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Wrench attack en France : 30 mois de prison pour avoir tiré sur des hommes cagoulés, la légitime défense écartée

Un tribunal de Vendée condamne à 30 mois un homme qui a tiré sur des hommes cagoulés après une tentative d’enlèvement présumée. Agresseurs introuvables.

9 min de lecture

Marteau de juge et balance de la justice à côté d’une silhouette encagoulée et d’un drapeau
Sommaire
  1. Halloween à La Roche-sur-Yon : une tentative d’enlèvement présumée, puis des tirs depuis un balcon
  2. Le parquet a parlé de vengeance, pas de légitime défense
    1. Ce que dit le droit français de la légitime défense
  3. De l’enquête pour tentative de meurtre aux violences aggravées
  4. Un homme enlevé en 2022 et condamné en 2025
  5. Le lien avec les cryptos reste une piste, pas un fait
  6. Wrench attack en France : 77 cas en six mois
  7. Le plan du gouvernement et ce que peuvent faire les détenteurs
  8. Ce que nous ne savons pas encore

Un tribunal français a condamné un homme de 23 ans à 30 mois de prison ferme pour avoir tiré au pistolet Glock sur des hommes cagoulés qui, selon lui, venaient de tenter de l’enlever. Le jugement a été rendu le mercredi 4 novembre à La Roche-sur-Yon, dans l’ouest de la France, dans une affaire qui pourrait s’ajouter à la vague de wrench attacks visant les détenteurs de cryptomonnaies en France, mais que personne n’a encore reliée à celle-ci. Le tribunal correctionnel, jugeant en comparution immédiate, a écarté sa plaidoirie de légitime défense, a rapporté Actu17 le 5 novembre, en citant le quotidien régional Ouest-France.

Le tribunal y a ajouté une interdiction de port d’arme de 15 ans et une interdiction de séjour de cinq ans dans le département de la Vendée. Actu17 et Cryptoast donnent tous deux la même peine, deux ans et demi ferme, et l’homme reste détenu.

Les hommes sur lesquels blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il a tiré n’ont pas été identifiés. D’après Actu17, ils sont toujours recherchés et l’enquête sur la tentative d’enlèvement se poursuit. Au moins un article en anglais affirme que les agresseurs ont été placés en garde à vue. Les articles français que nous avons lus n’en disent rien, et nous n’avons trouvé aucune mention d’une interpellation.

La piste crypto n’est qu’une piste, rien de plus. Son avocat a dit au tribunal que son client détient des cryptomonnaies. Les enquêteurs privilégiaient un mobile lié aux cryptos, a écrit Ouest-France, mais, selon les mots du journal relayés par Cryptoast, cette piste « mérite toujours d’être confirmée ».

Halloween à La Roche-sur-Yon : une tentative d’enlèvement présumée, puis des tirs depuis un balcon

Les faits remontent au samedi 31 octobre, dans un lotissement de La Roche-sur-Yon, préfecture de la Vendée, alors que des enfants déguisés faisaient du porte-à-porte. Vers 17 h 30, le jeune homme de 23 ans a couru jusqu’à la maison de son père en disant qu’il venait d’échapper à une tentative d’enlèvement, rapporte Actu17. Ce récit est le sien et n’a pas été éprouvé devant un tribunal.

Une demi-heure plus tard environ, deux hommes cagoulés ont donné des coups de pied dans la porte d’entrée, tandis que le père tentait de la maintenir fermée. Le fils a pris un Glock à l’étage et a tiré plusieurs fois depuis le balcon, pendant que l’un des hommes escaladait la façade.

Une balle s’est logée au-dessus d’une porte de garage, à quelques mètres d’enfants, selon Actu17, et un témoin a évoqué des tirs en direction de la voiture. Les hommes se sont enfuis en voiture. Selon Actu17, ce véhicule portait de fausses plaques d’immatriculation et a été flashé par un radar en région parisienne quelques heures plus tard. Cryptoast et Journal du Coin, qui s’appuient eux aussi sur Ouest-France, décrivent une voiture volée, signalée d’abord abandonnée près de la maison, et Cryptoast précise que les hommes ont laissé derrière eux une cagoule et un téléphone.

À l’arrivée des policiers, le père ne voulait pas les laisser entrer dans la maison, rapporte Cryptoast. Le Glock a été retrouvé dans un panier à linge. Le père et le fils ont tous deux été placés en garde à vue, et rien n’a été publié depuis sur la situation du père.

