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Qu’est-ce qu’un pump and dump en crypto ? Comment le repérer avant d’acheter

Qu'est-ce qu'un pump and dump en crypto ? Groupes Telegram, lancements, influenceurs, loi française et MiCA, AMF et dix signaux d'alerte avant d'acheter.

Débutant 29 min de lectureMis à jour À lire d'abord : Qu’est-ce qu’un rug pull ? Comment des développeurs crypto disparaissent avec l’argent
Une foule et un mégaphone à côté d'un graphique qui grimpe brusquement puis s'effondre
Sommaire
  1. Qu’est-ce qu’un pump and dump, et en quoi diffère-t-il d’un rug pull ?
  2. Pump and dump crypto : les groupes Telegram et Discord
    1. Pas à pas : du compte à rebours à la révélation de la pièce
    2. Qui gagne : administrateurs, VIP et tous les autres
  3. Ce que les études et les observatoires ont mesuré
  4. Lancements de memecoins : quand le pump est intégré au lancement
  5. Initiés et snipers : lire les premières minutes d’un jeton
  6. Influenceurs et célébrités : publications payées et positions cachées
  7. Opération Token Mirrors : le jeton du FBI et les teneurs de marché pris
  8. Le pump and dump est-il illégal ? Droit français, MiCA, AMF, et règles étrangères
    1. France : MiCA, l’article L. 465-3-1 du Code monétaire et financier et l’AMF
    2. Union européenne : MiCA, titre VI, article 91
    3. Italie, Royaume-Uni et États-Unis en bref
  9. Dix signaux d’alerte avant d’acheter un petit jeton
  10. Que faire si vous avez acheté dans un pump and dump ?

À 19 h 30 GMT le 14 novembre 2018, un canal Telegram baptisé Official McAfee Pump Signals, fort de 12 333 membres, a publié une image contenant le nom d’une pièce. Ce qui a suivi est l’un des cas de pump and dump les mieux documentés de la crypto. La pièce s’appelait BVB, un jeton endormi lié aux supporters du club de football du Borussia Dortmund, échangé contre du bitcoin sur la plateforme Cryptopia. À 19 h 30 min 5 s, elle changeait de mains à 35 satoshis. Vingt secondes plus tard, elle s’échangeait à 115. Quelques minutes après, le cours redescendait, et ceux qui avaient acheté au sommet détenaient une pièce dont presque personne ne voulait. Les chercheurs Jiahua Xu et Benjamin Livshits ont reconstitué cette séquence transaction par transaction dans une étude présentée à USENIX Security 2019 (en anglais). Le nom du canal empruntait celui de John McAfee ; rien dans l’étude n’indique qu’blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il y ait participé.

Ramené à l’essentiel, le mécanisme est toujours le même. Quelques personnes achètent d’abord une petite pièce, discrètement. Elles poussent ensuite beaucoup d’autres personnes à l’acheter bruyamment, par un groupe, une publication ou un lancement. Et elles vendent dans cet afflux d’acheteurs, si bien que les derniers arrivés paient le bénéfice des organisateurs.

Aujourd’hui, la manœuvre prend trois formes : le groupe Telegram ou Discord, le lancement de memecoin sur une plateforme où initiés et snipers achètent en premier, et l’influenceur rémunéré. Chacune peut enfreindre des lois différentes en France, en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, et le règlement européen MiCA sur les abus de marché n’atteint certains cas qu’avec moins de netteté que d’autres. Cela ne veut pas dire que tout memecoin est une arnaque, et rien ici n’est un conseil sur ce qu’il faut acheter.

Qu’est-ce qu’un pump and dump, et en quoi diffère-t-il d’un rug pull ?

Un pump and dump est une manipulation de marché : le prix d’un actif est poussé à la hausse par des achats coordonnés et une promotion intense, et les auteurs de l’opération revendent leurs avoirs pendant que la hausse dure. Le procédé est bien plus ancien que la crypto. L’AMF en France et la Consob en Italie ont toutes deux mis en garde à l’automne 2025 contre la même manœuvre appliquée à des actions par des groupes WhatsApp et Telegram : la méthode ne dépend donc pas de la blockchain. La crypto a simplement supprimé les courtiers et les règles d’admission qui la freinaient, et ajouté des dizaines de milliers de jetons valant quelques millions de dollars, voire moins.

Le « dump », la revente, est la seconde moitié, et c’est tout l’objet de l’opération. Un graphique qui monte attire des acheteurs. Chaque nouvel acheteur est ce que les traders appellent la liquidité de sortie (exit liquidity) : quelqu’un à qui les organisateurs peuvent vendre. Quand leurs ventes dépassent les nouveaux achats, le cours retombe, souvent là où il était au départ, et les pertes tombent sur ceux qui ont acheté en dernier.

