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Transaction crypto : comment elle fonctionne, du portefeuille au bloc

Transaction crypto pas à pas : signature, mempool, frais, blocs et confirmations, puis comment la suivre, la débloquer ou la vérifier sur un explorateur.

Débutant 29 min de lectureMis à jour À lire d'abord : Altcoin : définition, familles, exemples et risques
Blocs bleus reliés en pointillés, montant vers un bloc orange sur fond bleu nuit
Sommaire
  1. Comment fonctionne une transaction crypto ? Six étapes, de l’envoi à la finalité
  2. Étape 1 : le portefeuille construit et signe la transaction
    1. Bitcoin dépense des sorties entières (UTXO) et rend la monnaie
    2. Ethereum débite un compte et tient le compte avec un nonce
    3. La signature prouve que vous détenez la clé, sans la montrer
  3. Étape 2 : diffusion, contrôles et passage par la mempool
  4. Étape 3 : les frais fixent votre place dans la file
    1. Frais d’une transaction bitcoin : la taille compte, pas le montant
    2. Frais Ethereum : des frais de base brûlés et un pourboire, depuis l’EIP-1559
    3. Les frais relevés le 16 octobre 2026, avec leur heure
  5. Étape 4 : un mineur ou un validateur l’inscrit dans un bloc
    1. Bitcoin : un bloc toutes les 10 minutes, en moyenne seulement
    2. Ethereum : un proposeur pour chaque créneau de 12 secondes
  6. Étape 5 : confirmations et finalité, ou combien de temps prend une transaction
    1. Transaction bitcoin : pourquoi six confirmations sont devenues l’usage
    2. Finalité sur Ethereum : justifié, puis finalisé
    3. Solana en bref : frais minuscules, créneaux rapides, transactions qui expirent
  7. Comment suivre une transaction crypto sur un explorateur de blocs
    1. D’abord, retrouver le hash (ID) de la transaction
    2. Lire le premier paiement entre deux personnes : le bloc 170
    3. Lire la transaction bitcoin de la pizza : 131 entrées, une sortie
    4. Lire une transaction Ethereum sur Etherscan, champ par champ
  8. Transaction bloquée : RBF, CPFP et remplacement du nonce
  9. Annuler une transaction crypto confirmée : impossible
  10. Retrait depuis une plateforme : le registre interne d’abord, la blockchain ensuite
  11. Une transaction bitcoin est publique, pas anonyme
  12. Transferts crypto depuis la France : règle de voyage (TFR), PSAN, CASP et impôts
  13. Avant d’appuyer sur « Envoyer » : la liste de contrôle

Le 22 mai 2010, Laszlo Hanyecz a payé deux pizzas 10 000 bitcoins. Pour réunir la somme, son portefeuille a dû rassembler 131 morceaux de bitcoin distincts, et le paiement a laissé 0,99 BTC de frais. Le 16 octobre 2026 à 8 h 47 UTC, un paiement en bitcoin qui visait le prochain bloc devait offrir environ 1,1 satoshi par octet virtuel. Ces deux chiffres s’expliquent dès qu’on suit une transaction crypto pas à pas, du clic sur « Envoyer » jusqu’au moment où plus personne ne peut la défaire.

Cette leçon fait suite à notre guide sur les altcoins et ce qui les distingue du bitcoin. Les bases, registre partagé et clés, figurent déjà dans notre guide sur ce qu’est une cryptomonnaie : inutile d’y revenir. Au programme, un paiement sur Bitcoin, un autre sur Ethereum et un détour rapide par Solana. Les chiffres en direct portent leur date et leur heure UTC. Ils changent d’une minute à l’autre : vérifiez sur un explorateur avant de vous y fier.

Comment fonctionne une transaction crypto ? Six étapes, de l’envoi à la finalité

Toutes les blockchains publiques traitent un paiement à peu près dans le même ordre. Les détails varient, la charpente reste la même :

  1. Votre portefeuille rédige un message : ce que vous dépensez, qui reçoit, et les frais que vous proposez.
  2. blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il signe ce message avec votre clé privée, ce qui prouve que les fonds vous appartiennent sans dévoiler la clé.
  3. Il diffuse la transaction signée à quelques ordinateurs du réseau, les nœuds. Chacun la vérifie et la relaie.
  4. La transaction patiente dans une file de transactions non confirmées, la mempool. Les frais les plus élevés passent en premier.
  5. Un mineur (Bitcoin) ou un validateur (Ethereum, Solana) l’inscrit dans un bloc, que le reste du réseau contrôle à son tour.
  6. D’autres blocs s’empilent par-dessus. Chacun rend le paiement plus difficile à défaire, jusqu’à ce qu’il soit définitif en pratique (Bitcoin) ou formellement finalisé (Ethereum).

