Bitget a ajouté la Russie et la Biélorussie à la liste des « pays interdits » (Prohibited Countries) de ses conditions d’utilisation, dans une version datée du 16 octobre 2026, et les utilisateurs concernés ont été priés par e-mail de fermer leurs positions et de retirer leurs fonds d’ici au 21 octobre, selon des médias russes et biélorusses qui ont vu ces messages. Le site tech russe Kod.ru indique que le trading et le staking s’arrêtent le 18 octobre à 10 h 00, heure de Moscou (07 h 00 UTC). La plateforme n’a publié aucune annonce et n’a donné aucune raison publique à ce changement.
Pour les clients de Bitget en Russie, cette sortie laisse environ cinq jours entre les premiers e-mails, le 16 octobre, et la dernière date annoncée pour sortir ses fonds par soi-même. C’est le troisième marché que Bitget quitte, ou commence à quitter, en 2026, après la France et le Japon.
Le Kazakhstan, que The Defiant cite aux côtés de la Russie et de la Biélorussie, n’est pas un ajout récent. blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il figurait déjà sur la liste des pays interdits de Bitget dans les conditions en anglais datées du 15 septembre 2026, et dans la version en russe datée du 17 août. Ce qui a changé le 16 octobre, ce sont la Russie et la Biélorussie.
Bitget Russie : la Russie et la Biélorussie entrent dans la liste des pays interdits, pas le Kazakhstan, qui y était déjà
Les conditions d’utilisation en anglais, publiées par l’opérateur BTG Technology Holdings Limited, portent désormais la mention « Last updated: October 16, 2026 » (dernière mise à jour : 16 octobre 2026). La version précédente, datée du 15 septembre 2026 et archivée par la Wayback Machine les 24 septembre et 12 octobre, contenait la même liste de juridictions interdites, sans la Russie ni la Biélorussie. En comparant les deux textes, les mots « Russia » et « Belarus » apparaissent chacun zéro fois dans la version de septembre et deux fois dans celle d’octobre.
La liste complète compte désormais 31 pays et régions, plus les territoires américains, et Bitget se réserve le droit d’y ajouter tout autre lieu qu’elle désignera (« such other locations »). On y trouve l’Allemagne, l’Autriche, le Canada, la Corée du Nord, la Crimée, Cuba, Donetsk, les États-Unis, la France, Hong Kong, l’Iran, le Japon, le Kazakhstan, Louhansk, la Malaisie, Singapour, le Soudan et la Thaïlande, ainsi que l’Afghanistan, Haïti, le Liban, la Somalie, le Yémen et d’autres. L’Italie n’y figure pas. La présence de la France, elle, n’a rien de surprenant : Bitget a cessé de servir ses clients français le 31 mars 2026 (voir plus bas).
Une bizarrerie : la version en russe des conditions, toujours datée du 17 août 2026, ne mentionne ni la Russie ni la Biélorussie. Elle cite bien le Kazakhstan. Le média économique vc.ru rappelle que l’original anglais prévaut en cas de contradiction entre les deux textes (clause 19.8). Le fait que la page russe ne soit pas à jour ne protège donc personne.
Un journaliste de Bits.media basé à Saint-Pétersbourg a tenté d’ouvrir un nouveau compte sur le site anglais puis sur le site russe après le changement. Il a obtenu chaque fois le même message d’erreur : « Pays et régions non pris en charge » (notre traduction du russe).

Les échéances inscrites dans les e-mails : 18 octobre et 21 octobre
L’avis lui-même n’est pas public. Les dates ci-dessous proviennent donc d’e-mails et de captures d’écran d’utilisateurs décrits par quatre médias : Kod.ru et Bits.media (tous deux le soir du 16 octobre, heure de Moscou), le site biélorusse Nasha Niva (tard le 16 octobre) et The Defiant (05 h 26 UTC le 17 octobre). Nous n’avons pas vu d’e-mail nous-mêmes.
