Galaxy Digital (Nasdaq : GLXY) a annoncé un bénéfice net de 323 millions de dollars pour le troisième trimestre 2026, mardi 27 octobre, contre une perte de 85 millions de dollars au deuxième trimestre, selon le communiqué de résultats déposé auprès de la SEC. Ces résultats Galaxy Digital du T3 2026 affichent un EBITDA ajusté de 455 millions de dollars. Le groupe a aussi annoncé un nouveau rachat d’actions pouvant atteindre 200 millions de dollars, autorisé par son conseil d’administration le 26 octobre, onze jours après la fin d’un premier programme de 200 millions de dollars.
L’essentiel de ce bénéfice ne vient pas du trading. Le segment Treasury & Corporate, qui détient les actifs numériques et les participations non cotées de Galaxy pour son propre compte, a dégagé 419 millions de dollars de marge brute ajustée, ses positions ayant été réévaluées à la hausse. L’activité Digital Assets, qui couvre le trading, le prêt, la gestion d’actifs et le staking, a rapporté 71 millions de dollars de marge brute ajustée et affiche encore une perte d’EBITDA ajusté de 9 millions de dollars. La ligne qui progresse le plus vite : les centres de données, désormais loués à CoreWeave.
Mike Novogratz, fondateur et directeur général de Galaxy, a déclaré dans le communiqué que « Galaxy a livré un solide troisième trimestre, qui reflète la force de notre franchise Digital Assets établie ». blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il a aussi mis en avant les gains du portefeuille d’investissements et l’activité de centres de données. La stratégie du groupe repose, selon lui, sur « la modernisation des marchés financiers grâce aux actifs numériques et l’expansion de l’infrastructure d’IA ».
Le titre a monté. GLXY s’échangeait à 16,52 $ à 17 h 45 UTC, en hausse d’environ 5,3 % par rapport à la clôture de lundi à 15,68 $, après une fourchette comprise entre 15,85 $ et 16,98 $ depuis l’ouverture à 13 h 30 UTC, selon les données de marché de Yahoo Finance. La séance du Nasdaq dure jusqu’à 20 h 00 UTC : le mouvement à la clôture n’était pas connu à la rédaction de cet article.
Pour un lecteur français, un point pratique : GLXY est une action américaine cotée en dollars. Elle ne peut pas être logée dans un PEA, seulement dans un compte-titres ordinaire, et aucune autorité française comme l’AMF n’intervient dans ces résultats, publiés selon les règles de la SEC.
Résultats Galaxy Digital T3 2026 en chiffres, face au T2 et à l’an dernier
Le communiqué compare le trimestre au précédent pour la plupart des lignes, et au troisième trimestre 2025 pour le seul résultat net, le bénéfice par action et le chiffre d’affaires. Le bénéfice recule d’environ 36 % sur un an, contre 505 millions de dollars. Le tableau ci-dessous reprend les chiffres du dépôt auprès de la SEC ; Galaxy n’a pas donné de marge brute ajustée ni d’EBITDA ajusté pour le T3 2025.
| Indicateur | T3 2026 | T2 2026 | T3 2025 |
|---|---|---|---|
| Résultat net | 323 M$ | -85 M$ | 505 M$ |
| Bénéfice dilué par action | 0,66 $ | non communiqué | 1,01 $ |
| Bénéfice ajusté par action | 0,83 $ | non communiqué | 1,12 $ |
| Marge brute ajustée | 569 M$ | 43 M$ | non communiqué |
| EBITDA ajusté | 455 M$ | -77 M$ | non communiqué |
| Revenus et gains d’exploitation | 8,69 Md$ | 8,71 Md$ | 29,22 Md$ |
La ligne des revenus demande de la prudence. Elle inclut la valeur totale des actifs numériques que Galaxy vend à ses clients : elle suit donc les flux de trading et les cours plutôt que le profit. Presque stable par rapport au deuxième trimestre alors que le bénéfice a varié de plus de 400 millions de dollars, elle était il y a un an plus de trois fois supérieure, à 29,22 milliards de dollars, quand le profit était lui aussi plus élevé. La marge brute ajustée et l’EBITDA ajusté sont des mesures propres à Galaxy, pas des chiffres comptables standard ; le communiqué les rapproche du résultat net.