La section 5 du livre blanc de Bitcoin décrivait dès 2008 le volet réseau de cette séquence, les étapes 3 à 6. Si la notion de bloc reste floue, commencez par notre guide sur le fonctionnement d’une blockchain.

Étape 1 : le portefeuille construit et signe la transaction

Bitcoin dépense des sorties entières (UTXO) et rend la monnaie

Bitcoin ne connaît pas de solde. Votre portefeuille détient des sorties distinctes, issues de paiements reçus, chacune verrouillée par l’une de vos clés. Le guide des développeurs de Bitcoin les appelle Unspent Transaction Outputs, ou UTXO : des sorties de transaction non dépensées. Chaque entrée d’une nouvelle transaction désigne l’une d’elles par l’identifiant de sa transaction (txid) et un numéro d’ordre.

Une sortie se dépense en entier, comme un billet qu’on tend au commerçant. Pour payer 10 BTC avec une seule sortie de 50 BTC, le portefeuille dépense les 50 et crée deux nouvelles sorties : 10 BTC pour le destinataire et 40 BTC renvoyés vers une adresse à vous, la monnaie (le « change », en anglais). La section 9 du livre blanc décrit exactement ce schéma, et le premier paiement entre deux personnes, dans le bloc 170, le suit à la lettre. On le lira plus bas sur un explorateur.

Ce qu’aucune sortie ne réclame revient au mineur. Il n’existe pas de champ « frais » dans une transaction bitcoin : les frais sont la différence entre les entrées et les sorties. Un portefeuille qui oublierait la monnaie offrirait donc tout le surplus à un mineur.

« Nous définissons une pièce électronique comme une chaîne de signatures numériques. » Satoshi Nakamoto, livre blanc de Bitcoin (en anglais), 2008, notre traduction

Chaque propriétaire cède la pièce au suivant en la signant, et n’importe qui peut remonter la chaîne. Notre guide du bitcoin revient sur son histoire et ses règles d’émission.

Ethereum débite un compte et tient le compte avec un nonce

Ethereum, lui, tient une liste de comptes avec leur solde. Pour ethereum.org, une transaction est une instruction signée cryptographiquement par un compte. Outre le destinataire et le montant (exprimé en wei, la plus petite unité de l’ether), un paiement contient une limite de gaz, les plafonds de frais présentés à l’étape 3, des données facultatives destinées aux smart contracts et un nonce.

Le nonce est un compteur : 0 pour la première transaction d’un compte, puis 1, 2, et ainsi de suite. Les nœuds traitent les transactions d’un compte dans cet ordre et refusent un nonce déjà utilisé, si bien qu’un paiement signé ne peut pas être rejoué par un tiers. C’est aussi ce compteur qui permet, plus tard, de remplacer une transaction bloquée.

Pas de monnaie à rendre sur Ethereum : le réseau retire le montant et les frais de votre solde, puis ajoute le montant à celui du destinataire. Le modèle par comptes est détaillé dans notre guide d’Ethereum.

La signature prouve que vous détenez la clé, sans la montrer

La signature se fait avec la clé privée liée à l’adresse d’où partent les fonds. Les nœuds la contrôlent grâce à la clé publique correspondante, et n’apprennent rien qui leur permettrait de signer à votre place. Modifiez un seul chiffre du montant après la signature, et elle ne correspond plus.

Bitcoin utilise depuis l’origine le schéma de signature ECDSA. La mise à jour Taproot, activée au bloc 709 632 le 14 novembre 2021, a ajouté les signatures de Schnorr, qui simplifient les transactions exigeant plusieurs signataires.

Tout dépend alors de qui garde la clé. Celui qui la détient signe : un portefeuille que vous contrôlez (auto-conservation) signe sur votre appareil, une plateforme d’échange signe avec ses propres clés. Notre guide des portefeuilles crypto détaille la différence, et notre page consacrée à la protection de la phrase de récupération couvre la sauvegarde qui se cache derrière ces clés.

Étape 2 : diffusion, contrôles et passage par la mempool

Une fois signée, la transaction quitte votre portefeuille pour un ou plusieurs nœuds, souvent exploités par l’éditeur du portefeuille. Chaque nœud la vérifie avant de la relayer. La signature est-elle valide ? Les entrées existent-elles, et sont-elles encore non dépensées ? Le compte Ethereum contient-il assez d’ether pour couvrir le montant et les frais maximum ? Une transaction qui échoue à ce stade disparaît sans bruit et n’atteint jamais un bloc.

Valide, la transaction se propage de nœud en nœud et atterrit dans la mempool de chacun, la salle d’attente des transactions non confirmées. C’est le statut « en attente » ou « non confirmée » qu’affiche votre portefeuille. Rien n’est réglé : les fonds n’ont pas bougé dans le registre et, sur Bitcoin, l’expéditeur peut encore remplacer sa transaction.