La leçon précédente de ce parcours expliquait comment fonctionne un rug pull : le créateur d’un jeton vide le pool de liquidité ou exploite des pouvoirs cachés dans le contrat, et le jeton devient invendable ou sans valeur. Un pump and dump n’a besoin d’aucune astuce dans le code. Il passe par les gens, grâce à la promotion et au calendrier, et les promoteurs sortent en vendant des jetons qu’ils détenaient déjà. Les deux se rejoignent souvent sur les plateformes de lancement. Quand Chainalysis a examiné les jetons lancés en 2024 qu’elle soupçonnait d’être des pump and dump, environ 94 % des pools concernés avaient été vidés par l’adresse qui les avait créés : un rug pull au bout de la même histoire.

Pour la carte complète des types d’arnaques et la façon de signaler chacune, notre panorama des arnaques crypto est le point de départ. Cette page reste sur le pump and dump. Précision de vocabulaire : en français, on dit aussi « manipulation de cours ». Les mêmes mots anglais désignent aussi, hors finance, une pratique liée à l’allaitement, qui n’a rien à voir avec notre sujet.

Pump and dump crypto : les groupes Telegram et Discord

La forme la mieux documentée est le groupe organisé. Xu et Livshits ont suivi plus de 300 canaux Telegram et recensé, selon les termes de leur résumé, « 412 pump-and-dump activities organized in Telegram channels from June 17, 2018 to February 26, 2019 ». Une seconde équipe, Massimo La Morgia, Alessandro Mei, Francesco Sassi et Julinda Stefa, de l’université Sapienza de Rome, a suivi plus de 100 groupes sur Telegram et Discord pendant plus de trois ans pour un article paru dans ACM Transactions on Internet Technology en février 2023 (en anglais). Leurs descriptions du fonctionnement des groupes concordent largement.

Pas à pas : du compte à rebours à la révélation de la pièce

Un groupe naît comme un canal public qui recrute sur les forums et les réseaux sociaux jusqu’à réunir assez de membres, en général plus d’un millier. Quelques jours avant un pump, les administrateurs annoncent la date, l’heure, la plateforme et la monnaie avec laquelle il faudra payer, par exemple le bitcoin. Ils n’annoncent pas la cible.

Vient ensuite le compte à rebours, avec des consignes répétées dans chaque message : acheter vite, parler de la pièce partout, conserver quelques minutes, vendre par petits paquets, ne vendre qu’avec un gain. À l’heure dite, le nom de la pièce apparaît, le plus souvent dans une image conçue pour que des robots ne puissent pas le lire automatiquement. Dans la première minute, le cours « surges, sometimes increasing several fold », écrivent Xu et Livshits, c’est-à-dire qu’il bondit, parfois de plusieurs fois sa valeur. Le sommet arrive après quelques minutes, parfois après quelques dizaines de secondes. La vente en panique suit, et le cours retrouve en général son niveau de départ en une demi-heure environ.

Après le pump, le canal publie un « bilan » avec deux chiffres : le plus bas avant l’opération et le sommet. Il ne montre jamais le prix auquel la plupart des membres ont réellement acheté.

Un smartphone à côté d'un sablier, d'une fusée et d'une cible
Dans un groupe de pump, les membres attendent la fin du compte à rebours et l'apparition du nom de la pièce.

Qui gagne : administrateurs, VIP et tous les autres

Les groupes sont des hiérarchies. La Morgia et ses collègues ont constaté que les membres de rang supérieur reçoivent le nom de la pièce avant les autres, en général de 0,5 à 1 seconde plus tôt par niveau, et jusqu’à 10 secondes pour le rang le plus élevé. On monte en grade en amenant de nouvelles recrues, et certains groupes vendaient le statut VIP entre 0,01 et 0,1 bitcoin, soit environ 310 à 3 100 dollars aux cours du 10 janvier 2021. Sur un marché où le prix peut tripler en vingt secondes, dix secondes d’avance décident de qui vend et de qui sert d’acheteur.

Les administrateurs décident seuls. Les membres peuvent voter sur l’heure ou la plateforme, jamais sur la pièce. Et les données suggèrent que les administrateurs achètent avant tout le monde : Xu et Livshits ont constaté que le volume et les mouvements de prix dans les heures précédant une annonce aidaient à prédire quelle pièce serait choisie, ce qui est cohérent avec une accumulation préalable par les organisateurs.

La plus grande communauté publique repérée par l’équipe de la Sapienza, Big Pump Signal, a culminé en janvier 2018 avec plus de 200 000 membres sur Telegram et 250 000 sur Discord. Sur 41 pumps, dont 36 sur Binance, elle a déplacé environ 129,7 millions de dollars de volume d’échanges en cinq minutes en moyenne après chaque lancement. Son opération la plus connue, le 10 mai 2018, visait la pièce SingularDTV et a généré environ 5 176 bitcoins de volume, soit près de 36,75 millions de dollars à l’époque.

