Capitalisation 2,75 T $ −5,84 % sur 24 heuresVolume 24 h 81,29 Md $Dominance BTC 59,5 %ETH 10,6 %Fear & Greed 68 AviditéCryptos 22 440

MoonPay et Dunamu (Upbit) vont explorer les paiements en stablecoins : rien de signé, aucune condition, pas de date pour GIWA

MoonPay et Dunamu, l’exploitant d’Upbit, vont explorer les paiements en stablecoins et GIWA : rien de signé, ni conditions ni date. Le point.

8 min de lecture

Poignée de main abstraite devant des tours de bureaux, des blocs empilés et un globe
Sommaire
  1. Ce que MoonPay et Dunamu ont dit vouloir étudier
  2. Pas de protocole d’accord, pas de stablecoin, pas de date : ce que le communiqué omet
  3. GIWA, la chaîne d’Upbit, reste un réseau de test
  4. Dunamu est en pleine fusion, repoussée à 2027
  5. La loi coréenne sur le stablecoin en won n’a pas été votée
  6. Les échéances à suivre pour le projet MoonPay et Dunamu

MoonPay et Dunamu, la société derrière la plateforme sud-coréenne Upbit, ont annoncé mardi 20 octobre qu’elles allaient explorer les paiements en stablecoins, des services de trésorerie pour les entreprises et un élargissement à l’international de GIWA, la blockchain de Dunamu. Le rapprochement entre MoonPay et Dunamu figure dans un communiqué de MoonPay diffusé depuis New York à 19 h 00 (23 h 00 UTC), qui parle d’une « collaboration stratégique ». Le texte ne mentionne ni protocole d’accord ni aucun autre document signé, ne donne aucune condition financière et ne fixe aucun calendrier.

Cela compte, car presque tout ce que les deux groupes veulent bâtir dépend d’éléments qui n’existent pas encore en Corée : un mainnet GIWA, une loi qui autorise quelqu’un à émettre un stablecoin adossé au won, et une fusion achevée entre Dunamu et Naver Financial.

Ce que MoonPay et Dunamu ont dit vouloir étudier

Le communiqué énumère trois pistes. La première : les paiements mondiaux et les mouvements de fonds par stablecoins, avec l’examen de cas d’usage de paiements et de transferts transfrontaliers. La deuxième : la gestion financière et de trésorerie des entreprises. La troisième : le développement de GIWA, que les deux sociétés veulent relier aux services mondiaux et au réseau de partenaires de MoonPay, afin que les produits construits sur la chaîne de Dunamu puissent atteindre des marchés hors de Corée.

Les deux entreprises disent qu’elles chercheront ensemble des opportunités commerciales et qu’elles évalueront à partir de maintenant le potentiel technique et commercial du projet.

Une seule personne est citée. Bugeon Lee, responsable Asie-Pacifique de MoonPay, déclare dans le communiqué que, pour que les stablecoins fonctionnent comme une infrastructure financière mondiale, « smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il est important de disposer de la technologie et du réseau » qui soutiennent la finance quotidienne de vraies entreprises, au-delà des transferts transfrontaliers. Personne chez Dunamu n’est cité dans le communiqué, et l’article de The Block ne cite lui non plus aucun dirigeant de Dunamu.

MoonPay, fondée en 2019, affirme dans sa présentation servir plus de 35 millions de clients dans 180 pays et plus de 1 500 clients entreprises. Côté européen, les stablecoins adossés à l’euro relèvent déjà du règlement MiCA, que l’AMF et l’ACPR appliquent en France ; la même présentation dit que MoonPay détient des agréments dans plusieurs juridictions, dont les États-Unis et l’Union européenne, une déclaration de l’entreprise que nous n’avons pas vérifiée dans les registres. Le communiqué ne dit pas si ce projet viserait des clients européens.

Pas de protocole d’accord, pas de stablecoin, pas de date : ce que le communiqué omet

Le communiqué ne mentionne ni protocole d’accord ni accord signé, et il ne fixe aucune condition. Danny Park, de The Block, décrit lui aussi l’arrangement comme une simple collaboration stratégique dans le cadre de laquelle les entreprises vont explorer des opportunités, sans évoquer de signature.