Le parquet a parlé de vengeance, pas de légitime défense

À l’audience, le vice-procureur Olivier Dubief a rejeté la légitime défense. « Au moment où il tire, monsieur n’était plus en danger », a-t-il déclaré, selon la citation d’Actu17, qui le décrit aussi qualifiant les tirs d’acte de vengeance. Cryptoast ajoute que l’accusation a souligné que l’homme présent sur le balcon était déjà redescendu.

L’avocat de la défense, Me Jean-Baptiste Colombani, a replacé les tirs dans le passé de son client. Le jeune homme s’était procuré une arme après un premier enlèvement en 2022, a dit l’avocat d’après Actu17, et il a évoqué un lien possible avec les cryptomonnaies que détient son client. Cryptoast rapporte que l’enlèvement de 2022 visait à voler des cryptos.

Me Colombani a aussi soutenu que les agresseurs étaient venus de la région parisienne pour une expédition punitive. Son client a expliqué au tribunal qu’il avait paniqué et n’avait tiré que pour les faire fuir. Le tribunal ne l’a pas suivi.

Ce que dit le droit français de la légitime défense

L’article 122-5 du code pénal n’admet la légitime défense que si la riposte intervient au même moment que l’agression et reste proportionnée à celle-ci. L’argument du parquet, selon lequel le danger était passé quand la détente a été pressée, touche à la première de ces conditions. Le raisonnement du tribunal n’a pas été publié, et aucun des articles que nous avons lus ne dit quelle peine le parquet avait requise.

Bouclier stylisé à côté d’un sablier, d’un panneau d’alerte et d’un document
La loi française n’admet la légitime défense que pendant l’agression ; selon le parquet, le danger était passé.

De l’enquête pour tentative de meurtre aux violences aggravées

L’affaire a changé de nature en quelques jours. Le parquet avait d’abord ouvert une enquête pour tentative de meurtre, a rapporté Cryptoast le 4 novembre, en citant Ouest-France. Après 48 heures de garde à vue, un magistrat a requalifié les faits en violences aggravées et détention d’arme et de munitions, et l’homme a été placé en détention provisoire jusqu’à l’audience du 4 novembre.

Journal du Coin avait donné les mêmes qualifications le matin même. Nous n’avons trouvé aucune déclaration du parquet ni du tribunal.

Un homme enlevé en 2022 et condamné en 2025

Son propre passé pèse sur l’affaire. En 2022, selon Actu17, il a été enlevé et enfermé dans le coffre d’une voiture à Nantes avant de parvenir à s’en échapper. Il dit que c’est la raison pour laquelle il portait une arme.

Il avait aussi été condamné en 2025 pour violences et séquestration, rapportent Actu17 et Cryptoast, sans détail sur ce dossier. Nous ne savons pas qui était impliqué, et nous ne publions rien de plus que ce que la presse française a publié.

Le lien avec les cryptos reste une piste, pas un fait

Rien dans les comptes rendus d’audience ne montre que les hommes cagoulés en voulaient à des cryptomonnaies. Il existe seulement la déclaration d’un avocat selon laquelle son client en détient, et une piste que les enquêteurs privilégiaient, d’après Ouest-France relayé par Cryptoast, mais qui devait encore être confirmée. Journal du Coin parle d’une hypothèse crédible dont le lien avec les cryptos reste à établir.

Les agresseurs, s’ils sont retrouvés, sont présumés innocents, tout comme le père, dont la situation judiciaire est inconnue. Personne n’a été mis en cause, à notre connaissance, pour la tentative d’enlèvement présumée.

Wrench attack en France : 77 cas en six mois

Cette affaire vient du pays qui occupe cette année la première place du décompte mondial des agressions physiques contre des détenteurs de cryptos. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a indiqué le 30 juin 2026 que 77 enlèvements, extorsions et tentatives d’extorsion liés aux cryptos avaient été recensés au premier semestre, contre 45 sur l’ensemble de 2025, a rapporté Cointelegraph le 2 juillet.

IndicateurChiffreSource
Enlèvements, extorsions et tentatives liés aux cryptos, de janvier à juin 202677Ministre de l’Intérieur, 30 juin 2026 (via Cointelegraph)
Même décompte pour l’ensemble de 202545Ministre de l’Intérieur, 30 juin 2026
Interpellations réalisées dans le cadre des mesures d’urgence200Ministre de l’Intérieur, 30 juin 2026
Inscriptions au dispositif d’alerte rapide et de protection724Ministre de l’Intérieur, 30 juin 2026
Détenteurs de cryptos en France (environ 11 % de la population)Environ 7,3 millionsADAN, via Cointelegraph

Le cas le plus connu est arrivé avant. Le 21 janvier 2025, un cofondateur de Ledger et sa compagne ont été enlevés à leur domicile, dans le département du Cher. Le GIGN l’a libéré le lendemain à Châteauroux, et sa compagne a été retrouvée dans la nuit en Essonne, a rapporté Journal du Geek.

