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Qu’est-ce qu’une cryptomonnaie ? Définition, fonctionnement, exemples

Qu’est-ce qu’une cryptomonnaie ? Définition simple, registre, clés et minage, exemples, risques, règles de l’AMF et fiscalité en France en 2026.

Débutant 29 min de lectureMis à jour À lire d'abord : Qu’est-ce qu’un stablecoin ? Le guide pour débuter
Chaîne de blocs bleus arrondis menant à un bloc orange sur grille bleu nuit
Sommaire
  1. Qu’est-ce qu’une cryptomonnaie ? La définition sans jargon
    1. MiCA, le fisc américain, la SEC et la FCA disent presque la même chose
    2. En droit français, on parle d’« actifs numériques »
    3. Crypto, crypto-actif, actif numérique : pourquoi les autorités évitent le mot monnaie
  2. Cryptomonnaie, comment ça marche : registre, clés et consensus
    1. Un registre partagé remplace la base de données de la banque
    2. La clé privée, ce que vous possédez vraiment
    3. Preuve de travail et preuve d’enjeu : qui décide qu’un paiement compte
    4. Le minage, le staking et les émetteurs créent les nouvelles unités
    5. Le nombre d’unités est fixé dans le code
  3. Ce qui garantit une cryptomonnaie, et ce qui ne la garantit pas
    1. Bitcoin et ether : aucun émetteur ne vous doit quoi que ce soit
    2. Les stablecoins reposent sur des réserves détenues par une entreprise
    3. Pas de cours légal, pas de garantie des dépôts
  4. Cryptomonnaie, monnaie fiduciaire, monnaie numérique et euro numérique
    1. L’euro numérique ne sera pas une cryptomonnaie
  5. De DigiCash à MiCA : petite histoire des cryptomonnaies
  6. Les types de cryptomonnaies, avec des exemples
    1. Coin et token, deux choses différentes
    2. Entre 8 000 et 22 000 cryptomonnaies listées, selon le site qui compte
  7. À quoi sert une cryptomonnaie en pratique
  8. Qui détient des cryptos : 9 % dans la zone euro, 17 % des adultes américains
  9. Pourquoi la cryptomonnaie est dangereuse : les risques que signalent les autorités
    1. Les prix peuvent s’effondrer, et la FCA dit de se préparer à tout perdre
    2. Les piratages ont coûté plus de 3,4 milliards de dollars en 2025
    3. Aux États-Unis, la fraude crypto a coûté 11,4 milliards de dollars en 2025
    4. Perdre sa clé, c’est perdre ses cryptos
    5. L’agrément remplace la garantie des dépôts qui n’existe pas
  10. Cryptomonnaie légale en France : du statut PSAN à l’agrément MiCA
  11. Cryptomonnaies imposables : flat tax, formulaire 2086 et 3916-bis
    1. 12,8 % d’impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociaux
    2. Comment se calcule la plus-value
    3. Comment déclarer ses cryptos : 2086, 2042 C et 3916-bis
    4. Ailleurs : États-Unis, Royaume-Uni et Italie
  12. Cryptomonnaie, comment débuter : quatre vérifications avant le premier achat

Une cryptomonnaie est une monnaie, ou plus largement un actif, qui n’existe que sous forme numérique : elle est inscrite dans un registre partagé que des milliers d’ordinateurs tiennent à jour ensemble, elle est protégée par la cryptographie, et aucune banque centrale ni aucune entreprise ne contrôle ce registre. Voilà, en une phrase, ce qu’est une cryptomonnaie. On la détient grâce à une clé secrète, on l’envoie sans passer par une banque, et les règles qui fixent le nombre d’unités ou la validation des paiements sont écrites dans un logiciel que chacun peut lire.

Le bitcoin a ouvert la voie en janvier 2009. Le 14 octobre 2026, le site CoinGecko recensait 22 258 cryptomonnaies.

Cette leçon suit notre guide des stablecoins et de leur parité avec le dollar ou l’euro et assemble les pièces vues jusqu’ici, de la blockchain au bitcoin et à Ethereum. Point de départ : les mots que les législateurs européen, français, américain et britannique ont choisis pour définir ces actifs.

Qu’est-ce qu’une cryptomonnaie ? La définition sans jargon

Débarrassée de son vocabulaire, une cryptomonnaie est une ligne dans une base de données. Ce qui la distingue du solde affiché dans votre application bancaire, c’est la personne qui tient cette base. Votre banque gère son propre registre et vous lui faites confiance pour qu’pool di un market maker automatico divergono, rispetto a tenere semplicemente gli stessi token. Diventa definitiva al prelievo.">il soit exact. Un réseau de cryptomonnaie, lui, répartit des copies identiques du même registre entre de nombreux ordinateurs indépendants, et un jeu de règles décide quelles nouvelles écritures sont valables. Personne ne peut modifier un solde en douce : toutes les autres copies le contrediraient.

