Anthropic, l’entreprise à l’origine des modèles d’IA Claude, a rendu publique lundi 26 octobre 2026 sa demande d’introduction en bourse : un formulaire S-1 déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine, pour coter des actions de classe A sur le Nasdaq Global Select Market sous le symbole « ANT ». Le prospectus laisse en blanc la fourchette de prix et le nombre d’actions. Les traders crypto, eux, avaient déjà un chiffre. Le contrat perpétuel ANTH de Hyperliquid est monté vers 1 980 $ autour de 13 h 00 UTC, à l’approche du dépôt, puis a reculé d’environ 6 % à quelque 1 857 $ en quelques minutes, selon CoinDesk.
Ce contrat, comme les produits Anthropic proposés par OKX aux utilisateurs européens et par Trade.xyz, n’est pas une action. Ce sont des dérivés réglés en espèces sur une valorisation estimée de l’entreprise. Ils ne donnent ni titres, ni part de l’introduction en bourse d’Anthropic, ni droit de vote, et le S-1 n’en dit rien : nous avons parcouru tout le document à la recherche de contrats perpétuels, de titres tokenisés, de véhicules ad hoc (SPV) et de marchés de prédiction, sans rien trouver. Pour un lecteur français qui cherche à comprendre l’introduction en bourse d’Anthropic, la distinction est la première chose à retenir.
Introduction en bourse d’Anthropic : ce que dit le S-1, et ce qu’il laisse en blanc
L’offre porte sur des actions ordinaires de classe A vendues à la fois par la société et par des détenteurs existants, les « selling stockholders ». La page de garde indique « entre $ et $ » à l’endroit où devrait figurer la fourchette de prix, et la déclaration d’enregistrement n’est pas encore entrée en vigueur. La mention en première page est sans ambiguïté : « Ces titres ne peuvent pas être vendus tant que la déclaration d’enregistrement déposée auprès de la Securities and Exchange Commission n’est pas en vigueur » (traduction Coindaro). Goldman Sachs et Morgan Stanley ouvrent la liste des banques du syndicat, et le prix final sera fixé par négociation entre Anthropic, les vendeurs et les banques. La société a annoncé le dépôt le même jour sur sa propre page d’actualités, après un dossier confidentiel remis en juin.
Pour la première fois, le public voit les comptes complets de l’entreprise. Le chiffre d’affaires est passé de 41 millions de dollars en 2023 à 4,585 milliards en 2025, puis a atteint 16,286 milliards de dollars rien qu’au premier semestre 2026, contre 1,163 milliard un an plus tôt. L’essentiel est venu du deuxième trimestre : 11,555 milliards, d’après le tableau trimestriel non audité, qui montre aussi un premier résultat d’exploitation positif, 974 millions de dollars. Sur le semestre, l’exploitation reste pourtant déficitaire, et la perte nette est gonflée par un effet comptable lié à la hausse de la valorisation de l’entreprise elle-même.
| Poste (S-1, compte de résultat) | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires 2023 | 41 millions $ |
| Chiffre d’affaires 2024 | 386 millions $ |
| Chiffre d’affaires 2025 | 4 585 millions $ |
| Chiffre d’affaires, premier semestre 2025 | 1 163 millions $ |
| Chiffre d’affaires, premier semestre 2026 | 16 286 millions $ |
| Perte d’exploitation, premier semestre 2026 | 693 millions $ |
| Perte nette, premier semestre 2026 | 80 748 millions $ |
| dont variation de juste valeur des obligations convertibles, dérivés et SAFE | 72 388 millions $ |
| Trésorerie et équivalents au 30 juin 2026 | 112,4 milliards $ |
Les 72,4 milliards de dollars de cette ligne sont une charge sans décaissement : les obligations convertibles et instruments similaires sont comptabilisés à leur juste valeur, de sorte que leur coût grimpe avec la valeur sur le papier de l’entreprise.
