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Optimism veut supprimer les élections de son Conseil de sécurité : le Lead nommerait, un veto de 20 % d’OP bloquerait un candidat

Gouvernance Optimism : la Fondation propose que seul le Lead du Conseil de sécurité soit élu ; un candidat siège sauf veto de 20 % de l’OP votable actif.

13 min de lecture

Urne de vote abstraite à côté d’un bouclier et d’une clé sur un fond uni
Sommaire
  1. Élections du Conseil de sécurité d’Optimism aujourd’hui : trois votes par an
  2. Ce qui change concrètement : le Lead désigne, la Token House peut opposer son veto
  3. Le veto à 20 % : ce qu’il faut pour bloquer un candidat
  4. La Fondation contrôle les candidats, mais ne les choisit pas
  5. Pourquoi la Fondation veut mettre fin aux élections de cohortes
  6. Ce que disent les délégués : le silence contre les votes explicites
    1. Offre votable et participation : les deux autres inquiétudes
  7. « En silence » ? La proposition est publique depuis le 22 octobre
  8. Ce que contrôle le Conseil de sécurité sur OP Mainnet
  9. Ce que l’on ignore encore : aucune date de vote

La Fondation Optimism propose de supprimer les élections du Conseil de sécurité d’Optimism pour ses deux cohortes de signataires, le groupe qui doit, avec la Fondation, approuver chaque mise à jour d’OP Mainnet. Selon une proposition de ratification publiée sur le forum de gouvernance d’Optimism le 22 octobre 2026, les détenteurs de jetons de la Token House n’éliraient plus que le responsable du Conseil, le « Lead ». Celui-ci recruterait et désignerait tous les autres signataires, et un candidat obtiendrait son siège à moins que les détenteurs de 20 % de l’offre d’OP « active et votable » votent pour le bloquer.

Le paquet comprend trois documents : la version 2.1.0 du manuel opérationnel, la version 0.2 de la charte du Conseil de sécurité et un nouveau document de critères de sélection des membres, en version 0.1. « Elections for Security Council cohorts are discontinued » (les élections des cohortes du Conseil de sécurité sont abandonnées), écrit la proposition. Aucune date n’a été annoncée pour le vote de ratification.

blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il s’agit d’un projet, pas d’une décision prise. Tout se joue aussi sur une question que le seul délégué à avoir répondu jusqu’ici place au centre du débat : un candidat qui rencontre trop peu d’opposition doit-il être considéré comme approuvé ?

Élections du Conseil de sécurité d’Optimism aujourd’hui : trois votes par an

Aujourd’hui, les sièges du Conseil de sécurité se pourvoient par un vote des détenteurs de jetons. D’après le message de la Fondation, la Token House organise trois élections par an, une pour la cohorte A, une pour la cohorte B et une pour le Lead, chacune tranchée par un vote d’approbation. Le dernier scrutin de la cohorte A, annoncé sur le forum le 29 septembre 2025, mettait en jeu sept sièges de membre et celui du Lead, pour des mandats de 12 mois sans limite du nombre de mandats.

Même aujourd’hui, la Fondation a son mot à dire sur la composition du Conseil. Selon les règles de ce scrutin de 2025, les membres élus devaient passer un contrôle de la Fondation pouvant inclure des vérifications KYC/LCB-FT et de sanctions, et le premier suppléant qualifié prenait la place de quiconque échouait. La Fondation pouvait aussi nommer elle-même des candidats si moins de sept membres éligibles se présentaient. Les nouveaux textes déplaceraient ce contrôle en amont, avant que quiconque soit proposé, et supprimeraient l’étape de l’élection pour tous sauf le Lead.

Ce qui change concrètement : le Lead désigne, la Token House peut opposer son veto

Le détail figure dans la pull request n° 72 du dépôt OPerating Manual, intitulée « Security Council: Lead-Appointed Membership » (Conseil de sécurité : membres désignés par le Lead). Elle a été ouverte le 22 octobre par JSeiferth, reste à l’état de brouillon, n’avait reçu aucune relecture à la consultation du 27 octobre et ne serait fusionnée que si la ratification est adoptée.

Dans ce brouillon, le Lead devient le seul siège élu du Conseil de sécurité. Il ne détient aucune clé de signature : selon la charte, chaque autre participant contrôle une clé sur un multisig Gnosis Safe au seuil de 75 %. Le Lead recrute des candidats, les auditionne et les confronte aux critères de sélection publics. Chaque candidat passe ensuite par la Fondation pour un contrôle KYC/KYB. Ce n’est qu’après que le Lead dépose un nouveau type de proposition, une « Council Appointment » (nomination au Conseil), à raison d’une proposition par candidat.