Deux mécanismes tiennent l’ensemble. La cryptographie prouve qu’un paiement vient bien du propriétaire des unités envoyées. Un mécanisme de consensus, c’est-à-dire une procédure que tous les participants appliquent, fixe l’ordre des paiements pour qu’une même unité ne soit jamais dépensée deux fois.

MiCA, le fisc américain, la SEC et la FCA disent presque la même chose

Les législateurs ont mis des années à trouver une définition, et ils ont fini par converger. Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs, le règlement (UE) 2023/1114, dit MiCA, définit à son article 3 le crypto-actif comme la représentation numérique d’une valeur ou d’un droit, que l’on peut transférer et stocker de façon électronique grâce à la technologie des registres distribués ou à une technologie similaire. L’administration fiscale américaine et le régulateur britannique emploient des formules très proches.

AutoritéTerme employéLa définition en brefSource et date
Union européenne (MiCA, art. 3)Crypto-actifReprésentation numérique d’une valeur ou d’un droit, transférée et stockée électroniquement sur un registre distribué ou une technologie similaireRèglement (UE) 2023/1114 du 31 mai 2023
France (Code monétaire et financier, Code général des impôts)Actif numériqueJetons, et représentations numériques d’une valeur qui ne sont ni émises ni garanties par une banque centrale ou une autorité publique, acceptées comme moyen d’échangeNotice du formulaire 2086, revenus 2025, impots.gouv.fr
Internal Revenue Service (fisc américain)Digital assetToute représentation numérique d’une valeur inscrite sur un registre distribué sécurisé par la cryptographie, ou une technologie similairePage « Digital assets » de l’IRS, revue le 2 septembre 2026
Securities and Exchange Commission (gendarme boursier américain)Crypto assetActif créé, émis ou transféré au moyen d’une blockchain ou d’un réseau de registre distribué similaire, y compris les tokens, coins et monnaies virtuellesSite investor.gov de la SEC, consulté le 14 octobre 2026
Financial Conduct Authority (Royaume-Uni)CryptoassetReprésentations numériques d’une valeur ou de droits, sécurisées par le chiffrement et utilisant en général un registre distribuéPage grand public de la FCA, mise à jour le 29 janvier 2026

Mis côte à côte, ces textes partagent un noyau : une unité de valeur qui n’existe que comme écriture dans un registre distribué. Aucun ne mentionne un émetteur qui s’engagerait à vous rembourser.

En droit français, on parle d’« actifs numériques »

Le droit français a choisi son propre terme dès la loi PACTE du 22 mai 2019. Le Code monétaire et financier et le Code général des impôts parlent d’actifs numériques. La notice officielle du formulaire fiscal 2086 en donne le contenu : d’une part les jetons au sens du Code monétaire et financier, hors ceux qui ont les caractéristiques d’instruments financiers ou de bons de caisse ; d’autre part toute représentation numérique d’une valeur qui n’est ni émise ni garantie par une banque centrale ou une autorité publique, qui n’a pas le statut juridique d’une monnaie, mais que des personnes acceptent comme moyen d’échange et qui peut être transférée, stockée ou échangée électroniquement. La notice cite elle-même le bitcoin, l’ether et le XRP comme exemples.

Depuis l’entrée en application de MiCA, le vocabulaire européen de « crypto-actif » s’ajoute à ce terme national. Pour un particulier, les deux désignent en pratique les mêmes objets.

Crypto, crypto-actif, actif numérique : pourquoi les autorités évitent le mot monnaie

Dans la vie courante, « crypto », « cryptomonnaie » et « crypto-monnaie » veulent dire la même chose. Les régulateurs préfèrent « crypto-actif » ou « actif numérique », et ce choix n’a rien d’un hasard. Au sens juridique, une monnaie est celle qu’un État reconnaît, comme l’euro. Le bitcoin n’a ce statut ni en France, ni dans l’Union européenne, ni aux États-Unis, ni au Royaume-Uni. Le mot « actif » couvre aussi les nombreux jetons qui n’ont jamais eu vocation à servir de monnaie, par exemple un jeton donnant accès à un service, que MiCA appelle un jeton utilitaire.

Le fisc américain va le plus loin : pour lui, les actifs numériques sont des biens, pas une monnaie. Payer un café en bitcoin à New York revient, fiscalement, à vendre un bien.

Cryptomonnaie, comment ça marche : registre, clés et consensus

Toutes les cryptomonnaies, du bitcoin au jeton lancé la semaine dernière, reposent sur les mêmes briques : un registre, des clés, une méthode pour que le réseau se mette d’accord, et des règles d’émission.

