Chainlink a annoncé le jeudi 22 octobre un « partenariat stratégique » avec LG CNS, la filiale de services informatiques du groupe sud-coréen LG et maître d’œuvre du projet Hangang de la Banque de Corée. Dans un communiqué diffusé sur PR Newswire à 16 h 00 à New York (20 h 00 UTC), Chainlink explique que son infrastructure d’oracles et d’interopérabilité entre blockchains sera intégrée à la plateforme de LG CNS destinée aux établissements financiers coréens, et que les deux sociétés vont travailler à « étendre l’utilité et la distribution des stablecoins coréens ».
Le texte ne dit pas de quel stablecoin pool di un market maker automatico divergono, rispetto a tenere semplicemente gli stessi token. Diventa definitiva al prelievo.">il s’agit, ni quel émetteur, quelle banque ou quelle blockchain sont concernés, ni pour quand. Aucune condition financière n’est donnée. Les deux noms ne sont d’ailleurs pas nouveaux l’un pour l’autre : Chainlink faisait partie des cinq sociétés avec lesquelles LG CNS a signé des protocoles d’accord le 6 octobre, jour du lancement de sa plateforme blockchain KITL.
Ce partenariat Chainlink LG CNS ressemble donc davantage à un cadre de travail qu’à un lancement. Il place le réseau d’oracles le plus connu du secteur aux côtés de l’entreprise qui a construit le pilote de jetons de dépôt de la banque centrale, dans un pays où le stablecoin adossé au won n’a toujours aucune base légale.
Ce que couvre le partenariat entre Chainlink et LG CNS
Le communiqué énumère trois chantiers. Le premier concerne l’infrastructure d’oracles de ce que LG CNS appelle sa « Digital Asset Platform Solution » : Chainlink fournit des outils de transmission entre blockchains, de données et d’orchestration pour relier les réseaux blockchain aux systèmes internes des établissements. Le deuxième touche au cadre coréen des actifs numériques, où les deux groupes disent vouloir aider à définir les normes techniques de la prochaine génération. Le troisième porte sur des produits pour les institutions coréennes, fondés sur des standards d’oracles, d’interopérabilité et de transmission entre chaînes, « nécessaires pour déployer à grande échelle des actifs numériques régulés en Corée ».
Un oracle, en langage blockchain, est le service qui apporte une donnée extérieure à la chaîne (un taux de change, la valeur liquidative d’un fonds, le solde d’une réserve) pour que les contrats intelligents puissent s’en servir. C’est le cœur de métier de Chainlink, comme l’explique notre fiche du projet Chainlink.
Johann Eid, directeur du développement de Chainlink Labs, a qualifié la Corée de « l’un des marchés d’actifs numériques les plus actifs et les plus avancés technologiquement au monde » et présenté l’accord comme une base « pour déplacer de la monnaie tokenisée entre systèmes et réseaux ». Hongkeun Kim, vice-président exécutif et responsable de la division Digital Business de LG CNS, a déclaré que « l’infrastructure financière de la Corée entre dans l’ère de la tokenisation ».
Les propos de Hongkeun Kim méritent une lecture attentive. Il parle de développer le marché coréen des titres tokenisés grâce à l’interopérabilité et aux données du monde réel, puis d’une extension à l’étranger. Il ne mentionne pas les stablecoins.
Ni émetteur, ni banque, ni blockchain, ni conditions, ni date dans le communiqué
Coindaro a lu le communiqué en entier. Deux médias qui l’ont relayé en tirent la même lecture : Genfinity relève qu’il ne cite ni date de lancement, ni banque partenaire, ni blockchain cible, et Bitcoin.com News écrit qu’il ne donne ni conditions financières, ni clients, ni calendrier de déploiement.
- Aucun produit Chainlink n’est nommé. Le texte ne mentionne ni CCIP, le protocole d’interopérabilité de Chainlink, ni Proof of Reserve.
- Aucun émetteur de stablecoin n’est rattaché à l’accord, et aucune banque coréenne n’est citée comme partenaire ou comme cliente.
- Aucune blockchain cible n’est indiquée ; le communiqué parle seulement de relier des réseaux blockchain.
- Ni date de lancement, ni calendrier, ni conditions financières n’apparaissent.
- La plateforme KITL, lancée par LG CNS le 6 octobre, n’est pas citée par son nom.
Une question de plus reste ouverte. Chainlink écrit « stablecoins coréens », pas stablecoins en won. The Block, qui a rapporté l’accord à 22 h 48 heure de New York le 22 octobre, met « Korean won stablecoin » dans son titre, mais son propre texte reprend la formule de Chainlink. Rien dans le communiqué n’indique quelle lecture est la bonne.
Coindaro n’a trouvé aucune déclaration sur les canaux de LG CNS. Tous les articles en anglais parus jusqu’ici remontent à un seul document : le communiqué de Chainlink.

Les 68 milliards de dollars sont un chiffre de Chainlink, sans source
Le communiqué s’ouvre sur une valeur de 68 milliards de dollars pour le marché coréen des actifs numériques. C’est le chiffre de Chainlink, et Chainlink ne dit pas d’où il vient.