Les fondateurs et une fiducie gardent le contrôle, quoi que possèdent les acheteurs de classe A
« Nous avons une structure de capital et de gouvernance inédite », annonce le prospectus dès sa couverture (traduction Coindaro). Anthropic est une société d’intérêt public (public benefit corporation) de droit du Delaware. Une fiducie, le Long-Term Benefit Trust, détient les actions de classe T, qui lui permettent d’élire et de révoquer les administrateurs de classe T, appelés à former la majorité du conseil. Une seule action de classe F, émise juste avant la cotation au profit d’une « Founder LLC » dont les membres sont Dario et Daniela Amodei et cinq autres cofondateurs, portera 50,1 % des droits de vote sur les sujets soumis aux actionnaires en général, y compris l’élection des administrateurs que la fiducie ne choisit pas. Ni la classe T ni la classe F n’ont de droits économiques.
Les actions de classe A, celles proposées sur le Nasdaq, valent une voix chacune. Les actions de classe N, détenues surtout par des partenaires stratégiques, n’ont aucun droit de vote et deviennent des actions de classe A lorsqu’elles sont vendues à un tiers non affilié. Du fait de la fiducie, Anthropic sera une « société contrôlée » au sens des règles du Nasdaq, et les facteurs de risque préviennent que la structure à plusieurs classes pourrait rendre le titre inéligible à certains indices, ce qui tiendrait à l’écart les fonds passifs qui les répliquent.
Celui qui achètera des actions de classe A après la cotation obtiendra une exposition économique et une petite voix, mais aucun mot à dire sur la direction de l’entreprise. Le détenteur d’un perpétuel pré-IPO n’a ni l’un ni l’autre.

Aucune valorisation dans le dossier : les 1 500 à 2 000 milliards de dollars viennent de la presse
Le prospectus ne contient aucun objectif de valorisation ; les montants à treize chiffres qui circulent relèvent du journalisme. Le Wall Street Journal a rapporté qu’Anthropic pourrait lever 100 milliards de dollars ou plus pour une valorisation de 1 500 à 2 000 milliards, selon The Next Web, qui précise ne pas avoir vérifié ce chiffre. CoinDesk cite le Financial Times, selon lequel les investisseurs attendent entre 1 500 et 1 750 milliards de dollars.
Le dernier prix privé, lui, figure dans le dossier. En mai et juin 2026, Anthropic a vendu 77 637 878 actions de préférence convertibles et rachetables de série H-1 à 589,0095 $ pièce, soit 45,7 milliards de dollars ; avec les actions H-2 sans droit de vote cédées au même prix, le tour a levé 65,2 milliards. Lors de l’annonce de ce tour en mai, Anthropic avait fixé sa valorisation post-money à 965 milliards de dollars. Forkast situe la série G de février 2026 autour de 380 milliards.
Le calendrier relève lui aussi de la presse, pas du dossier. Le Journal indique qu’Anthropic vise une cotation la semaine du 16 novembre, d’après The Next Web. CoinDesk relaie la présentatrice de Fox Business Liz Claman, qui évoque les 19 ou 20 novembre. Forkast écrit que la tournée de présentation aux investisseurs (roadshow) pourrait commencer dès le 9 novembre. Anthropic n’a confirmé aucune de ces dates.
Combien pourrait valoir une action : notre vérification du calcul
Le dossier ne donne pas le nombre d’actions après l’offre, mais un passage permet d’estimer le nombre actuel. Anthropic indique avoir apporté 846 840 960 actions de classe N à son Anthropic Public Benefit Fund, « soit 5 % de nos actions pleinement diluées au 30 juin 2026 », en supposant la conversion complète des obligations détenues par Amazon (traduction Coindaro). Ces chiffres intègrent déjà le fractionnement d’actions de 10 pour 1 des classes A et N réalisé le 17 septembre 2026, et le dossier précise que le taux de conversion des actions de préférence a été ajusté en proportion.
