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Vote Starknet sur un L1 post-quantique : 93,5 % de oui à la clôture, dont environ 94 % du poids issu de la liste déléguée par la Fondation

Starknet quantum resistance : le vote se clôt à 93,52 % de oui pour étudier un L1 post-quantique. Qui a voté, et le livre blanc prévu en novembre.

Mis à jour 21 min de lecture

Starknet post quantum vote 20261017 v2
Sommaire
  1. Starknet quantum resistance : un vote sur la recherche, pas sur le départ
  2. Qui a fait les 93,5 % : la liste déléguée par la Fondation a pesé environ 94 % du pouvoir de vote
  3. D’un message lors de Token2049 à un vote Snapshot en sept jours
    1. La feuille de route de juin ne parlait pas de L1
  4. Starknet est-il résistant au quantique ? Les preuves oui, le lien avec Ethereum non
    1. Cryptographie post-quantique : ce que recommande l’ANSSI en France
  5. Ce que coûterait un départ d’Ethereum, selon le forum
  6. Les réseaux de couche 2 revoient leurs liens avec Ethereum
  7. Le STRK cote environ 22 % sous son niveau du 17 octobre
  8. La suite : un projet de livre blanc en novembre, puis de nouveaux votes

Mise à jour du 22 octobre 2026, 11 h 30 UTC : le scrutin s’est clos à 09 h 32 UTC ce jeudi. Les chiffres définitifs de Snapshot donnent 93,52 % de oui, 4,57 % de non et 1,91 % de neutre, sur 3 236 votes et 489,3 millions de STRK de pouvoir de vote. La liste déléguée par la Fondation a fourni environ 94 % de ce pouvoir, et l’essentiel du poids du non vient de deux de ses adresses, qui ont voté le 21 octobre. Eli Ben-Sasson, directeur général de StarkWare, annonce un projet de livre blanc soumis au public en novembre ; tout passage à un layer 1 exigerait encore un vote distinct. L’article ci-dessous a été révisé ; les chiffres datés du 17 octobre correspondent au point d’étape publié à mi-parcours.

La communauté Starknet s’est prononcée pour l’étude d’une sortie d’Ethereum, afin que le réseau devienne une blockchain de couche 1 (layer 1) indépendante et post-quantique. À la clôture, le 22 octobre à 09 h 32 UTC, l’option « Yes, this should be researched » (oui, smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il faut l’étudier) réunissait 457,6 millions de STRK de pouvoir de vote, soit 93,52 % du total, d’après la page Snapshot de la proposition. Le non a obtenu 4,57 % et le neutre 1,91 %, sur 3 236 votes. Ouvert le 15 octobre à 09 h 32 UTC, sans quorum, le scrutin est consultatif : il portait uniquement sur l’opportunité de lancer des recherches.

Cette majorité repose sur une base étroite. Le décompte des données définitives de Snapshot réalisé par Coindaro montre qu’environ 94 % du pouvoir de vote exprimé, soit 461,1 millions de STRK, provient d’une liste blanche intitulée « STRK (SNF delegated) » : un pouvoir de vote que la Starknet Foundation a attribué à 109 adresses, avec des poids fixes. 55 de ces adresses ont voté. Les détenteurs qui votent avec leurs propres STRK, stakés ou simplement conservés, représentent l’essentiel du reste.

Lors de la première publication de cet article, le 17 octobre à 07 h 09 UTC, le oui atteignait 99,95 %. S’il est retombé à 93,52 %, c’est surtout parce que deux adresses de la liste blanche ont voté non le 21 octobre, la veille de la clôture, avec 16,67 millions et 5,56 millions de STRK.

La question de la résistance quantique de Starknet a avancé très vite : un message sur X le 8 octobre, un scrutin en bonne et due forme une semaine plus tard, un résultat le 22 octobre. Le STRK, le jeton du réseau, a gagné plus de 80 % jusqu’au 11 octobre, puis a rendu ces gains. Il valait 0,0534 $ à la clôture, à 09 h 32 UTC, et 0,0550 $ à 10 h 45 UTC le 22 octobre, en baisse de 2,2 % sur 24 heures, selon les données de prix de DefiLlama. Le résultat n’a provoqué aucun bond visible.

