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Inde : l’ED perquisitionne CoinDCX et Delta Exchange, qui auraient reproduit les ordres de leurs clients sur Binance et d’autres places

L'ED indienne a perquisitionné CoinDCX et Delta Exchange, soupçonnées d'avoir exécuté des ordres sur Binance et d'autres places. Binance n'est pas accusée.

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Loupe abstraite au-dessus d'un globe, avec une balance et un bâtiment de banque
Sommaire
  1. Comment l’ED dit que CoinDCX reproduisait les ordres à l’étranger
    1. Le comptant passé par un compte au Costa Rica
    2. Contrats à terme et options ouverts 1:1 sur des plateformes étrangères
    3. Les actions tokenisées sur Hyperliquid
  2. Delta Exchange aurait fait passer ses dérivés par CoinDCX
  3. Perquisition CoinDCX : ce que disent les chiffres, et ce qu’ils taisent
  4. Delta Exchange répond, CoinDCX garde le silence
  5. La troisième perquisition crypto de l’ED à Bangalore depuis juin
  6. Binance en Inde : une place d’exécution ici, une plateforme sanctionnée en 2024
  7. Ce que cela change pour les utilisateurs indiens, et pour l’impôt

La Direction de l’application des lois financières indienne (Enforcement Directorate, ED) a perquisitionné trois locaux à Bangalore les 4 et 5 novembre 2026, liés à deux plateformes crypto indiennes, CoinDCX et Delta Exchange India. L’agence affirme que CoinDCX a converti en USDT les dépôts en roupies de ses clients, puis exécuté leurs ordres sur des plateformes étrangères, dont Binance, KuCoin, Gate.io et Bybit, via un compte détenu par une société du Costa Rica qu’elle qualifie d’entité fictive. Elle chiffre les volumes à des milliers de crores de roupies, selon son communiqué tel que rapporté par le Free Press Journal et Inc42 le 7 novembre.

Ce que la presse indienne appelle la perquisition CoinDCX est une mesure prise au titre de l’article 37 de la loi indienne sur la gestion des changes (Foreign Exchange Management Act, FEMA) de 1999, le texte qui encadre les mouvements d’argent à travers la frontière. Ce n’est pas une mise en accusation. Aucune arrestation, aucun gel d’actifs ni aucune saisie n’a été annoncé, l’enquête est en cours et aucune des allégations n’a été examinée par un tribunal.

Le nom de Binance figure dans les titres, pas dans les accusations. Dans le texte de l’ED tel qu’blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">il a été relayé jusqu’ici, Binance, KuCoin, Gate.io, Bybit et la plateforme décentralisée Hyperliquid apparaissent uniquement comme les lieux où les ordres auraient été exécutés ; l’agence n’accuse aucune d’entre elles d’un manquement. Les trois locaux visités sont tous liés aux deux sociétés indiennes : Neblio Technologies, qui exploite CoinDCX, et Excelium Technologies, qui exploite Delta Exchange India.

L’agence indienne de lutte contre la criminalité financière a annoncé les perquisitions sur X le 6 novembre. Son message décrit une affaire de « transactions financières transfrontalières non autorisées, à grande échelle, portant sur des dérivés de jetons crypto et des jetons d’actifs du monde réel (RWA) ». Les actions tokenisées décrites plus bas semblent correspondre à ce qu’elle désigne par jetons RWA.

Comment l’ED dit que CoinDCX reproduisait les ordres à l’étranger

Les deux plateformes proposaient à leurs clients indiens le trading au comptant de cryptomonnaies, des contrats à terme et des options crypto, ainsi que des actions de sociétés étrangères sous forme de jetons, selon l’agence ; le Free Press Journal cite Apple, Google et Tesla parmi ces actions. Aucune des deux n’avait l’autorisation requise pour ces produits, d’après l’ED, et Inc42 rapporte qu’elle reproche aussi à CoinDCX d’en avoir fait la publicité.

