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NovaTech : New York réclame 1,37 milliard de dollars aux fondateurs, qui ont fui selon l’État, et obtient 6 millions des promoteurs

Arnaque crypto NovaTech : New York demande 1,37 milliard de dollars aux Petion, qui ont fui selon l'État, et obtient près de 6 millions de promoteurs.

11 min de lecture

Marteau de juge et balance de la justice stylisés devant un document déposé au tribunal, sur fond sombre
Sommaire
  1. L’arnaque crypto NovaTech : une demande de 1,37 milliard de dollars fondée sur des relevés de portefeuille
  2. Où est passé l’argent : 1,16 milliard de dollars entrés, 25,99 millions investis en trading, 134,5 millions chez les Petion
  3. Quatre promoteurs paieront près de 6 millions de dollars et quittent le secteur
  4. D’AWS Mining à NovaTech : ce que l’État affirme s’être passé
  5. La procédure de la SEC en Floride suit une voie distincte
  6. Et maintenant : récupérer l’argent d’un couple parti à l’étranger
  7. Ce que cela change pour les épargnants en France : AMF, ACPR et vérification des offres
  8. Les signaux d’une pyramide de Ponzi crypto que les investisseurs de NovaTech ont reçus

La procureure générale de l’État de New York, Letitia James, a demandé jeudi 22 octobre 2026 à un tribunal de l’État de condamner Cynthia et Eddy Petion, les fondateurs du programme de trading crypto NovaTech, à verser 1,3 milliard de dollars de dommages et de restitution des gains (disgorgement). Le dossier détaillé, rapporté par The Block, chiffre la demande à 1,13 milliard de dollars de restitution, plus 232,5 millions de dollars d’intérêts antérieurs au jugement, soit près de 1,37 milliard de dollars au total. Le même jour, le bureau de la procureure générale a annoncé des transactions d’un montant proche de 6 millions de dollars avec quatre promoteurs de ce que l’accusation décrit comme l’arnaque crypto NovaTech.

Ces 1,37 milliard de dollars sont une demande, pas une somme accordée. Un juge doit encore décider combien, le cas échéant, le couple doit payer. La responsabilité, elle, est déjà tranchée, mais jamais plaidée : un jugement par défaut rendu en août 2025, après que les Petion n’ont pas répondu à l’assignation, leur a donné tort et leur interdit à tous deux d’exercer dans les secteurs des valeurs mobilières, des matières premières et des cryptomonnaies. Aucune défense n’a été entendue.

Le plus dur reste de récupérer l’argent. Le communiqué du bureau de la procureure générale indique que le jugement est intervenu « après que le couple a fui le pays » ; The Block, qui cite ce même bureau, écrit que les Petion ont quitté les États-Unis. pool di un market maker automatico divergono, rispetto a tenere semplicemente gli stessi token. Diventa definitiva al prelievo.">Il s’agit de la version de l’accusation : le bureau n’a pas dit où ils se trouvent, et rien de ce qui a été publié jusqu’ici ne mentionne un compte gelé ou des fonds récupérés.

L’arnaque crypto NovaTech : une demande de 1,37 milliard de dollars fondée sur des relevés de portefeuille

Le communiqué qualifie le nouveau dépôt d’inquest, l’étape où un tribunal new-yorkais fixe la somme due par un défendeur défaillant. D’après Finger Lakes 1, le jugement d’août 2025 a laissé le montant à régler par échange de pièces écrites, et le bureau a formulé sa demande dans une déclaration sous serment déposée le 22 octobre.

Le communiqué donne le chiffre rond de 1,3 milliard de dollars. Le détail vient du dossier, tel que The Block le rapporte : 1,13 milliard de dollars que l’État estime devoir être restitués, plus 232,5 millions de dollars d’intérêts antérieurs au jugement. Additionnés tels qu’imprimés, les deux montants font environ 1,36 milliard de dollars ; The Block retient environ 1,37 milliard et Finger Lakes 1 environ 1,367 milliard, si bien que les composantes publiées sont probablement arrondies. Finger Lakes 1 ajoute que le dossier réclame aussi des sommes distinctes liées à AWS blockchain e riceve una ricompensa, rendendo carissimo riscrivere lo storico.">Mining, qu’il ne chiffre pas.