Starknet quantum resistance : un vote sur la recherche, pas sur le départ

La proposition, intitulée « Should Starknet become an independent post-quantum L1? » (Starknet doit-il devenir un L1 post-quantique indépendant ?), figure dans l’espace starknet.eth de Snapshot, un outil de vote hors chaîne très utilisé par les projets crypto. Trois réponses sont possibles : « Yes, this should be researched », « No, this shouldn’t be researched » (non, il ne faut pas l’étudier) ou « Neutral, I need more information » (neutre, j’ai besoin de plus d’informations). Aucun quorum n’est exigé. Le pouvoir de vote a été figé au bloc Ethereum 26 196 434.

Le texte prend soin de préciser ce qu’impliquerait une victoire du oui. Il se présente comme un « sondage non contraignant » destiné à « mesurer l’intérêt des détenteurs de STRK pour l’exploration de cette piste ». Un vote oui, écrit-il, « indique un soutien à des recherches supplémentaires. Il ne constitue pas une approbation d’une transition vers un L1. » Toute décision de franchir le pas « serait soumise à un processus de gouvernance dédié ».

Le message du forum qui accompagne le scrutin, publié le 15 octobre par henrli, de la Starknet Foundation, expose le raisonnement. Les parties de Starknet que le projet contrôle lui-même peuvent devenir résistantes au quantique rapidement. Deux éléments ne le peuvent pas, parce qu’ils dépendent du calendrier d’Ethereum : le pont (bridge) et la disponibilité des données. Un layer 1 indépendant, selon ce message, supprimerait cette dépendance.

Certaines choses ne changeraient pas, toujours d’après le même texte. Le STRK resterait le jeton du réseau, sans nouveau jeton prévu, et les ponts d’Ethereum vers Starknet resteraient ouverts. Le message détaille aussi les trois issues possibles. Un oui mène à des recherches, puis à des propositions plus détaillées et à de nouveaux votes. Un non signifie que le travail post-quantique se poursuit avec Starknet en tant que layer 2. Le neutre laisse la discussion ouverte. À l’ouverture du vote, le message précisait qu’aucun calendrier n’existait encore.

L’auteur résume en une phrase la situation actuelle de Starknet : « Le cœur du protocole est démontrablement à l’abri des ordinateurs quantiques. » Les lecteurs qui découvrent ce vocabulaire peuvent commencer par notre fiche sur ce qu’est un réseau de couche 2, la catégorie à laquelle Starknet appartient aujourd’hui.

Qui a fait les 93,5 % : la liste déléguée par la Fondation a pesé environ 94 % du pouvoir de vote

Dans ce scrutin, Snapshot additionne le pouvoir de vote de quatre sources : le vSTRK sur Starknet, les STRK détenus sur Ethereum, les STRK stakés et la liste blanche intitulée « STRK (SNF delegated) ». Cette liste compte 109 adresses, chacune dotée d’un poids fixe de 16,67 millions, 9,26 millions ou 5,56 millions de STRK. Ensemble, elles représentent 931,5 millions de STRK de pouvoir de vote potentiel.

Le décompte définitif de Snapshot à la clôture, le 22 octobre à 09 h 32 UTC, à côté des chiffres de mi-parcours publiés ici le 17 octobre :

ChoixPouvoir de vote final (STRK)Part finale17 oct., 07 h 09 UTC (mi-parcours)
Oui, il faut l’étudier (« Yes, this should be researched »)457 608 68793,52 %326 946 425 (99,95 %)
Non, il ne faut pas l’étudier (« No, this shouldn’t be researched »)22 382 3404,57 %155 196 (0,05 %)
Neutre, j’ai besoin de plus d’informations (« Neutral, I need more information »)9 334 2011,91 %0 (0 %)
Total489 325 228 (3 236 votes)100 %327 101 620 (1 507 votes)

Pour chaque vote, Snapshot enregistre la part du pouvoir de vote venue de chaque source. Coindaro a fait la somme sur l’ensemble des 3 236 votes, soit 489,3 millions de STRK au total.

