MetaMask a fait de Stellar un réseau par défaut dans son application mobile et son extension de navigateur le 29 octobre 2026 : chaque compte existant dispose donc désormais d’une adresse Stellar, selon un communiqué publié à la fois par MetaMask et par la Stellar Development Foundation, à l’occasion de la conférence Meridian de la fondation, à Lisbonne. Le support de Stellar dans MetaMask s’accompagne d’« aucune configuration requise », assure le communiqué. L’utiliser pour de l’USDC demande pourtant davantage : la page d’aide de MetaMask consacrée à Stellar indique que tout token autre que le XLM exige une trustline, et que les tokens pontés depuis une autre chaîne « peuvent être perdus » si la trustline manque à leur arrivée.
Aucun chiffre d’usage n’a été publié jusqu’ici. Le communiqué et la page d’aide ne donnent ni nombre de comptes actifs sur Stellar depuis le lancement ni objectif, et Crypto News Flash, qui couvrait le lancement le jour même, n’a trouvé aucun objectif d’utilisateurs ou de volume de part ni d’autre.
Ce que change MetaMask Stellar dans le portefeuille
Jusqu’ici, les utilisateurs de MetaMask qui voulaient Stellar devaient passer par un autre portefeuille, explique le communiqué. La nouvelle adresse découle de la phrase de récupération que l’utilisateur détient déjà, et ceux qui se servent d’un portefeuille Stellar ailleurs peuvent importer sa phrase. Dans MetaMask, ils peuvent détenir du XLM, des actifs à trustline et des tokens Soroban, les envoyer et les recevoir, et échanger entre Stellar et d’autres réseaux pris en charge.
Le communiqué présente MetaMask comme la première grande plateforme d’autogarde à faire de Stellar un réseau par défaut. blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il attribue à la fondation un chiffre pour le réseau : 55,6 milliards de dollars de paiements en 2025, en hausse de 52 % sur un an. Nous n’avons vérifié aucune de ces deux affirmations. Stellar fonctionne comme réseau public de paiement depuis 2014, ajoute le communiqué, avec un règlement en cinq secondes environ pour une fraction de centime, et MetaMask présente cette étape comme un volet de son expansion au-delà des réseaux fondés sur Ethereum.
Gal Eldar, directeur produit de MetaMask, a décrit l’objectif comme « l’Open Money, où les mêmes rails fonctionnent pour tous, quel que soit le point de départ », tandis que Denelle Dixon, directrice générale de la fondation, a affirmé que tout utilisateur de MetaMask peut désormais accéder à « un réseau qui fait déjà transiter des milliards de dollars de paiements réels ».

Pourquoi l’USDC n’arrive pas tout seul
Le communiqué promet une adresse, pas un solde d’USDC opérationnel. Il ne mentionne jamais l’USDC, les réserves ni l’avertissement sur le pont. Ces points figurent dans la page d’aide, qui n’est pas datée.
Une trustline indique au réseau qu’un compte accepte un token précis, et la créer est une transaction on-chain. MetaMask affirme que chaque token autre que le XLM en exige une, et que chacune coûte de petits frais de réseau et verrouille 0,5 XLM.
Le compte doit d’abord exister. Une nouvelle adresse n’est pas reconnue par le réseau tant qu’elle n’a pas reçu au moins 1 XLM, et MetaMask précise que chaque compte doit conserver ce 1 XLM pour rester actif. Un compte dont la seule entrée supplémentaire est une trustline USDC a donc 1,5 XLM qu’il ne peut pas dépenser, soit environ 25 cents avec un XLM autour de 0,169 $ vers 05 h 38 UTC le 31 octobre. Les frais sont prélevés sur le reste.
Selon ce calcul, un premier dépôt d’exactement 1 XLM ne suffit pas à activer l’USDC : il ne laisse rien de dépensable, et le compte a besoin d’un peu plus de 1,5 XLM au total pour couvrir la réserve et les frais. MetaMask indique que la cause la plus fréquente d’échec de l’activation est un solde dépensable trop faible, et invite à vérifier ce chiffre plutôt que le solde total.
La documentation de Stellar détaille la règle derrière ces chiffres et ajoute des précisions que la page de MetaMask omet. La réserve de base est actuellement de 0,5 XLM, le solde minimum en vaut deux, et les validateurs peuvent voter pour modifier ce montant, même si la documentation juge cela peu courant. Les offres, les signataires supplémentaires et les entrées de données relèvent aussi ce minimum. Un autre compte peut aussi parrainer les réserves, au point qu’un compte parrainé peut démarrer avec un solde nul.
