Pour les clients français de MEXC, le compte à rebours a commencé. Dans un avis publié cette semaine, la plateforme annonce qu’elle va « réduire progressivement ses services pour les utilisateurs en France en quatre vagues » : la première série de comptes passera en mode « réduction seule » le 18 novembre 2026, la dernière le 22 janvier 2027. Les retraits restent ouverts jusqu’au 5 mars 2027 à 00 h 00, heure de Paris. Ce qui se trouvera encore sur un compte après cette date sera transféré à ce que MEXC appelle un « dépositaire réglementé », dont elle n’a pas donné le nom.
Les nouvelles inscriptions depuis la France sont déjà fermées. La plateforme, qui ne détient aucun agrément au titre du règlement européen MiCA, assure que chaque client concerné recevra un e-mail précisant sa vague et ses dates. The Defiant, qui a relayé le calendrier cette semaine, indique que l’avis invoque la conformité réglementaire. MEXC n’a donné ni le nombre de ses clients français ni le montant qu’ils détiennent sur la plateforme.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) avait d’ailleurs déjà inscrit le site sur sa liste noire des acteurs non autorisés. La fiche de l’AMF consacrée à www.mexc.com date du 4 juin 2024 et indique que la société n’est pas autorisée à proposer certains services financiers ou placements en France.
MEXC France : quatre vagues, une seule date de fin des retraits
L’avis répartit les utilisateurs en quatre groupes. Chacun dispose d’une période de préparation d’environ trois semaines, pendant laquelle rien ne change : trading, dépôts, produits Earn et prêts continuent de fonctionner. La date qui compte est celle d’« action requise », à la fin de cette période. Une minute plus tard, à 00 h 00 le lendemain, le compte bascule en mode réduction seule.
MEXC indique ses horaires en UTC+1. La France est passée à l’heure d’hiver le 25 octobre et y reste jusqu’au 28 mars 2027 : toutes les dates du calendrier, y compris le 5 mars, sont donc à l’heure de Paris. En UTC, blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il faut retrancher une heure (23 h 59 à Paris, c’est 22 h 59 UTC).
| Vague | Période de préparation | Action requise avant (heure de Paris) | Mode réduction seule à partir du |
|---|---|---|---|
| 1 | 28 oct. au 17 nov. 2026 | 17 nov. 2026, 23 h 59 | 18 nov. 2026, 00 h 00 |
| 2 | 19 nov. au 9 déc. 2026 | 9 déc. 2026, 23 h 59 | 10 déc. 2026, 00 h 00 |
| 3 | 11 déc. au 30 déc. 2026 | 30 déc. 2026, 23 h 59 | 31 déc. 2026, 00 h 00 |
| 4 | 1er janv. au 21 janv. 2027 | 21 janv. 2027, 23 h 59 | 22 janv. 2027, 00 h 00 |
| Toutes | 22 janv. 2027 : positions ouvertes clôturées ; 25 janv. : retraits uniquement ; 5 mars : fin des retraits |
C’est MEXC qui décide dans quelle vague chaque client est placé. La plateforme dit repérer les utilisateurs liés à la France à partir des données KYC et de compte, et n’a pas publié sa règle de répartition. Un client classé en vague 1 dispose de moins de trois semaines à compter de l’avis. Un client de la vague 4 a près de trois mois.
Si vous avez utilisé MEXC depuis la France et que rien n’arrive dans votre boîte mail, ou si votre nationalité ou votre pays de résidence est mal enregistré, MEXC demande de contacter son service client. Elle précise qu’une demande de réexamen ne suspend ni ne prolonge le calendrier, sauf confirmation de sa part.

Mode réduction seule : ce qui est bloqué, ce qui reste possible
Dès que sa vague entre en phase de fermeture, le compte ne peut plus que se réduire. D’après l’avis, il n’est plus possible de déposer, d’acheter au comptant, de souscrire à des produits Earn, de contracter un prêt ni de passer un ordre qui ouvre ou renforce une position.
Il reste possible d’ajuster la marge, de clôturer ou de réduire des positions, de rembourser des prêts et de retirer ses fonds. Concrètement, un trader qui détient une position à effet de levier sur les contrats à terme en vague 1 peut continuer à la gérer après le 18 novembre, mais uniquement pour la ramener vers zéro.
Trois dates s’appliquent ensuite à tout le monde, quelle que soit la vague :
- Le 22 janvier 2027 à 00 h 00, MEXC clôture automatiquement toutes les positions ouvertes à un « juste prix » et règle les avoirs restants « en fonction de la liquidité disponible et des conditions de marché ».