Source du pouvoir de voteSTRK, finalPart finalePart au 17 oct. (mi-parcours)
Liste blanche « STRK (SNF delegated) »461,1 M94,2 %~94 %
STRK stakés27,5 M5,6 %~5,8 %
vSTRK sur Starknet0,73 M0,15 %0,2 %
STRK sur Ethereum0,02 M<0,01 %<0,01 %

La part déléguée n’a presque pas bougé en une semaine, alors que le nombre de votants a doublé. Les 10 plus gros votants ont exprimé 28,1 % du pouvoir, contre 39,8 % le 17 octobre. Les six plus gros votes pèsent chacun environ 16,67 millions de STRK venus d’une adresse de la liste : cinq ont voté oui, un a voté non. Au total, la liste a utilisé 461,1 millions de ses 931,5 millions de STRK, soit environ la moitié de son poids, et 52 de ses 55 adresses votantes ont choisi le oui.

Le camp du non est passé de quatre portefeuilles le 17 octobre à 19. Deux adresses de la liste blanche représentent 22,2 millions de ses 22,4 millions de STRK ; les autres votes non sont modestes, les plus gros portant sur environ 133 010 et 22 000 STRK. Six votants ont choisi l’option neutre, et une adresse de la liste dotée de 9,26 millions de STRK pèse presque tous ses 9,33 millions.

En nombre de votants, c’est la plus forte participation enregistrée par Starknet. Les sondages menés par le projet en mars et avril 2026, clos le 6 avril, avaient réuni entre 343 et 350 votes environ chacun, pour 490 à 500 millions de STRK de pouvoir de vote. Ce scrutin a rassemblé 3 236 votes, plus de neuf fois plus, pour un pouvoir de vote total comparable. StarkWare y voit la « participation la plus élevée de l’histoire de la gouvernance de Starknet », selon Cointelegraph. The Block, citant StarkWare, évoque plus de 2 800 portefeuilles, un chiffre inférieur au nombre de votes affiché par Snapshot.

Dès les premières heures, le oui menait. The Block comptait 177,6 millions de STRK et 99,91 % de oui à 14 h 26 UTC le 15 octobre, cinq heures après l’ouverture.

Deux éléments n’apparaissent pas sur la page Snapshot. Le premier est la règle actuelle qui fixe le poids des délégués. En mars 2025, la Fondation avait réparti le pouvoir de vote délégué en paliers de 35 millions, 10 millions ou 4 millions de STRK par délégué, entre 180 délégués et pour 1,7 milliard de STRK. La liste actuelle utilise d’autres paliers, 16,67 millions, 9,26 millions et 5,56 millions, sur 109 adresses, et Coindaro n’a trouvé aucune publication expliquant ce changement. Le second est la façon dont chaque délégué a arrêté son choix sur ce scrutin : rien de publié ne le montre, et rien n’indique qu’ils aient reçu une consigne de vote.

Le système de délégation n’a rien de nouveau. Lorsque la Fondation a créé ses trois paliers en mars 2025, elle a confié ce pouvoir de vote à des délégués de la communauté, dont d’anciens membres de son Builders Council, avec l’objectif affiché que les décisions soient portées par les grands contributeurs de l’écosystème plutôt que par la Fondation elle-même. Les délégués qui cessent de participer peuvent perdre leur allocation.

Illustration d'une urne, d'un groupe de personnes, d'un camembert et de barres de votes
Environ 94 % du pouvoir de vote exprimé au décompte final vient de la liste déléguée par la Fondation.

D’un message lors de Token2049 à un vote Snapshot en sept jours

L’idée est apparue le 8 octobre. Eli Ben-Sasson, cofondateur et directeur général de StarkWare, l’entreprise qui a conçu Starknet, a demandé sur X si « Starknet becoming an L1 for post-quantum agility » (faire de Starknet un L1 pour gagner en agilité post-quantique) était une bonne idée, en reliant ce message à son intervention à Token2049 le même jour. Il a écrit que la menace quantique « pourrait être BEAUCOUP plus proche qu’on ne le pense » et appelé à passer en « mode bunker ». Quelques minutes plus tard, comme l’a rapporté Unchained, le compte officiel de Starknet indiquait « envisager activement de devenir un L1 », présenté comme la voie vers « le premier réseau entièrement résistant au quantique », avec un objectif fixé à 2027.