Plusieurs questions de base restent sans réponse publique au 21 octobre. Le communiqué ne nomme pas le stablecoin qui porterait les paiements : jeton en dollars, jeton en won ou autre chose. Il n’indique aucun corridor de paiement ni aucun pays. Il ne dit pas qui paie qui, si l’une des parties prend une participation, ni quand un premier produit pourrait voir le jour. Nous n’avons trouvé ni déclaration séparée ni dépôt réglementaire de Dunamu sur cette collaboration.

Coindaro a couvert ces derniers jours plusieurs annonces de ce type autour des paiements en stablecoins, dont le rapprochement de Coinbase avec le réseau de paiements Thunes et le projet de Mesh et Visa pour dépenser depuis des portefeuilles crypto. Aucune des deux n’indiquait non plus de date de lancement.

Document abstrait sous une loupe, à côté d’un sablier et d’un mégaphone
L’annonce énumère des pistes à étudier, mais ni conditions signées, ni stablecoin, ni date de lancement.

GIWA, la chaîne d’Upbit, reste un réseau de test

GIWA est un réseau de couche 2 d’Ethereum qu’Upbit construit avec Optimism sur l’OP Stack. Upbit l’exploite dans le cadre de l’offre « autogérée » du programme OP Enterprise d’Optimism : le groupe fait tourner sa propre infrastructure, tandis qu’Optimism apporte un appui technique et un système de bascule en cas de panne. GIWA produit un bloc par seconde et utilise l’ETH pour payer les frais, sans jeton natif distinct annoncé.

Elle n’a pas de mainnet. Le 27 septembre, GIWA a écrit sur X que la fuite supposée d’une adresse RPC de mainnet ne pouvait pas être réelle, puisque le mainnet n’avait pas été lancé, a rapporté crypto.news. Son guide du réseau décrit le mainnet comme « actuellement en cours de développement » et ne liste que le réseau de test GIWA Sepolia. Le site du projet signale « bientôt disponibles » le portefeuille GIWA Wallet et l’écosystème de stablecoins prévu. Aucune date de lancement n’a été publiée.

Le troisième volet du projet avec MoonPay, donner aux produits bâtis sur GIWA un meilleur accès à l’étranger, vise donc une chaîne sur laquelle aucun produit en argent réel ne peut tourner aujourd’hui. Y raccorder le réseau d’une entreprise de paiement est un chantier pour l’après-mainnet.

Dunamu est en pleine fusion, repoussée à 2027

Dunamu a accepté en novembre 2025 de devenir une filiale à 100 % de Naver Financial, la branche fintech de Naver, par un échange d’actions. The Block avait alors rapporté une parité de 2,5422618 actions Naver Financial pour une action Dunamu et une valeur de l’opération d’environ 15,13 billions de wons. L’échange devait d’abord avoir lieu le 30 juin 2026.

Il a depuis été repoussé trois fois. Dans un dépôt réglementaire du 7 octobre, Dunamu a reporté l’échange au 31 mars 2027, a rapporté Seoul Economic Daily, en invoquant des examens menés par les autorités et des procédures connexes toujours en cours. L’opération requiert un contrôle des concentrations de la Commission coréenne du commerce équitable et des autorisations des régulateurs financiers. Un responsable de Dunamu indique que les deux sociétés coopèrent à ces examens.

ÉtapeDate précédenteNouvelle date (dépôt du 7 octobre)
Échange d’actions31 décembre 2026 (après le 30 juin et le 30 septembre)31 mars 2027
Assemblée générale extraordinaire des actionnaires19 novembre 202626 février 2027
Date de référence des actionnaires22 octobre 202618 janvier 2027
Date de référence de la réduction de capital30 décembre 202630 mars 2027

Un responsable de Dunamu a déclaré au journal que « la structure de base, l’objet et l’orientation de l’opération n’ont pas changé ». Pour MoonPay, cela veut dire que son interlocuteur coréen n’aura pas sa forme d’entreprise définitive avant le printemps 2027 au plus tôt.