Le contraste avec le reste du texte est net. Le communiqué renvoie à une source pour deux autres affirmations : les « plus de 11 millions d’utilisateurs éligibles » pointent vers le site de la Commission des services financiers (FSC), et le fait que le won arrive deuxième derrière le dollar américain pour les volumes d’échange en crypto renvoie à un rapport de Kaiko. Il présente aussi la Corée comme le deuxième marché d’actifs numériques d’Asie. Les 68 milliards, eux, n’ont ni lien ni attribution.
Le communiqué ne précise pas non plus ce que mesure ce chiffre : la valeur du marché, les avoirs des investisseurs coréens ou les volumes échangés, trois grandeurs très différentes. Coindaro n’a trouvé aucune source indépendante. The Block et Bitcoin.com News l’ont tous deux repris sans en indiquer l’origine. Tant que Chainlink ou LG CNS n’en donne pas la base, c’est une affirmation d’entreprise, pas une statistique de marché, et Coindaro ne l’emploie pas comme telle.
Une suite au protocole d’accord KITL du 6 octobre
Le 6 octobre, LG CNS a lancé KITL, une plateforme d’infrastructure blockchain pour les banques, les sociétés de bourse et les autres établissements qui veulent bâtir des services de stablecoins, de titres tokenisés et d’actifs du monde réel. Selon The Korea Times, elle remplit quatre fonctions : portefeuilles numériques, traitement des transactions, paiement des frais de réseau pour le compte des utilisateurs, et collecte des données de transaction pour les rapprochements et les audits. Elle fonctionne sur plusieurs réseaux, dont Solana, et découle des travaux sur Hangang, où elle a été testée avec sept banques et environ 80 000 clients.
Le même jour, LG CNS a signé des protocoles d’accord avec Circle, Securitize, la Canton Foundation, Chainalysis et Chainlink. Ledger Insights a résumé le rôle de Chainlink comme celui d’un fournisseur de données pour les blockchains. Seize jours plus tard, Chainlink présente la relation comme un partenariat stratégique. Le communiqué n’explique pas ce qui a changé entre le protocole d’accord et le partenariat.
Le projet Hangang est un contrat de LG CNS, pas de Chainlink
Hangang figure dans le communiqué à cause du parcours de LG CNS : l’entreprise est maître d’œuvre du projet de la Banque de Corée et en construit et exploite l’infrastructure. Le texte rappelle que la première phase a réuni environ 80 000 clients dans sept banques coréennes.
Hangang n’est pas un projet de stablecoin. Il teste des jetons de dépôt, c’est-à-dire des dépôts bancaires commerciaux émis sous forme tokenisée. Genfinity souligne qu’ils ne constituent pas une dette directe de la banque centrale. Un stablecoin en won serait, à l’inverse, un jeton privé adossé à des réserves, régi par une loi qui n’existe pas encore.
Le partenariat ne place pas Chainlink à l’intérieur de Hangang. Genfinity, qui a couvert l’accord le 22 octobre, écrit que l’annonce relie Chainlink à la Digital Asset Platform Solution de LG CNS, « et non à Hangang lui-même ». La Banque de Corée n’a rien dit du partenariat, et aucun document ne relie Chainlink à la prochaine phase du pilote.
La loi coréenne sur le stablecoin en won reste bloquée
L’accord arrive avant les règles qu’il est censé servir. La Corée du Sud n’a pas encore de base légale claire pour émettre et échanger des stablecoins indexés sur le won, a noté The Block. Cette base doit venir de la loi fondamentale sur les actifs numériques (Digital Asset Basic Act), deuxième étape de la législation crypto du pays.
La Commission des services financiers visait d’abord un dépôt du projet à l’Assemblée nationale au premier trimestre 2026, a rapporté le Korea JoongAng Daily le 15 septembre. Le texte a buté sur deux points. L’un est une proposition imposant aux banques, ou aux consortiums dirigés par des banques, de détenir au moins 50 % du capital plus une action de tout émetteur de stablecoin en won. L’autre est un plafond de 20 % sur la participation des actionnaires de contrôle dans les plateformes d’échange de crypto. Un responsable de la FSC a déclaré au journal : « Notre objectif est de le déposer d’ici septembre. » Coindaro n’a trouvé aucune information indiquant que le projet ait été déposé.
La règle de la majorité bancaire correspond à la ligne de la Banque de Corée. En novembre 2025, la banque centrale a insisté pour qu’un consortium de banques détienne au moins 51 % de tout émetteur, alors que les régulateurs financiers voulaient laisser de la place aux entreprises technologiques, comme le même journal l’avait rapporté à l’époque.
Le calendrier le plus récent vient de Bloomingbit, qui a indiqué le 21 octobre que la commission des affaires politiques de l’Assemblée nationale prévoit d’entamer l’examen du texte en sous-commission de révision des projets de loi en novembre, avec l’objectif de l’adopter cette année. Les sociétés fintech continuent de plaider pour que des acteurs non bancaires puissent émettre. Les députés doivent aussi débattre de la fiscalité crypto coréenne, que nous avons traitée dans notre article sur le quatrième report de la taxe de 22 %.