La salle d’attente peut être bondée. Le 16 octobre 2026 à 8 h 47 UTC, l’API Esplora de Blockstream comptait 81 153 transactions bitcoin non confirmées, soit environ 39,5 millions d’octets virtuels, pour 9 981 015 satoshis de frais cumulés (environ 0,0998 BTC). Les mineurs y piochent d’abord les transactions qui paient le mieux. Les autres attendent le bloc suivant, ou celui d’après.

Ethereum fonctionne de la même façon, à une exception près. ethereum.org signale que certains utilisateurs contournent la mempool publique et transmettent leurs transactions directement à des constructeurs de blocs spécialisés. Toutes les transactions ne sont donc pas visibles avant d’arriver dans un bloc.

Étape 3 : les frais fixent votre place dans la file

Frais d’une transaction bitcoin : la taille compte, pas le montant

La place dans un bloc Bitcoin est rare, et les frais paient l’espace qu’occupe votre transaction. Le guide des développeurs le dit sans détour : les transactions paient des frais selon leur taille en octets, et les mineurs les classent par frais par octet. Envoyer 0,001 BTC ou 1 000 BTC coûte la même chose si les deux transactions ont la même taille.

Depuis la mise à jour SegWit, la taille se mesure en octets virtuels (vB, pour virtual bytes), définis par le BIP 141 : dans cette unité, les données de signature pèsent quatre fois moins que le reste. Les taux de frais s’expriment en satoshis par octet virtuel, ou sat/vB. Un bitcoin vaut 100 millions de satoshis.

La taille grossit avec le nombre d’entrées. Un portefeuille qui détient beaucoup de sorties séparées, après des années de petits achats réguliers par exemple, doit inclure toutes celles dont il a besoin, et chaque entrée ajoute des octets. La pizza en est le cas extrême : 131 entrées, 23 620 octets. Le même montant payé avec une seule entrée tiendrait dans une petite fraction de cet espace.

Des taux inférieurs à 1 sat/vB, comme ceux du tableau plus bas, existent parce que Bitcoin Core 29.1, publié le 4 septembre 2025, a abaissé les frais minimum de relais par défaut à 100 satoshis pour mille octets virtuels, soit 0,1 sat/vB. Les notes de version prévenaient que ces transactions très bon marché pourraient mal circuler, voire ne pas être confirmées, tant que trop peu de nœuds adopteraient ce nouveau réglage.

Frais Ethereum : des frais de base brûlés et un pourboire, depuis l’EIP-1559

Ethereum facture en gaz, l’unité qui mesure le travail de calcul d’une transaction. Un simple transfert d’ether demande 21 000 unités de gaz. Un transfert de token ou un swap en consomme davantage, puisqu’il exécute le code d’un contrat. Depuis la mise à jour London du 5 août 2021 (bloc 12 965 000), qui a introduit l’EIP-1559, le prix de l’unité de gaz se compose de deux parties, comme l’explique la documentation d’ethereum.org sur le gaz (en anglais) :

  • Les frais de base, fixés par le protocole selon le remplissage du bloc précédent. La cible est un bloc à moitié plein : au-delà, les frais de base montent, de 12,5 % par bloc au plus, et en deçà ils baissent. Ces frais sont brûlés : l’ether correspondant disparaît de l’offre en circulation.
  • Les frais de priorité, ou pourboire, versés au validateur qui inclut votre transaction.

Le portefeuille fixe des frais maximum par unité de gaz et un pourboire maximum. Vous payez le gaz consommé × (frais de base + pourboire), et l’écart entre votre plafond et le montant réellement facturé vous est rendu. Une nuance qui surprend souvent : une transaction qui échoue paie quand même le gaz consommé, car le réseau a fait le travail.

Les prix s’affichent en gwei, un milliardième d’ether. À 0,06 gwei, un transfert de 21 000 unités de gaz coûte 1 260 gwei, soit 0,00000126 ETH, par simple multiplication. Notre fiche de glossaire sur les frais de gaz donne d’autres exemples, et les réseaux de couche 2 (layer 2) existent surtout pour faire baisser encore ce coût.

Les frais relevés le 16 octobre 2026, avec leur heure

Ces relevés datent du matin du 16 octobre 2026. Ils bougent d’un bloc à l’autre et peuvent être bien plus élevés un jour d’affluence : lisez-les comme un exemple, pas comme une grille tarifaire.