Un registre partagé remplace la base de données de la banque

MiCA décrit le registre distribué comme un répertoire d’informations qui enregistre les transactions, partagé et synchronisé entre les nœuds d’un réseau grâce à un mécanisme de consensus. La blockchain en est la forme la plus répandue. Les transactions sont regroupées en blocs, et chaque bloc renvoie au précédent : modifier une écriture ancienne obligerait à réécrire tout ce qui suit. Notre guide pour débutants sur le fonctionnement de la blockchain détaille les blocs, les nœuds et les empreintes (hashes) pas à pas.

Sur les réseaux publics comme Bitcoin et Ethereum, n’importe qui peut faire tourner un nœud, télécharger tout l’historique et le vérifier. Le registre d’une banque, lui, n’est visible que par la banque, ses commissaires aux comptes et ses superviseurs.

La clé privée, ce que vous possédez vraiment

Rien, sur votre téléphone, ne ressemble à « la pièce ». Les unités n’existent que comme écritures dans le registre. Ce que vous détenez, c’est une clé privée, un très long nombre secret qui permet de signer les transactions qui déplacent ces écritures. La SEC le résume sans détour sur investor.gov : un portefeuille crypto ne stocke pas les crypto-actifs eux-mêmes, il stocke les clés privées, les codes d’accès qui permettent de les utiliser.

Un portefeuille de cryptomonnaie est donc un gestionnaire de clés. Il peut prendre la forme d’une application sur téléphone ou d’un petit appareil physique, géré par vous ou par une plateforme pour votre compte. La plupart permettent de sauvegarder la clé sous forme d’une liste de mots, la phrase de récupération (seed phrase). Notre guide des portefeuilles crypto, hébergés ou en auto-conservation compare les options.

Preuve de travail et preuve d’enjeu : qui décide qu’un paiement compte

Sans banque pour approuver les paiements, le réseau doit trouver une autre façon de se mettre d’accord. Le livre blanc de Bitcoin, publié par Satoshi Nakamoto en octobre 2008, a proposé la preuve de travail. Des ordinateurs appelés mineurs rivalisent pour résoudre un calcul coûteux ; le gagnant ajoute le bloc suivant, les autres le vérifient. Réécrire l’historique demanderait plus de puissance de calcul que tout le reste du réseau réuni. Le texte définit d’ailleurs la pièce électronique comme une simple chaîne de signatures numériques.

Ethereum a utilisé la preuve de travail jusqu’au 15 septembre 2022, date à laquelle il est passé à la preuve d’enjeu (proof of stake) lors d’une mise à jour baptisée « the Merge ». Les validateurs immobilisent désormais de l’ether en caution et proposent puis confirment les blocs à tour de rôle ; une tricherie leur coûte une partie de cette caution. Selon ethereum.org, la consommation d’énergie du réseau a baissé d’environ 99,95 %.

Le minage, le staking et les émetteurs créent les nouvelles unités

Qu’est-ce qu’un mineur de cryptomonnaie ? Sur les réseaux à preuve de travail, chaque nouveau bloc rapporte au mineur qui l’a trouvé une récompense en unités fraîchement créées. C’est tout le sens du mot « minage ». Les réseaux à preuve d’enjeu versent à la place des récompenses de staking aux validateurs.

Beaucoup de jetons ne sont jamais minés. Une entreprise ou un contrat intelligent les crée, d’un coup ou selon un calendrier, avant de les vendre ou de les distribuer. Les stablecoins suivent encore une autre logique : l’émetteur crée de nouveaux jetons quand un client dépose des dollars ou des euros, et les détruit quand le client se fait rembourser.

Le nombre d’unités est fixé dans le code

Les règles de Bitcoin plafonnent l’offre : d’après bitcoin.org, il n’existera jamais plus de 21 millions de bitcoins. La récompense par bloc est divisée par deux tous les 210 000 blocs, un événement appelé le halving. Le quatrième halving a eu lieu au bloc 840 000, le 20 avril 2024, et a fait passer la récompense de 6,25 à 3,125 BTC ; le suivant est attendu vers 2028. Notre leçon sur le bitcoin et son offre limitée entre dans le détail.

D’autres réseaux ont fait d’autres choix. L’ether n’a pas d’offre maximale fixe, et le nombre de stablecoins en circulation suit simplement les dépôts et les remboursements. Le calendrier d’émission d’une cryptomonnaie fait partie des premières choses à lire dans sa documentation.

Ce qui garantit une cryptomonnaie, et ce qui ne la garantit pas

La plupart des grandes cryptomonnaies ne reposent sur rien d’extérieur à leur propre réseau. Les stablecoins sont la principale exception.