Selon notre propre calcul, 5 % égaux à 846,8 millions d’actions donnent un total pleinement dilué d’environ 16,9 milliards au 30 juin. Le dossier indique un ratio de conversion de 10 pour 1 pour les actions de préférence H-1 à cette date : chaque titre à 589,0095 $ devient dix actions ordinaires, soit environ 58,90 $ par action, et 965 milliards de dollars répartis sur 16,9 milliards d’actions donnent environ 57 $, ce qui est cohérent. Sur la même base, une entreprise valorisée 1 900 milliards de dollars vaudrait environ 112 $ l’action. C’est une estimation de Coindaro, pas un décompte officiel : les actions vendues dans l’offre, puis les levées d’options et les attributions d’actions gratuites, la feront bouger.
Perp pré-IPO : de quoi s’agit-il, et pourquoi chaque plateforme affiche un prix différent
Un contrat à terme perpétuel est un dérivé sans date d’échéance qui suit un prix de référence ; notre fiche du glossaire sur les contrats perpétuels explique le taux de financement et la marge. La version pré-IPO a un problème : blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il n’existe pas de cours public à suivre. Les plateformes construisent un indice à partir d’une valorisation estimée, ou laissent leur propre carnet d’ordres fixer le prix, et règlent gains et pertes en dollars ou en stablecoins. Rien n’est adossé à des actions Anthropic.
OKX : réservé à l’Espace économique européen, avec dix milliards d’actions supposées
OKX a listé début septembre ses « Pre-IPO X-Perps » ANTHROPICUSD et OPENAIUSD. Sa page de spécification les décrit comme des contrats à terme réglés en USD, négociables en continu, avec un financement fixé à 0 % et réglé toutes les huit heures. Chaque contrat suppose 10 000 000 000 d’actions « en attendant la publication officielle », si bien qu’avant tout ajustement une unité vaut environ un dix-milliardième de la valeur de marché estimée de l’entreprise.
L’accès est limité aux utilisateurs éligibles de l’Espace économique européen (EEE), donc aux résidents français. D’après le document explicatif d’OKX pour l’EEE, ils passent des contrôles d’identité puis un test d’adéquation (« appropriateness ») pour les dérivés au titre de MiFID II, en exécution simple (sans conseil), via OKX Europe Markets Limited, régulée par la Malta Financial Services Authority. L’effet de levier peut aller jusqu’à 10x : dans l’exemple d’OKX, 1 000 USD de marge contrôlent une position de 10 000 USD, si bien qu’un mouvement de 5 % pèse 500 USD dans un sens ou dans l’autre. OKX précise que les détenteurs n’obtiennent ni actions, ni part de l’introduction en bourse, ni droit de vote. Le cadre juridique est celui des dérivés, pas celui de MiCA, que ces pages ne mentionnent pas. Notre test d’OKX détaille ses licences européennes.
Deux clauses comptent maintenant que le S-1 est publié. Une fois que la société aura diffusé l’information officielle avec le nombre réel d’actions, OKX procédera à un « rebase » proportionnel du contrat, de sorte que la valeur des positions reste identique. Le document pour l’EEE ajoute que la négociation est suspendue pendant l’opération, que les ordres take-profit et stop-loss en attente sont annulés et non reportés, et que les robots de trading peuvent être arrêtés. Et « OKX ne garantit pas que l’actif de référence sous-jacent des X-Perps réalisera finalement une introduction en bourse » (traduction Coindaro). Si la cotation est annulée, OKX peut retirer le contrat de la cote ou le régler à sa discrétion, parfois très loin du prix d’entrée d’un trader. Après une cotation, les contrats doivent être progressivement convertis en contrats à terme classiques sur actions.
ANT chez Trade.xyz et ANTH chez Hyperliquid sont deux marchés distincts
Trade.xyz a ouvert un contrat ANT offrant jusqu’à 10x de levier sans propriété d’actions, a rapporté The Defiant lundi. Trade.xyz fait tourner ses perpétuels sur Hyperliquid sous forme de déploiement HIP-3, avec marge et règlement en USDC, selon sa documentation. Nous n’avons pas trouvé de page de spécification officielle pour ANT, son oracle ou ses frais. Le symbole peut tromper : ANT est aussi le ticker qu’Anthropic a demandé au Nasdaq, et le contrat n’est pas cette action. L’avertissement général de Trade.xyz interdit l’accès aux personnes des États-Unis et d’autres juridictions restreintes, et met en garde contre un risque substantiel de perte.