D’où viennent les 323 millions de dollars de bénéfice
Le tableau par segment raconte l’histoire. Galaxy publie désormais trois segments : Digital Assets, Data Centers et Treasury & Corporate. Le dernier est passé d’une perte de marge brute ajustée de 42 millions de dollars au deuxième trimestre à un gain de 419 millions de dollars au troisième, et d’une perte d’EBITDA ajusté de 78 millions de dollars à un bénéfice de 395 millions de dollars.
| Segment | Marge brute ajustée T3 | Marge brute ajustée T2 | EBITDA ajusté T3 | EBITDA ajusté T2 |
|---|---|---|---|---|
| Digital Assets (total) | 71 M$ | 66 M$ | -9 M$ | -11 M$ |
| dont Global Markets | 53 M$ | 49 M$ | non communiqué | non communiqué |
| dont Asset Management & Infrastructure Solutions | 19 M$ | 17 M$ | non communiqué | non communiqué |
| Data Centers | 79 M$ | 20 M$ | 69 M$ | 11 M$ |
| Treasury & Corporate | 419 M$ | -42 M$ | 395 M$ | -78 M$ |
| Total Galaxy | 569 M$ | 43 M$ | 455 M$ | -77 M$ |
Treasury & Corporate, c’est le bilan de Galaxy : ses propres cryptos, son portefeuille de capital-risque et ses participations dans d’autres sociétés. La direction attribue le gain surtout à la hausse de valeur des actifs numériques et des investissements non cotés, dont la start-up de puces d’IA Etched et Forward Industries, une société qui détient du Solana comme actif de trésorerie, selon l’article de The Block sur les résultats. Le communiqué cite lui-même l’investissement dans Forward Industries.
En clair, environ 74 % de la marge brute ajustée du trimestre vient de la hausse de valeur de ce que Galaxy possède. Cet argent est réel sur le papier, mais il peut s’inverser : au deuxième trimestre, le même segment avait perdu 42 millions de dollars.

C’est la raison principale pour laquelle le résultat net renseigne mal sur la santé des activités opérationnelles. Les deux segments opérationnels, Digital Assets et Data Centers, ont produit ensemble 150 millions de dollars de marge brute ajustée, contre 86 millions de dollars au deuxième trimestre. C’est mieux, mais ce n’est qu’une fraction du chiffre qui fait la une.
Le trading progresse, mais le segment reste dans le rouge
Global Markets, la branche de trading et de prêt de Galaxy, a dégagé 53 millions de dollars de marge brute ajustée, contre 49 millions de dollars. Galaxy affirme que ses volumes de trading ont augmenté de 12 % par rapport au trimestre précédent, alors que les volumes au comptant ont reculé sur l’ensemble du marché. Le nombre de contreparties de trading a à peine bougé : 1 763 contre 1 741.
Le prêt a progressé plus vite. L’encours moyen de prêts a atteint 1,8 milliard de dollars, en hausse de 27 % en un trimestre, ce que Galaxy attribue à la demande pour le Galaxy Onchain Financing Rate (GOFR). Lancé en juillet, le GOFR s’appuie, selon The Block, sur des marchés de prêt DeFi comme Aave et Morpho, le réseau de prêt dont nous détaillons le fonctionnement.
Malgré cela, l’ensemble du segment Digital Assets a terminé le trimestre sur une perte d’EBITDA ajusté de 9 millions de dollars, un peu moins que la perte de 11 millions de dollars du deuxième trimestre. Lors de la conférence téléphonique, la direction a indiqué que le segment aurait été rentable sans un ajustement comptable, d’après The Block, sans en préciser le montant. Les tableaux de rapprochement du communiqué comptabilisent une dépréciation d’actifs numériques de 102 millions de dollars ce trimestre, entièrement dans Digital Assets, contre 181 millions de dollars au deuxième. Galaxy n’a pas dit si cette charge correspond à l’ajustement évoqué par la direction.