RéseauIndicateurValeurHeure (UTC)Source
BitcoinTaux pour les 1 à 3 prochains blocs1,11 sat/vB8 h 47Blockstream Esplora
BitcoinTaux pour 4 à 6 blocs0,302 sat/vB8 h 47Blockstream Esplora
BitcoinTaux pour environ une journée (144 blocs)0,214 sat/vB8 h 47Blockstream Esplora
BitcoinTaux pour environ une semaine (1 008 blocs)0,1 sat/vB8 h 47Blockstream Esplora
BitcoinTransactions non confirmées dans la mempool81 1538 h 47Blockstream Esplora
EthereumFrais de base (standard)0,059 gwei8 h 48Etherscan Gas Tracker
EthereumPrix rapide (pourboire de 0,001 gwei)0,06 gwei8 h 48Etherscan Gas Tracker
EthereumTransfert simple d’ether, 21 000 unités de gaz à 0,06 gwei0,00000126 ETHcalculethereum.org, Etherscan
SolanaFrais de base par signature5 000 lamports (0,000005 SOL)règle du protocoledocumentation solana.com

Les lignes Bitcoin montrent le marché des frais à l’œuvre : environ cinq fois le tarif lent achetait une place dans les prochains blocs, tandis que le minimum condamnait à attendre un moment calme, parfois plusieurs jours.

Étape 4 : un mineur ou un validateur l’inscrit dans un bloc

Bitcoin : un bloc toutes les 10 minutes, en moyenne seulement

Les mineurs de Bitcoin rivalisent pour trouver une preuve de travail valide pour un bloc de transactions qu’ils ont choisies. Le gagnant diffuse son bloc, les autres nœuds vérifient chaque transaction qu’il contient et, si tout est en règle, commencent à bâtir le bloc suivant par-dessus. Votre transaction compte alors une confirmation.

L’écart moyen est de 10 minutes, mais pris un par un, les écarts n’ont rien de régulier. Le matin du 16 octobre 2026, le bloc 971 682 est arrivé à 7 h 03 min 29 s UTC et le bloc 971 687 à 8 h 15 min 39 s UTC, avec entre eux des intervalles allant de 8 minutes et demie à 29 minutes et demie. Le Bitcoin Wiki estime à environ 63 % la probabilité qu’un bloc arrive en moins de 10 minutes, 95 % en moins de 30 et 99,7 % en moins d’une heure. Sur les 24 heures précédant 8 h 45 UTC, les données Esplora de Blockstream recensent 147 blocs, trois de plus qu’un rythme parfait de 10 minutes.

Le bloc 971 682 contenait 7 037 transactions, le bloc 971 687 seulement 3 724. Un bloc est plafonné en poids, pas en nombre de transactions : rempli de grosses transactions, il en contient moins.

Ethereum : un proposeur pour chaque créneau de 12 secondes

Depuis la Merge du 15 septembre 2022 (bloc 15 537 394), Ethereum fonctionne en preuve d’enjeu. Le temps y est découpé en créneaux (slots) de 12 secondes, regroupés en époques de 32. À chaque créneau, un validateur tiré au sort propose un bloc, assemblé à partir de la mempool ou fourni par un constructeur. D’autres validateurs rejouent les transactions et votent pour le bloc, ce qu’Ethereum appelle une attestation.

Avec un pourboire raisonnable, une transaction Ethereum entre souvent dans un bloc en un ou deux créneaux : quelques secondes plutôt que des minutes. Figurer dans un bloc ne veut pas encore dire être définitive.

Rangées de machines de minage turquoise avec ventilateurs et voyants, fond vert foncé
Sur Bitcoin, les mineurs prennent les transactions en attente dans la mempool et les inscrivent dans un bloc.

Étape 5 : confirmations et finalité, ou combien de temps prend une transaction

Chaque bloc ajouté après le vôtre est une confirmation de plus. Pour annuler votre paiement, il faudrait reconstruire la chaîne à partir de votre bloc plus vite que tout le reste du réseau ne la prolonge, et chaque bloc supplémentaire complique la tâche.

Transaction bitcoin : pourquoi six confirmations sont devenues l’usage

La section 11 du livre blanc (en anglais) calcule la probabilité qu’un attaquant détenant une part de la puissance de minage rattrape la chaîne honnête. Avec 10 % de cette puissance, ses chances de réécrire un paiement enfoui sous 5 blocs sont de 0,09 %, la première valeur du tableau sous 0,1 %. À 6 blocs, elles tombent à 0,02 %. L’habitude d’attendre six confirmations, environ une heure en moyenne, se situe juste au-delà de ce seuil.

Le même document en montre les limites. Un attaquant qui contrôle 30 % de la puissance de minage garde 17,7 % de chances à 5 blocs, et le résumé du livre blanc fixe à 24 blocs la profondeur nécessaire pour passer sous 0,1 %.