Bitcoin et ether : aucun émetteur ne vous doit quoi que ce soit

Détenir du bitcoin ne vous donne aucune créance sur personne. Aucune entreprise ne le rachètera à un prix fixé d’avance, aucun État ne se porte garant. Son prix est ce que le prochain acheteur accepte de payer. L’offre limitée et l’usage du réseau pèsent sur ce prix, mais rien ne lui fixe de plancher. L’ether est dans la même situation, même si les applications d’Ethereum ont besoin d’ether pour régler leurs frais.

Les banquiers centraux en tirent une conclusion sévère. Dans son rapport économique annuel du 29 juin 2025, la Banque des règlements internationaux (BRI) estime que les crypto-actifs non adossés se sont imposés comme un actif spéculatif plutôt que comme un moyen de paiement. Leurs défenseurs répondent que l’or n’a pas d’émetteur non plus. Pour un débutant, la leçon pratique est plus simple : il n’y a pas de prix plancher.

Les stablecoins reposent sur des réserves détenues par une entreprise

Les stablecoins comme l’USDT et l’USDC fonctionnent autrement. Une entreprise conserve des liquidités et de la dette publique à court terme en réserve, et promet de rembourser chaque jeton contre un dollar. MiCA appelle « jeton de monnaie électronique » un stablecoin qui suit une seule monnaie officielle, et « jeton se référant à un ou des actifs » celui qui suit d’autres actifs ou un panier. La garantie ne vaut que ce que valent les réserves et l’entreprise qui les détient.

En France comme dans le reste de l’Union, seul l’euro a cours légal : un commerçant ou un créancier n’est pas obligé d’accepter des cryptos. Une crypto n’est pas non plus un dépôt bancaire. Si une plateforme fait faillite, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), qui protège les comptes bancaires jusqu’à 100 000 € par client et par banque, n’intervient pas pour les crypto-actifs. Au Royaume-Uni, la FCA prévient de même qu’il est très peu probable que le fonds d’indemnisation britannique couvre ces pertes. Payer en crypto reste possible quand un commerçant l’accepte : c’est un arrangement privé, pas un droit.

Cryptomonnaie, monnaie fiduciaire, monnaie numérique et euro numérique

L’expression « monnaie numérique » est plus large que « cryptomonnaie ». L’essentiel de l’argent que vous utilisez est déjà numérique : c’est le solde de votre compte courant. Ce qui distingue la crypto, c’est l’émetteur, ou plutôt son absence.

Forme de monnaieÉmetteurCours légalProtectionRegistre
Billets et pièces en eurosBanque centrale (Eurosystème)OuiEngagement de la banque centraleAucun : support physique
Argent sur un compte bancaireBanque commercialeNon, mais convertible en espècesFGDR en France, jusqu’à 100 000 €Base de données privée de la banque
Monnaie numérique de banque centrale (par exemple le futur euro numérique)Banque centraleFixé par sa loi, encore en négociation pour l’euroSerait un engagement de la banque centraleTenu par la banque centrale
Stablecoin (USDT, USDC)Entreprise privéeNonRéserves de l’émetteur ; pas de garantie des dépôtsBlockchains publiques
Bitcoin, etherAucun émetteur ; créés par le réseauNonAucuneBlockchain publique tenue par ses nœuds

La monnaie fiduciaire tire sa valeur de l’État qui l’émet et de la loi qui lui donne cours légal. La crypto renverse ce modèle. La BRI la décrit comme un système qui rejette les intermédiaires de confiance, banques centrales comprises, au profit d’un réseau dispersé de teneurs de registre qui agissent chacun dans leur propre intérêt.

L’euro numérique ne sera pas une cryptomonnaie

Une monnaie numérique de banque centrale (MNBC, ou CBDC en anglais) est de l’argent liquide numérique émis par une banque centrale. Elle peut emprunter une partie de la technologie, mais sur le point essentiel elle est l’inverse d’une crypto : une autorité publique l’émet et la garantit. La Banque centrale européenne a décidé le 30 octobre 2025 de faire passer son projet d’euro numérique à l’étape suivante. Si le texte européen est adopté en 2026, une phase pilote pourrait commencer mi-2027 et l’Eurosystème devrait être prêt pour une éventuelle première émission en 2029. La BCE précise que la décision d’émettre ne sera prise qu’une fois la législation adoptée. Les négociations entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont commencé en juillet 2026 ; en octobre 2026, le règlement était toujours en discussion et aucun euro numérique n’avait été émis.

De DigiCash à MiCA : petite histoire des cryptomonnaies

La crypto n’est pas sortie de nulle part en 2009. Des cryptographes cherchaient à créer de l’argent électronique depuis le début des années 1980, et les premières tentatives dépendaient toutes d’une entreprise qui pouvait disparaître.