Ce que les études et les observatoires ont mesuré

Les études universitaires portent sur des pièces cotées sur des plateformes centralisées entre 2017 et début 2021. Depuis, l’activité s’est déplacée vers de nouveaux jetons sur des plateformes décentralisées, que des sociétés d’analyse de blockchain tentent de mesurer à partir des données on-chain. Leurs chiffres décrivent des schémas suspects, pas des cas prouvés, et chaque société applique sa propre définition.

ChiffreValeurSource et date
Pumps repérés sur des canaux Telegram, du 17 juin 2018 au 26 février 2019412, issus de plus de 300 canauxXu et Livshits, USENIX Security 2019
Part de ces pumps sur Cryptopia, Yobit, Binance, Bittrex51 %, 27 %, 17 %, 5 %idem
Volume artificiel pendant les pumps8 793 BTC (environ 50 millions de dollars), neuf fois le volume d’avant le pumpidem
Profit estimé des organisateurs199,52 BTC (environ 1,1 million de dollars) sur 348 pumps, rendement moyen de 18 %idem
Pièces déjà pumpées auparavant sur la même plateforme35 % (146 sur 412)idem
Pièces pumpées valant moins de 20 millions de dollars140 des 264 pièces dont la valeur de marché est connueLa Morgia et al., février 2023
Temps nécessaire pour détecter un pump, et fiabilité25 secondes, score F1 de 94,5 %idem
Jetons suspectés de pump and dump parmi les lancements de 202474 037 sur 2 063 519 (3,59 %)Chainalysis, 29 janvier 2025, corrigé le 13 février 2025
Délai médian entre le lancement et l’abandon, mêmes jetons0 jour (moyenne de 6,23 jours)idem
Jetons Pump.fun passés sous 1 000 dollars de liquidité, janvier 2024 à mars 2025environ 98 % de plus de 7 millionsSolidus Labs, mai 2025

Les cibles sont petites. Dans l’échantillon de la Sapienza, 83,5 % des pièces avaient échangé moins d’un million de dollars sur l’ensemble des plateformes dans les 24 heures précédant le pump, et plus de la moitié moins de 10 000 dollars, ce qui explique que quelques milliers d’acheteurs suffisent à les faire bouger. Les mêmes pièces reviennent aussi : plus d’un tiers des pumps comptés par Xu et Livshits visaient une pièce déjà pumpée sur cette plateforme. Personne n’a en revanche de total des pertes. Xu et Livshits soulignent que l’échange est un jeu à somme nulle, de sorte que les pertes des membres sont du même ordre que les gains des organisateurs, et Chainalysis dit que sa méthode « tracks patterns of behavior and not intent » (elle suit des comportements, pas des intentions) et ne donne aucune estimation des pertes des victimes.

La règle de Chainalysis est mécanique : un jeton est signalé quand une adresse a ajouté de la liquidité à un pool puis en a retiré au moins 65 %, pour une valeur d’au moins 1 000 dollars, et que le pool s’est ensuite éteint après plus de 100 transactions. La société a assoupli son seuil, qui était de 70 % l’année précédente, de sorte que la part de 2024 n’est pas comparable à celle des éditions antérieures. En octobre 2026, c’est la dernière édition que nous avons pu confirmer.

Lancements de memecoins : quand le pump est intégré au lancement

Sur une plateforme de lancement comme Pump.fun, n’importe qui peut créer un jeton en une minute, et son prix suit une formule qui monte à mesure que les gens achètent. Il n’y a pas de groupe à rejoindre ni de compte à rebours à attendre : les premières minutes de chaque lancement sont un petit pump par construction, et celui qui a acheté en premier peut vendre à celui qui achète ensuite.

C’est pourquoi les chiffres des plateformes de lancement ressemblent si peu à ceux de l’époque des groupes. Solidus Labs, société qui vend des outils de surveillance de marché aux plateformes d’échange, a étudié les jetons Pump.fun déployés entre janvier 2024 et mars 2025 dans un rapport publié en mai 2025 (en anglais). Sur plus de 7 millions de jetons ayant connu au moins cinq transactions, environ 97 000 seulement ont conservé plus de 1 000 dollars de liquidité. Solidus a considéré qu’un jeton sous ce seuil était pratiquement sans valeur et en a signalé environ 98 % du total. Cette mesure montre un effondrement, pas un délit prouvé : beaucoup de ces jetons étaient des blagues ou des expériences que personne n’a achetées.