« Le chiffre de 6 blocs, souvent cité par défaut, n’a rien de particulier. » Bitcoin Wiki, page Confirmation, notre traduction

Le wiki qualifie d’arbitraires les deux hypothèses derrière ce chiffre : un attaquant qui ne dépasserait pas 10 % de la puissance de calcul, et un risque inférieur à 0,1 % jugé acceptable. Six blocs suffisent largement contre un attaquant occasionnel. Contre un adversaire doté de gros moyens, c’est trop peu. Pour un achat de faible valeur, zéro confirmation peut encore faire l’affaire.

Finalité sur Ethereum : justifié, puis finalisé

Ethereum ajoute une étape formelle aux confirmations. Seuls les blocs situés en limite d’époque, appelés points de contrôle (checkpoints), peuvent être justifiés puis finalisés. Un point de contrôle est justifié quand des validateurs détenant les deux tiers de tout l’ether mis en jeu votent pour lui. Il devient finalisé dès que le point de contrôle suivant est justifié à son tour. Selon ethereum.org, un bloc finalisé ne peut être annulé que si un attaquant accepte de détruire des millions d’ether.

Notre calcul donne le délai : 2 époques × 32 créneaux × 12 secondes = 768 secondes, soit une finalité atteinte en 12,8 minutes environ en temps normal. Les portefeuilles affichent souvent un paiement comme terminé après un bloc ou quelques-uns, ce qui suffit pour de petits montants. Les plateformes d’échange fixent leurs propres seuils pour créditer un dépôt.

Solana en bref : frais minuscules, créneaux rapides, transactions qui expirent

Solana suit la même charpente avec d’autres chiffres. Les frais de base y sont de 5 000 lamports par signature, un lamport valant un milliardième de SOL, soit 0,000005 SOL pour un paiement simple. La moitié de ces frais de base est brûlée, l’autre va au validateur. Des frais de priorité facultatifs, exprimés en micro-lamports par unité de calcul, reviennent en totalité au validateur.

Une transaction Solana fonctionne en tout ou rien : si l’une de ses instructions échoue, toutes sont annulées. Elle pèse 1 232 octets au maximum et embarque un hash de bloc récent, valable 150 créneaux. Une transaction qui n’a pas été traitée dans ce délai expire, tout simplement, au lieu de patienter des jours dans une mempool comme peut le faire un paiement bitcoin.

Les créneaux ont raccourci cette année. La page de la Solana Foundation consacrée à cette mise à jour (en anglais) montre des créneaux passés de 400 à 200 millisecondes en quatre étapes entre le 21 août et le 9 octobre 2026, la dernière vers 14 h 35 UTC ce jour-là. Des portefeuilles comme Phantom remplissent les frais et le hash de bloc récent à votre place.

Comment suivre une transaction crypto sur un explorateur de blocs

Un explorateur de blocs est un site qui lit la blockchain et l’affiche sous une forme lisible. N’importe qui peut s’en servir, sans créer de compte. Pour les chaînes de ce guide, les plus courants sont mempool.space ou blockstream.info pour Bitcoin, Etherscan pour Ethereum et Solscan pour Solana.

D’abord, retrouver le hash (ID) de la transaction

Chaque transaction possède un identifiant, une longue suite de lettres et de chiffres appelée hash de transaction, txid ou TXID. Etherscan le présente comme un numéro de référence pour les parties concernées. Votre portefeuille l’affiche dans le détail de l’opération, souvent derrière un lien « Voir sur l’explorateur », et les plateformes l’indiquent dans l’historique des retraits une fois le retrait parti sur la blockchain.

Avec ce hash en main, la marche à suivre est la même sur tous les explorateurs :

  1. Copiez le hash depuis votre portefeuille ou depuis l’historique des retraits de la plateforme.
  2. Ouvrez un explorateur du bon réseau. Un hash Ethereum ne donne rien sur un explorateur Bitcoin, et un transfert d’USDT sur Tron n’apparaît pas sur Etherscan.
  3. Collez le hash dans la barre de recherche.
  4. Lisez le statut. « Unconfirmed » ou « Pending » : la transaction est encore dans la mempool. « Confirmed » ou « Success » s’accompagne d’un numéro de bloc. « Failed » sur Ethereum signifie que la transaction a bien été incluse mais annulée, et que les frais ont quand même été payés.
  5. Comptez les confirmations et comparez-les avec ce qu’exige la plateforme qui reçoit les fonds.
  6. Contrôlez l’expéditeur, le destinataire et le montant (entrées et sorties sur Bitcoin, champs From et To sur Ethereum), puis les frais. Pour un token, lisez la ligne du transfert de token, pas la valeur en ETH, souvent égale à 0.

Faites l’essai avec les deux transactions bitcoin ci-dessous. Leurs hash fonctionnent sur n’importe quel explorateur Bitcoin.

Lire le premier paiement entre deux personnes : le bloc 170

Le bloc 170, horodaté au 12 janvier 2009 à 3 h 30 min 25 s UTC, contient la transaction f4184fc596403b9d638783cf57adfe4c75c605f6356fbc91338530e9831e9e16. Le Guinness World Records la recense comme la première transaction bitcoin, envoyée par Satoshi Nakamoto à Hal Finney.