DateCe qui s’est passé
Début des années 1980David Chaum publie ses travaux sur les signatures aveugles, base de son argent numérique
1989 à 1998Chaum fonde DigiCash en 1989. La Mark Twain Bank de Saint-Louis, aux États-Unis, accepte son ecash à partir de 1995. DigiCash se place sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites en 1998, et sa monnaie disparaît avec elle
1998Wei Dai décrit b-money, qui deviendra la première référence du livre blanc de Bitcoin. Nick Szabo conçoit « bit gold », qu’il présente publiquement en 2005. Aucun des deux projets n’est construit
31 octobre 2008Le livre blanc de Bitcoin est publié sur une liste de diffusion consacrée à la cryptographie
3 janvier 2009Le bloc de genèse est miné, avec une récompense de 50 BTC et, dans ses données, un titre du quotidien britannique The Times sur un second sauvetage des banques
Juin 2012Lancement du registre XRP (XRP Ledger)
Décembre 2013Dogecoin naît comme une plaisanterie
Avril 2014Lancement de Monero, d’abord sous le nom de BitMonero
Octobre 2014Premiers jetons Tether, alors appelés Realcoin
30 juillet 2015Ethereum démarre avec sa version Frontier
Septembre 2018Lancement de l’USDC
2020Solana lance la version bêta de son réseau principal
15 septembre 2022Ethereum passe à la preuve d’enjeu (the Merge)
31 mai 2023L’Union européenne adopte MiCA
20 avril 2024Quatrième halving du bitcoin
30 juin et 30 décembre 2024Les règles de MiCA sur les stablecoins s’appliquent, puis l’ensemble du règlement
Février 2025Des pirates dérobent environ 1,5 milliard de dollars à la plateforme Bybit
18 juillet 2025Promulgation du GENIUS Act, la loi américaine sur les stablecoins de paiement
1er juillet 2026Fin de la dernière période transitoire de MiCA : un agrément est obligatoire pour servir des clients européens

L’apport de Bitcoin tient en une idée : empêcher qu’une pièce numérique soit dépensée deux fois sans arbitre central. La preuve de travail a rempli ce rôle, et chaque réseau apparu depuis a dû répondre à la même question à sa manière.

Les types de cryptomonnaies, avec des exemples

Il n’existe pas de classement officiel, et beaucoup de projets entrent dans plusieurs cases. Voici les familles qu’un débutant croise en premier ; une prochaine leçon consacrée aux altcoins les reprendra une par une.

FamilleExemplesÀ quoi elle sert
La pionnièreBitcoin (BTC)Argent électronique de pair à pair et réserve de valeur à offre limitée
Plateformes de contrats intelligentsEthereum (ETH), Solana (SOL), Cardano (ADA)Réseaux qui exécutent des programmes : jetons, prêts, échanges, jeux
Réseaux de paiementXRP, Litecoin (LTC)Transferts de valeur rapides ou peu coûteux
StablecoinsTether (USDT), USD Coin (USDC)Un dollar ou un euro sur une blockchain
MemecoinsDogecoin (DOGE)Culture internet et communauté ; une valeur portée presque uniquement par la demande
Cryptos de confidentialitéMonero (XMR)Paiements qui masquent par défaut montants et adresses

Ethereum a droit à sa propre ligne parce qu’une grande partie du reste fonctionne dessus. Notre guide d’Ethereum et des contrats intelligents explique comment un seul réseau peut héberger des milliers de jetons distincts.

Coin et token, deux choses différentes

Un coin est l’unité native de sa propre blockchain : le BTC sur Bitcoin, l’ETH sur Ethereum, le SOL sur Solana. Un token, ou jeton, est créé par un contrat intelligent sur une blockchain qui existe déjà. L’USDC, par exemple, circule sur Ethereum et sur plusieurs autres réseaux sans avoir de chaîne à lui. La différence change qui contrôle l’offre et ce qui peut mal tourner ; c’est le sujet de la prochaine leçon, coins et tokens : ce qui les sépare.

Entre 8 000 et 22 000 cryptomonnaies listées, selon le site qui compte

Combien existe-t-il de cryptomonnaies ? Tout dépend de qui compte. Le 14 octobre 2026, CoinGecko indiquait suivre 22 258 cryptomonnaies sur 1 510 plateformes d’échange. CoinMarketCap en classait 8 131 le même jour, alors que le compteur de sa page d’accueil affichait 63,85 millions de « cryptos ».