À l’ouverture du scrutin, cette échéance de 2027 n’apparaissait que dans ces messages, et la proposition publiée sur le forum le 15 octobre indiquait qu’aucun calendrier n’existait encore. Après la clôture, Eli Ben-Sasson a repris 2027 comme objectif de StarkWare pour un Starknet sûr face au quantique (voir la dernière partie).

Une semaine plus tard, le vote était lancé. Eli Ben-Sasson a déclaré à Cointelegraph le 15 octobre : « Protéger la crypto contre le quantique est urgent, nous devons donc avancer à la vitesse de l’éclair. » Le même jour, StarkWare a expliqué à The Block que « les parties de Starknet sous le contrôle de Starknet peuvent devenir résistantes au quantique rapidement », en ajoutant : « Aucun calendrier n’existe encore pour cela, mais Starknet part avec plus d’avance que la plupart des chaînes ».

Le 16 octobre à 17 h 33 UTC, The Defiant a mis en ligne un podcast avec Eli Ben-Sasson, intitulé « STRK’s L1 Bet: Eli Ben-Sasson on Starknet’s Exit Plan ». Sa page liste les thèmes abordés mais aucune réponse : il n’apporte donc encore rien de vérifiable.

La feuille de route de juin ne parlait pas de L1

Le plan post-quantique de StarkWare est antérieur au scrutin. Le 30 juin 2026, l’entreprise a publié une feuille de route en trois phases, relayée par The Block. La phase 1 remplace le hachage Pedersen par BLAKE2 pour les engagements d’état, les adresses de contrats et le hash de configuration, et ajoute des signatures de consensus post-quantiques comme Falcon-512. La phase 2 crée des outils pour migrer les anciens contrats. La phase 3 traite de ce qui dépend d’Ethereum : les appels système de messagerie du pont, qui utilisent les courbes elliptiques secp256k1 et r1, et les engagements KZG des blobs introduits par l’EIP-4844.

Eli Ben-Sasson présentait alors ce plan comme « notre voie pour faire de Starknet un refuge sûr pour les fonds, quoi que le quantique nous réserve ». Cette feuille de route n’évoquait pas de sortie d’Ethereum. Tout changement au niveau du protocole doit de toute façon être approuvé par la gouvernance, rappelait Unchained le 8 octobre.

Starknet est-il résistant au quantique ? Les preuves oui, le lien avec Ethereum non

Un layer 2 emprunte trois choses à Ethereum. Il y règle ses transactions : Ethereum vérifie ses preuves et conserve l’état final. Il y publie ses données, pour que chacun puisse reconstituer son état ; Starknet envoie ses différences d’état à Ethereum sous forme de blobs depuis le 13 mars 2024, selon L2BEAT. Et son pont s’y trouve : les actifs transférés vers Starknet restent bloqués dans des contrats Ethereum.

Les ordinateurs quantiques ne menacent pas ces éléments de la même manière. L’algorithme de Shor, exécuté sur une machine quantique suffisamment puissante, casserait la cryptographie sur courbes elliptiques. Cela concerne les signatures ECDSA de la plupart des portefeuilles et les courbes elliptiques au cœur de la plupart des rollups fondés sur des SNARK. L’algorithme de Grover, lui, ne fait qu’accélérer les recherches par force brute, ce que des paramètres de hachage légèrement plus grands suffisent à compenser, explique StarkWare dans un article de blog du 20 juillet.

Les preuves de Starknet sont des STARK, un type de preuve à divulgation nulle de connaissance. « Les STARK reposent uniquement sur des fonctions de hachage sûres face au quantique pour leurs engagements cryptographiques », écrit StarkWare. Elles ne nécessitent pas non plus de cérémonie de confiance (trusted setup). Depuis le 19 octobre 2025, Starknet les produit avec le prouveur Stwo, d’après L2BEAT.