Le comptant passé par un compte au Costa Rica

Pour le trading au comptant, le schéma décrit par l’agence est le suivant. Un client dépose des roupies. L’argent est converti en USDT, le stablecoin en dollars émis par Tether, puis envoyé vers des plateformes étrangères, dont Binance, KuCoin, Gate.io et Bybit, où les ordres sont exécutés.

Sur le papier, le compte utilisé pour ces transferts appartenait à une société basée au Costa Rica. Les enquêteurs soupçonnent qu’elle n’a aucune activité réelle et affirment que les ordres étaient en fait envoyés directement par CoinDCX, via ses interfaces de programmation (API). Aucun des articles consultés ne nomme cette entité du Costa Rica ni ses propriétaires.

Contrats à terme et options ouverts 1:1 sur des plateformes étrangères

Les produits dérivés auraient fonctionné de la même façon. Quand un utilisateur de CoinDCX ouvrait une position sur un contrat à terme ou une option, la plateforme ouvrait une position équivalente à l’étranger, dans un rapport de 1:1, par le même compte du Costa Rica, et le règlement avait lieu sur la plateforme étrangère une fois la position fermée par le client. Si l’ED a raison, le carnet d’ordres indien n’était qu’une vitrine pour des positions tenues ailleurs.

Les actions tokenisées sur Hyperliquid

Pour les actions tokenisées, CoinDCX aurait utilisé Hyperliquid, la plateforme décentralisée surtout connue pour ses contrats perpétuels. Les fonds des clients étaient de nouveau convertis en USDT pour ouvrir les positions correspondantes, avec règlement sur Hyperliquid, d’après l’ED telle que la rapportent le Free Press Journal et Inc42. Comme les plateformes centralisées, Hyperliquid est citée comme destination, pas comme accusée. Pour comprendre ces produits, voyez ce que vous apporte vraiment une action tokenisée, et notre guide pas à pas d’Hyperliquid explique le fonctionnement de ses marchés.

Deux autres constats ne concernent que CoinDCX. Selon les enquêteurs, la plateforme détenait des comptes de trading d’entreprise sur des places étrangères, y conservant des cryptoactifs en violation de la FEMA. Ils lui reprochent aussi d’avoir versé des centaines de crores de roupies de frais de transaction à des plateformes étrangères, en USDT, en contournant le cadre FEMA applicable aux paiements à l’étranger.

Smartphone abstrait relié par une chaîne à un globe et à des pièces
L'ED affirme que des ordres passés sur CoinDCX en Inde étaient exécutés sur des places étrangères via un compte au Costa Rica.

Delta Exchange aurait fait passer ses dérivés par CoinDCX

Delta Exchange India fait l’objet de griefs voisins mais distincts. Elle proposait les mêmes types de produits, selon l’agence, et une grande partie de ses contrats à terme, de ses options et de ses actions tokenisées était transmise à CoinDCX, qui les exécutait sur des places étrangères. Le Free Press Journal cite Binance, KuCoin, Gate.io et Bybit comme ces places et évalue le volume à plusieurs milliers de crores de roupies ; Inc42 parle seulement de plateformes étrangères.

Delta aurait aussi envoyé des centaines de crores de roupies à des sociétés associées basées à l’étranger, disent les enquêteurs. Ce que ces transferts rémunéraient fait encore l’objet d’un examen.

Au-delà de la FEMA, l’agence estime que les produits des deux sociétés semblent, à première vue, enfreindre la loi de 1956 sur les contrats de valeurs mobilières (Securities Contracts (Regulation) Act), la loi de 1992 sur le SEBI et la loi de 1934 sur la Banque centrale d’Inde (Reserve Bank of India Act), des points qu’elle examine séparément. Ces textes relèvent du régulateur des marchés, le SEBI, et de la banque centrale, qui n’ont annoncé aucune action de leur côté. Cette action de l’ED ne cite pas la loi indienne contre le blanchiment (PMLA).