L’écart vient des règles d’inscription. Les 63,85 millions recouvrent tous les jetons jamais détectés sur une blockchain, jetons de test et projets abandonnés compris ; sur certains réseaux, créer un jeton prend quelques minutes et coûte peu. Les classements ne retiennent que les actifs qui s’échangent réellement et qui fournissent un minimum de données. L’immense majorité des dizaines de millions de jetons ne s’échange presque jamais.

À quoi sert une cryptomonnaie en pratique

La plupart des détenteurs gardent leurs cryptos comme placement. L’étude SPACE 2024 de la BCE sur les habitudes de paiement montre que 90 % des détenteurs aux Pays-Bas conservaient leurs cryptos uniquement pour investir, contre 82 % en Allemagne et 57 % en France. La France se distingue côté paiements : 25 % des détenteurs français utilisaient leurs cryptos uniquement pour payer, contre 6 % en Allemagne.

En dehors de la spéculation, quatre usages ont trouvé un vrai public :

  • Faire circuler des dollars sur une blockchain. Les stablecoins permettent à des particuliers et à des entreprises d’envoyer de la valeur en dollars d’un pays à l’autre à toute heure, sur des réseaux qui ne ferment jamais.
  • La finance décentralisée : prêter, emprunter et échanger via des contrats intelligents plutôt que par un courtier, comme l’explique notre guide de la DeFi.
  • Les NFT, des jetons uniques pour l’art, les objets de collection ou les objets de jeu. Le fisc américain les compte parmi les actifs numériques, alors que MiCA laisse hors de son champ les jetons uniques et non fongibles.
  • Les produits cotés qui détiennent des cryptos (ETP). La SEC note que beaucoup d’investisseurs s’exposent ainsi, depuis un compte-titres classique, avec le même risque de prix et sans clé à gérer.

Qui détient des cryptos : 9 % dans la zone euro, 17 % des adultes américains

La crypto compte moins d’utilisateurs que sa place dans les médias ne le laisse croire. Selon l’étude SPACE de la BCE, 9 % des personnes interrogées dans la zone euro détenaient des crypto-actifs en 2024, contre 4 % en 2022, avec des pointes à 15 % en Slovénie et 14 % en Grèce.

Outre-Atlantique, 17 % des adultes disaient avoir déjà investi dans une cryptomonnaie, en avoir échangé ou en avoir utilisé, d’après une enquête du Pew Research Center menée du 7 au 11 février 2024 auprès de 10 133 adultes. Pew juge cette part statistiquement stable depuis 2021. En Italie, la part des personnes interrogées pour le rapport de la Consob sur les choix d’investissement des ménages qui détenaient des cryptos est passée de 8 % en 2022 à 18 % en 2023.

Ces enquêtes ne mesurent pas la même chose, de « en a déjà utilisé » aux États-Unis à « en détient aujourd’hui » dans la zone euro : on ne peut pas les classer entre elles.

Pourquoi la cryptomonnaie est dangereuse : les risques que signalent les autorités

Les prix peuvent s’effondrer, et la FCA dit de se préparer à tout perdre

Une crypto non adossée n’a pas de prix plancher, et personne n’est tenu de vous racheter vos unités au prix payé. La page de la FCA consacrée aux crypto-actifs demande aux acheteurs d’être prêts à perdre tout leur argent. L’AMF, dans ses mises en garde, insiste elle aussi sur le caractère spéculatif et très volatil des crypto-actifs.

Les piratages ont coûté plus de 3,4 milliards de dollars en 2025

Des cryptos laissées sur une plateforme ne sont pas mieux protégées que la plateforme elle-même. Plus de 3,4 milliards de dollars ont été volés au secteur en 2025, selon les chiffres de Chainalysis rapportés par le site The Record en décembre 2025, dont au moins 2,02 milliards liés à des pirates nord-coréens. Le plus gros vol a visé la plateforme Bybit en février 2025, pour environ 1,5 milliard de dollars.

Aux États-Unis, la fraude crypto a coûté 11,4 milliards de dollars en 2025

Pour un particulier, l’escroquerie menace davantage que le piratage. Le centre de plaintes pour la cybercriminalité du FBI (IC3) a reçu 181 565 plaintes liées aux cryptomonnaies en 2025, pour des pertes déclarées de 11,366 milliards de dollars, en hausse de 22 % sur un an, selon son rapport 2025 sur la criminalité sur internet. C’est plus de la moitié des 20,877 milliards de dollars perdus, toutes fraudes en ligne confondues, signalées à l’IC3. Les faux placements en crypto représentent à eux seuls 7,228 milliards de dollars.

La SEC décrit le scénario type : un contact gagne votre confiance pendant des semaines, puis vous oriente vers un faux placement. Elle signale aussi des escrocs qui se font passer pour la SEC et de fausses mentions d’agrément. En France, l’AMF publie régulièrement des listes noires de sites et d’offres non autorisés. Notre guide pour repérer et éviter les arnaques crypto recense les signaux d’alerte.