ANTH, le marché cité par CoinDesk lundi, est un contrat distinct sur Hyperliquid, la plateforme de perpétuels. Il a échangé environ 12 millions de dollars sur 24 heures, selon CoinDesk. C’est peu pour un prix que les médias traduisent en valeur implicite proche de 1 900 milliards de dollars.
Trade.xyz et la branche politique de Hyperliquid ont demandé à la SEC, le 18 août, un cadre pour les « IPOP », leur nom pour les perpétuels pré-IPO, y compris pour l’accès des particuliers. Aucune réponse de la SEC n’a été rapportée. Le même groupe a depuis adressé d’autres demandes à l’agence, comme nous l’avons raconté dans notre article sur les cinq demandes de Hyperliquid sur la Regulation Crypto Assets.
Même valorisation, prix de contrat différents
Chaque plateforme choisissant son propre nombre d’actions, le chiffre affiché à l’écran n’est pas comparable d’une plateforme à l’autre, et aucun n’est un prix d’action. Ci-dessous, notre calcul pour une valorisation de 1 900 milliards de dollars.
| Convention | Actions supposées | Prix pour une valorisation de 1 900 milliards $ |
|---|---|---|
| OKX X-Perps (spécification OKX) | 10 milliards | environ 190 $ par unité |
| Contrats cotés près de 1 900 que la presse lit comme environ 1 900 milliards de dollars, comme ANTH | environ 1 milliard (déduit de cette lecture) | environ 1 900 $ |
| Nombre pleinement dilué déduit du S-1 (estimation de Coindaro) | environ 16,9 milliards | environ 112 $ par action |
Les « actions Anthropic » tokenisées sont un autre produit, et Anthropic juge ces transferts nuls
Une seconde famille de produits promet davantage qu’un prix : des jetons censés représenter des actions Anthropic, le plus souvent via un véhicule ad hoc qui achète des titres et émet des jetons en contrepartie. Lundi, Base a mis en avant des « actions Anthropic tokenisées » sans nommer d’émetteur ni de contrat de jeton, selon The Defiant et ChainCatcher. Nous n’avons trouvé aucune publication de Base ou de Coinbase qui désigne le produit, et on ignore qui l’émet et ce qui le garantit.
La position d’Anthropic précède le dépôt. Dans un avertissement sur les transferts d’actions mis à jour le 12 mai 2026, rapporté par Decrypt et par CoinMarketCap Academy, la société affirme que toute vente ou tout transfert non approuvé de ses actions, ou de tout intérêt sur celles-ci, est nul et ne sera pas enregistré, et qu’elle n’autorise pas les SPV à détenir ses titres. Les vendeurs qui proposent des ventes directes, des contrats à terme ou des titres tokenisés sont, dit Anthropic, « probablement soit des fraudeurs, soit des vendeurs d’un investissement qui peut ne rien valoir », selon la traduction Coindaro de la citation reprise par CoinMarketCap Academy. L’avertissement nommait huit plateformes non autorisées, dont Hiive et Forge Global. Forge a répondu qu’elle ne transfère pas d’actions de sociétés privées sans accord, et Hiive que l’émetteur approuve chaque transfert qu’elle traite, a rapporté Quartz le 15 mai.
CoinMarketCap Academy s’est aussi penché en mai sur PreStocks, émetteur de jetons SPV basé sur Solana. Selon ce reportage, le jeton Anthropic impliquait une valorisation supérieure à 1 300 milliards de dollars alors que le véhicule détenait environ 23 millions de dollars d’actifs, les rapports d’attestation promis n’avaient pas été publiés et le produit exclut les résidents des États-Unis, de Singapour et de l’UE. Coindaro n’a pas pu vérifier ces chiffres de façon indépendante.