Une entrée : la sortie 0 d’une transaction antérieure, une récompense de bloc de 50 BTC que Satoshi avait minée. Deux sorties : 10 BTC pour Finney et 40 BTC de monnaie rendus à Satoshi. Les entrées égalent les sorties, donc zéro frais, ce que le réseau acceptait à l’époque.

Un détail étonne sur l’explorateur : aucune adresse. Les deux sorties paient directement une clé publique, un ancien format appelé pay-to-public-key. L’explorateur affiche donc une longue clé à la place du format d’adresse que vous connaissez.

Lire la transaction bitcoin de la pizza : 131 entrées, une sortie

La transaction a1075db55d416d3ca199f55b6084e2115b9345e16c5cf302fc80e9d5fbf5d48d a été minée dans le bloc 57 043, le 22 mai 2010 à 18 h 16 min 31 s UTC. L’explorateur affiche 131 entrées à gauche et une seule sortie de 10 000 BTC à droite. Pas de sortie de monnaie : les entrées totalisaient 10 000,99 BTC, et les 0,99 BTC restants sont allés au mineur sous forme de frais.

La ligne de taille raconte le reste : 23 620 octets et 94 480 unités de poids, parce que chacune des 131 entrées correspond à un paiement reçu auparavant par Hanyecz. Dans le fil Bitcointalk où il avait lancé son offre le 18 mai, il écrivait le 22 mai 2010 :

« Je voulais juste signaler que j’ai réussi à échanger 10 000 bitcoins contre des pizzas. » laszlo, Bitcointalk, 22 mai 2010, notre traduction

Lire une transaction Ethereum sur Etherscan, champ par champ

Prenons une transaction ordinaire de ce matin : elle montre tout ce qu’une page Ethereum contient de plus. Le 16 octobre 2026 à 8 h 52 min 11 s UTC, le portefeuille d’une plateforme d’échange a envoyé 50 USDT dans le bloc 26 204 017. Quand nous avons ouvert la page d’Etherscan environ une minute plus tard, on y lisait :

  1. Statut : Success, avec 2 confirmations. Le statut vient du reçu de la transaction, qui n’existe qu’une fois la transaction dans un bloc.
  2. From : le portefeuille chaud de la plateforme. To : le contrat USDT de Tether, le programme qui tient les soldes en USDT. La personne qui reçoit les 50 USDT n’apparaît que dans la ligne du transfert de token, et les données d’entrée montrent l’appel standard transfer(address _to, uint256 _value).
  3. Valeur : 0 ETH, car l’USDT est un stablecoin géré par un contrat, pas de l’ether (notre guide sur la différence entre coin et token l’explique).
  4. Frais : 0,000003018321376021 ETH pour 46 109 unités de gaz consommées, sur une limite de 46 491. Un transfert de token exécute du code de contrat et demande donc plus que les 21 000 unités d’un simple paiement en ether.
  5. Brûlé : 0,000002997576844703 ETH, plus de 99 % des frais. Les frais de base s’élevaient à 0,065010667 gwei et le pourboire maximum à seulement 0,000449902 gwei.
  6. Nonce : 30 986. Ce portefeuille avait donc déjà envoyé autant de transactions.
Loupe jaune posée sur une courbe bleue et verte qui monte, fond bleu nuit
Un explorateur de blocs affiche le statut, les frais et les confirmations de toute transaction publique à partir de son identifiant.

Transaction bloquée : RBF, CPFP et remplacement du nonce

Une transaction reste en attente quand ses frais sont trop bas pour la file du moment. Rien n’est perdu pendant l’attente, mais rien n’arrive non plus. Chaque chaîne a sa parade.

Sur Bitcoin, Replace-by-Fee (RBF) permet à l’expéditeur de diffuser une nouvelle version qui dépense au moins une des mêmes entrées et paie des frais plus élevés. Avec le BIP 125, pris en charge depuis Bitcoin Core 0.12.0, la transaction d’origine devait signaler qu’elle était remplaçable. Bitcoin Core 28.0 (notes de version en anglais), publié le 2 octobre 2024, a fait accepter par défaut à ses nœuds les remplacements même sans ce signal (full RBF), et une modification ultérieure a supprimé le réglage. Un paiement bitcoin non confirmé peut donc encore être remplacé par son expéditeur : tout le risque d’accepter zéro confirmation est là.

Child-Pays-for-Parent (CPFP) agit dans l’autre sens. Le destinataire, ou l’expéditeur via sa sortie de monnaie, dépense une sortie de la transaction bloquée dans une nouvelle transaction aux frais élevés. Un mineur qui veut ces frais doit inclure les deux. C’est l’outil à utiliser quand l’expéditeur ne relève pas ses frais.