Une Council Appointment repose sur l’approbation optimiste. Elle comprend une semaine d’examen suivie d’une semaine de veto, soit un cycle complet de deux semaines. Si le seuil de veto n’est pas atteint, le candidat est installé. S’il l’est, le candidat n’obtient pas son siège, la procédure d’appel habituelle ne s’applique pas et le Lead propose quelqu’un d’autre.

La même voie couvrirait les cas que les élections traitent aujourd’hui : un suppléant qui aurait pris la place d’un membre, un membre qui démissionne, un membre qui est révoqué. Le Lead proposerait aussi le budget de fonctionnement du Conseil tous les 12 mois. La mise à jour du manuel ramène la période d’examen générale des propositions de deux semaines à une, ce que la Fondation présente comme un alignement sur la pratique actuelle, dispense les propositions de veto du quorum de 30 % et supprime les mentions de la Citizens’ House.

Marteau abstrait près d’un document signé, d’un sablier et d’un petit groupe de personnes
Chaque candidat ferait l’objet d’une proposition Council Appointment distincte, avec une semaine d’examen et une semaine de veto.
PointAujourd’huiSelon la proposition
Sièges élusCohorte A, cohorte B et le LeadLe Lead uniquement
Élections par anTrois, par vote d’approbationUne, pour le Lead
Comment les autres signataires obtiennent un siègeÉlus par la Token House, puis contrôlés par la FondationDésignés par le Lead après un contrôle KYC/KYB de la Fondation
Ce qui bloque un candidatNe pas gagner l’électionUn veto de 20 % de l’offre d’OP active et votable
Cycle de nominationDeux semaines d’examen, une semaine de voteUne semaine d’examen plus une semaine de veto
Période d’examen des propositionsDeux semainesUne semaine
Révocation du LeadRepresentative Removal : 51 % d’approbation, quorum de 30 %Inchangée

Les signataires actuels ne perdraient pas leur siège dès le premier jour. La Fondation écrit que les documents entrent en vigueur avec le début de la prochaine élection du Lead, que celle-ci suit la ratification et que les signataires en place restent jusqu’à la confirmation de leurs remplaçants.

Le veto à 20 % : ce qu’il faut pour bloquer un candidat

« A nominee is seated unless 20% of active votable OP supply vetoes that nominee » (un candidat est installé, sauf si 20 % de l’offre d’OP active et votable lui oppose son veto), indique la proposition. Le seuil se mesure par rapport à l’offre active et votable, pas aux votes exprimés. Le manuel opérationnel actuel, en version 2.0.0, définit l’offre votable comme l’OP délégué et la tient pour active si ce pouvoir de vote délégué a servi au cours des six derniers mois.

Comme les propositions de veto seraient dispensées du quorum de 30 %, un veto n’a pas besoin d’une forte participation pour compter. Il lui faut assez d’OP derrière lui pour franchir 20 % de cette offre active. Les opposants devraient réunir ce volume dans le cycle de deux semaines. S’ils n’y parviennent pas, le candidat passe.

La révocation du Lead fonctionne en sens inverse. Le manuel opérationnel classe la Representative Removal parmi les propositions à approbation active, qui exigent 51 % d’approbation, et le quorum de 30 % de l’offre active et votable continue de s’y appliquer, puisque le brouillon ne dispense que les propositions de veto. Les motifs sont étroits : manquement aux responsabilités fixées par la charte, ou manquement à l’honnêteté et à la transparence. cp0x demande sur le forum si les délégués pourraient s’en servir pour marquer leur défiance envers la politique de nomination d’un Lead sans devoir prouver un tel manquement. Un siège est pourvu par défaut ; le retirer exige un vote qui franchit le quorum.

La Fondation contrôle les candidats, mais ne les choisit pas

Dans le brouillon, la Fondation joue un rôle de filtre, pas de choix. Les candidatures viennent du Lead élu. La Fondation effectue le contrôle juridique et de conformité, et la Token House garde son veto.

Les critères de sélection des membres en version 0.1 détaillent ce contrôle. Réussir le « Foundation KYC/KYB screening » recouvre des vérifications d’identité et de lutte contre le blanchiment, un filtrage des sanctions et des enquêtes de moralité, ainsi que la signature d’accords de confidentialité et d’accords avec le Conseil. La Fondation vérifie aussi où les participants sont établis. Le Lead doit soumettre chaque candidat à ce contrôle avant de déposer toute nomination.