Les manquements allégués tiennent aux détails de l’ordre des achats. Une action collective déposée à New York en janvier 2025 contre Baton Corporation, la société derrière Pump.fun, affirme que les initiés et les robots passent avant les acheteurs ordinaires, et la plainte modifiée de juillet 2025 a qualifié la plateforme de « front-facing slot machine cabinet » (une machine à sous à façade), a rapporté Decrypt. Ce sont les allégations des plaignants. Dans des ordonnances rapportées le 31 août 2026, la juge Colleen McMahon, du district sud de New York, a rejeté les demandes contre Solana Labs, la Fondation Solana et leurs dirigeants, écarté l’idée que les memecoins FRED et GRIFFAIN étaient des titres financiers, et laissé se poursuivre les demandes pour racket (RICO) de deux plaignants contre Baton Corporation et trois de ses dirigeants, a rapporté Protos. La juge a aussi donné aux avocats des plaignants jusqu’au 10 septembre pour expliquer pourquoi les demandes visant 25 influenceurs non nommés, accusés d’avoir promu des jetons en dissimulant leur rémunération et leurs positions, ne devraient pas être rejetées, ces influenceurs n’ayant jamais été identifiés ni assignés. Nous n’avons trouvé aucun compte rendu de la suite après cette échéance, et en octobre 2026 rien n’avait été prouvé au procès dans cette affaire.

Initiés et snipers : lire les premières minutes d’un jeton

Deux mots reviennent dans toutes les histoires de plateformes de lancement. Un sniper est un portefeuille, généralement piloté par un robot, qui achète un jeton dans le bloc même où il est créé, ou quelques secondes après, avant que toute annonce n’atteigne le public. Un bundle est un ensemble de portefeuilles alimentés depuis une même source qui achètent ensemble au lancement, de sorte qu’une seule personne détient une grosse part de l’offre alors que la liste des détenteurs affiche des dizaines de noms apparemment indépendants.

Ni l’un ni l’autre n’est illégal en soi. Ce qui compte, c’est qui contrôle les portefeuilles et ce qu’on a dit aux acheteurs. Si le créateur ou le promoteur est derrière les snipers puis présente le jeton comme un lancement équitable, les acheteurs qui arrivent ensuite paient pour un pump arrangé avant qu’ils en aient entendu parler.

Les sociétés d’analyse lisent ces signaux sur la chaîne. En février 2025, Bubblemaps s’est dite « highly confident » (très confiante) qu’une même entité se trouvait derrière le memecoin MELANIA et le jeton LIBRA promu par le président argentin, affirmant qu’un portefeuille ayant gagné plus de 2,4 millions de dollars en snipant MELANIA avait ensuite déplacé des fonds qui ont fini par financer le portefeuille principal du créateur de LIBRA, a rapporté The Block le 17 février 2025. Ce sont des déductions de Bubblemaps, pas des conclusions d’un tribunal.

L’issue judiciaire montre l’écart entre les deux. Comme le rappelle la leçon sur le rug pull, une juge fédérale de New York, Jennifer Rochon, a rejeté avec effet définitif le 29 septembre 2026 l’action collective des investisseurs américains au sujet de LIBRA, pour des motifs tenant au droit du racket et à la compétence, a rapporté Protos. À Buenos Aires, le juge fédéral Marcelo Martínez de Giorgi a clos le 23 octobre 2026 l’affaire pénale visant le président Javier Milei, sa sœur Karina et d’autres personnes, dont le conseiller du lancement Hayden Davis, estimant que les faits ne constituaient pas une infraction pénale, a rapporté Al Jazeera. Des pertes d’investisseurs et un cours qui a grimpé puis s’est effondré n’ont pas suffi, aux yeux du juge, à établir une fraude. Notre article sur la décision dans l’affaire LIBRA donne le détail. Pour un acheteur, la leçon est pratique : une carte on-chain peut vous alerter avant d’acheter, mais elle ramènera rarement votre argent après coup.

Influenceurs et célébrités : publications payées et positions cachées

La troisième forme n’exige ni groupe ni plateforme de lancement, seulement un public. Quelqu’un qui a des abonnés publie un message sur un jeton, les abonnés achètent, et le prix monte assez longtemps pour que l’auteur, ou celui qui l’a payé, vende.

Le cas d’application le plus connu porte sur la transparence, pas sur un pump and dump. Le 3 octobre 2022, la SEC américaine a poursuivi Kim Kardashian pour avoir promu le jeton EMAX d’EthereumMax sur Instagram sans révéler qu’elle avait touché 250 000 dollars pour ce message. Elle a transigé sans reconnaître ni contester les constats, payé 1,26 million de dollars de pénalité, de restitution des gains et d’intérêts, et accepté de ne pas promouvoir de crypto-actifs qualifiés de titres pendant trois ans. Le directeur de l’application des lois de la SEC, Gurbir Grewal, a déclaré que les promoteurs « must disclose the nature, source, and amount of compensation they received in exchange for the promotion » (doivent révéler la nature, l’origine et le montant de la rémunération reçue en échange de la promotion). La SEC ne l’a pas accusée d’avoir monté un pump and dump.