Côté Ethereum, on remplace une transaction en attente par une autre sur le même nonce, avec des frais plus élevés. Le bouton « Speed up » de MetaMask renvoie le même paiement ; une annulation envoie sur ce nonce une transaction vers votre propre adresse, qui peut porter 0 ETH. Pour un remplacement manuel, l’aide de MetaMask demande des frais de priorité supérieurs d’au moins 10 % et des frais maximum supérieurs d’au moins 30 %, et une annulation ne peut être tentée que tant que l’original est en attente. Les nonces s’enchaînent dans l’ordre : un nonce 9 bloqué retient aussi le nonce 10.

Face à un paiement bloqué, procédez dans cet ordre :

  1. Recherchez le hash et vérifiez que la transaction est toujours non confirmée, ni échouée ni abandonnée. Comparez son taux de frais ou son pourboire avec les estimations du moment.
  2. Si vous pouvez attendre, attendez : beaucoup de transactions à petits frais passent dès que la file se vide.
  3. Sinon, utilisez le bouton d’accélération ou de hausse des frais de votre portefeuille. Le destinataire d’un paiement bitcoin bloqué peut tenter un CPFP.
  4. Sur Solana, vérifiez si la transaction a expiré, puis renvoyez-la avec un hash de bloc récent.

Annuler une transaction crypto confirmée : impossible

Aucune banque ne s’interpose entre l’expéditeur et le destinataire, et il n’y a donc personne à appeler pour obtenir une rétrofacturation (chargeback). La Federal Trade Commission américaine le résume en une phrase : les paiements en cryptomonnaie ne sont généralement pas réversibles.

Une adresse mal recopiée qui se trouve être valide envoie les fonds à celui qui la contrôle, ou à personne. L’autre erreur classique est le mauvais réseau : des USDT envoyés sur une chaîne vers une adresse de plateforme qui n’en surveille qu’une autre. Binance Academy précise que Binance n’est pas en mesure de récupérer des tokens déposés via un réseau incorrect. Si les fonds sont arrivés à une adresse dont vous détenez la phrase de récupération, l’importer dans un portefeuille qui gère les deux réseaux permet en général de les retrouver.

Les arnaques reposent sur cette irréversibilité : une fois que la victime a payé, plus personne ne peut reprendre l’argent. Notre guide pour éviter les arnaques crypto recense les ruses habituelles. La protection la moins chère reste un petit envoi test avant un gros montant, puis une vérification lente, caractère par caractère, de l’adresse.

Retrait depuis une plateforme : le registre interne d’abord, la blockchain ensuite

Des cryptos détenues sur une plateforme d’échange centralisée ne sont qu’une ligne dans la base de données de cette entreprise. Acheter, vendre ou échanger sur place modifie ses comptes, pas la blockchain. Certaines plateformes, dont Coinbase, permettent même à leurs clients de s’envoyer des cryptos par e-mail ou par nom d’utilisateur : un mouvement interne, sans frais de réseau et sans trace sur la chaîne.

Un retrait vers une adresse extérieure est une vraie transaction, construite et signée depuis l’un des portefeuilles chauds de la plateforme, comme celui au nonce 30 986 de l’exemple Etherscan. C’est à ce moment que vous obtenez un hash à suivre. Si le hash tarde à apparaître, l’attente vient de la plateforme, pas du réseau.

Les dépôts suivent le chemin inverse : la plateforme attend son propre nombre de confirmations avant de vous créditer. Kraken crédite les dépôts en bitcoin après 3 confirmations et l’estime à environ 45 minutes, en comptant 15 minutes par bloc. Les autres plateformes publient leurs seuils crypto par crypto ; nos guides pour acheter des cryptos et pour choisir une plateforme d’échange montrent où les trouver.

Une transaction bitcoin est publique, pas anonyme

« Toutes les transactions Bitcoin sont publiques, traçables et stockées de façon permanente dans le réseau Bitcoin », rappelle bitcoin.org dans sa page sur la protection de la vie privée (notre traduction). Muni d’un explorateur, n’importe qui voit chaque montant et chaque adresse, pour toujours. Ce qui reste caché, c’est le nom derrière l’adresse : le livre blanc fait reposer la confidentialité sur l’anonymat des clés publiques. Les chercheurs parlent donc de pseudonymat plutôt que d’anonymat.

Les pseudonymes fuient. Les sociétés d’analyse de blockchain partent souvent du principe que toutes les entrées d’une même transaction appartiennent au même propriétaire, l’heuristique dite des entrées multiples, et regroupent les adresses en conséquence. Selon cette logique, les 131 entrées de la pizza sont les fonds d’une seule personne. Dès qu’une adresse du groupe touche un compte de plateforme ouvert avec une pièce d’identité (KYC), tout le groupe peut être relié à un nom. bitcoin.org conseille d’utiliser une nouvelle adresse pour chaque paiement reçu.