Gestion d’actifs et staking : 10,4 milliards de dollars
La gestion d’actifs progresse. Les actifs sous gestion et sous staking ont atteint 10,4 milliards de dollars au 30 septembre, en hausse de 46 % depuis juin, selon le communiqué. Les ETF pèsent 2,5 milliards de dollars (contre 1,8 milliard), les fonds alternatifs 3,3 milliards de dollars (contre 2,6 milliards) et les actifs mis en staking 4,6 milliards de dollars (contre 2,8 milliards). Il y a un double compte : le communiqué précise que 1,2 milliard de dollars figure à la fois dans les actifs en staking et dans les fonds alternatifs. Pour les lecteurs qui découvrent ces termes, notre glossaire explique comment fonctionne le staking et ce qu’est un ETF crypto.
Les entrées nettes de la gestion d’actifs ont dépassé 160 millions de dollars, indique Galaxy, aidées par le lancement du Galaxy Sharplink Onchain Yield Fund à la fin du trimestre. Le groupe a aussi signé un accord pluriannuel avec BNY, la banque dépositaire qui supervise plus de 60 000 milliards de dollars d’actifs, selon le communiqué. La marge brute ajustée du segment s’élève à 19 millions de dollars, contre 17 millions.
Helios, CoreWeave et le bail dont Galaxy s’est retiré
Data Centers est le segment qui croît le plus vite. Sa marge brute ajustée est passée à 79 millions de dollars contre 20 millions, et son EBITDA ajusté à 69 millions de dollars contre 11 millions. La raison : le campus Helios, au Texas. Le troisième trimestre est le premier trimestre complet de loyers pour la phase I de Helios I, louée à CoreWeave, qui avait reçu la totalité des 133 MW de puissance informatique critique à la fin juin.
La construction coûte cher. Galaxy a dépensé 757 millions de dollars d’investissements dans les centres de données ce trimestre, après 448 millions de dollars au deuxième, et les actifs du segment atteignent 6,8 milliards de dollars, contre 2,5 milliards trois mois plus tôt. La phase II de Helios I est entièrement financée par 3,5 milliards de dollars d’obligations garanties de premier rang et en cours de construction ; les premières salles de données doivent être livrées à partir du deuxième trimestre 2027.
Reste Helios II : environ 830 MW de capacité autorisée, sans locataire. Le communiqué indique que Galaxy poursuit les discussions avec des locataires potentiels. Pendant la conférence, Mike Novogratz a expliqué que Galaxy avait renoncé cet été à un possible bail pour Helios II, parce que la tension sur l’approvisionnement électrique et la demande plus forte des entreprises d’IA l’ont conduit à revoir les conditions, d’après The Block. Galaxy chiffre son portefeuille total de projets de puissance à plus de 5,7 GW bruts.

Mike Novogratz a également dit que Galaxy compte terminer 2027 avec des revenus de location de 800 à 850 millions de dollars par an, à mesure que la phase II entre en service, a rapporté The Block. Cet objectif ne figure pas dans le communiqué, qui ne contient aucune prévision chiffrée. À titre de repère, l’ensemble du segment Data Centers a comptabilisé 79 millions de dollars de marge brute ajustée au troisième trimestre.
Rachat d’actions Galaxy Digital : un second programme de 200 millions de dollars, avec un cours sous le prix moyen du premier
Le conseil d’administration a approuvé le 26 octobre une nouvelle autorisation de rachat d’un maximum de 200 millions de dollars d’actions de classe A. Selon le communiqué, les rachats dépendent des conditions de marché, n’ont pas de date de fin fixe et peuvent être suspendus à tout moment ; Galaxy n’est pas tenue de dépenser la totalité du montant.