Une action collective privée au sujet d’EMAX est allée plus loin et a soutenu que les dirigeants du jeton s’étaient associés à des promoteurs célèbres pour attirer des acheteurs et faire monter le prix afin de vendre. Le 7 décembre 2022, le juge Michael Fitzgerald, à Los Angeles, l’a rejetée au motif que les allégations étaient insuffisantes, tout en permettant aux plaignants de modifier certaines demandes, a rapporté NBC News. Le juge a estimé que les plaignants n’avaient pas démontré un montage destiné à tromper les acheteurs, par opposition à des personnes agissant dans leur propre intérêt. Nous n’avons pas trouvé de décision ultérieure : la thèse du pump and dump dans cette affaire reste une allégation qui n’a jamais abouti à un jugement.

Le droit européen vise désormais directement ce comportement. L’article 91, paragraphe 3, point c), de MiCA range parmi les manipulations de marché le fait d’utiliser un accès régulier ou occasionnel aux médias pour donner un avis sur un crypto-actif en y détenant une position, et d’en tirer profit grâce à l’effet sur le prix, sans révéler correctement ce conflit d’intérêts. En France, l’AMF suit de près les promoteurs sur les réseaux, et au Royaume-Uni les promotions de crypto-actifs destinées aux consommateurs doivent respecter depuis le 8 octobre 2023 les règles de promotion financière de la FCA, ce qui touche les influenceurs rémunérés. Une publication signalée comme publicité et indiquant la position de son auteur ne prouve pas son honnêteté, mais une publication qui cache les deux est un signal d’alerte.

Opération Token Mirrors : le jeton du FBI et les teneurs de marché pris

Le faux volume est le décor d’un pump. Une pièce qui semble échanger des millions de dollars par jour paraît vivante, et un graphique qui monte avec un gros volume ressemble à de la demande. Produire ce volume en échangeant avec soi-même s’appelle le wash trading, et c’était le cœur de la plus grande affaire américaine du domaine.

Le 9 octobre 2024, les procureurs fédéraux de Boston ont annoncé des poursuites contre 18 personnes et entités, a indiqué IRS Criminal Investigation. Pour les piéger, le FBI a créé son propre jeton, NexFundAI, et recruté des teneurs de marché pour l’échanger. Trois sociétés, ZM Quant, CLS Global et MyTrade, ont été poursuivies pour wash trading ou entente en vue de wash trading sur ce jeton ; une quatrième, Gotbit, l’a été pour un montage similaire. Les dirigeants de quatre sociétés de jetons, dont la plus importante, Saitama, étaient accusés d’avoir fait de fausses déclarations sur leurs jetons et utilisé des échanges fictifs pour gonfler les prix avant de vendre, soit le pump and dump classique. Plus de 25 millions de dollars en crypto ont été saisis et les robots à l’origine de wash trades sur une soixantaine de jetons ont été arrêtés. La SEC a engagé des poursuites civiles parallèles.

Token Mirrors était donc d’abord une affaire de wash trading visant des teneurs de marché, avec des accusations de pump and dump contre certaines sociétés de jetons. Les décisions de justice rendues jusqu’ici concernent les teneurs de marché. CLS Global, qui avait plaidé coupable en janvier 2025, a été condamnée par un tribunal fédéral de Boston le 2 avril 2025 à payer 428 059 dollars et à trois ans de mise à l’épreuve pendant lesquels elle ne peut pas proposer ses services aux États-Unis, a rapporté Cointelegraph. Le fondateur de Gotbit, Aleksei Andriunin, a plaidé coupable en mars 2025 de fraude électronique et d’entente en vue de manipuler le marché. Le 12 juin 2025, la juge Angel Kelley l’a condamné à Boston à huit mois de prison, que le tribunal a considérés comme déjà purgés au titre de sa détention après son arrestation au Portugal, plus un an de liberté surveillée ; le parquet avait demandé 15 mois, a rapporté Reuters. Gotbit elle-même a reçu cinq ans de mise à l’épreuve pendant lesquels elle doit cesser son activité, et a perdu environ 23 millions de dollars de crypto saisis.

Une seconde vague a suivi. Le 30 mars 2026, les procureurs d’Oakland, en Californie, ont annoncé des poursuites pour fraude électronique et entente en vue de fraude électronique, chacune passible de 20 ans de prison, contre dix dirigeants et employés de quatre sociétés, Gotbit, Vortex, Antier et Contrarian, selon IRS Criminal Investigation. Les dirigeants de Vortex sont accusés d’avoir gonflé le prix d’un jeton tout en prévoyant de vendre une fois le sommet atteint. Deux employés de Gotbit, Antoine Tsao et Nemanja Popov, avaient déjà plaidé coupable et été condamnés ; les autres sont présumés innocents.

Un robot de trading devant des chandeliers, surveillé par un œil, à côté d'un marteau de juge
L'opération Token Mirrors visait des teneurs de marché dont les robots simulaient du volume sur de petits jetons.

