Capitalisation 2,74 T $ −6,17 % sur 24 heuresVolume 24 h 80,85 Md $Dominance BTC 59,5 %ETH 10,6 %Fear & Greed 68 AviditéCryptos 22 442

BingX : sa licence MiCA autrichienne figure désormais au registre de l’ESMA

La licence MiCA autrichienne de BingX EU figure au registre de l'ESMA : quatre services, 28 pays, pas de date de lancement. Qui est autorisé en France.

Mis à jour 16 min de lecture

Bingx eu mica austria 20261016 v2
Sommaire
  1. Ce que BingX EU annonce, et ce qu’elle passe sous silence
  2. Licence MiCA de BingX : absente du registre de l’ESMA le 16 octobre, puis inscrite
  3. Vienne, porte d’entrée des plateformes offshore dans l’UE
  4. KuCoin, la preuve qu’une licence ne vaut pas feu vert
  5. Licence MiCA : la liste des plateformes autorisées, et celle des absentes
    1. Licence MiCA de Binance : la plus grande plateforme reste à la porte
    2. Bitget : une demande en attente à Vienne
  6. BingX en France : ce que change la fin du régime des PSAN
  7. Comment vérifier une plateforme avant de s’inscrire
  8. Licence MiCA, c’est quoi : ce qu’elle couvre et ce qu’elle exclut
  9. Les prochaines étapes à surveiller

Mise à jour du 19 octobre 2026, 11 h 00 UTC : le fichier du registre de l’ESMA daté du 16 octobre recense désormais BingX EU. L’entrée désigne MEGE zweite GmbH comme société agréée, la FMA autrichienne comme autorité et le 13 octobre 2026 comme date d’autorisation, avec le site www.bingx.eu. Elle mentionne quatre services : la conservation et l’administration de crypto-actifs pour le compte de clients, l’échange de crypto-actifs contre des fonds, l’échange contre d’autres crypto-actifs et les services de transfert pour le compte de clients. Le registre cite 28 pays de l’EEE pour le passeport, dont la France et l’Italie, contre les 29 annoncés par BingX : l’Espagne et Malte n’y figurent pas. BingX n’a toujours pas donné de date de lancement. Cointelegraph a signalé l’ajout le 19 octobre. Les passages ci-dessous, rédigés le 16 octobre, ont été corrigés là où les faits ont changé.

BingX, la plateforme offshore surtout connue pour le copy trading et les contrats à terme perpétuels, affirme que sa filiale européenne a obtenu une licence MiCA auprès de l’Autorité autrichienne des marchés financiers (FMA). Selon l’annonce publiée le 14 octobre 2026, BingX EU, une société viennoise immatriculée sous le nom de MEGE zweite GmbH, peut servir des clients particuliers et institutionnels dans ce qu’elle présente comme 29 pays de l’Espace économique européen, « sous réserve des procédures de passeport en cours ». Finance Magnates a été le premier média à relayer la nouvelle. Lorsque Coindaro a consulté le registre intérimaire des prestataires crypto agréés tenu par l’ESMA le 16 octobre, BingX EU n’y figurait pas encore.

Ce décalage tenait au calendrier : le fichier que nous avons lu le 16 octobre datait du 7 octobre, une semaine avant l’annonce. Le fichier suivant de l’ESMA, publié dans l’après-midi du 16 octobre, a ajouté BingX EU avec une date d’autorisation au 13 octobre, ce qui confirme la licence au-delà du communiqué de BingX et des médias qui l’ont repris.

L’annonce en dit pourtant long sur l’état de la course aux licences en Europe, trois mois et demi après le 1er juillet 2026. Ce jour-là, les dernières périodes transitoires nationales ont expiré et les acteurs sans licence ont dû cesser de servir des clients dans l’Union ; en France, c’est aussi la date qui a refermé le régime des PSAN. Vienne est devenue la porte d’entrée préférée des plateformes installées hors de l’UE. Et la liste officielle des détenteurs d’une licence MiCA sépare désormais nettement les grands noms : Coinbase, Kraken, OKX, Bybit, Crypto.com, Gemini, Bitpanda et Revolut en ont une, Binance et Bitget non.