| Étape | Heure de Moscou | UTC | Source |
|---|---|---|---|
| Plus de nouveaux ordres ni de nouvelles positions, staking désactivé | 18 oct., 10 h 00 | 18 oct., 07 h 00 | Kod.ru, Bits.media |
| Dernier moment pour fermer ses positions et retirer soi-même | 21 oct., 10 h 00 | 21 oct., 07 h 00 | Kod.ru, Nasha Niva |
| Positions et ordres encore ouverts fermés par Bitget, fonds versés sur le solde | après le 21 oct., 10 h 00 | après le 21 oct., 07 h 00 | Kod.ru, Bits.media |
| Début des restrictions du compte | 21 oct., 19 h 00 | 21 oct., 16 h 00 | Kod.ru |
C’est la dernière ligne qui sème la confusion. Selon Kod.ru, l’e-mail donne le 22 octobre comme date de restriction, mais en UTC+8 (heure de Singapour et de Hong Kong). Minuit le 22 octobre en UTC+8 correspond à 16 h 00 UTC le 21 octobre, soit 19 h 00 à Moscou et à Minsk, et 18 h 00 à Paris. Il s’agit d’un seul et même moment écrit dans deux fuseaux horaires, pas de deux dates différentes.
Nasha Niva rapporte que Bitget « recommande vivement de fermer toutes les positions ouvertes d’ici au 21 octobre » et que les positions encore ouvertes sont liquidées automatiquement à partir du 22 octobre. Une fois la restriction en place, selon Kod.ru comme selon Bits.media, les fonds restés sur le compte ne pourront plus être récupérés que par l’intermédiaire du service client.
Deux réserves s’imposent. The Defiant écrit que les échéances sont propres à chaque compte, et cite un utilisateur concerné dont la date limite est le 21 octobre. Vc.ru affirme lui aussi qu’il n’existe pas de date unique pour tous les comptes et invite ses lecteurs à vérifier leur propre avis. Le même vc.ru signale que les soldes de 10 USDT ou moins pourraient être conservés au titre de frais de clôture du compte.
Aucune raison n’a été donnée pour ce changement de pays. L’avis sur les sanctions publié par Bitget le même jour affirme que l’entreprise prend au sérieux le respect des sanctions. Mais cet avis porte sur les transferts vers des plateformes listées, pas sur le lieu de résidence des utilisateurs, et Bitget n’a pas fait le lien entre les deux.
Le même jour, Bitget durcit ses contrôles sur 20 plateformes sanctionnées
Le 16 octobre à 11 h 56 UTC, le compte en chinois de Bitget sur X a publié un avis distinct consacré aux plateformes d’échange sanctionnées et aux entités qui leur sont liées. Si un dépôt provient de l’un des noms listés, ou si un retrait leur est destiné, Bitget indique qu’elle « refusera de traiter la transaction et clôturera votre compte » (notre traduction du chinois). Si une source de financement, une adresse ou un intermédiaire est seulement lié à l’un d’eux, le transfert peut être examiné ou rejeté, et le compte peut voir ses dépôts, ses retraits et son trading restreints pendant l’examen. Bitget précise que la liste n’est ni exhaustive ni figée et qu’elle peut changer sans notification individuelle.
La liste compte 20 entrées. On y trouve les plateformes EXMO, HTX (Huobi Global), Rapira, ABCeX et WhiteBird, le service P2P BitPapa, les entités A7 en Afrique et au Nigeria, Aban Tether, ainsi que deux sites de paiement exploités par Xeltox Enterprises (cryptomus.com et heleket.com). Quatre noms sont nouveaux par rapport à août : Tokenspot, BitBank3, cryptomus.com et heleket.com. Début octobre, le Royaume-Uni a prononcé 38 nouvelles désignations liées à la Russie, dont Xeltox Enterprises et TokenSpot, rapportait crypto.news le 9 octobre.
Ce n’est pas une première pour la plateforme. En août, elle avait appliqué des contrôles renforcés à 16 entités en trois vagues (deux le 7 août, trois le 13 août, onze le 23 août, dont HTX et EXMO), selon Crypto Times. La mise à jour d’octobre reprend la même politique avec une liste plus longue. Bitget n’a pas dit si ses deux avis du 16 octobre étaient liés.
Troisième départ de Bitget en 2026, après la France et le Japon
Le coup de ciseaux visant la Russie et la Biélorussie tranche avec les départs précédents de Bitget, qui avaient fait l’objet d’avis publics et de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, de préavis.