Le volume affiché sur la page d’un petit jeton ne prouve pas que quelqu’un le veuille. En octobre 2026, la société de données Bitquery a rattaché environ 1,4 milliard de dollars des 6,17 milliards échangés en 30 jours sur les pools à liquidité concentrée de Raydium à un seul robot qui faisait circuler de l’argent dans de faux pools contenant chacun environ 19 dollars réels, comme le décrit notre article sur le robot de wash trading de Raydium.

Le pump and dump est-il illégal ? Droit français, MiCA, AMF, et règles étrangères

Aucun de ces pays n’a d’infraction intitulée « pump and dump ». Procureurs et régulateurs mobilisent les règles sur la fraude et la manipulation de marché, et celles qui s’appliquent dépendent du lieu de cotation du jeton et de sa nature juridique.

France : MiCA, l’article L. 465-3-1 du Code monétaire et financier et l’AMF

En France, le règlement MiCA est directement applicable et l’AMF en assure la supervision. Son titre VI, consacré aux abus de marché, couvre les articles 86 à 92 et s’applique depuis le 30 décembre 2024 (notre guide de MiCA explique le reste du règlement). En septembre 2025, l’AMF a annoncé qu’elle appliquerait les orientations de l’ESMA, y compris la surveillance des réseaux sociaux.

Le droit pénal a été adapté. L’ordonnance n° 2024-936 du 15 octobre 2024 a étendu aux crypto-actifs, à compter du 30 décembre 2024, le délit de manipulation de cours de l’article L. 465-3-1 du Code monétaire et financier, l’article voisin L. 465-3-2 couvrant la diffusion d’informations fausses ou trompeuses. Le délit est puni des peines du délit d’initié fixées par l’article L. 465-1 : jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 100 millions d’euros d’amende, montant qui peut être porté jusqu’à dix fois le profit réalisé. À côté de la voie pénale, la commission des sanctions de l’AMF peut prononcer des sanctions administratives ; les deux voies sont coordonnées pour qu’une même personne ne soit pas poursuivie deux fois pour les mêmes faits. Mentir pour vendre un jeton peut aussi être poursuivi comme escroquerie au titre du Code pénal. Nous n’avons pas pu relire ces articles sur Légifrance au moment de la rédaction : les références viennent de l’ordonnance publiée au Journal officiel et de commentaires juridiques.

L’AMF a déjà nommé la manœuvre. Dans son communiqué du 19 septembre 2025, elle a mis en garde contre des groupes de discussion qui distillent des conseils d’achat d’actions et qui présentent les caractéristiques d’un pump and dump frauduleux : des fraudeurs qui détiennent de grosses quantités et vendent près du sommet sans le dire, un cours qui s’effondre ensuite, et parfois une proposition d’aide pour récupérer les pertes. Ses signaux d’alerte valent tels quels pour la crypto : invitation non sollicitée dans un groupe, gains promis en quelques jours, conseillers sans agrément, positions non déclarées, offres de récupération des pertes.

Union européenne : MiCA, titre VI, article 91

L’article 91 interdit la manipulation de marché et sa tentative. Il couvre les transactions ou ordres qui donnent des indications fausses ou trompeuses sur l’offre, la demande ou le prix, ou qui maintiennent le prix à un niveau anormal ; les transactions recourant à des procédés fictifs ou à d’autres formes de tromperie ; et la diffusion d’informations fausses ou trompeuses, rumeurs comprises, par tout média, internet compris. Un achat groupé coordonné suivi d’une vente entre dans le premier cas ; une publication payée qui cache la position de son auteur figure dans les exemples de l’article.

La limite tient au champ d’application. L’article 86 applique ces règles aux crypto-actifs admis à la négociation sur une plateforme, ou pour lesquels une admission a été demandée, que l’acte ait lieu dans l’Union ou en dehors. Un memecoin qui n’existe que dans un pool d’une plateforme décentralisée, sans avoir jamais été admis ni demandé à la négociation sur une plateforme, se trouve dans une zone grise. La question de savoir si le titre VI l’atteint n’est pas tranchée, et en octobre 2026 nous n’avons trouvé aucune réponse de l’ESMA sur ce point. Affirmer que MiCA interdit tous les pump and dump partout serait excessif.

Là où MiCA s’applique, l’article 111 oblige chaque État à donner à son régulateur des amendes maximales d’au moins 5 millions d’euros pour les personnes physiques et 15 millions d’euros ou 15 % du chiffre d’affaires annuel pour les sociétés, ou au moins trois fois le profit réalisé quand on peut le déterminer. Les sanctions pénales s’y ajoutent, selon le droit national. Les orientations de l’ESMA du 9 juillet 2025 demandent aux autorités nationales d’envisager une surveillance des réseaux sociaux pour détecter les abus de marché, dans la mesure du possible, et citent les personnes actives sur les réseaux sociaux parmi celles dont le comportement peut constituer un abus.