Ce que BingX EU annonce, et ce qu’elle passe sous silence

D’après le communiqué, repris par CryptBull sous une date de Vienne le 15 octobre, la licence couvre des services de courtage, dont la conservation et l’échange de crypto-actifs. Daniel Lai, directeur général de BingX EU, y déclare : « Opérer sous MiCAR nous permettra de fournir nos services dans un cadre réglementaire clair. » BingX a aussi annoncé la nouvelle sur X le 14 octobre, a relevé Finance Magnates.

Aucune date de lancement n’est avancée. BingX EU dit se préparer à ouvrir, sans préciser les premiers services proposés, le site que les clients européens utiliseront ni les pays servis en priorité, selon Finance Magnates, The Crypto Times et le communiqué lui-même. Rien non plus sur la façon dont les utilisateurs européens actuels de la plateforme mondiale de BingX seront basculés vers la nouvelle entité.

blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il y a quatre mois, le tableau était tout autre. Dans un avis publié sur son centre d’aide le 16 juin 2026, BingX indiquait que BingX EU avait déposé une demande auprès de la FMA et que l’examen était à un stade avancé, avant de préciser : « Aucune autorisation MiCAR n’a été accordée à ce stade. » Le 1er juillet, jour de la fin de la transition, Finance Magnates n’a pas réussi à ouvrir un nouveau compte BingX depuis une adresse IP européenne, d’après le résumé de ce test publié par The Crypto Times. L’essai ne portait que sur l’inscription, pas sur les comptes existants.

Dans le paragraphe de présentation qui clôt son communiqué, BingX revendique plus de 40 millions d’utilisateurs dans le monde ; nous ne disposons d’aucun chiffre indépendant. La plateforme a un incident de sécurité à son passif : le 20 septembre 2024, ses portefeuilles chauds ont été vidés, avec des pertes estimées entre plus de 43 millions de dollars (PeckShield, cité par The Block) et environ 52 millions de dollars (Cyvers). BingX avait promis d’indemniser intégralement ses utilisateurs.

Licence MiCA de BingX : absente du registre de l’ESMA le 16 octobre, puis inscrite

L’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers, publie son registre intérimaire des prestataires de services sur crypto-actifs (les CASP, appelés PSCA en France) sous la forme d’un fichier CSV téléchargeable. La version que nous avons ouverte le 16 octobre avait été modifiée pour la dernière fois le 7 octobre 2026 à 13 h 00 GMT et comptait 370 entrées. Elle ne mentionne ni BingX EU ni MEGE zweite GmbH.

Le média espagnol Demócrata a écrit le 15 octobre que l’autorisation autrichienne permet à BingX EU d’entrer dans le registre de l’ESMA et d’utiliser le passeport européen. L’ordre des étapes compte pour l’utilisateur : le régulateur national informe l’ESMA, l’ESMA ajoute l’entrée à son fichier, et le passeport vers les autres pays passe par une notification distincte, prévue à l’article 65 de MiCA. Tant que l’entrée n’apparaissait pas, la formulation exacte était celle-ci : BingX affirme que la FMA lui a accordé la licence, et cette autorisation n’était pas encore visible dans le registre de l’ESMA le 16 octobre. C’était la situation au moment de la rédaction. Le fichier publié par l’ESMA plus tard dans la journée recense BingX EU, et son champ passeport cite 28 pays, et non les 29 avancés par BingX : l’Espagne et Malte manquent.

Par pays d’origine, le fichier du 16 octobre (378 lignes, 375 sociétés distinctes par code LEI) place l’Allemagne en tête avec 109 entrées, devant la France (36), les Pays-Bas (29), Chypre (25), Malte (23), l’Espagne (16) et le Luxembourg (13). L’Autriche en compte désormais 12, à égalité avec la Tchéquie, l’Irlande, le Liechtenstein et la Lettonie. L’Italie en a 10.

Vienne, porte d’entrée des plateformes offshore dans l’UE

L’Autriche compte moins d’acteurs agréés que l’Allemagne ou la France, mais pas le même profil. Sur ses 12 entrées, cinq sont les filiales européennes de groupes établis hors de l’UE : Bybit, KuCoin, WhiteBIT, OSL et désormais BingX EU, douzième entrée autrichienne.