Transferts crypto depuis la France : règle de voyage (TFR), PSAN, CASP et impôts

Pour un lecteur français, le texte qui compte est le règlement européen sur les transferts de fonds, le règlement (UE) 2023/1113, souvent appelé TFR ou « règle de voyage ». Entré en vigueur le 29 juin 2023, il s’applique depuis le 30 décembre 2024. Il ne touche pas à la blockchain elle-même : il vise les prestataires de services sur crypto-actifs, c’est-à-dire, en France, les plateformes enregistrées comme PSAN ou agréées comme CASP sous MiCA.

Tout transfert de crypto traité par l’un de ces prestataires doit être accompagné d’informations sur l’expéditeur, quel que soit le montant : nom, adresse sur le registre distribué ou numéro de compte crypto, adresse postale avec le pays, et numéro de pièce d’identité, identifiant client ou date et lieu de naissance (article 14, paragraphe 1). Le considérant 30 du règlement l’écrit noir sur blanc : les mêmes exigences s’appliquent quel que soit le montant.

Le cas qui concerne le plus d’épargnants est le retrait vers son propre portefeuille, que le règlement appelle « adresse auto-hébergée ». Au-delà de 1 000 €, l’article 14, paragraphe 5, impose à la plateforme de l’expéditeur de prendre des mesures adéquates pour évaluer si cette adresse vous appartient ou est sous votre contrôle. Concrètement, une plateforme française peut vous demander de prouver que le portefeuille de destination est bien le vôtre avant de laisser partir un retrait de 1 500 €. Les méthodes varient d’une plateforme à l’autre.

Un paiement envoyé directement d’un portefeuille auto-hébergé à un autre ne passe par aucun prestataire. Selon notre lecture du texte, il reste donc en dehors du TFR, qui encadre les plateformes et non le réseau. Notre guide du règlement MiCA présente le cadre européen dans son ensemble.

Côté impôts, la règle générale de l’article 150 VH bis du Code général des impôts ne vise que les cessions de crypto-actifs contre des euros ou contre un bien ou un service. Envoyer vos cryptos d’un de vos portefeuilles à un autre, ou de la plateforme vers votre clé matérielle, n’est pas une cession et ne devrait donc pas déclencher d’impôt. Votre situation reste à vérifier au cas par cas ; gardez les hash de ces transferts, ils montrent que les fonds sont restés à vous.

Ailleurs, les règles se ressemblent. Au Royaume-Uni, la règle de voyage s’applique depuis le 1er septembre 2023 : selon la Financial Conduct Authority (en anglais), les entreprises crypto britanniques doivent collecter, vérifier et partager des informations sur les transferts. Aux États-Unis, l’IRS traite les cryptos comme des biens, et sa page sur les actifs numériques (en anglais) ne considère pas un transfert entre vos propres portefeuilles comme une vente, sauf si les frais de réseau ont été payés en crypto.

Avant d’appuyer sur « Envoyer » : la liste de contrôle

  1. Vérifiez le réseau : l’adresse de destination et la plateforme doivent attendre la même chaîne.
  2. Comparez l’adresse avec l’original, au début, au milieu et à la fin, jamais de mémoire ni depuis une vieille conversation.
  3. Pour un gros montant, envoyez d’abord un petit test et attendez qu’il arrive.
  4. Choisissez les frais selon l’urgence, après avoir consulté une estimation en direct, pas le chiffre de la veille.
  5. Vous envoyez un token ? Assurez-vous que le portefeuille contient aussi la crypto native de la chaîne pour payer les frais.
  6. Notez le hash de la transaction dès qu’il apparaît.
  7. Attendez les confirmations exigées par le destinataire avant de considérer le paiement comme réglé.
  8. Conservez vos justificatifs pour les impôts, y compris pour les transferts entre vos propres portefeuilles.

La prochaine leçon porte sur les adresses crypto : comment un portefeuille en dérive une à partir d’une clé publique, et pourquoi les adresses Bitcoin et Ethereum ne se ressemblent pas du tout.

Sources

  1. Guide des développeurs Bitcoin : les transactions (en anglais) developer.bitcoin.org
  2. Satoshi Nakamoto, Bitcoin : un système de paiement électronique pair à pair, 2008 (en anglais) nakamotoinstitute.org
  3. ethereum.org : le gaz et les frais (en anglais) ethereum.org
  4. ethereum.org : la preuve d’enjeu (en anglais) ethereum.org
  5. Notes de version de Bitcoin Core 28.0 (en anglais) bitcoincore.org
Rédaction de Coindaro

Qui a écrit cet article

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