Ni les Petion ni un avocat agissant pour eux n’ont réagi dans les articles publiés à ce jour. Le tribunal n’a fixé de date de décision dans aucun des documents que nous avons consultés.

Où est passé l’argent : 1,16 milliard de dollars entrés, 25,99 millions investis en trading, 134,5 millions chez les Petion

Le chiffre des dépôts repose sur les relevés de CoinPayments, un prestataire de paiement en cryptomonnaies. Ils montrent des investisseurs envoyant 1,16 milliard de dollars en crypto vers le portefeuille de NovaTech entre août 2019 et mai 2023, selon le dossier de l’État tel que le décrit The Block. Le communiqué retient un chiffre plus rond : plus d’un milliard de dollars déposés d’août 2019 à avril 2023.

Très peu de cet argent a atteint un marché. Le communiqué affirme que moins de 26 millions de dollars ont été échangés sur la plateforme de NovaTech, et le dossier est plus précis : NovaTech a placé 25,99 millions de dollars chez B2Broker, un fournisseur de plateformes de trading, entre août 2019 et avril 2023, et les traders ont perdu 18,19 millions de dollars sur cette somme. L’État affirme qu’au moins 134,5 millions de dollars ont été retirés vers des portefeuilles appartenant aux Petion, par des transferts que Cynthia Petion a autorisés.

Le reste du système, soutient l’accusation, tournait avec de l’argent frais : les « profits » crédités sur les comptes et les primes versées pour le recrutement auraient été payés avec les dépôts des investisseurs suivants. C’est la forme classique d’une pyramide de Ponzi. C’est aussi le cœur de la thèse que le tribunal a retenue par défaut en 2025, sans qu’aucune preuve ne soit présentée en réponse.

Élément (NovaTech, d’après le dossier new-yorkais)MontantPériode
Crypto déposées par les investisseurs (relevés CoinPayments)1,16 milliard de dollarsaoût 2019 à mai 2023
Placés chez B2Broker pour du trading25,99 millions de dollarsaoût 2019 à avril 2023
Perdus par les traders sur cette somme18,19 millions de dollarsaoût 2019 à avril 2023
Retirés vers des portefeuilles des Petion (au moins)134,5 millions de dollarsnon précisée
Restitution demandée1,13 milliard de dollarsdépôt du 22 octobre 2026
Intérêts antérieurs au jugement demandés232,5 millions de dollarsdépôt du 22 octobre 2026
Total demandé (selon les médias)environ 1,37 milliard de dollarsdépôt du 22 octobre 2026

Le montant de la restitution se rapproche de tout ce que les investisseurs ont versé, non de ce que les fondateurs auraient prélevé. Les 134,5 millions de dollars rattachés aux portefeuilles du couple représentent environ un dixième de la demande. Au-delà des paiements aux premiers investisseurs et aux promoteurs, les comptes rendus publiés ne disent pas où le reste est allé.

Piles de pièces abstraites, courbe descendante, loupe et portefeuille illustrant le parcours des dépôts
Le dossier new-yorkais retrace 1,16 milliard de dollars de dépôts, dont seulement 25,99 millions de dollars sont allés au trading.

Quatre promoteurs paieront près de 6 millions de dollars et quittent le secteur

Les transactions annoncées le 22 octobre concernent quatre hommes que le communiqué présente comme les principaux promoteurs du système, des personnes qui vendaient des contrats AWS Mining et des forfaits de trading NovaTech. Chacun versera une restitution au profit des victimes, et tous quatre sont définitivement exclus des secteurs des valeurs mobilières, des matières premières et des cryptomonnaies, précise le communiqué.

PromoteurRestitution
Martin Zizi2,9 millions de dollars
Frantz Ciceron2,05 millions de dollars
James Corbett750 000 dollars
Ricardo Roy Sr.275 861 dollars
Totalenviron 5,98 millions de dollars

Les griefs de l’État contre eux portaient sur des déclarations fausses ou trompeuses lors de la vente de titres, sur l’activité de courtier sans enregistrement et sur la participation à une pyramide illégale. Le communiqué ne dit pas si l’un des quatre a reconnu ces griefs, et il ne donne ni date ni méthode pour reverser l’argent aux investisseurs. Pour l’instant, ces transactions sont les seules sommes que le dossier new-yorkais ait permis de sécuriser.