Les critères fixent des règles de composition pour l’ensemble du Conseil :

  • Au moins la moitié des participants doivent venir de l’extérieur des équipes de développement central d’Optimism.
  • Chaque entité ne peut être liée qu’à un seul participant au plus.
  • Aucun pays ne doit réunir assez de participants pour atteindre à lui seul le quorum du multisig.

Les candidats sont jugés individuellement sur leur compétence technique, leur sécurité opérationnelle (la clé de signature doit résider sur un matériel dédié), leur réputation et l’absence de conflits d’intérêts. Le document attend environ cinq heures actives par mois de chaque membre.

Pour les lecteurs en France et en Europe, ce contrôle est une exigence de la Fondation inscrite dans ses propres textes de gouvernance. Ce n’est pas une règle imposée par un régulateur, et aucun régulateur, ni l’AMF ni une autre autorité, n’est cité dans les documents.

Pourquoi la Fondation veut mettre fin aux élections de cohortes

Dans sa section de motivation, la Fondation énumère trois défauts du système actuel. Trop peu de personnes qualifiées se portent candidates d’elles-mêmes, si bien que beaucoup d’énergie est dépensée à convaincre des candidats avant chaque élection, et un vivier étroit peut installer des membres non qualifiés au Conseil. Les meilleurs profils ne veulent souvent pas faire campagne. Et les délégués, selon la Fondation, n’ont pas les moyens de mener les entretiens et les vérifications qu’une évaluation sérieuse demande.

Le message nomme lui-même le principal risque : un Lead incompétent ou malveillant pourrait chercher à prendre le contrôle du Conseil par ses nominations. Les parades avancées sont que le Lead est élu et révocable à tout moment, qu’il doit démontrer que chaque candidat respecte les critères publiés, qu’il ne peut nommer personne n’ayant pas passé le contrôle KYC/KYB, et qu’il s’expose au veto des délégués sur chaque nom.

Ce que disent les délégués : le silence contre les votes explicites

Une seule réponse figurait sous la proposition au 27 octobre. Elle émane du délégué cp0x, le 26 octobre. Le délégué soutient une recherche de candidats plus professionnelle, mais s’oppose à la proposition en l’état. « We believe these decisions should rest on explicit votes rather than on silence » (nous pensons que ces décisions doivent reposer sur des votes explicites plutôt que sur le silence), écrit-il.

Les chiffres sont les estimations du délégué. D’après le calcul de cp0x, le seuil de 20 % représente environ 11 millions d’OP, soit, selon lui, 38 % à 55 % environ du pouvoir de vote qui a participé aux scrutins de 2026 qu’il a examinés (20 à 29 millions d’OP). Une faible opposition, soutient le message, ne permet pas de distinguer les délégués qui sont d’accord, ceux qui n’ont pas lu la proposition et ceux qui n’ont pas pu s’organiser à temps.

cp0x oppose ce schéma à Uniswap, Aave et Lido, qui, d’après lui, ne comptent que les votes favorables pour le quorum, de sorte qu’un auteur de proposition doit réunir un soutien explicite. Sa demande principale : qu’un candidat soit confirmé lorsque les votes pour dépassent les votes contre, avec un quorum de votes favorables fixé à l’avance.

Œil abstrait au-dessus d’une balance équilibrée, d’un graphique en barres et d’un panneau d’alerte
Selon le délégué cp0x, le veto à 20 % équivaut à environ 38 % à 55 % de l’OP ayant voté dans les scrutins de 2026 qu’il a examinés.

Offre votable et participation : les deux autres inquiétudes

Le message vise aussi le chiffre par rapport auquel le veto est mesuré. Selon cp0x, l’offre active et votable est calculée hors chaîne puis saisie dans le contrat du gouverneur par un multisig, et la méthode a changé en juin, après l’échec de l’élection de la cohorte B à atteindre le quorum. Le délégué réclame un calcul reproductible publié pour chaque vote, et cite le travail d’Arbitrum pour suivre le pouvoir de vote délégué directement sur la blockchain.

Sur la participation, cp0x estime qu’un vote disputé à la mi-2025 avait réuni environ 68 millions d’OP, contre 20 à 29 millions d’OP environ dans les scrutins de 2026 qu’il a étudiés. Il met en garde contre un cercle vicieux : moins de vraies décisions donnent moins de raisons de voter aux délégués, ce qui rend les vetos plus difficiles à organiser.