Les comptes sont le deuxième élément que Starknet peut modifier seul. « Chaque compte Starknet est nativement un smart contract, et l’abstraction de compte est le seul modèle de compte », indique le blog de StarkWare. Un compte peut donc accepter une signature post-quantique sans fork du réseau. Des comptes Falcon-512 existent déjà, l’un développé par S2morrow en Cairo, l’autre par OpenZeppelin, même si le blog prévient que « les contrats OpenZeppelin sont des implémentations précoces et n’ont pas encore été audités ». Les signatures post-quantiques coûtent aussi plus cher par transaction.

Ce que Starknet ne peut pas régler seul, c’est tout ce qui est ancré sur Ethereum. Les appels système de messagerie du pont reposent sur des courbes elliptiques, et les blobs qui transportent les données de Starknet s’appuient sur des engagements KZG, eux-mêmes fondés sur des couplages de courbes elliptiques. Le blog de StarkWare le dit sans détour : « La sécurité quantique de Starknet sur l’ensemble de sa pile dépend de l’achèvement par Ethereum de sa propre transition. »

Ethereum a un plan, mais sur une échéance plus longue. La page d’ethereum.org consacrée à la résistance quantique, mise à jour le 8 septembre 2026, vise une infrastructure post-quantique de base « vers 2029 environ » et parle de « jalons de planification, pas d’engagements garantis ». Ethereum prévoit de remplacer les signatures BLS du consensus par leanXMSS, un schéma fondé sur le hachage, et KZG par des engagements fondés sur les STARK ou sur les réseaux euclidiens (lattices). Les signatures fondées sur le hachage sont bien plus lourdes : environ 3 000 octets contre 96 pour BLS. L’Ethereum Foundation a créé une équipe dédiée au post-quantique début 2026. La même page rassure ses lecteurs : « Vos fonds sont en sécurité aujourd’hui. »

Starknet affirme pouvoir avancer dès maintenant sur ses propres briques. Pour le reste, Ethereum vise 2029 environ, et c’est cet écart que la Fondation met en avant auprès des votants.

Cryptographie post-quantique : ce que recommande l’ANSSI en France

Le sujet ne concerne pas que les blockchains. En France, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) recommande, dans sa note de position complémentaire sur la cryptographie post-quantique du 21 décembre 2023, des mécanismes hybrides, qui combinent algorithmes classiques et post-quantiques, pour les produits appelés à être utilisés au-delà de 2030. L’agence tient aussi une foire aux questions sur la cryptographie post-quantique. La Banque de France a pour sa part participé à la phase 2 du projet Leap de la Banque des règlements internationaux, qui a testé des signatures post-quantiques dans les systèmes de paiement.

Illustration de chaînes reliées et d'un pont avec un atome et un cadenas
Les preuves de Starknet reposent sur le hachage, mais son pont et ses données dépendent encore des courbes elliptiques d'Ethereum.

Ce que coûterait un départ d’Ethereum, selon le forum

Le fil de discussion du forum est bien moins unanime que le vote. Un validateur qui publie sous le nom de Cumulo a soutenu l’idée et proposé de faire tourner des nœuds de test. Un utilisateur nommé ceri1 a répondu le 16 octobre avec l’objection la plus nette : « il s’agit d’un transfert de dépendance, pas d’un gain en décentralisation ». Selon ceri1, une chaîne indépendante perdrait le budget de sécurité qu’apporte Ethereum, et la proposition laisse en suspens des questions de finalité, de sécurité économique, de risque lié au pont et de migration.

Un autre participant, boomelant, a demandé si le staking de STRK pourrait remplacer la sécurité d’Ethereum. henrli a qualifié ces questions de « légitimes » et indiqué que la recherche pourrait aider à y répondre si le vote est positif.

Aucune de ces réponses n’avait été publiée à la clôture du 22 octobre ; StarkWare annonce un projet de livre blanc pour novembre. Rien n’a été publié sur la façon dont un L1 Starknet atteindrait le consensus, sur l’identité de ses validateurs, sur la vitesse de finalisation de ses blocs, sur la taille de son budget de sécurité ou sur le fonctionnement d’un pont de retour vers Ethereum.