Le 1er mai 2025, le père d’un entrepreneur français des cryptos a été poussé dans une camionnette à Paris par quatre hommes masqués, qui lui ont coupé un doigt et ont réclamé 5 à 7 millions d’euros. La police l’a libéré dans la nuit du 3 mai et a interpellé cinq hommes d’une vingtaine d’années, les quatre ravisseurs et leur chauffeur, a rapporté The Block. Aucune rançon n’a été versée.

Coindaro suit cette vague au-delà de la France. La liste publique des attaques physiques tenue par Jameson Lopp a atteint 702 entrées, la France arrivant en tête en 2026, comme nous l’avons rapporté dans notre article sur le décompte des wrench attacks de Lopp. Au Royaume-Uni, trois hommes ont été emprisonnés après une invasion de domicile liée aux cryptos à Bristol. Au Texas, deux frères ont écopé de 15 ans et de 15,5 ans pour avoir forcé un père à transférer 8 millions de dollars en cryptos sous la menace d’une arme, et au Canada, trois militaires figurent parmi les sept personnes mises en cause après un enlèvement armé à Toronto.

Dans chacun de ces dossiers, les agresseurs ont comparu devant la justice. À La Roche-sur-Yon, la seule personne condamnée à ce jour est l’homme qui dit avoir été la cible.

Graphique en barres et calendrier près d’un groupe de personnes et d’une ville
La France a recensé 77 enlèvements, extorsions et tentatives liés aux cryptos au premier semestre 2026.

Le plan du gouvernement et ce que peuvent faire les détenteurs

Avec ses chiffres de juin, Laurent Nuñez a présenté un plan en trois volets, selon Cointelegraph : un meilleur partage du renseignement, car les réseaux sont souvent installés à l’étranger, un partenariat renforcé avec l’ADAN, l’association française de la filière crypto, et une meilleure coordination entre les services de sécurité. Cointelegraph cite aussi un cas récent où un agresseur a été interpellé en moins de huit heures, en partie parce que la victime avait appelé la ligne d’urgence.

Les précautions habituelles pour les détenteurs sont simples. Parler peu de ce que l’on possède, garder ses cryptos sur un portefeuille matériel plutôt que sur un téléphone, et répartir les accès pour qu’aucune personne ni aucun appareil ne puisse tout transférer sous la contrainte. Notre guide pas à pas pour configurer un portefeuille matériel en donne les bases.

Le jugement de Vendée marque une limite que les conseils officiels ne formulent pas. Un tribunal français ne considérera pas comme de la légitime défense des tirs partis une fois le danger écarté, quelle qu’ait été la menace qui les a précédés.

Ce que nous ne savons pas encore

  • Si les hommes cagoulés ont été identifiés ou interpellés depuis le 5 novembre : aucun article ne le dit.
  • Si l’homme détient bien des cryptomonnaies, ce qui ne repose que sur la parole de son avocat.
  • Ce que le parquet avait requis à l’audience.
  • Ce qu’il est advenu du père, lui aussi placé en garde à vue.
  • Si l’homme fera appel.

L’enquête sur la tentative d’enlèvement est la prochaine étape à suivre. Une interpellation y serait le premier vrai test de l’affirmation de l’avocat selon laquelle les cryptos étaient ce que voulaient les hommes cagoulés.

Sources

  1. Actu17 : La Roche-sur-Yon, des tirs depuis un balcon sur des hommes cagoulés et une peine de prison, 5 novembre 2026 actu17.fr
  2. Cryptoast : tentative d’enlèvement en Vendée, prison ferme, 5 novembre 2026 cryptoast.fr
  3. Cryptoast : il tire sur ses agresseurs et est placé en détention provisoire, 4 novembre 2026 cryptoast.fr
  4. Journal du Coin : tentative d’enlèvement en Vendée, la piste crypto, 4 novembre 2026 journalducoin.com
  5. Cointelegraph: French wrench attacks rise to 77 as government promises more support, 2 July 2026 cointelegraph.com
  6. The Block: French police arrest kidnappers of a crypto entrepreneur's father, May 2025 theblock.co

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