Les banques testent en attendant
Les banques coréennes ont mené des essais sans attendre la loi. KB Financial Group a testé en mai des paiements, des règlements et des transferts internationaux en stablecoin en won ; un virement vers un compte bancaire vietnamien a pris environ trois minutes, contre un à deux jours par Swift, et KB annonce des frais réduits d’environ 87 %, selon JoongAng Daily. Woori Bank a réglé une commande Coupang Eats avec un stablecoin en won et soldé le commerçant en temps réel. Shinhan Bank renforce ses dispositifs de lutte contre le blanchiment, et KakaoBank raccorde à ses systèmes bancaires un portefeuille testé par Kakao Pay. Dix banques coréennes ont ouvert des discussions sur un projet de transferts en stablecoin entre la Corée et l’Europe.
Aucune de ces banques n’est citée dans le communiqué de Chainlink. Les opérateurs de plateformes d’échange bougent aussi : Dunamu, la maison mère d’Upbit, exploite sa propre chaîne GIWA et, comme nous l’avons rapporté, a convenu avec MoonPay d’étudier des paiements en stablecoins, là encore sans accord signé.
Les étapes précédentes de Chainlink en Corée
Ce n’est pas la première alliance de Chainlink autour du stablecoin coréen. En janvier 2026, Chainlink Labs a rejoint la Global Alliance for KRW Stablecoins (GAKS), lancée en novembre 2025 par l’éditeur de jeux Wemade autour de StableNet, un réseau principal pour des stablecoins adossés au won. Selon Cointelegraph, le rôle de Chainlink y couvre l’intégrité des données, les standards d’infrastructure et l’accès à ses services d’oracles. L’alliance n’émet pas elle-même de stablecoin.
Le 6 octobre, Niki Ariyasinghe, vice-présidente de Chainlink pour l’Asie-Pacifique et le Moyen-Orient, a déclaré à Herald Corp qu’aucun stablecoin en won n’était encore apparu en Corée, contrairement à l’Europe où MiCA donne un cadre aux émetteurs. Elle s’attend à ce que la tokenisation institutionnelle prenne de la vitesse en Corée en 2027 et 2028.
Chainlink a désormais des liens avec une alliance menée par un éditeur de jeux vidéo et avec le constructeur du pilote de la banque centrale. Si la règle de la majorité bancaire survit, ces deux camps n’auront pas le même accès à l’émission.
Les dates clés autour de l’annonce Chainlink LG CNS
| Date | Événement | Source |
|---|---|---|
| 25 novembre 2025 | La Banque de Corée exige une participation bancaire de 51 % chez les émetteurs de stablecoins en won | Korea JoongAng Daily |
| Novembre 2025 | Wemade lance GAKS, l’alliance du stablecoin en won | Cointelegraph |
| 27 janvier 2026 | Chainlink Labs rejoint GAKS | Cointelegraph |
| 15 septembre 2026 | La loi fondamentale sur les actifs numériques reste bloquée sur le contrôle bancaire ; la FSC vise un dépôt en septembre | Korea JoongAng Daily |
| 6 octobre 2026 | LG CNS lance KITL et signe des protocoles d’accord avec cinq sociétés, dont Chainlink | The Korea Times, Ledger Insights |
| 21 octobre 2026 | La commission de l’Assemblée prévoit un examen en sous-commission en novembre | Bloomingbit |
| 22 octobre 2026, 20 h 00 UTC | Chainlink annonce le partenariat stratégique avec LG CNS | PR Newswire |
Le LINK n’a pas bougé de façon visible
Le jeton n’a pas réagi de façon visible. Le LINK s’échangeait à 12,13 $ à 04 h 29 UTC le 23 octobre, en baisse de 0,71 % sur 24 heures et de 2,04 % sur sept jours, d’après l’instantané de marché de Coindaro. La capitalisation totale des cryptomonnaies était en repli de 3,93 % sur les mêmes 24 heures, et le bitcoin se tenait près de 81 600 $.
Où l’Europe entre en scène
L’accord avec LG CNS n’a lui-même aucun volet européen. Dans l’Union européenne, le règlement MiCA fixe déjà qui peut émettre un stablecoin en euro ; la Corée, elle, écrit encore cette règle.
Le lien de Chainlink entre la Corée et l’euro passe ailleurs. Niki Ariyasinghe a dit à Herald Corp que Chainlink pilote le projet Pangea, qui réunit 10 banques coréennes et 37 banques européennes pour régler en temps réel des paiements en won contre des paiements en euros. Les lecteurs qui découvrent le sujet trouveront les bases dans notre guide du stablecoin pour débutants.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
Premier point : LG CNS publiera-t-elle sa propre version de l’accord, avec un produit, une banque ou une date ? Second point : l’examen de la loi fondamentale sur les actifs numériques en sous-commission en novembre. Le sort de la règle des 50 % plus une action détenus par les banques décidera qui pourra émettre les stablecoins en won que ce partenariat dit vouloir distribuer.