Italie, Royaume-Uni et États-Unis en bref

L’Italie a choisi une autre voie, utile à connaître pour les Français qui ont un compte chez un prestataire italien. Le décret législatif 129 du 5 septembre 2024, qui adapte le droit italien à MiCA, désigne la Consob comme autorité compétente en matière d’abus de marché sur les crypto-actifs, et son article 33 sanctionne les violations de l’article 91 de MiCA d’une amende administrative de 5 000 euros à 5 millions d’euros, tandis que l’article 34 fixe pour les sociétés des amendes de 30 000 euros jusqu’à 15 millions d’euros ou 15 % du chiffre d’affaires annuel ; chacune peut atteindre le triple du profit réalisé. Le délit pénal de manipulation de marché de l’article 185 du texte unique sur la finance (TUF), de un à six ans de prison et 20 000 à 5 millions d’euros d’amende, est écrit pour les instruments financiers et ne mentionne pas les crypto-actifs. La fraude (truffa, article 640 du Code pénal) reste la voie pénale contre la tromperie des acheteurs. Le 28 octobre 2025, la Consob a averti (en anglais) que les pump and dump menés par des groupes WhatsApp et Telegram « may also occur in relation to the trading of crypto-assets » (peuvent aussi se produire à propos de l’échange de crypto-actifs).

Le Royaume-Uni n’a pas encore de régime d’abus de marché pour les crypto-actifs en vigueur. La FCA a publié ses règles définitives, le Market Abuse Regime for Cryptoassets, dans la déclaration de politique PS26/9 du 30 juin 2026, et le nouveau régime crypto doit entrer en vigueur le 25 octobre 2027. Il interdira le délit d’initié et la manipulation de marché pour les crypto-actifs admis, ou demandés à l’admission, sur une plateforme britannique, où que la conduite ait lieu, sous forme de régime civil. D’ici là, les voies sont le droit général de la fraude, comme le Fraud Act 2006 en Angleterre et au pays de Galles, et les règles de promotion financière.

Aux États-Unis, le 27 février 2025, la division de la finance d’entreprise de la SEC a indiqué dans une déclaration de ses services sur les memecoins que, selon elle, les transactions typiques sur memecoins ne constituent pas une offre et une vente de titres, tout en prévenant que la fraude qui les entoure peut être poursuivie par d’autres agences en vertu d’autres lois. En pratique, un pump and dump sur memecoin relève désormais surtout du département de la Justice, par la fraude électronique fédérale, passible de 20 ans de prison. Token Mirrors a retenu exactement cette qualification. Quand un jeton est un titre financier, les règles antifraude et contre la promotion rémunérée de la SEC restent applicables, comme l’a montré l’affaire Kardashian.

Dix signaux d’alerte avant d’acheter un petit jeton

Aucun de ces signaux ne prouve à lui seul un pump and dump crypto. Une pièce peut monter sur un intérêt réel, une cotation peut faire grimper un prix, et un créateur qui détient des jetons est normal. Deux ou trois ensemble doivent vous faire arrêter.

  1. Le conseil vous parvient sans que vous l’ayez demandé, par un groupe privé, un message direct ou une invitation. L’avertissement de l’AMF du 19 septembre 2025 et celui de la Consob du 28 octobre 2025 commencent tous deux par là.
  2. Quelqu’un fixe une échéance : un compte à rebours, un « entrez avant 20 h », une pression pour agir tout de suite. Les comptes à rebours sont la signature des groupes décrits plus haut.
  3. Le marché est minuscule. Vérifiez la capitalisation du jeton, la liquidité de son pool et son volume des dernières 24 heures avant l’emballement ; plus de la moitié des pièces à valeur connue de l’étude de la Sapienza valaient moins de 20 millions de dollars quand elles ont été pumpées.
  4. Quelques portefeuilles détiennent l’essentiel de l’offre, ou plusieurs portefeuilles alimentés depuis la même adresse ont acheté dans les premières secondes. Des outils gratuits comme Bubblemaps et Solscan montrent la concentration des détenteurs et les gros détenteurs.
  5. Le volume paraît bien trop élevé pour l’argent présent dans le pool. Des robots de wash trading peuvent fabriquer du volume autour d’un pool de liquidité qui contient très peu.
  6. Le promoteur refuse de dire ce qu’il détient ou s’il est rémunéré. Sous MiCA, ce silence peut constituer à lui seul une manipulation ; en droit américain, il était le fondement de l’affaire Kardashian.
  7. On vous demande d’envoyer une capture d’écran de votre achat. La Consob note que ces demandes aident les organisateurs à coordonner et à contrôler les achats.
  8. Des gains sont promis en quelques jours, ou le jeton est décrit comme incapable de baisser.
  9. Le graphique devient vertical en quelques minutes, et après la première baisse le canal se remplit de messages « achetez la baisse ». C’est la phase de revente qui se déroule.
  10. Après la chute, quelqu’un propose de récupérer vos pertes contre des frais ou un nouveau dépôt. L’AMF range ces offres parmi les signes du schéma lui-même.