« NovaTech et AWS Mining ont escroqué des milliers de New-Yorkais vulnérables en leur disant qu’ils faisaient un placement sûr », a déclaré Letitia James dans le communiqué. Elle ajoute que son bureau « reste déterminé à sévir contre les courtiers en cryptomonnaies non enregistrés ».

D’AWS Mining à NovaTech : ce que l’État affirme s’être passé

L’affaire a commencé le 6 juin 2024, quand le bureau de la procureure générale a assigné NovaTechFx, AWS Mining Pty Ltd et les Petion. Ce qui suit est le récit de l’État. Le tribunal l’a retenu contre les Petion par défaut, sans procès ; les promoteurs ont transigé, et le communiqué ne dit pas qu’ils l’aient reconnu.

AWS Mining est venu en premier. Ses promoteurs, dont les Petion, promettaient des rendements de 15 à 20 % par mois, 200 % en 15 mois et des primes pour l’arrivée de nouveaux investisseurs. La société n’a pas dégagé assez de rendements, voire aucun, pour tenir ces promesses et s’est effondrée en 2019, affirme l’État.

Le couple a ensuite lancé NovaTech. Le programme était présenté comme un courtier de fonds spéculatifs enregistré et autorisé à négocier des cryptomonnaies aux États-Unis, ce qui était faux selon l’État. Il annonçait des profits de trading d’environ 2 à 4 % par semaine et des retraits possibles à tout moment.

Le recrutement passait par des groupes de prière, les réseaux sociaux et des groupes de discussion WhatsApp, avec des annonces en créole haïtien et des messages religieux. Plus de 11 000 New-Yorkais ont investi, depuis la ville de New York, le comté de Westchester, Long Island et les comtés de Rockland et d’Orange, et ont perdu des dizaines de millions de dollars, selon le bureau. À l’échelle mondiale, il compte des centaines de milliers d’investisseurs. Quand NovaTech s’est effondré en mai 2023, des dizaines de milliers d’entre eux n’ont pas pu retirer leurs fonds.

« Ces escrocs ont visé des communautés d’immigrés et des communautés religieuses avec la promesse d’une vie meilleure, mais ils leur ont pris les économies de toute une vie », a déclaré Letitia James le 22 octobre.

La procédure de la SEC en Floride suit une voie distincte

Les Petion font aussi face à la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain des marchés. Le 12 août 2024, l’agence a assigné NovaTech Ltd., le couple et six promoteurs devant le tribunal fédéral du district sud de la Floride (dossier 1:24-cv-23058). La SEC affirme que le programme a levé plus de 650 millions de dollars en crypto-actifs auprès de plus de 200 000 investisseurs dans le monde, dont beaucoup au sein de la communauté haïtiano-américaine, et que l’essentiel de l’argent est allé à des investisseurs antérieurs et à des commissions de promoteurs plutôt qu’au trading.

D’après la SEC, sa plainte cite Cynthia Petion promettant aux investisseurs : « dans ce programme, vous êtes en profit dès le premier jour ». L’agence soutient aussi que le couple a détourné des millions de dollars à son profit. Ce sont des allégations : aucun tribunal fédéral ne s’est prononcé.

La page de l’affaire sur le site de la SEC, mise à jour pour la dernière fois le 13 mars 2026, mentionne une ordonnance autorisant l’agence à signifier l’acte aux défendeurs par des moyens alternatifs et une inscription de défaut par le greffe. Elle ne liste ni jugement par défaut ni montant. Martin Zizi, l’un des promoteurs qui ont transigé à New York, avait accepté en 2024 une sanction civile de 100 000 dollars dans l’affaire de la SEC, sans reconnaître ni contester les allégations, d’autres sommes étant renvoyées à plus tard et l’accord restant soumis à l’approbation du tribunal.

Les deux procédures n’utilisent pas le même étalon. Les 650 millions de dollars de la SEC correspondent à l’argent levé auprès des investisseurs tel qu’il était décrit en 2024. Les 1,16 milliard de dollars new-yorkais correspondent aux crypto déposées dans le portefeuille de NovaTech pendant près de quatre ans, d’après les relevés du prestataire de paiement, et viennent du dossier de l’État.