Le prospectus apporte un détail. Un droit de premier refus, qui permet à Anthropic de racheter les actions que ses actionnaires proposent de vendre, « prendra fin à l’achèvement de la présente offre » (traduction Coindaro). Après la cotation, les actions ordinaires de classe A s’échangeront sur le Nasdaq, avec des périodes de blocage pour les détenteurs existants. Que deviendront alors les jetons émis par des véhicules qu’Anthropic n’a jamais approuvés ? Ni le dossier ni aucun émetteur que nous avons trouvé ne le dit.
Qui peut négocier ces contrats depuis les États-Unis, l’UE ou la France
Les personnes des États-Unis sont exclues de Trade.xyz par ses propres conditions, et nous n’avons trouvé aucune autorisation de la SEC pour un perpétuel pré-IPO. Dans l’EEE, OKX ne propose ses contrats qu’aux utilisateurs qui passent le test d’adéquation MiFID II via son entité maltaise. PreStocks, d’après CoinMarketCap Academy, exclut les résidents de l’UE.
Pour un résident français, c’est donc OKX qui est le point d’entrée réel : un produit dérivé à effet de levier, proposé sous le régime des services d’investissement et non sous celui des crypto-actifs, où l’on accède après un questionnaire d’adéquation et sans conseil personnalisé. Une action Anthropic cotée au Nasdaq se négocierait en dollars et passerait par un courtier donnant accès au marché américain ; elle n’existe pas encore.
Nous n’avons trouvé aucune prise de position de l’ESMA, de l’AMF française ou de la Consob italienne sur ces contrats Anthropic ni sur les actions Anthropic tokenisées. OKX exploite ses contrats via une entreprise d’investissement MiFID II, pas sous une licence de prestataire de crypto-actifs MiCA.
Ce qui peut mal tourner : rebase, carnets fins, retrait de la cote et levier
Les risques sont décrits dans les documents des plateformes elles-mêmes, et certains sont déjà visibles.
- Il n’y a aucune propriété : ni actions, ni part de l’introduction en bourse, ni vote, ni créance sur Anthropic.
- Le prix vient d’un carnet d’ordres fin. OKX avertit que son prix de marché peut différer sensiblement des valorisations des tours de table privés ou du prix final de l’introduction en bourse, et ANTH a bougé d’environ 6 % en quelques minutes autour du dépôt, selon CoinDesk.
- Un rebase approche. Quand le S-1 modifié donnera un nombre d’actions, OKX pourra suspendre la négociation et annuler ou ajuster des ordres.
- À 10x, le maximum, un mouvement d’environ 10 % contre la position efface la marge, et la liquidation peut survenir plus tôt.
- Si l’introduction en bourse n’a pas lieu, OKX peut retirer le contrat de la cote et régler les positions ouvertes à un prix final qu’elle détermine.
Les perpétuels sur des actifs dont le marché d’origine est fermé ont déjà produit de brusques secousses. En octobre, des contrats sur des actions de puces ont perdu 51,6 millions de dollars en dix minutes pendant que Wall Street était fermée, comme nous le racontons dans notre article sur le krach des perpétuels de puces. En août, Crypto Briefing, citant Bloomberg, situait la valeur implicite de ces contrats autour de 1 800 milliards de dollars ; le 17 septembre, Euronews a fait état d’un pic implicite sur Hyperliquid d’environ 2 360 milliards. Ces repères se comparent à 965 milliards au dernier tour privé et à 1 500-2 000 milliards évoqués par la presse pour la cotation.

Prochaines échéances : fourchette de prix, rebase et roadshow
Le prochain document à surveiller est un S-1 modifié avec une fourchette de prix et un nombre d’actions. C’est lui qui déclencherait le rebase d’OKX, et lui qui permettrait de comparer la cotation d’un contrat à un vrai prix par action. La presse évoque un roadshow à partir du 9 novembre environ et une cotation la semaine du 16 novembre, peut-être les 19 ou 20 ; rien de tout cela n’est confirmé par Anthropic.
Après une cotation, OKX prévoit de convertir ses contrats en contrats à terme ordinaires sur actions. Trade.xyz et Hyperliquid n’ont pas dit comment ANT et ANTH seraient réglés. La SEC n’a pas répondu à la lettre d’août sur les perpétuels pré-IPO.