- Le 25 janvier 2027 à 00 h 00, tous les comptes français passent en mode retraits uniquement.
- Le 5 mars 2027 à 00 h 00, les retraits sont fermés et les actifs restants sont transférés à un dépositaire réglementé.
The Defiant rapporte que la FAQ de MEXC prévient que ce règlement forcé de janvier peut entraîner des pertes ou des frais. L’avis n’explique ni comment le « juste prix » est fixé ni ce qu’il advient des jetons peu échangés.
Les campagnes s’arrêtent plus tôt. Depuis le 28 octobre, les utilisateurs français ne peuvent plus rejoindre ni poursuivre les événements et concours de MEXC. Les récompenses acquises avant cette date seront versées, assure la plateforme.
Le dépositaire n’a toujours pas de nom
Le point faible du dispositif, c’est l’après 5 mars. MEXC indique que l’identité du dépositaire et la procédure pour récupérer les actifs seront communiquées dans une annonce séparée. D’ici là, personne en dehors de l’entreprise ne sait qui détiendra les cryptos, si des frais s’appliqueront ni combien de temps prendra une demande de restitution.
La plateforme ajoute avoir prévu des « options de parrainage » avec des plateformes régulées dans l’UE, dont les détails seront envoyés par e-mail aux utilisateurs éligibles. Les comptes et les actifs ne sont pas transférés automatiquement. Un client qui veut rejoindre l’une de ces plateformes doit y ouvrir un compte, passer ses contrôles et y envoyer ses fonds lui-même.
Le problème de MEXC tient à l’agrément qu’elle n’a jamais obtenu. Notre explicatif sur ce que le règlement MiCA change pour les utilisateurs détaille ce que cette autorisation exige et pourquoi une plateforme qui n’en dispose pas doit cesser de servir les clients de l’UE.
MEXC et MiCA : de « continuez à utiliser la plateforme » à la sortie de France en quatre mois
L’avis français renverse le message que MEXC adressait aux Européens cet été. À la fin de la période transitoire de MiCA, Finance Magnates a testé les inscriptions sur des plateformes sans licence le 1er juillet 2026 et n’a constaté aucune restriction chez MEXC. La seule prise de position sur sa licence que le média ait trouvée était une réponse du 23 juin du compte X du support de MEXC, qu’il résume ainsi : les utilisateurs de l’UE pouvaient continuer à utiliser la plateforme et tout changement serait annoncé à l’avance. En avril, le nouveau directeur général, Vugar Usi, avait qualifié l’agrément MiCA de « priorité stratégique majeure », rapporte le même article.
En France, le régime transitoire de l’ancien enregistrement PSAN a couru jusqu’au 1er juillet 2026. Dans un communiqué du 6 juillet, l’AMF a déclaré que la période était révolue depuis le 2 juillet et que la fourniture de services sur crypto-actifs dans l’UE exige désormais un agrément MiCA. Elle renvoie à une communication de l’ESMA du 23 juin qui demandait aux acteurs non agréés de cesser leur activité de façon ordonnée, indique suivre ces plans de sortie avec pour priorité la protection des clients, et invite les clients français à se tourner uniquement vers des prestataires agréés (PSCA). MiCA ne prévoit aucune équivalence pour les acteurs établis hors de l’UE.
Le marché français a connu un tri en même temps. Le Journal du Coin a dénombré 117 PSAN enregistrés en France au 2 juillet, dont 83 ont obtenu un agrément MiCA ; les 34 autres devaient s’arrêter ou présenter des plans de cessation. Binance en faisait partie : elle a informé ses clients français le 24 juin que ni son entité française ni sa maison mère ne seraient agréées à temps, et a suspendu le trading pour eux dès le 1er juillet.
La France n’est pas le premier pays que MEXC quitte cette année. Aux Pays-Bas, elle a prévenu ses utilisateurs par e-mail que ses services prendraient fin, et la filiale européenne de Bybit, agréée MiCA, a courtisé les clients sur le départ, rapportait Cryptoast le 27 août.
Brésil, l’autre échéance de la semaine
The Defiant place le calendrier français à côté d’une échéance brésilienne. Selon les résolutions 519, 520 et 521 de la banque centrale, en vigueur depuis le 2 février 2026, les sociétés crypto déjà actives au Brésil doivent déposer leur demande d’agrément avant le 30 octobre 2026. Il s’agit d’une date limite de dépôt, pas d’obtention de la licence. D’après The Defiant, l’article 88 de la résolution 520 permet aux sociétés qui ont déposé à temps de poursuivre leur activité pendant l’instruction, tandis que les autres doivent s’arrêter sous 30 jours. Notre page sur la date limite de dépôt des licences au Brésil, le 30 octobre détaille le contexte.
