoin est émis par une entité de l’UE et par une entité hors de l’UE, les jetons étant traités comme interchangeables. L’USDC de Circle fonctionne ainsi : l’émetteur tient des réserves distinctes pour les détenteurs européens tandis que les jetons restent interchangeables d’un pays à l’autre, a rapporté Ledger Insights en octobre 2025, après la recommandation du Comité européen du risque systémique d’interdire ce modèle. La France coche « oui » pour que MiCA reste ouvert à ce modèle, puis pose des conditions : évaluations d’équivalence du régime étranger, coopération entre superviseurs et garanties supplémentaires sur les réserves et le remboursement. Sans ces changements, la réponse est nette : « En l’absence de tels ajustements du cadre réglementaire, et compte tenu des risques identifiés, les modèles de multi-émission devraient être évités » (traduction). Coindaro a expliqué comment l’ABE reprend la supervision des réserves d’USDC à partir du 12 novembre.
Le texte français soutient aussi une limitation des droits de remboursement prévus par MiCA aux seuls détenteurs de l’UE, mais uniquement dans un montage de multi-émission. Sans cette limite, des détenteurs hors UE pourraient présenter à l’émetteur européen, pour remboursement, des jetons émis à l’étranger, et en période de tension ces flux pourraient vider les réserves détenues dans l’UE. Pour un émetteur unique établi dans l’UE, il ne voit aucune raison d’une telle limite, puisque cet émetteur doit couvrir chaque jeton en circulation, quel que soit le lieu de résidence du détenteur.
Pour les jetons qui n’ont jamais cherché à obtenir un agrément MiCA, le communiqué de l’AMF demande une interdiction explicite faite aux PSCA autorisés dans l’UE de « fournir des services sur des stablecoins qui ne respectent pas les exigences de MiCA » (traduction du communiqué en anglais). Tether a choisi de ne pas demander d’agrément MiCA pour l’USDT, le plus gros stablecoin, a rapporté The Paypers en juillet. L’ESMA a déjà donné jusqu’en janvier aux sociétés crypto européennes pour abandonner les stablecoins non conformes à MiCA ; la demande française inscrirait cette ligne dans le règlement lui-même.
Sur le rendement, la France garde une porte fermée et en ouvre une autre. L’interdiction faite aux émetteurs de verser des intérêts sur les jetons de monnaie électronique doit rester, soutient la réponse, qui cite les mises en garde de la BCE selon lesquelles la croissance des stablecoins pourrait drainer les dépôts bancaires et rendre le financement des banques plus volatil. Elle s’appuie sur la Revue de stabilité financière de la BCE, qui situe le marché des stablecoins au-dessus de 280 milliards de dollars, et sur une étude de 2026 de la Fed de New York sur la façon dont les stablecoins grignotent la base de dépôts des banques. Les rémunérations versées par des tiers sont traitées différemment : plateformes qui rémunèrent les détenteurs, fonds qui tirent un rendement des stablecoins qu’ils détiennent, revenus issus de l’utilisation des jetons pour le règlement. Elles devraient être encadrées plutôt qu’interdites, écrivent les autorités, qui citent le GENIUS Act américain, « qui interdit l’intérêt versé par l’émetteur mais pas les rémunérations versées par des tiers » (traduction). Les conditions listées : transparence envers les détenteurs, absence de rendement garanti, pas de commercialisation comme produit d’épargne et suivi de l’effet sur les dépôts bancaires, les détails étant laissés à l’ABE.
Les superviseurs disposeraient aussi d’outils plus affûtés contre les nouveaux jetons. La France veut un pouvoir explicite de bloquer l’émission d’un nouveau jeton de monnaie électronique lorsqu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner une infraction, et un délai de 30 jours après notification pendant lequel une autorité pourrait s’opposer à la publication du livre blanc d’un jeton de monnaie électronique. Les nouvelles émissions peuvent atteindre de très gros volumes en peu de temps, relève le texte : des pouvoirs qui n’agissent qu’après coup arrivent trop tard.
Paris soutient les stablecoins libellés en euros et les dépôts bancaires tokenisés, en particulier pour les paiements transfrontières avec des pays hors de l’UE et pour la finance tokenisée. Cette position rejoint celle du communiqué commun, qui veut accélérer l’adoption des stablecoins en euros pour renforcer l’autonomie de l’Union et le rôle international de l’euro. Les autorités n’attendent pas que les stablecoins deviennent un moyen de paiement grand public dans l’UE d’ici cinq ans. La monnaie de banque centrale de gros reste l’actif de règlement privilégié, et la réponse cite le service de règlement Pontes de la BCE, attendu d’ici la fin de 2026.
Staking, prêt et DeFi : les règles voulues par la France
Interrogées sur le caractère adéquat de l’absence de régulation propre au staking, les autorités françaises répondent non. Lorsqu’une plateforme ou une autre société régulée propose du staking à ses clients, ceux-ci s’exposent à des risques que le cadre actuel couvre mal, selon la réponse : pertes, « slashing » (pénalités imposées aux validateurs), sous-performance ou défaillance d’un validateur, périodes de blocage, rémunération opaque et traitement incertain des actifs des clients. Les exigences devraient porter sur la transparence, la nature et l’origine des rémunérations et le risque de perte. Le glossaire de Coindaro explique comment fonctionne le staking.