La réserve est immobilisée, non dépensée, alors que les frais de réseau, eux, sont perdus. Supprimer une trustline restitue ses 0,5 XLM, mais seulement lorsque le solde de ce token est exactement nul.
Le pont, seul cas où les fonds peuvent être perdus
MetaMask distingue deux échecs, et la formulation compte. Un envoi classique vers un compte sans trustline « échoue d’emblée, sans qu’aucun fonds soit perdu de part ni d’autre », indique la page d’aide : rien n’est débité, et l’expéditeur peut réessayer une fois que le destinataire a activé le token.
Un échange entre chaînes, ou pont, c’est autre chose. Il ne peut pas créer la trustline à la place de l’utilisateur, et l’avertissement de la page se lit ainsi : « Si la trustline n’est pas en place à l’arrivée des fonds pontés, ces fonds peuvent être perdus. » MetaMask dit le signaler et inviter l’utilisateur à activer la trustline avant la confirmation d’un pont. Une deuxième ligne de la page demande de ne pas poursuivre sans l’avoir fait.
La page ne dit pas à quelle fréquence cela se produit, si cela est déjà arrivé, ni si les fonds perdus peuvent être récupérés. Notre recherche web du 31 octobre n’a relevé aucun signalement de perte, pas plus que CryptoSlate, qui a exposé la même distinction le 30 octobre. C’est la limite d’une recherche dans la presse et sur le web, deux jours après le lancement, sans vérification on-chain. Cela ne prouve pas que personne n’a perdu de fonds.

| Comment le token arrive sur Stellar | Trustline | Ce qui se passe sans trustline, selon MetaMask |
|---|---|---|
| Échange sur la même chaîne, les deux tokens déjà sur Stellar | Créée automatiquement lors de l’échange | Le cas ne se présente pas |
| Échange entre chaînes ou pont vers un token autre que le XLM | À activer à la main au préalable | Les fonds « peuvent être perdus » |
| Envoi classique vers un autre compte Stellar | Le destinataire doit déjà l’avoir | L’envoi échoue, rien n’est débité |
| Tout token autre que le XLM vers une adresse non financée | L’adresse a besoin de son premier 1 XLM | L’envoi échoue |
| XLM vers une adresse non financée | Inutile | Sous 1 XLM, l’envoi échoue |
Comment activer l’USDC sur Stellar dans MetaMask
L’adresse a d’abord besoin de XLM, et pour l’USDC cela veut dire plus de 1,5 XLM. La page d’aide recense quatre voies d’entrée : l’échange intégré, le bouton Acheter (non proposé dans tous les pays ou régions), un retrait depuis une plateforme d’échange, ou un envoi depuis un autre compte Stellar. Les étapes d’activation ci-dessous viennent de la même page, et CryptoSlate note qu’ajouter le token à la liste ne suffit pas à terminer l’opération.
- Ouvrez les trois points en haut à droite de l’onglet Tokens et choisissez Gérer les tokens.
- Trouvez le token, ici l’USDC, et activez-le. Il apparaît sur la page d’accueil avec la mention Inactif.
- Cliquez sur le token et sélectionnez Activer.
- Vérifiez et confirmez la transaction. Elle coûte du XLM, et 0,5 XLM passe de dépensable à réservé.
La trustline apparaît ensuite dans l’onglet Activité. MetaMask ne cite l’USDC qu’une seule fois sur la page, comme exemple de token que l’on peut obtenir en échangeant depuis une autre chaîne, et la même règle s’applique à lui comme à tout autre token autre que le XLM.
Ce que l’on ignore encore
Ni le communiqué ni la page d’aide ne listent les tokens pris en charge ni les fournisseurs d’échange. Le pas à pas consacré aux plateformes d’échange ne couvre que le XLM, et laisse ouverte la question de ce qui arrive à de l’USDC retiré d’une plateforme vers une adresse sans trustline.
Un second lancement sur Stellar a été rapporté le même jour, lui aussi sans données d’usage : le StableSwap de Curve est en ligne sur le réseau, a rapporté The Block le 29 octobre, et aucun pool, aucune paire ni aucun volume n’avait été communiqué lorsque nous en avons parlé ce jour-là.