On ignore si MEXC a déposé un dossier, et rien de ce qui a été publié jusqu’ici n’indique qu’elle quitte le Brésil. La date à partir de laquelle les banques doivent couper les sociétés en attente d’agrément est rapportée différemment selon les sources, et nous n’avons pas pu la confirmer dans un texte officiel.
Que peuvent faire les clients français de MEXC avant leur échéance ?
Ce qui suit présente, étape par étape, ce que disent l’avis de MEXC et l’AMF. C’est de l’information, pas un conseil en investissement ni un conseil fiscal.
- Cherchez l’e-mail indiquant votre numéro de vague et vos dates. Si vous avez utilisé MEXC depuis la France et que rien n’est arrivé, rendez-vous vous-même sur le site officiel, sans passer par un lien reçu dans un message, et contactez le support.
- La date d’« action requise » est le dernier jour où le compte fonctionne normalement : 17 novembre, 9 décembre, 30 décembre ou 21 janvier, à chaque fois à 23 h 59, heure de Paris. Ensuite, les positions et les prêts ne peuvent plus qu’être réduits, clôturés ou remboursés ; à partir du 22 janvier, MEXC clôture elle-même ce qui reste.
- Les retraits restent ouverts jusqu’au 5 mars 2027 à 00 h 00, heure de Paris, pour toutes les vagues. Le sort des actifs encore présents sur le compte après cette date dépend d’un dépositaire dont le nom et les règles ne sont pas encore publics.
- Les fonds peuvent partir vers un portefeuille que l’utilisateur contrôle ou vers une autre plateforme. L’AMF recommande aux clients français de ne s’adresser qu’à des prestataires agréés MiCA (PSCA), et précise qu’une plateforme d’accueil doit mener ses propres contrôles anti-blanchiment avant de reprendre des clients issus d’une cessation d’activité.
- L’historique complet des transactions, dépôts et retraits compris, peut être exporté tant que le compte est ouvert ; MEXC n’a pas dit combien de temps il restera disponible après le 5 mars.
- La plateforme affirme qu’elle ne demandera jamais de mot de passe, de code de vérification ni de clés privées, pas plus qu’un transfert vers un portefeuille « de migration » ou « sécurisé ». Tout message qui le fait ne vient pas de la plateforme : les fermetures de comptes attirent les tentatives d’hameçonnage.
La présence d’une plateforme dans le registre européen des prestataires agréés MiCA peut être vérifiée. Notre article sur le registre de l’ESMA des acteurs agréés MiCA explique son fonctionnement et quels pays y figurent déjà.

Fiscalité : les formulaires qu’un compte MEXC concerne
Pour les résidents fiscaux français, les plus-values de cession de cryptos se déclarent sur le formulaire 2086 et les comptes ouverts auprès de plateformes établies à l’étranger sur le formulaire 3916-bis. Notre guide sur la fiscalité des cryptos en France explique ces deux formulaires et la flat tax. Les deux s’appuient sur les chiffres que contient l’export de la plateforme, pour 2026 et, pour ceux qui y sont encore en janvier, pour 2027.
Une question reste sans réponse. Aucune source consultée ne dit si la clôture automatique des positions le 22 janvier, ou la conversion des avoirs restants, constitue une cession imposable pour un détenteur français. L’avis de MEXC n’en parle pas, l’AMF non plus.
Une autre règle française concerne les cryptos conservées sur des plateformes. Comme nous l’avons rapporté, le fisc peut faire vendre vos cryptos par une plateforme, mais seulement celles qui y sont conservées, pas celles d’un portefeuille que le détenteur contrôle.
Questions en suspens et prochaines dates
Plusieurs points que MEXC n’a pas précisés détermineront le degré de fluidité de cette sortie pour les utilisateurs français. Le nom du dépositaire et la procédure de restitution viendront plus tard, dans une annonce séparée. La règle qui place un client en vague 1 ou en vague 4 n’est pas publiée. La plateforme ne donne aucun chiffre sur le nombre de clients ou d’actifs concernés.
On ne sait pas non plus ce qu’il en est des autres pays de l’UE. L’avis ne vise que la France, et rien n’indique si des utilisateurs italiens ou d’autres pays européens recevront le même.
La première échéance ferme est le 17 novembre à 23 h 59, heure de Paris, date à laquelle la vague 1 doit avoir agi. Viendront ensuite le 9 décembre, le 30 décembre, le 21 janvier, la clôture forcée du 22 janvier, le mode retraits uniquement du 25 janvier et la fin des retraits le 5 mars 2027.