À titre de comparaison, L2BEAT classe aujourd’hui Starknet comme un rollup ZK de niveau Stage 1. Un Security Council de 12 membres peut déclencher des mises à jour d’urgence immédiates avec 9 signatures, tandis que les mises à jour normales sont soumises à un délai de 8 jours. La valeur totale sécurisée atteignait 585,8 millions de dollars le 17 octobre, dont environ la moitié en STRK. La valeur totale verrouillée (TVL) dans la DeFi de Starknet s’élevait à 160,2 millions de dollars le 17 octobre, selon DefiLlama, contre 167,1 millions le 11 octobre et un pic de 330,8 millions le 26 mars 2024.

Les réseaux de couche 2 revoient leurs liens avec Ethereum

Cette consultation de Starknet intervient dans une année de doutes sur le modèle des layer 2. Vitalik Buterin a écrit en février que les progrès vers le stage 2 avaient été « bien plus lents et plus difficiles que prévu initialement », a rappelé Cryptopolitan le 15 octobre. ENS a abandonné son projet de rollup Namechain pour rester sur le réseau principal d’Ethereum. Abstract fermera le 15 décembre, et Blast est en cours d’arrêt. La plupart de ces décisions allaient dans le sens d’un retour vers Ethereum. Starknet, notait Cryptopolitan, serait le premier grand L2 à envisager un départ dans l’autre sens.

Le risque quantique a aussi pris de la place dans l’agenda du secteur cette semaine. Nous avons couvert le 16 octobre le dernier résultat de Google en correction d’erreurs quantiques. Par ailleurs, la Quantum Alliance, un groupe sectoriel de neuf membres, a été lancée à Lisbonne le 15 octobre ; StarkWare n’en fait pas partie. Aucune réaction directe de chercheurs d’Ethereum ou de l’Ethereum Foundation au scrutin de Starknet n’avait été rapportée au 17 octobre.

Starknet perd aussi sa plus grosse application. La plateforme de contrats perpétuels Extended transfère son règlement de Starknet vers Arc, la chaîne de Circle, le 22 octobre à 13 h 00 UTC, comme nous l’avons détaillé dans notre article sur le départ d’Extended vers Arc.

Le STRK cote environ 22 % sous son niveau du 17 octobre

Le STRK s’échangeait à 0,0550 $ à 10 h 45 UTC le 22 octobre, en baisse de 2,2 % sur 24 heures, selon DefiLlama. Il valait 0,0534 $ à la clôture du vote, à 09 h 32 UTC. C’est environ 22 % de moins que les 0,07074 $ relevés à 07 h 00 UTC le 17 octobre, lors de la première publication de cet article. Coindaro n’a trouvé aucune cause à associer à ce mouvement.

Le 17 octobre, le STRK cédait 14,81 % sur 24 heures et gagnait 0,32 % sur sept jours. CoinGecko affichait ce jour-là vers 07 h 10 UTC une fourchette sur 24 heures de 0,06973 $ à 0,08305 $, une capitalisation de 537 millions de dollars (111e rang) et 154 millions de dollars de volume quotidien.

Le jeton avait fortement monté après les messages du 8 octobre. Il a gagné plus de 80 % en une semaine pour atteindre environ 0,126 $ le 11 octobre, son plus haut niveau depuis décembre 2025, selon Cryptopolitan. Le jour de l’ouverture du scrutin, CryptoTimes le situait à 0,08867 $ à 17 h 15 UTC, en hausse de 15,3 %, avec 401 millions de dollars de volume quotidien.

Coindaro n’a trouvé aucune raison confirmée à la baisse du 17 octobre. Il n’y a pas eu de déblocage de jetons ce jour-là. La page de statut de Starknet ne signale aucun incident entre le 7 et le 17 octobre. Aucun retrait de cotation ni aucune étiquette de surveillance chez Binance n’a été relevé, et le projet n’a publié aucune mauvaise nouvelle. Une note technique de DiarioBitcoin publiée le 17 octobre qualifie elle aussi le déclencheur de non confirmé.