Le premier programme, annoncé en février 2026, s’est terminé le 15 octobre après le rachat d’environ 9,8 millions d’actions. Galaxy n’a pas publié de prix moyen. Les deux données figurent pourtant dans le dépôt, et diviser 200 millions de dollars par 9,8 millions d’actions donne environ 20,40 $ par action. C’est un calcul de Coindaro, pas un chiffre de Galaxy, et il est supérieur aux 16,52 $ auxquels le titre s’échangeait mardi à 17 h 45 UTC. Le communiqué précise que les 9,8 millions d’actions rachetées cette année compensent plus que la dilution liée à la rémunération en actions. Galaxy comptait 191 883 290 actions de classe A en circulation fin septembre.
Les rachats sont devenus un geste courant chez les sociétés crypto cotées cet automne, comme nous l’écrivions lundi dans notre article sur Strategy et Bitmine qui utilisent leur trésorerie pour racheter leurs propres titres. Galaxy se distingue de ces sociétés de trésorerie : elle exploite des activités opérationnelles et n’existe pas d’abord pour détenir une seule crypto.
Bilan : 4,9 milliards de dollars en liquidités, stablecoins et bons du Trésor
À la fin septembre, Galaxy détenait 1,32 milliard de dollars en liquidités, 812 millions de dollars en stablecoins et 2,76 milliards de dollars en bons du Trésor américain, soit 4,9 milliards de dollars au total contre 2,5 milliards fin juin. Le total du bilan est passé à 16,4 milliards de dollars contre 10,8 milliards, en grande partie à cause de la construction des centres de données. Les capitaux propres s’élèvent à 3,0 milliards de dollars.
L’envers de cette croissance, c’est la dette. Les obligations à payer au bilan atteignent environ 6,75 milliards de dollars, dont 441 millions de dollars à rembourser sous un an. Fin 2025, le chiffre était d’environ 2,86 milliards de dollars. Parmi les faits marquants du trimestre, le communiqué cite l’émission réussie de 3,5 milliards de dollars d’obligations garanties de premier rang pour la phase II de Helios I, et les passifs du segment Data Centers sont passés à 5,3 milliards de dollars contre 1,5 milliard en trois mois. Ce sont les loyers de CoreWeave et, plus tard, d’un locataire de Helios II qui devront porter cette dette.
Ce que le trimestre de Galaxy change pour qui suit les actions crypto
Le troisième trimestre montre une entreprise à deux moteurs et un gros facteur d’incertitude. Ce facteur, c’est la valeur de ses propres positions, qui a ajouté 419 millions de dollars cette fois et retiré 42 millions de dollars la fois précédente. Quiconque lit un bénéfice affiché par Galaxy devrait d’abord regarder ce segment.
Les cours de la crypto ne sont pas le seul moteur : les gains incluent des sociétés non cotées comme Etched. Pour le contexte, le bitcoin s’échangeait près de 80 660 $ et l’ether près de 2 351 $ à 17 h 29 UTC mardi, tous deux en baisse sur sept jours. Lundi, l’équipe de recherche de Galaxy a fait parler d’elle pour une autre raison, avec son étude sur les 11,1 millions de bitcoins que personne ne sait attribuer.
Cet article rend compte de résultats d’entreprise et ne constitue pas une recommandation d’acheter ou de vendre GLXY ou un quelconque actif crypto.
Questions encore ouvertes après le rapport du T3
Plusieurs points sont restés sans réponse mardi. Galaxy n’a pas donné le montant de l’ajustement comptable qui, selon elle, maintient Digital Assets dans le rouge, ni le prix moyen payé lors de son premier rachat. Elle n’a nommé aucun locataire pour Helios II et n’a fixé aucune date. L’objectif de 800 à 850 millions de dollars de revenus de location a été prononcé pendant la conférence, pas écrit dans le dépôt.
Les prochaines échéances sont connues. Le replay du webcast est disponible sur le site des relations investisseurs de Galaxy, un replay téléphonique court jusqu’au 1er décembre, et les premières salles de données de la phase II de Helios I sont attendues à partir du deuxième trimestre 2027. Le rapport du quatrième trimestre dira si le nouveau rachat a commencé et si l’activité de trading a dégagé un EBITDA positif.