France : deux mois et demi, sous MiCA
Bitget a fermé les nouvelles inscriptions en France le 16 janvier 2026 et annoncé à ses utilisateurs l’arrêt progressif de ses services, en invoquant son travail de mise en conformité après l’entrée en application du règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (MiCA). Les nouveaux ordres et les dépôts ont cessé le 16 mars, et tout s’est arrêté le 31 mars. Son avis aux utilisateurs français leur demandait de retirer tous leurs actifs avant cette date. Les soldes restants supérieurs à 10 USDC ont été transférés vers une plateforme tierce, accessible à partir du 8 avril. Le même jour, le 16 janvier, Bitget a stoppé les nouvelles inscriptions en Allemagne, mais a gardé les utilisateurs existants et promis d’« informer les utilisateurs à l’avance en cas de nouveaux changements ».
Japon : cinq mois de préavis
Au Japon, Bitget a annoncé son départ le 3 août 2026, après des avertissements répétés de la Financial Services Agency, le régulateur financier japonais (mars 2023 et novembre 2024), et un autre du Kanto Local Finance Bureau en juin 2025, comme l’a rapporté Cointelegraph. Les restrictions de compte commencent le 1er novembre, et les positions encore ouvertes au 31 décembre 2026 seront fermées d’office.
Russie et Biélorussie : environ cinq jours
Ici, au contraire, aucun avis public, et les e-mails seraient arrivés le 16 octobre pour un arrêt du trading deux jours plus tard. C’est conforme à ce qu’autorisent les conditions de Bitget. La clause 8.1 lui permet de suspendre ou d’interrompre ses services sans préavis, et la clause 8.2 d’agir « immédiatement ou à tout moment par la suite (sans préavis) », notamment en restreignant les retraits, en liquidant les positions ouvertes, en vendant des actifs pour régler des obligations ou en les convertissant en stablecoin. La clause 8.6 prévoit le blocage des comptes utilisés depuis un pays soumis à restriction. Les conditions ne fixent aucun délai pour restituer les actifs une fois un compte clôturé.
La Biélorussie avait déjà eu maille à partir avec la plateforme l’hiver dernier. En décembre 2025, le ministère de l’Information a bloqué bitget.com ainsi que Bybit, OKX, Gate, BingX et Weex, en invoquant une « publicité inappropriée », selon Cointelegraph. Le blocage n’a pas duré : dès le 13 décembre, les six domaines ne figuraient plus au registre national des sites restreints, d’après Nasha Niva. Cette fois, la restriction vient de Bitget elle-même, et la clause 8.6 de ses conditions interdit de la contourner avec un VPN.
La décision tombe aussi trois semaines après le piratage du 24 septembre, au cours duquel environ 388 millions de dollars ont été dérobés dans les portefeuilles chauds (hot wallets) et tièdes (warm wallets) de Bitget. Bitget a rétabli tous les retraits après le piratage le 2 octobre. Rien ne relie les deux événements, et Bitget n’a suggéré aucun lien.
Bitget : comment récupérer son argent avant le 21 octobre
Les conseils pratiques ci-dessous reprennent, en les réécrivant et en les raccourcissant, le guide de vc.ru destiné aux utilisateurs russes, auquel s’ajoute la question des fuseaux horaires évoquée plus haut. Ils valent pour toute personne ayant reçu l’avis. Ce ne sont pas des conseils financiers sur l’endroit où placer ses fonds.
- Lisez d’abord votre propre e-mail. Les échéances peuvent varier d’un compte à l’autre, selon The Defiant et vc.ru.
- Vérifiez la destination avant d’envoyer quoi que ce soit : la plateforme ou le portefeuille de réception doit accepter votre pays, ainsi que la crypto sur le réseau exact choisi.
- Regardez au-delà du solde spot. Les produits Earn, les bots de trading, les prêts et les sous-comptes détiennent chacun des fonds à part, qu’il faudra parfois fermer ou racheter un par un.
- Les positions sur contrats à terme (futures) ne se transfèrent pas, elles se ferment. Tout ce qui reste ouvert après le 21 octobre à 07 h 00 UTC sera fermé par Bitget, d’après les e-mails rapportés.
- Faites correspondre le réseau et le mémo ou tag. Un mauvais réseau ou un tag oublié reste la façon la plus courante de perdre un retrait.
- Envoyez d’abord un petit montant test, puis le reste. Conservez l’identifiant de transaction (TXID) et des captures d’écran.
- Ignorez toute personne se présentant comme le support de Bitget et vous demandant de transférer vos fonds vers un portefeuille « de secours » ou « sécurisé ». Vc.ru met en garde contre cette arnaque précise.
- Comptez les heures en UTC. Le 21 octobre à 07 h 00 UTC, il est 10 h 00 à Moscou et à Minsk ; les restrictions suivent à 16 h 00 UTC.
Reste la question de la suite. En Russie aussi, les options se réduisent : la Russie prévoit de mettre fin au trading P2P de cryptos en juillet 2027. Pour comparer les plateformes, notre guide pour choisir une plateforme d’échange crypto part d’une question simple : la plateforme est-elle autorisée là où vous vivez ? En France, cela se vérifie sur le registre MiCA de l’ESMA et sur les listes publiées par l’AMF.

Les autres plateformes qui ont coupé l’accès aux utilisateurs russes
Bitget n’est pas la première grande plateforme à partir. Binance a cédé son activité russe à CommEX le 27 septembre 2023, en expliquant que ce marché ne cadrait pas avec ses projets de conformité, comme l’a rapporté Decrypt. Deribit a annoncé à ses utilisateurs russes le 5 février 2025 que leurs comptes passeraient en mode « reduce-only » (réduction de position uniquement) à partir du 17 février et seraient fermés le 29 mars 2025, en invoquant les sanctions de l’UE ; les Russes résidant dans l’Espace économique européen ou en Suisse étaient exemptés. Nasha Niva ajoute que Binance, OKX et Bybit avaient auparavant renforcé leurs contrôles sur les utilisateurs venant de juridictions sanctionnées, sans préciser de dates.
Le cas Deribit est la comparaison la plus proche, et l’écart saute aux yeux : Deribit avait laissé environ sept semaines et cité les sanctions de l’UE comme motif. Bitget, d’après les e-mails des utilisateurs, laisse environ cinq jours et n’a avancé publiquement aucun motif.
Ce que Bitget n’a pas dit
Beaucoup de points restent flous. Bitget n’a pas dit combien de comptes ni combien d’argent sont concernés. Elle n’a pas précisé si les citoyens russes ou biélorusses vivant à l’étranger sont visés ; selon Bits.media, les conditions définissent les utilisateurs soumis à restriction par leur lieu de résidence, d’immatriculation ou d’activité, et non par leur passeport. Personne n’a indiqué si le marché P2P, la Bitget Card ou l’application d’auto-conservation Bitget Wallet, distincte de la plateforme, sont touchés.
On ignore aussi ce qu’il adviendra des soldes supérieurs à 10 USDT encore présents sur les comptes après le 21 octobre. En France, Bitget avait transféré les reliquats vers une plateforme tierce. Pour la Russie et la Biélorussie, la seule voie évoquée jusqu’ici est le service client.
Le Kazakhstan pose une autre énigme. Il figure sur la liste anglaise des pays interdits depuis au moins le 15 septembre, et sur la liste russe depuis au moins le 17 août. Mais on ne sait ni quand exactement il y a été ajouté, ni si les utilisateurs kazakhs reçoivent en ce moment des e-mails similaires.
Reste enfin la question européenne, la plus concrète pour un lecteur français. Bitget EU, basée à Vienne, a demandé à l’autorité autrichienne FMA un agrément de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) au titre des règles MiCA. Dans une mise à jour du 2 juillet 2026, Bitget écrivait : « Le calendrier, le périmètre et l’issue de la procédure d’agrément restent soumis à l’évaluation de la FMA. » À la mi-octobre, l’entreprise ne figurait pas au registre MiCA de l’ESMA, selon le site CASP Tracker. L’Autriche elle-même est sur la liste des pays interdits de la plateforme mondiale. Le changement visant la Russie et la Biélorussie a-t-il un rapport avec cette demande d’agrément ? La question reste ouverte, et Bitget n’a pas relié les deux.
Les dates à suivre
- 18 octobre 2026, 07 h 00 UTC : arrêt du trading et du staking pour les comptes qui ont reçu l’avis.
- 21 octobre 2026, 07 h 00 UTC (09 h 00 à Paris) : dernier moment pour fermer ses positions et retirer sans passer par le support ; fermetures forcées ensuite.
- 21 octobre 2026, 16 h 00 UTC (22 octobre, 00 h 00 en UTC+8) : début des restrictions des comptes.
- 1er novembre 2026 : début des restrictions sur les comptes japonais ; le 31 décembre 2026 marque l’échéance finale au Japon.
- Sans date : la décision de la FMA sur la demande d’agrément MiCA de Bitget EU.
Pour tout savoir sur la plateforme elle-même, ses produits et son historique, consultez notre avis sur Bitget.