EntitéMarqueAgréée par la FMA le
Bitpanda GmbHBitpanda9 avril 2025
Bybit EU GmbHBybit28 mai 2025
Cryptonow GmbHCryptonow15 octobre 2025
AMINA (Austria) AGAMINA EU29 octobre 2025
FIOR Digital GmbH21bitcoin27 novembre 2025
KuCoin EU Exchange GmbHKuCoin EU27 novembre 2025
DADAT Krypto GmbHDADAT16 décembre 2025
Coinfinity GmbHCoinfinity19 décembre 2025
Validvent Technology GmbHValidvent15 avril 2026
WB-Shields Innovations GmbHWhiteBIT EU18 juin 2026
OSL EU GmbHOSL EU7 juillet 2026
MEGE zweite GmbHBingX EU13 octobre 2026

Source : registre intérimaire des CASP de l’ESMA, fichier du 7 octobre 2026, consulté par Coindaro le 16 octobre 2026 ; ligne BingX EU tirée du fichier du 16 octobre, consulté le 19 octobre.

Bitpanda, société autrichienne, a été la première entreprise du pays à recevoir une licence MiCAR de la FMA, en avril 2025, rapportait alors Trending Topics. Elle détient aussi des licences par l’intermédiaire de sociétés du groupe en Allemagne et à Malte. Bybit a suivi en mai 2025. Son entrée au registre énumère 29 pays de l’EEE où elle peut exercer, dont l’Autriche, la France et l’Italie ; Malte est le seul État de l’EEE absent de cette liste. WhiteBIT EU a annoncé sa licence autrichienne le 19 juin 2026, et OSL EU a été agréée le 7 juillet. (Notre avis sur Bybit détaille ce qui distingue l’entité européenne de la plateforme mondiale.)

Le régulateur autrichien récuse l’image d’une porte qu’il suffirait de pousser. En février 2026, alors que huit prestataires crypto détenaient une licence MiCAR en Autriche (trois sociétés locales, une banque autrichienne et quatre filiales de groupes étrangers), Mariana Kühnel, membre du directoire de la FMA, a assuré que ce nombre ne traduisait aucun laxisme dans l’instruction des dossiers. « Nous voulons à Vienne des prestataires pour qui la conformité n’est pas une corvée, mais un facteur stratégique de réussite », a-t-elle déclaré, selon la traduction anglaise publiée par VOL.at le 25 février.

L’autre modèle, c’est Malte, qui héberge les entités européennes d’OKX, de Crypto.com, de Gate et de Gemini. La logique est la même dans les deux cas : une licence dans un État membre, puis des notifications de passeport vers autant d’autres pays de l’EEE que la société souhaite servir, France comprise.

Illustration d'un globe, d'un pont, d'une ville et d'une balance de la justice
Une licence à Vienne ou à Malte, puis un passeport vers les autres pays de l'EEE, France comprise.

KuCoin, la preuve qu’une licence ne vaut pas feu vert

Le régulateur autrichien a déjà montré qu’il pouvait retenir une société qu’il a lui-même agréée. La FMA a autorisé KuCoin EU Exchange GmbH le 27 novembre 2025. Le 19 février 2026, elle lui a interdit de prendre de nouvelles affaires, car les postes de responsable de la lutte contre le blanchiment et de responsable de la conformité aux sanctions, ainsi que ceux de leurs suppléants, étaient vacants, a rapporté Cointelegraph.

La FMA a levé cette interdiction le 18 mai 2026. Dans le même communiqué, elle a précisé qu’une décision distincte du 18 février, qui interdit à KuCoin EU de démarrer ses activités, restait en vigueur, en invoquant des défaillances de gouvernance et l’absence de fonctions clés au sein de la direction. KuCoin EU figure pourtant bien dans le registre de l’ESMA, avec une date d’autorisation en bonne et due forme.

Un nom dans le registre signifie qu’un régulateur a délivré une autorisation. Il ne dit pas que la plateforme fonctionne, ni qu’elle a le droit de fonctionner aujourd’hui.

Licence MiCA : la liste des plateformes autorisées, et celle des absentes

Voici où en étaient les plateformes les plus connues dans le registre intérimaire de l’ESMA lors de notre vérification du 16 octobre 2026, la ligne de BingX EU étant mise à jour au 19 octobre. La date est celle de l’autorisation inscrite dans le fichier ; le pays est l’État d’origine qui l’a délivrée.