Perdre sa clé, c’est perdre ses cryptos

L’auto-conservation donne un contrôle total et une responsabilité totale. Si vous perdez votre clé privée et la phrase de récupération qui la sauvegarde, personne ne peut la réinitialiser : les unités restent dans le registre, hors d’atteinte pour toujours. Si quelqu’un d’autre obtient la phrase, il peut vider le portefeuille, et le transfert est irréversible. Notre guide pour conserver sa phrase de récupération en sécurité traite des sauvegardes.

L’agrément remplace la garantie des dépôts qui n’existe pas

Puisqu’une crypto confiée à une plateforme n’est pas un dépôt bancaire, votre protection dépend de la façon dont l’entreprise est encadrée, par exemple si elle sépare les actifs de ses clients des siens. Dans l’Union européenne, cela passe par l’agrément MiCA des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA, ou CASP en anglais). Notre explication de MiCA et des agréments CASP montre comment vérifier un prestataire.

Cryptomonnaie légale en France : du statut PSAN à l’agrément MiCA

Acheter et détenir des cryptos est légal en France, comme dans le reste de l’Union européenne, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ce qui change d’un pays à l’autre, c’est l’encadrement des entreprises qui les vendent et l’imposition des gains. Ce qui suit est une information générale à jour en octobre 2026, pas un conseil fiscal.

Depuis la loi PACTE de 2019, les plateformes qui servaient des clients français devaient s’enregistrer auprès de l’AMF comme prestataires de services sur actifs numériques (PSAN). MiCA, applicable dans toute l’Union depuis le 30 décembre 2024, a remplacé ce régime national par un agrément européen. Les PSAN déjà en activité ont bénéficié d’une période transitoire qui a pris fin le 1er juillet 2026. Depuis, une plateforme qui s’adresse à des clients français doit être agréée comme CASP, soit par l’AMF, soit par l’autorité d’un autre pays de l’Union, l’agrément valant alors dans les 27 États membres.

Pour vérifier un prestataire, deux réflexes : consulter la liste blanche des acteurs autorisés publiée par l’AMF et le registre des CASP tenu par l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers. Si le nom figure sur une liste noire de l’AMF, ou n’apparaît nulle part, n’envoyez pas d’argent.

Cryptomonnaies imposables : flat tax, formulaire 2086 et 3916-bis

Les cryptomonnaies sont imposables dès que vous les vendez. La simple détention de cryptos n’est pas imposée en France. Les plus-values des particuliers relèvent de l’article 150 VH bis du Code général des impôts, et l’impôt est déclenché quand vous cédez des actifs numériques contre des euros (ou une autre monnaie ayant cours légal) ou quand vous payez un bien ou un service avec. Un échange d’une crypto contre une autre sans soulte, par exemple du bitcoin contre de l’ether, n’est pas imposé au moment de l’opération.

12,8 % d’impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociaux

Selon la notice officielle du formulaire 2086 publiée sur impots.gouv.fr (revenus 2025), ces plus-values sont imposées au taux forfaitaire de 12,8 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux : c’est le prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax ». Sur option expresse et irrévocable, le foyer peut choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu en cochant la case 3CN de la déclaration 2042 C ; l’option porte sur l’ensemble de ses plus-values sur actifs numériques.

Service-public.fr indique que les prélèvements sociaux sur les revenus de placements atteignent 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, à la suite de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025. La fiche ne traite pas des actifs numériques : vérifiez sur impots.gouv.fr, au moment de déclarer, le taux de prélèvements sociaux appliqué à vos plus-values crypto, et donc le taux global de la flat tax.

Les cessions sont exonérées si le total des prix de cession de l’année ne dépasse pas 305 € pour le foyer, hors échanges sans soulte entre cryptos. Au-delà, la totalité des plus-values devient imposable.

Comment se calcule la plus-value

Le fisc ne raisonne pas crypto par crypto mais sur l’ensemble du portefeuille. La plus-value d’une cession est égale au prix de cession, moins le prix total d’acquisition du portefeuille multiplié par la part que représente la vente dans la valeur globale du portefeuille. Exemple chiffré : vous avez acheté pour 2 000 € de cryptos au total, votre portefeuille vaut 5 000 € et vous vendez pour 1 000 €. La part du prix d’achat imputée à cette vente est de 2 000 × 1 000 / 5 000, soit 400 €, et la plus-value imposable ressort à 600 €. Les frais de la plateforme se déduisent du prix de cession.