Et maintenant : récupérer l’argent d’un couple parti à l’étranger

Le tribunal doit désormais statuer sur l’inquest. Ni le communiqué ni la presse n’indiquent de date d’audience ou d’échéance. Comme les Petion sont défaillants, le juge peut fixer le montant sur pièces écrites. Rien n’a été accordé à ce stade, et le chiffre final peut être inférieur à la demande.

Même un jugement élevé ne serait qu’une créance sur le papier si aucun actif n’est retrouvé. L’État a rattaché 134,5 millions de dollars à des portefeuilles des Petion ; il n’a pas dit si une partie de ces crypto s’y trouve encore, gelée ou à portée d’un tribunal américain. L’exécution d’un jugement new-yorkais à l’étranger dépend du pays concerné, et le bureau n’en a nommé aucun.

Globe abstrait à côté d'un sablier, d'une chaîne brisée et d'un groupe de personnes évoquant l'exil
Les fondateurs étant à l'étranger selon l'État, les victimes pourraient avoir du mal à recouvrer une éventuelle condamnation.

Pour les victimes, l’argent le plus proche reste les 5,98 millions de dollars des promoteurs. Le bureau n’a pas publié la façon dont la somme sera répartie ni la date. Dans l’affaire de la SEC, l’étape suivante serait une demande de jugement par défaut contre NovaTech et les Petion ; aucune n’a été signalée.

Le dossier prolonge un constat que nous avons décrit cette semaine : les autorités américaines annoncent de gros chiffres dans les affaires de fraude crypto, mais peu de l’argent saisi a été montré comme revenant aux victimes.

Ce que cela change pour les épargnants en France : AMF, ACPR et vérification des offres

NovaTech visait en priorité des communautés haïtiennes aux États-Unis, et rien dans les documents publiés ne désigne des victimes en France. Le schéma, lui, n’a rien de local : des rendements fixes, des primes de parrainage et une promesse de licence invérifiable circulent aussi en français, sur WhatsApp et Telegram. En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF) tient une liste publique des sites et acteurs non autorisés, et l’ACPR publie la sienne pour la banque et l’assurance. Un prestataire qui propose des services sur crypto-actifs doit être enregistré ou agréé auprès de l’AMF ; la vérification prend quelques minutes avant tout virement.

Les signaux d’une pyramide de Ponzi crypto que les investisseurs de NovaTech ont reçus

Une pyramide paie les premiers membres avec l’argent des suivants, et récompense en général le recrutement autant que l’investissement. Elle a besoin d’un flux constant de nouveaux venus et s’effondre quand ce flux ralentit. NovaTech, tel que l’État le décrit, cumulait la plupart des signaux d’alerte que les régulateurs recensent.

  • Un rendement élevé et fixe promis chaque semaine ou chaque mois, ici 2 à 4 % par semaine, qu’aucune vraie salle de marché ne peut garantir.
  • Des primes pour faire entrer des amis, des proches ou des membres de la même paroisse.
  • Une affirmation d’enregistrement comme courtier de fonds spéculatifs et d’une licence américaine pour négocier des crypto, toutes deux fausses selon l’État.
  • Des retraits promis « à tout moment » qui se sont arrêtés quand les dépôts se sont taris.

Une licence annoncée se vérifie sur le registre public du régulateur avant d’envoyer le moindre euro. Notre guide pour éviter les arnaques crypto recense les schémas courants et les endroits où les signaler, et notre explication sur la façon dont les plateformes centralisées conservent les fonds de leurs clients montre pourquoi confier ses crypto à un opérateur non régulé est l’étape la plus risquée.

La décision du tribunal new-yorkais sur la demande de 1,37 milliard de dollars est la prochaine date à suivre.

Sources

  1. New York Attorney General, "Attorney General James Secures Nearly $6 Million From Crypto Scammers Who Targeted Haitian Communities", 22 October 2026 ag.ny.gov
  2. The Block, New York seeks over $1.3 billion from NovaTech founders, 23 October 2026 theblock.co
  3. Finger Lakes 1, Four NovaTech promoters to pay nearly $6M after New York crypto case, 23 October 2026 fingerlakes1.com
  4. New York Attorney General, lawsuit against NovaTechFx and AWS Mining, 6 June 2024 ag.ny.gov
  5. SEC Litigation Release No. 26072, SEC v. NovaTech Ltd. et al., 12 August 2024 sec.gov
  6. SEC, case page SEC v. NovaTech (updated 13 March 2026) sec.gov

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