Dunamu a d’autres partenaires dans les stablecoins. Le 15 mai 2026, Hana Bank a accepté d’acheter 6,55 % de Dunamu (2 284 000 actions) à Kakao Investment pour environ 1 003,3 milliards de wons, devenant son quatrième actionnaire, a rapporté Asia Business Daily. Les deux établissements ont signé le même jour un protocole d’accord stratégique qui couvre la construction d’un écosystème de stablecoin en won coréen et les envois de devises par blockchain. Celui-là est bien un protocole d’accord nommé ; l’annonce de MoonPay n’est pas présentée comme tel.

Calendrier abstrait à côté d’une tour de bureaux, d’un bâtiment de banque et d’un engrenage
L’échange d’actions de Dunamu avec Naver Financial attend désormais les régulateurs jusqu’en mars 2027.

La loi coréenne sur le stablecoin en won n’a pas été votée

Un stablecoin adossé au won exige une base juridique que la Corée n’a pas encore. Le 8 avril 2026, le Parti démocrate au pouvoir a proposé une loi fondamentale sur les actifs numériques, qui imposerait aux émetteurs de jetons liés à une monnaie une autorisation, un capital minimal, des réserves et une obligation de remboursement, a rapporté CoinDesk. Les discussions avaient calé sur la question de savoir qui peut émettre : la Banque de Corée veut que seules des sociétés détenues à au moins 51 % par des banques le puissent, tandis que la Commission des services financiers (FSC) a averti qu’une telle règle freinerait l’innovation.

Le 8 octobre, le président de la FSC, Lee Eok-won, a déclaré à la commission des Affaires politiques de l’Assemblée nationale que les consultations entre administrations sur la loi en étaient à leur phase finale, a rapporté Herald Business. Il n’a donné aucune date pour un projet de loi et, interrogé sur le type de stablecoin en won envisagé, a répondu que cela serait décidé en fonction des conditions de marché. Il avait tenu des propos semblables un an plus tôt : lors de l’audition d’octobre 2025, il avait dit que le texte était en coordination finale et parviendrait à l’Assemblée avant la fin de 2025, a rapporté Byline Network. Au 21 octobre 2026, nous n’avons trouvé aucun article indiquant que le projet du gouvernement ait été déposé.

Tant que cette loi n’est pas adoptée, le stablecoin qu’un groupe d’exchanges coréen pourrait légalement émettre ou utiliser sur son marché reste indéfini, tout comme le rôle d’un actionnaire bancaire comme Hana. Les lecteurs qui découvrent le sujet peuvent commencer par notre guide du fonctionnement des stablecoins. Les plateformes coréennes font aussi face à d’autres décisions politiques cet automne, dont un possible quatrième report de la taxe de 22 % sur les cryptos.

Les échéances à suivre pour le projet MoonPay et Dunamu

La première est un détail venant des entreprises elles-mêmes : un stablecoin nommé, un corridor, un document signé ou une déclaration de Dunamu. Rien de tout cela n’est apparu pour l’instant.

La deuxième est une date de mainnet pour GIWA, que le projet n’a pas donnée. Viennent ensuite les étapes coréennes : l’arrivée à l’Assemblée de la loi fondamentale sur les actifs numériques, la décision de la Commission du commerce équitable sur l’opération Naver, puis l’assemblée extraordinaire des actionnaires de Dunamu reprogrammée au 26 février 2027, cinq semaines avant l’échange d’actions désormais fixé au 31 mars.

Sources

  1. MoonPay: MoonPay and Dunamu to Collaborate on Global Digital Asset Financial Infrastructure (PR Newswire, 20 Oct 2026) prnewswire.com
  2. The Block: MoonPay and Upbit operator Dunamu strategic collaboration (20 Oct 2026) theblock.co
  3. Seoul Economic Daily: Naver Financial-Dunamu share swap delayed again to March (7 Oct 2026) en.sedaily.com
  4. crypto.news: Upbit-backed GIWA says mainnet is not live, denies RPC leak (27 Sep 2026) crypto.news
  5. CoinDesk: South Korea proposes cryptocurrency law with bank-style rules for stablecoins (8 Apr 2026) coindesk.com
  6. Herald Business: FSC chief says final consultations underway on digital asset framework law (8 Oct 2026) biz.heraldcorp.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *