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Interpol Serengeti III : 1 462 arrestations et 105 millions de dollars récupérés en Afrique, sans part crypto connue

Interpol Serengeti III : 1 462 arrestations et 105 M$ récupérés en Afrique. La crypto apparaît en Angola et au Nigeria, sans part chiffrée au total.

12 min de lecture

Globe stylisé avec un marteau de juge, une loupe et une silhouette encapuchonnée
Sommaire
  1. Interpol Serengeti III en chiffres : 1 462 arrestations et 385 millions de dollars de pertes retracées
  2. Où la crypto apparaît : les fermes de minage angolaises et la fraude nigériane de 2,4 millions de dollars
    1. Angola : deux centres de minage illégaux et six postes électriques
    2. Nigeria : une fraude à l’investissement blanchie par la crypto
    3. Ouganda : 365 ressortissants étrangers arrêtés dans deux réseaux de fraude
  3. Applications de prêt en Tanzanie et fraude à l’import de voitures au Gabon
  4. Qui a travaillé sur l’opération : des polices de 21 pays et dix partenaires extérieurs
  5. Plus gros que Serengeti 2.0 : 21 % d’arrestations en plus, 8 % de fonds récupérés en plus
  6. Opérations précédentes : quelle part de crypto ?
  7. Une seconde annonce cette semaine : l’opération Confrontation Ghost, menée par les Émirats
  8. Arnaque crypto : ce que cela change pour les épargnants en France
  9. Ce qu’Interpol n’a pas publié

L’opération Serengeti III d’Interpol a débouché sur 1 462 arrestations en Afrique et sur la récupération de plus de 105 millions de dollars de fonds illicites, a annoncé l’organisation de police internationale dans un communiqué du 22 octobre 2026. Menée du 29 juin au 31 août dans 20 pays africains et aux États-Unis, l’opération a permis, selon les enquêteurs, de neutraliser 10 909 réseaux malveillants et d’identifier 65 929 victimes.

La crypto n’apparaît dans le communiqué que dans des dossiers précis. En Angola, la police a fermé deux centres illégaux de minage de cryptomonnaies et saisi plus de 2 000 machines. Au Nigeria, un suspect a été arrêté dans une fraude à l’investissement portant sur plus de 2,4 millions de dollars de produits présumés, « en grande partie blanchis via la crypto », selon Interpol. Quelle part des 105 millions de dollars était détenue en cryptoactifs, Interpol ne le dit pas.

Cette lacune compte pour qui voudrait lire l’opération comme une affaire de crypto. Les chiffres d’ensemble couvrent toutes sortes de délits : fraudes facilitées par le numérique, rançongiciels, compromission de messagerie professionnelle (BEC), escroqueries en ligne et extorsion numérique. Une partie de l’argent a transité par des banques et des portefeuilles de paiement mobile, une autre par la crypto. Le communiqué ne donne aucune ventilation.

Interpol Serengeti III en chiffres : 1 462 arrestations et 385 millions de dollars de pertes retracées

Les chiffres d’Interpol pour ces deux mois d’opération figurent ci-dessous. Tous viennent de son communiqué du 22 octobre, que l’entreprise de cybersécurité Group-IB, l’un des partenaires privés, a repris le même jour dans sa propre déclaration.

IndicateurSerengeti III (29 juin au 31 août 2026)
Pays participants21 (20 en Afrique, plus les États-Unis)
Arrestations1 462
Réseaux malveillants neutralisés10 909
Fonds illicites récupérésPlus de 105 millions de dollars
Victimes identifiées65 929
Pertes rattachées par les enquêtes financièresPlus de 385 millions de dollars

Les pays concernés sont l’Angola, le Bénin, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Eswatini, le Gabon, la Gambie, le Ghana, le Kenya, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe, auxquels s’ajoutent les États-Unis, seul participant extérieur au continent.

Avant les arrestations, les enquêteurs de ces pays ont reçu des renseignements sur des noms de domaine, des adresses IP et des serveurs de commande et de contrôle suspects, c’est-à-dire les machines qui envoient leurs ordres à des ordinateurs infectés ou à des botnets. C’est de là que vient l’essentiel des 10 909 réseaux neutralisés : pool di un market maker automatico divergono, rispetto a tenere semplicemente gli stessi token. Diventa definitiva al prelievo.">il s’agit de morceaux d’infrastructure criminelle mis hors ligne, pas de 10 909 bandes.

Deux des chiffres ne s’emboîtent pas clairement, et Interpol n’explique pas leur lien. Les 105 millions de dollars récupérés représentent environ 27 % des 385 millions de pertes que les enquêtes rattachent à l’activité, d’après notre calcul. Le communiqué ne précise pas si l’argent récupéré provient de ces mêmes pertes, ni quelle part a été saisie définitivement et quelle part simplement gelée, ni la répartition par pays.

Où la crypto apparaît : les fermes de minage angolaises et la fraude nigériane de 2,4 millions de dollars

Angola : deux centres de minage illégaux et six postes électriques

Le plus gros dossier crypto du communiqué n’est pas une arnaque. La police angolaise a démantelé deux centres illégaux de minage de cryptomonnaies et arrêté neuf suspects, a indiqué Interpol. Elle a saisi plus de 2 000 appareils de minage et six postes de transformation électrique illégaux, le seul matériel électrique étant évalué à plus de 1 million de dollars.

Interpol qualifie d’illégaux les six postes électriques mais ne dit pas si de l’électricité a été détournée du réseau ni qui l’a payée. Le communiqué ne nomme pas non plus la cryptomonnaie minée, le type de machines, la puissance de calcul ni les revenus.

Pioche stylisée près d’une baie de serveurs, avec un éclair et un panneau d’avertissement
La police angolaise a fermé deux centres de minage illégaux et saisi plus de 2 000 machines et six postes électriques.

Nigeria : une fraude à l’investissement blanchie par la crypto

Au Nigeria, les enquêteurs ont traité deux affaires distinctes. La première est une opération d’hameçonnage et de compromission de messagerie professionnelle, qui a siphonné des identifiants de logiciels et environ 2,1 millions d’adresses e-mail ; un suspect a été arrêté et un véhicule de luxe récupéré. La seconde est une fraude à l’investissement promue par des messageries. Une personne a été arrêtée, et les produits présumés dépassent 2,4 millions de dollars, « en grande partie blanchis via la crypto », selon Interpol.

Aucune plateforme d’échange, aucun stablecoin ni aucune blockchain n’est cité. Interpol range Uppsala Security, une société d’analyse de blockchain, parmi ses partenaires privés, mais n’indique pas si elle a tracé des portefeuilles dans l’affaire nigériane.

Ouganda : 365 ressortissants étrangers arrêtés dans deux réseaux de fraude

Le plus gros nombre d’arrestations vient de l’Ouganda. La police y a démantelé deux réseaux de fraude transnationaux et arrêté 365 ressortissants étrangers, a déclaré Interpol. Les groupes menaient des escroqueries à l’investissement et aux retraites visant des victimes en Asie, au moyen d’appels téléphoniques scénarisés, de fausses plateformes de trading et de sites frauduleux.

Cette description correspond à la fraude à l’investissement de type centre d’appels, où un faux tableau de bord affiche des gains qui n’existent pas. Le communiqué d’Interpol n’emploie pas l’expression « pig butchering », ne dit pas si les fausses plateformes prétendaient échanger de la crypto et ne chiffre pas les pertes des victimes asiatiques.

Applications de prêt en Tanzanie et fraude à l’import de voitures au Gabon

Les autres résultats nationaux du communiqué n’ont pas de lien avec la crypto qu’Interpol indique. Les autorités tanzaniennes ont démantelé un système reposant sur des applications mobiles de prêt malveillantes. Au Gabon, la police a désorganisé un réseau qui vendait de faux véhicules d’importation sur les réseaux sociaux. Dans la République du Congo, 30 suspects ont été arrêtés.

Le point mérite d’être gardé en tête par les lecteurs qui voient « cybercriminalité » et pensent « crypto ». L’essentiel de ce que Serengeti III a visé relève de la fraude ordinaire commise en ligne, du détournement de messagerie d’entreprise aux faux vendeurs de voitures sur les réseaux sociaux. La crypto n’est qu’un canal de paiement et de blanchiment parmi d’autres, à côté des virements bancaires et de l’argent mobile.

Qui a travaillé sur l’opération : des polices de 21 pays et dix partenaires extérieurs

Interpol a coordonné l’opération. Ses partenaires hors police étaient Group-IB, Kaspersky, Fortinet, TrendAI, Team Cymru, Uppsala Security, Cybercrime Atlas, Meta, la Global Anti-Scam Alliance et l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Zimbabwe. Une partie du financement est venue de GLACY-e, un programme de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe.

« Les réseaux cybercriminels opèrent sans tenir compte des frontières et exploitent la technologie pour frapper des victimes à une échelle jamais vue », a déclaré Neal Jetton, directeur de la cybercriminalité d’Interpol, dans le communiqué. Il a ajouté que la coopération internationale est l’un des moyens les plus efficaces pour perturber ces réseaux et récupérer les avoirs criminels.

Group-IB indique avoir fourni des renseignements sur des kits d’hameçonnage, des botnets et les comptes de réseaux sociaux de suspects de fraude. Son directeur général, Dmitry Volkov, a déclaré : « Les réseaux cybercriminels continuent d’opérer par-delà les frontières, en exploitant les plateformes numériques. » Il a présenté l’opération comme la preuve d’une coopération durable entre la police et le secteur privé. Jacomo Piccolini, vice-président de Team Cymru, a expliqué à BleepingComputer que voir l’infrastructure des attaquants à l’échelle d’internet offre aux défenseurs « un point de départ fondamentalement différent ». BleepingComputer précise aussi que des escroqueries à l’investissement en crypto figuraient parmi les cibles, sans donner de chiffres.

Plus gros que Serengeti 2.0 : 21 % d’arrestations en plus, 8 % de fonds récupérés en plus

Serengeti est désormais un rendez-vous annuel, et chaque édition a annoncé plus d’arrestations que la précédente. Les chiffres des éditions antérieures, ci-dessous, ne viennent pas du nouveau communiqué d’Interpol : ils proviennent de sources secondaires, citées dans le tableau, et nous ne les avons pas vérifiés sur les pages d’Interpol de ces années-là.

ÉditionPériodeArrestationsRéseaux ou infrastructures neutralisésFonds récupérésSource des chiffres
Serengeti (2024)Septembre à octobre 2024, 19 pays africains1 006134 089Environ 44 millions de dollarsBleepingComputer, 22 octobre 2026
Serengeti 2.0 (2025)Juin à août 2025, 18 pays africains et le Royaume-Uni1 20911 43297,4 millions de dollarsGroup-IB, 22 octobre 2026 ; Help Net Security, 22 août 2025
Serengeti III (2026)29 juin au 31 août 2026, 21 pays1 46210 909Plus de 105 millions de dollarsInterpol, 22 octobre 2026

Par rapport à Serengeti 2.0, les arrestations progressent d’environ 21 % (1 462 contre 1 209) et les récupérations d’environ 8 % (105 millions de dollars contre 97,4 millions), d’après notre calcul. Le nombre de réseaux neutralisés recule légèrement, de 11 432 à 10 909. Le chiffre de 134 089 en 2024 est bien plus élevé, mais les sources le décrivent comme des infrastructures malveillantes mises hors service, un décompte qui peut différer : les trois années ne sont donc pas strictement comparables sur cette ligne.

Opérations précédentes : quelle part de crypto ?

Serengeti III ne publie aucun chiffre sur la crypto. Deux opérations antérieures d’Interpol en donnaient un, et dans les deux cas la tranche crypto était petite à côté de l’argent liquide et bancaire.

L’opération First Light 2024 a couvert 61 pays, avec une phase finale de mars à mai 2024. Interpol a annoncé le 27 juin 2024 qu’elle avait conduit à 3 950 arrestations et à la saisie de 257 millions de dollars d’actifs : environ 135 millions en monnaie fiduciaire, 2 millions en cryptomonnaies et plus de 120 millions en autres biens comme l’immobilier, les voitures et les bijoux, selon son communiqué de l’époque. La crypto pesait moins de 1 % du total, et environ 1,5 % de la partie en liquidités.

L’opération HAECHI VI s’est déroulée d’avril à août 2025 dans 40 pays et territoires. Help Net Security a rapporté le 25 septembre 2025 qu’elle avait permis de récupérer 439 millions de dollars, de bloquer plus de 68 000 comptes bancaires et de geler près de 400 portefeuilles crypto. L’article répartit le total entre environ 342 millions issus de comptes bancaires et de monnaies émises par les États et 97 millions d’actifs physiques et virtuels, et cite à part environ 16 millions récupérés en crypto, soit près de 3,6 % du total annoncé. Il ne précise pas si ces 16 millions sont inclus dans les 97 millions.

Histogramme et diagramme circulaire à côté de billets de banque et d’une seule pièce
Là où Interpol a détaillé la crypto, elle pesait 2 millions de dollars sur 257 en 2024 et environ 16 millions sur 439 en 2025.

Ces deux opérations suggèrent que les grands coups de filet d’Interpol contre la fraude récupèrent surtout des soldes bancaires et des biens physiques, et que la crypto représente quelques points de pourcentage là où elle est détaillée. Appliquer ce ratio à Serengeti III relèverait de la conjecture, et Interpol n’a pas publié le chiffre qui trancherait.

Une seconde annonce cette semaine : l’opération Confrontation Ghost, menée par les Émirats

Une opération distincte a été annoncée la même semaine, et il ne faut pas les confondre. Confrontation Ghost était dirigée par le ministère de l’Intérieur des Émirats arabes unis, et non par Interpol. Elle s’est déroulée du 1er juillet au 30 septembre 2026 dans 30 pays, dont la France et l’Italie, d’après Gulf News. Interpol et la Global Anti-Scam Alliance y ont participé, avec 13 partenaires privés, parmi lesquels la plateforme d’échange Crypto.com, Mastercard, Meta, TikTok et Group-IB.

Les résultats ont été présentés lors d’un événement parallèle émirati à la conférence de l’ONU sur la criminalité transnationale organisée, à Vienne, a rapporté Gulf News. Selon le même article, les participants ont identifié plus de 39 milliards de dollars de fonds et d’actifs numériques que les pays cherchent désormais à récupérer, déjoué 123,71 millions de tentatives de fraude en ligne, procédé à plus de 960 arrestations, bloqué 4 126 comptes bancaires et mené 29 descentes dans des centres de fraude. L’opération visait la fraude assistée par l’IA, la fraude financière numérique et la sextorsion en ligne.

Les 39 milliards de dollars sont un montant identifié, ni récupéré ni saisi, et ne se comparent pas aux 105 millions de dollars de Serengeti III. Aucune part crypto n’a été donnée. Monica Juma, directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, a décrit l’opération comme un exemple de coopération internationale face aux nouvelles formes de criminalité, et a dit que les criminels utilisent les plateformes numériques, les comptes bancaires et les cryptomonnaies pour déplacer des fonds et en masquer l’origine, a rapporté Gulf News. Rien n’indique que les deux opérations aient partagé des dossiers, et leurs totaux ne s’additionnent pas.

Arnaque crypto : ce que cela change pour les épargnants en France

Pour les lecteurs, les affaires ougandaise et nigériane décrivent un schéma qui revient sans cesse : un contact sur une messagerie, une plateforme de trading qui affiche des gains croissants, puis la demande d’envoyer encore de l’argent avant tout retrait. Notre guide pour repérer et signaler les arnaques crypto détaille les signaux d’alerte et les démarches de plainte aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Italie.

En France, l’AMF publie une liste noire des sites non autorisés proposant des placements en crypto et en forex, et les contenus frauduleux peuvent être signalés sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur. En Italie, la Consob peut ordonner aux fournisseurs d’accès de bloquer les sites qui offrent des services d’investissement sans autorisation : selon son décompte du 6 août 2026, elle avait fait obscurcir 1 805 sites depuis juillet 2019, dont 233 liés aux crypto-actifs. Les lecteurs britanniques peuvent consulter la liste d’alerte de la FCA avant d’envoyer de l’argent à une plateforme.

Ces affaires montrent aussi pourquoi les régulateurs resserrent les règles sur la circulation de la crypto entre comptes. Les chiffres américains de la semaine figurent dans notre article sur l’offensive de la Maison-Blanche contre les arnaques crypto, et une condamnation récente dans une affaire de blanchiment en stablecoin dollar est traitée dans notre article sur « Rey », en Colombie. Dans l’Union européenne, le règlement sur la lutte contre le blanchiment, qui interdit les comptes crypto anonymes, s’appliquera à partir du 10 juillet 2027.

Ce qu’Interpol n’a pas publié

Plusieurs chiffres qui permettraient de mieux juger Serengeti III manquent au communiqué :

  • La part des 105 millions de dollars détenue en crypto, et dans quels actifs.
  • Ce qui a été saisi et ce qui est simplement gelé dans l’attente de décisions de justice.
  • La répartition des arrestations et des récupérations par pays, hors les dossiers cités plus haut.
  • Si une plateforme d’échange ou un émetteur de stablecoin a gelé des fonds, et si le partenaire d’analyse de blockchain a tracé des portefeuilles.
  • Les pertes des victimes en Asie dans les deux réseaux ougandais.

Les suspects nigérians et angolais relèvent désormais des tribunaux nationaux, et les décisions de poursuites pourraient y révéler davantage de détails sur le volet crypto. Interpol n’a pas annoncé de date pour une quatrième édition.

Sources

  1. INTERPOL : Cybercrime crackdown in Africa nets 1,462 arrests, recovers over USD 105 million, 22 octobre 2026 interpol.int
  2. Group-IB : communiqué sur l’opération INTERPOL Serengeti III, 22 octobre 2026 group-ib.com
  3. BleepingComputer : Authorities disrupt nearly 11,000 cybercrime networks in Africa, 22 octobre 2026 bleepingcomputer.com
  4. INTERPOL : USD 257 million seized in global police crackdown against online scams (First Light 2024), 27 juin 2024 interpol.int
  5. Help Net Security : Interpol global financial crime crackdown (HAECHI VI), 25 septembre 2025 helpnetsecurity.com
  6. Gulf News : Operation Confrontation Ghost thwarted more than 123 million online scam attempts, 22 octobre 2026 gulfnews.com

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