Le prêt et l’emprunt de crypto-actifs devraient eux aussi être encadrés, sans licence distincte, avec des exigences d’information, de gestion des garanties et de réutilisation des actifs, proportionnées aux volumes en jeu. À la frontière avec le droit des valeurs mobilières, les cas les plus difficiles cités par la réponse sont les produits porteurs de rendement et les jetons de staking liquide, qui peuvent dans certains cas être qualifiés de parts de fonds d’investissement.
Sur la finance décentralisée, le communiqué réclame un cadre sûr et proportionné, fondé sur des responsabilités clairement attribuées aux intermédiaires, des obligations de diligence et une certification des protocoles. La réponse complète demande aux régulateurs de distinguer les protocoles réellement décentralisés de ceux qui ne le sont que de nom. Pour les plateformes qui ouvrent la DeFi à leurs clients, elle construit le cadre sur la diligence et le suivi continu, la certification préalable des protocoles et la responsabilité : un PSCA qui a activement donné accès devrait répondre de certains incidents, notamment s’il a omis des vérifications adéquates, ignoré des vulnérabilités connues ou maintenu l’accès malgré des signes clairs d’activité illicite. La certification ne s’appliquerait qu’aux protocoles entièrement décentralisés dépassant un seuil d’importance, par exemple selon la valeur totale verrouillée ; elle durerait trois ans et serait consignée sur la blockchain. Les PSCA pourraient toujours mettre leurs clients en relation avec des protocoles non certifiés, sous leur propre contrôle et avec une information renforcée.

Ce que cela changerait pour les plateformes, les émetteurs et les utilisateurs
Les grandes plateformes qui servent des utilisateurs européens sont les premières concernées. Sans nouveaux critères, avertissent les autorités françaises, seuls un ou deux PSCA finiraient sous la supervision de l’ESMA. Un seuil d’utilisateurs abaissé, associé à des critères de conservation et de groupe, en ferait relever davantage de l’ESMA, installée à Paris, plutôt que de l’autorité nationale qui leur a délivré leur agrément, AMF et ACPR en France. Lesquelles ? La réponse ne le dit pas.
Les plateformes hors UE qui démarchent les Européens sans agrément perdraient de la marge. Parrainage et campagnes d’influenceurs vaudraient sollicitation, et un délai de carence empêcherait une société de repasser en sollicitation inversée le jour où une campagne s’achève.
Pour les émetteurs de stablecoins, le message est contrasté. Ceux qui détiennent un agrément MiCA conserveraient un marché protégé par l’interdiction des jetons non agréés sur les plateformes de l’UE. Un émetteur de dollars numériques opérant par une entité américaine et une entité européenne devrait remplir des conditions d’équivalence et de réserves avant que la multi-émission ne soit formellement admise. Les plateformes qui veulent verser des rémunérations sur des stablecoins disposeraient d’une voie légale, sous conditions. Côté fiscalité, un autre dossier français reste ouvert : celui du projet de taxe sur les conversions vers des stablecoins, encore en première lecture.
Les utilisateurs particuliers verraient davantage d’information sur les produits de staking et de prêt, et un accès à la DeFi par les plateformes assorti d’une diligence sur les protocoles proposés.
La suite : le rapport MiCA du 30 juin 2027
La consultation s’est achevée le 30 septembre 2026. La Commission doit maintenant confronter la réponse française à celles des autres États membres, des superviseurs et de l’industrie. Son rapport complet au titre de l’article 140 de MiCA est attendu d’ici le 30 juin 2027 et peut s’accompagner d’une proposition législative ; l’article lui demande aussi d’examiner si les seuils de l’article 85 sont les bons.
Par ailleurs, le paquet MISP reste en négociation au Conseil et au Parlement européen, et sa portée finale pour les sociétés crypto n’est pas arrêtée. Toute modification de MiCA suivrait ensuite la procédure européenne habituelle, le Parlement et le Conseil devant chacun prendre position. Pour l’instant, rien ne change pour les utilisateurs européens de crypto-actifs ni pour les sociétés agréées au titre du règlement.
MiCA en bref
MiCA, le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs, s’applique pleinement depuis le 30 décembre 2024, six mois après l’entrée en vigueur de ses règles sur les stablecoins. Il agrée les plateformes, courtiers et conservateurs en tant que prestataires de services sur crypto-actifs, avec un passeport valable dans toute l’UE, et fixe des règles pour les émetteurs de stablecoins et les livres blancs de jetons. Notre guide du règlement MiCA explique ce qu’il signifie pour les utilisateurs. Les autorités françaises résument leur position d’ensemble en une phrase du communiqué : le rapprochement entre crypto et finance traditionnelle « n’impose pas de fusionner leurs régimes juridiques, qui doivent rester distincts » (traduction du communiqué de l’AMF en anglais ; la page de la DG Trésor emploie la formule « des régimes qui doivent rester distincts »).