Les données montrent en revanche un repli plus large parmi les gagnants de cette semaine-là. Le WAL a perdu 15,76 %, le ZRO 13,45 %, le PYTH 10,94 % et le ZK 10,85 % sur les mêmes 24 heures, tandis que le BTC et l’ETH cédaient 0,74 % et 0,77 %. La capitalisation totale du marché crypto s’établissait à 2 760 milliards de dollars, en baisse de 3,48 %. Ce parallèle est une observation, pas une explication.

L’offre est l’autre élément de contexte. Le 15 octobre, 127 millions de STRK ont été libérés au profit des premiers contributeurs et des investisseurs lors du déblocage de jetons mensuel, soit 1,27 % de l’offre maximale de 10 milliards, selon CryptoTicker. L’offre en circulation s’établissait à 7,591 milliards de STRK sur CoinGecko le 17 octobre. Le calendrier mensuel court jusqu’au 15 mars 2027.

ÉlémentChiffreHeure / source
Cours du STRK0,0550 $22 oct., 10 h 45 UTC, DefiLlama
Variation sur 24 heures-2,2 %22 oct., 10 h 45 UTC, DefiLlama
Cours à la clôture du vote0,0534 $22 oct., 09 h 32 UTC, DefiLlama
Cours lors de la première version de l’article0,07074 $ (-14,81 % sur 24 h)17 oct., 07 h 00 UTC
Pic après les messages du 8 oct.~0,126 $11 oct., Cryptopolitan
Cours le jour de l’ouverture du scrutin0,08867 $ (+15,3 %)15 oct., 17 h 15 UTC, CryptoTimes
Capitalisation537 M$ (111e)17 oct., ~07 h 10 UTC, CoinGecko
Offre en circulation7,591 Md sur 10 Md17 oct., CoinGecko
Déblocage du 15 oct.127 M de STRK (1,27 % de l’offre)CryptoTicker
Prochain déblocage127 M de STRK le 15 nov.CoinGecko
Plus haut historique4,41 $ (20 févr. 2024), -98,4 % au 17 oct.CoinGecko, CryptoTicker
Plus bas historique0,02221 $ (18 août 2026)CoinGecko, CryptoTicker

Ces informations ne constituent pas un conseil en investissement.

La suite : un projet de livre blanc en novembre, puis de nouveaux votes

Rien n’a changé sur le réseau à la clôture. Starknet reste un layer 2 d’Ethereum, et tout passage effectif à un layer 1 exigerait un vote distinct et contraignant, selon The Block et Cointelegraph. Aucune date n’a été arrêtée pour une telle transition. StarkWare n’a pas pris part au vote, a rapporté The Block.

La phase de recherche a commencé. Eli Ben-Sasson a indiqué que StarkWare espère « publier un projet soumis à l’examen du public en novembre », en l’occurrence un livre blanc sur la transition (traduction de Coindaro). Il fixe aussi 2027 comme objectif pour un Starknet sûr face au quantique, estimant que l’objectif d’Ethereum, 2029, arrive trop tard et que « les échéances glissent ». Le message du forum avait déjà décrit la suite en cas de oui : des recherches, puis des propositions plus détaillées et de nouveaux votes.

Certains points sont acquis quelle que soit l’issue, selon la Fondation : le STRK reste le jeton du réseau, aucun nouveau jeton ne sera émis, et les ponts d’Ethereum vers Starknet restent ouverts. Les questions ouvertes dans le fil du forum, des validateurs au pont de retour vers Ethereum, sont celles auxquelles le projet de novembre devra répondre.

Le prochain déblocage de STRK tombe le 15 novembre : 127 millions de jetons, dont 66,61 millions pour les premiers contributeurs et 60,39 millions pour les investisseurs, selon CoinGecko.

Sources

  1. Snapshot : Should Starknet become an independent post-quantum L1? snapshot.box
  2. Starknet Community Forum : Should Starknet become an independent post-quantum L1? community.starknet.io
  3. The Block : Starknet community overwhelmingly backs research into becoming an independent post-quantum Layer 1 theblock.co
  4. Cointelegraph : Starknet voters back research into life beyond Ethereum cointelegraph.com
  5. StarkWare : Starknet's Quantum Edge: STARKs and Native Account Abstraction starkware.co
  6. The Block : Starknet opens seven-day vote on independent Layer 1 over quantum risks theblock.co

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