Perquisition CoinDCX : ce que disent les chiffres, et ce qu’ils taisent

Aucun total n’a été publié. Chaque montant est donné en ordre de grandeur. Un crore vaut 10 millions de roupies : 1 000 crores font donc 10 milliards de roupies, soit environ 105 millions de dollars au taux d’environ 95 roupies pour un dollar que Bitcoin.com News a retenu le 7 novembre. Rien dans le communiqué n’est assez précis pour traduire l’ensemble du dossier en dollars.

Flux allégué (ED, tel que rapporté le 7 novembre)PlateformeDestinationAmpleur indiquée par l’ED
Ordres au comptant, roupies converties en USDTCoinDCXBinance, KuCoin, Gate.io, Bybit, via un compte au Costa RicaDes milliers de crores de roupies
Contrats à terme et options reproduits 1:1CoinDCXPlaces étrangères, même compte au Costa RicaDes milliers de crores de roupies
Actions étrangères tokeniséesCoinDCXHyperliquidDes milliers de crores de roupies
Frais versés à des plateformes étrangères en USDTCoinDCXPlaces étrangèresDes centaines de crores de roupies
Dérivés et actions tokenisées transmis à CoinDCXDelta Exchange IndiaBinance, KuCoin, Gate.io, Bybit (FPJ)Plusieurs milliers de crores de roupies (FPJ)
Transferts vers des sociétés associées à l’étrangerDelta Exchange IndiaEntités associées à l’étrangerDes centaines de crores de roupies

Plusieurs éléments manquent encore. L’agence n’a pas dit qui possède la société du Costa Rica, combien d’utilisateurs sont concernés, sur quelle période les ordres ont été passés, ni si une juridiction est saisie. Les allégations détaillées reposent sur le texte de l’ED tel que le relaient des médias indiens qui le citent longuement ; aucun communiqué n’était consultable sur le site de l’agence le 7 novembre.

Delta Exchange répond, CoinDCX garde le silence

Delta Exchange India a répondu sur X le 6 novembre, le jour du message de l’ED. Elle dit avoir « coopéré pleinement avec les agents et fourni les informations demandées » et n’être impliquée dans « aucun transfert transfrontalier de VDA, sous quelque forme que ce soit », VDA étant le terme légal indien pour les cryptoactifs. Le trading, les dépôts et les retraits fonctionnaient normalement et les fonds des utilisateurs restaient dans des banques indiennes, ajoute la plateforme, d’après Bitcoin.com News, qui a reproduit sa déclaration.

CoinDCX n’avait publié aucune déclaration au moment où Inc42 et Bitcoin.com News ont mis en ligne leurs articles, et aucune n’avait paru à 13 h 00 UTC le 7 novembre. Binance, KuCoin, Gate.io, Bybit et Hyperliquid n’avaient pas réagi non plus.

Pour CoinDCX, que TechCrunch décrivait en juillet 2025 comme enregistrée auprès de la cellule de renseignement financier indienne et servant plus de 16 millions d’utilisateurs, c’est un deuxième coup dur en un mois. Le 22 octobre, la plateforme a confirmé la perte de 16 millions de dollars en USDT sur des portefeuilles retirés, trois jours après avoir démenti un piratage. En juillet 2025, un compte interne servant à la liquidité sur une plateforme partenaire avait été vidé d’environ 44 millions de dollars, sans toucher aux fonds des clients, comme l’a rapporté TechCrunch le 21 juillet 2025.

La troisième perquisition crypto de l’ED à Bangalore depuis juin

En s’appuyant sur la même loi, le bureau de Bangalore s’attaque aux acteurs crypto indiens un dossier après l’autre. Fin octobre, il a perquisitionné des locaux liés à Mudrex, à Saber.money et au protocole DeFi Instadapp avec sa plateforme Fluid, pour des transferts non autorisés vers l’étranger évalués à plus de 4 940 crores de roupies, soit environ 525 millions de dollars, selon Inc42 et Bitcoin.com News.

En juin 2026, il avait visité six locaux liés à Transak, Carret, Xpat, Onramp.money et Onmeta, là encore pour des transferts crypto transfrontaliers non autorisés, comme le rappellent les deux médias.