Comment déclarer ses cryptos : 2086, 2042 C et 3916-bis

Chaque cession imposable de l’année se détaille sur le formulaire 2086, joint à la déclaration de revenus. Le résultat net se reporte sur la déclaration 2042 C, en case 3AN pour une plus-value ou 3BN pour une moins-value. Même sous le seuil de 305 €, la notice demande d’indiquer les prix de cession.

À part, le formulaire 3916-bis sert à déclarer chaque compte d’actifs numériques ouvert, détenu, utilisé ou clos à l’étranger, par exemple sur une plateforme dont la société n’est pas établie en France. L’oubli est sanctionné par une amende forfaitaire par compte non déclaré, même si le compte n’a servi à aucune vente.

Ailleurs : États-Unis, Royaume-Uni et Italie

La page de l’IRS sur les actifs numériques est claire : pour l’impôt fédéral américain, ce sont des biens, pas une monnaie. Vendre, échanger ou dépenser une crypto peut créer une plus-value ou une moins-value, à court ou long terme selon la durée de détention. Chaque contribuable qui remplit le formulaire 1040 doit répondre par oui ou par non à une question sur ses opérations en actifs numériques de l’année, et les courtiers déclarent depuis le 1er janvier 2025 les transactions sur le nouveau formulaire 1099-DA.

Côté marchés, le président de la SEC, Paul Atkins, a présenté le 12 novembre 2025, dans le cadre de son « Project Crypto », une classification des jetons. Elle sépare les jetons de réseau, les objets de collection numériques et les outils numériques, qui ne seraient pas selon lui des titres financiers, des titres tokenisés, qui en restent. Il s’agit de sa réflexion du moment, pas d’une règle adoptée. Les stablecoins ont obtenu leur loi, le GENIUS Act, promulgué le 18 juillet 2025 après un vote de 308 voix contre 122 à la Chambre des représentants. Le texte plus large sur la structure du marché, le CLARITY Act, a franchi la Chambre en juillet 2025, mais un vote de procédure au Sénat a échoué par 49 voix contre 50 le 15 septembre 2026.

Au Royaume-Uni, la FCA décrit la crypto comme largement non réglementée, à une exception près : sa commercialisation est encadrée. Le fisc britannique taxe comme cessions la vente, l’échange contre une autre crypto, le paiement d’un bien ou d’un service et le don (sauf au conjoint, au partenaire civil ou à une association caritative). Pour 2026-2027, les taux sont de 18 % dans la tranche de base et de 24 % au-delà, avec un abattement annuel de 3 000 livres. En Italie, la plupart des gains en crypto sont taxés à 33 % à partir de 2026, avec un taux maintenu à 26 % pour les jetons de monnaie électronique libellés en euros, en vertu de la loi de finances pour 2026. Les entreprises italiennes inscrites auprès de l’OAM ont pu continuer jusqu’au 30 juin 2026 au plus tard si elles avaient demandé l’agrément.

Cryptomonnaie, comment débuter : quatre vérifications avant le premier achat

Notre guide pas à pas pour acheter des cryptos décrit la marche à suivre. Avant d’en arriver là, quatre habitudes écartent l’essentiel des risques décrits plus haut :

  • Vérifier l’agrément. Cherchez le prestataire sur la liste blanche de l’AMF et dans le registre des CASP de l’ESMA ; s’il se dit agréé ailleurs dans l’Union, l’ESMA doit le mentionner. Notre guide pour choisir une plateforme crypto liste les autres points à comparer.
  • Décider qui garde les clés avant d’acheter : la plateforme, ou vous avec votre propre portefeuille.
  • Commencer avec un montant que vous pourriez perdre en entier sans changer vos projets.
  • Considérer toute promesse de rendement garanti ou fixe comme un signal d’alerte, et ne jamais déplacer des fonds à la demande d’une personne rencontrée en ligne.

Prochaine leçon : coins et tokens, ou pourquoi l’USDC est un token et l’ETH un coin, et ce que cela change pour ceux qui les détiennent.

Sources

  1. Règlement (UE) 2023/1114 sur les marchés de crypto-actifs (MiCA) - EUR-Lex eur-lex.europa.eu
  2. Notice du formulaire 2086 (revenus 2025), plus-values sur actifs numériques - impots.gouv.fr static.impots.gouv.fr
  3. Digital assets - Internal Revenue Service (en anglais) irs.gov
  4. Crypto Assets - Investor.gov, SEC (en anglais) investor.gov
  5. Cryptoassets - Financial Conduct Authority (en anglais) fca.org.uk
  6. 2025 Internet Crime Report - FBI IC3 (en anglais) ic3.gov
  7. L’Eurosystème ouvre la prochaine étape du projet d’euro numérique (30 octobre 2025) - BCE ecb.europa.eu
Rédaction de Coindaro

Qui a écrit cet article

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