Les autres demandes du délégué : des mandats à durée fixe avec reconduction (la charte en projet ne fixe aucune limite au nombre de mandats d’un participant), la prise en compte, dans le test d’indépendance, des liens commerciaux avec la Fondation ou OP Labs, un mécanisme de défiance envers le Lead, des statistiques anonymisées sur les refus KYC/KYB et une phase pilote qui exige un vote actif pour se poursuivre. Il a aussi invité L2BEAT à donner son avis. Aucune réponse de L2BEAT ni de l’équipe de la Fondation n’était visible sur le fil au 27 octobre.

« En silence » ? La proposition est publique depuis le 22 octobre

CryptoSlate a couvert la proposition le 27 octobre sous un titre, signé Liam « Akiba » Wright, affirmant que le projet de manuel retire « en silence » les élections des détenteurs de jetons. « En silence » est le mot du média. La proposition a été publiée ouvertement sur le forum de gouvernance le 22 octobre, avec sa justification, une section sur les risques et des liens vers la pull request et les trois documents.

Le fond derrière ce mot est l’argument de cp0x : avec l’approbation optimiste, l’inaction confirme un candidat. TokenPost, dans un article de Simon Yoon publié le 26 octobre, a rapporté le même changement à partir du texte de la proposition. Aucun des deux médias n’a cité de personne nommée en dehors des documents.

Ce que contrôle le Conseil de sécurité sur OP Mainnet

OP Mainnet est une couche 2 d’Ethereum : elle exécute les transactions hors d’Ethereum et les règle ensuite sur celui-ci. Ses contrats peuvent être mis à jour, et celui qui approuve les mises à jour contrôle le code qui détient les dépôts des utilisateurs. D’après la page de L2BEAT consacrée à OP Mainnet, les mises à jour ordinaires comme d’urgence exigent aujourd’hui l’approbation du Conseil de sécurité et de la Fondation, qui cosignent via un multisig deux sur deux. Une mise à jour prend effet dès que les deux ont signé, sans délai onchain ; les mises à jour ordinaires passent d’abord par une fenêtre de veto de sept jours dans la gouvernance.

C’est pourquoi les règles de sélection comptent pour des utilisateurs qui ne votent jamais. Le Conseil est l’une des deux clés de chaque mise à jour. Qui y siège, et la difficulté de l’en écarter, détermine l’indépendance de cette clé par rapport à la Fondation et à OP Labs. La charte prévoit aussi une solution de repli : si le nombre de signataires tombe sous huit, le contrôle du Conseil de sécurité passe à la Fondation.

La proposition est arrivée le jour d’une autre annonce. CryptoSlate rappelle que le 22 octobre, la Fondation Optimism et Uniswap Labs ont annoncé des préparatifs d’interopérabilité entre Unichain et OP Mainnet, et que les mises à jour 20 et 21 préparent l’infrastructure sans l’activer. Pour comparer, notre fiche sur Arbitrum et son Conseil de sécurité explique comment ce réseau répartit le pouvoir, et le plan d’Arbitrum pour rouvrir Stylus avec une signature de la Fondation montre un autre garde-fou tenue par une fondation. Pour les bases, consultez notre guide des couches 1 et 2.

Ce que l’on ignore encore : aucune date de vote

Personne n’a publié la date d’ouverture ni de clôture du vote de ratification, et la page d’annonces du forum n’en affichait aucune le 27 octobre. Les règles de quorum et d’approbation de ce vote de ratification ne figurent pas non plus dans le message.

La pull request est toujours à l’état de brouillon et n’a pas été fusionnée. La Fondation répondra-t-elle à cp0x, ou modifiera-t-elle le modèle de veto avant le vote ? La question reste ouverte. Si la proposition passe, l’étape suivante est une élection du Lead selon les nouvelles règles, puis les premières propositions de Council Appointment, chacune avec son propre cycle de deux semaines.

Sources

  1. Forum de gouvernance Optimism : Proposed Security Council changes, members proposed by Lead and subject to Token House veto (22 octobre 2026) gov.optimism.io
  2. GitHub, ethereum-optimism/OPerating-manual, pull request n° 72 : Security Council Lead-Appointed Membership, avec la charte v0.2 et les critères de sélection v0.1 (brouillon, 22 octobre 2026) github.com
  3. Manuel opérationnel d’Optimism v2.0.0 (version actuelle) : types de propositions, quorum et offre votable github.com
  4. Forum de gouvernance Optimism : Season 8 Security Council Elections, Cohort A and Lead (29 septembre 2025) gov.optimism.io
  5. L2BEAT : page du projet OP Mainnet l2beat.com
  6. CryptoSlate : How Optimism's draft manual silently strips tokenholder elections (27 octobre 2026) cryptoslate.com

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