À chaque fois, l’agence traite les stablecoins qui quittent l’Inde comme des devises sorties sans les autorisations que la FEMA exige. Le dossier CoinDCX ajoute une seconde couche : les produits eux-mêmes, dérivés et actions tokenisées en tête, pourraient relever de règles sur les valeurs mobilières et la banque pour lesquelles les plateformes crypto n’ont pas de licence.

Calendrier et document abstraits près d'une ville et d'un petit groupe de personnes
Le bureau de l'ED à Bangalore a perquisitionné des acteurs crypto en juin, fin octobre puis en novembre, à chaque fois au titre de la FEMA.

Binance en Inde : une place d’exécution ici, une plateforme sanctionnée en 2024

Binance a bel et bien son propre historique avec les autorités indiennes. La cellule de renseignement financier FIU-IND lui a infligé une amende de 18,82 crores de roupies le 19 juin 2024 pour ne pas avoir respecté ses obligations d’entité déclarante au regard de la loi contre le blanchiment, après une notification envoyée en décembre 2023, comme l’a rapporté Medianama. Binance a pu revenir sur le marché indien après avoir payé l’amende.

Cet épisode concernait l’enregistrement de Binance lui-même. La nouvelle affaire porte sur ce que deux plateformes indiennes auraient fait de l’argent de leurs clients, et le texte de l’ED ne nomme Binance que comme l’un des endroits où ces ordres ont été exécutés. Le piratage subi par Binance en octobre 2026 est une affaire distincte, sans lien avec ces perquisitions.

Ce que cela change pour les utilisateurs indiens, et pour l’impôt

Rien n’a changé sur les plateformes pour l’instant. Delta Exchange India dit fonctionner normalement, et aucun gel de comptes CoinDCX n’a été signalé. Bitcoin.com News voit comme prochaines questions un éventuel gel d’actifs ou la convocation de dirigeants par l’ED, et l’ouverture possible d’une procédure propre au SEBI sur les produits dérivés et les actions tokenisées.

Cette affaire relève de l’autorisation et des règles de change, pas de la fiscalité. Le régime fiscal indien des cryptos s’applique pleinement : un impôt forfaitaire de 30 % sur les gains liés aux actifs numériques virtuels et une retenue à la source de 1 % sur les transferts, des taux en vigueur depuis 2022 et repris dans la nouvelle loi sur l’impôt sur le revenu de 2025, selon des guides fiscaux. Des ordres reproduits sur une place étrangère n’y échappent pas, et rien dans le communiqué de l’ED ne suggère que le dossier touche à l’impôt.

Pour les lecteurs hors d’Inde, la question est familière. Dans l’Union européenne, une plateforme qui sert des clients locaux doit être agréée au titre de MiCA, comme l’explique notre guide du règlement MiCA, et une vitrine qui enverrait chaque ordre vers une place étrangère se heurterait à la même question : qui détient réellement la position du client ?

Aucune date n’a été donnée pour la prochaine étape de l’agence, et CoinDCX n’avait toujours pas répondu aux allégations à 13 h 00 UTC le 7 novembre.

Sources

  1. Message de @dir_ed (Enforcement Directorate) sur X, 6 novembre 2026 x.com
  2. Free Press Journal : ED searches CoinDCX, Delta Exchange over alleged FEMA violations in crypto trading, 7 novembre 2026 freepressjournal.in
  3. Inc42 : ED searches CoinDCX, Delta Exchange over alleged illegal cross-border transfers, 7 novembre 2026 inc42.com
  4. Bitcoin.com News : Indian Enforcement Raids CoinDCX Over Claims Its Trades Ran Through Binance, 7 novembre 2026 news.bitcoin.com
  5. TechCrunch : Indian crypto exchange CoinDCX confirms $44 million stolen during hack, 21 juillet 2025 techcrunch.com
  6. Medianama : Binance fined Rs 18 crore for non-compliance with PMLA, juin 2024 medianama.com

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