Que faire si vous avez acheté dans un pump and dump ?

N’achetez pas davantage pour faire baisser votre prix moyen : les ventes des organisateurs ne sont généralement pas terminées, et le cours tend à revenir à son point de départ. Ne payez personne qui promet de récupérer l’argent ; les offres de récupération sont une seconde arnaque visant les mêmes victimes.

Gardez les preuves : captures d’écran des messages du groupe et des publications, adresse du contrat du jeton, adresse de votre portefeuille, hachages des transactions et plateforme utilisée. Signalez ensuite. En France, vous pouvez poser vos questions et signaler les faits à l’AMF Épargne Info Service, joindre Info Escroqueries au 0 805 805 817, signaler le contenu en ligne sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur et déposer plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit auprès du procureur de la République ; apportez le dossier de preuves. Si vous avez acheté sur une plateforme centralisée, prévenez-la aussi : sous MiCA, les plateformes de l’Union doivent déclarer les ordres suspects à leur régulateur. Les lecteurs vivant ailleurs peuvent s’adresser, aux États-Unis, à l’Internet Crime Complaint Center du FBI (ic3.gov) et à la SEC (sec.gov/tcr), au Royaume-Uni à Report Fraud (0300 123 2040), et en Italie à la Consob par son formulaire en ligne.

La prochaine leçon de ce parcours passe de la manipulation de marché aux systèmes de Ponzi, où les rendements versés aux premiers investisseurs viennent de l’argent des suivants.

Sources

  1. Xu et Livshits, The Anatomy of a Cryptocurrency Pump-and-Dump Scheme, USENIX Security 2019 (en anglais) usenix.org
  2. La Morgia, Mei, Sassi et Stefa, The Doge of Wall Street, ACM Transactions on Internet Technology, février 2023 (en anglais) doi.org
  3. Chainalysis : wash trading et pump and dump suspectés parmi les lancements de jetons de 2024, 29 janvier 2025 (en anglais) chainalysis.com
  4. Solidus Labs : The 2025 Rug Pull Report, rug pulls et pump and dump sur Solana, mai 2025 (en anglais) soliduslabs.com
  5. SEC : la SEC poursuit Kim Kardashian pour promotion illicite d'un crypto-actif, 3 octobre 2022 (en anglais) sec.gov
  6. SEC, division de la finance d'entreprise : déclaration des services sur les memecoins, 27 février 2025 (en anglais) sec.gov
  7. IRS Criminal Investigation : dix-huit personnes et entités poursuivies pour manipulation du marché crypto, 9 octobre 2024 (en anglais) irs.gov
  8. IRS Criminal Investigation : dix ressortissants étrangers poursuivis pour manipulation du marché crypto, 30 mars 2026 (en anglais) irs.gov
  9. ESMA, règlement unique interactif : MiCA, article 91, interdiction des manipulations de marché (en anglais) esma.europa.eu
  10. Normattiva : décret législatif 129 du 5 septembre 2024, article 33 (en italien) normattiva.it
  11. Decrypt : plainte RICO modifiée contre Pump.fun, 24 juillet 2025 (en anglais) decrypt.co
  12. Protos : Solana Labs écartée de la procédure contre Pump.fun, 1er septembre 2026 (en anglais) protos.com
  13. The Block : Bubblemaps relie une même entité à LIBRA et MELANIA, 17 février 2025 (en anglais) theblock.co
  14. Protos : le cabinet Burwick Law perd son procès LIBRA contre Hayden Davis, octobre 2026 (en anglais) protos.com
  15. Al Jazeera : un juge argentin classe l'enquête pour fraude visant Milei dans l'affaire crypto, 24 octobre 2026 (en anglais) aljazeera.com
  16. NBC News : la plainte des investisseurs d'EMAX contre Kim Kardashian et Floyd Mayweather Jr. rejetée, décembre 2022 (en anglais) nbcnews.com
  17. Cointelegraph : un tribunal américain condamne CLS Global à 428 000 dollars pour wash trading, avril 2025 (en anglais) cointelegraph.com
  18. Reuters via Yahoo News : le fondateur d'une société crypto russe évite une peine de prison supplémentaire aux États-Unis, 12 juin 2025 (en anglais) yahoo.com
  19. ESMA, règlement unique interactif : MiCA, article 86, champ d'application des règles sur les abus de marché (en anglais) esma.europa.eu
  20. Consob : mise en garde du 28 octobre 2025 sur les pump and dump via réseaux sociaux et messageries (en anglais) consob.it
  21. FCA : régime des crypto-actifs, déclarations de politique PS26/9 à PS26/13, 30 juin 2026 (en anglais) fca.org.uk
  22. AMF : l'AMF met en garde le public contre des groupes de discussion qui distillent des conseils d'achat d'actions, 19 septembre 2025 (en anglais) amf-france.org
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