PlateformeEntité MiCA (État d’origine)Autorisation
OKXOKX Europe Ltd (Malte)27 janvier 2025
Crypto.comForis DAX MT Ltd (Malte)27 janvier 2025
BitpandaBitpanda GmbH (Autriche)9 avril 2025
BitstampBitstamp Europe S.A. (Luxembourg)15 mai 2025
BybitBybit EU GmbH (Autriche)28 mai 2025
CoinbaseCoinbase Luxembourg S.A. (Luxembourg)20 juin 2025
KrakenPayward Europe Solutions Ltd (Irlande)25 juin 2025
BitvavoBitvavo B.V. (Pays-Bas)26 juin 2025
GeminiGemini Intergalactic EU Ltd (Malte)21 août 2025
GateGate Technology Ltd (Malte)29 septembre 2025
RevolutRevolut Digital Assets (Europe) Ltd (Chypre)20 octobre 2025
KuCoin EUKuCoin EU Exchange GmbH (Autriche)27 novembre 2025
WhiteBIT EUWB-Shields Innovations GmbH (Autriche)18 juin 2026
BingX EUMEGE zweite GmbH (Autriche)13 octobre 2026 (inscrite dans le fichier du 16 octobre)
BinanceAucunePas de licence
BitgetAucune (demande déposée en Autriche, selon sa directrice générale)Pas de licence
MEXC, HTXAucune trouvéePas de licence

Les premières licences sont tombées fin 2024 et début 2025 : MoonPay aux Pays-Bas le 30 décembre 2024, puis OKX et Crypto.com à Malte le 27 janvier 2025. La plupart des grandes plateformes occidentales avaient obtenu la leur à l’été 2025.

Licence MiCA de Binance : la plus grande plateforme reste à la porte

Binance a retiré sa demande en Grèce fin juin 2026, environ une semaine après que Reuters a rapporté que la Commission hellénique des marchés de capitaux s’apprêtait à la rejeter, selon Decrypt. Les utilisateurs en France, en Italie, en Pologne et en Espagne ont ensuite reçu des courriels annonçant que Binance ne pouvait plus accepter de nouvelles inscriptions et allait restreindre ses services, a rapporté CoinDesk. « Nos ambitions en Europe restent les mêmes, et nous sommes convaincus d’obtenir une licence MiCA dans les mois à venir », a déclaré l’entreprise à CoinDesk.

Binance a annoncé qu’elle déposerait une demande dans un autre État membre. Le Financial Times, citant des personnes au fait du projet, a indiqué qu’elle se tournerait vers la France, selon CoinDesk ; le dossier relèverait alors de l’AMF. Au 16 octobre, nous n’avons trouvé ni nouvelle demande confirmée ni licence.

Bitget : une demande en attente à Vienne

Bitget ne figure pas non plus au registre. Sa directrice générale, Gracy Chen, a confirmé sur X le 17 juin 2026 que Bitget EU avait déposé une demande auprès de la FMA, et indiqué que la plateforme ne fournirait pas de services dans l’EEE sans autorisation, a rapporté The Cryptonomist le 2 juillet. Nous n’avons trouvé aucune décision depuis. Si la FMA donne son feu vert, Bitget rejoindra le même groupe viennois que Bybit, KuCoin, WhiteBIT, OSL et désormais BingX.

BingX en France : ce que change la fin du régime des PSAN

En France, la période transitoire des prestataires enregistrés comme PSAN a pris fin le 1er juillet 2026. Depuis, comme l’a rappelé l’AMF, « seuls les prestataires sur crypto-actifs (PSCA) autorisés » peuvent servir des clients dans le pays. Fournir ces services sans ce statut expose à une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, en vertu du Code monétaire et financier (articles L. 54-10-4 et L. 572-23). L’AMF peut publier, assorties d’une mise en garde, des listes d’acteurs non autorisés et demander au juge le blocage de leurs sites. Les PSAN qui ne pouvaient pas se mettre en conformité avaient jusqu’au 30 mars 2026 pour engager une fermeture ordonnée de leur activité.

La France compte 36 entrées dans le registre de l’ESMA, parmi lesquelles Coinhouse (7 mai 2026), Paymium et Meria (22 juin 2026), SwissBorg (5 mars 2026), Deskoin, Circle et SG Forge. Selon Journal du Coin et iPhoneSoft en juin 2026, 83 des 117 PSAN enregistrés ont obtenu leur autorisation à temps ; ce décompte est celui de ces médias, pas celui de l’AMF.

Une société agréée en Autriche peut servir des clients français une fois que sa notification de passeport, prévue à l’article 65, est parvenue à l’AMF. L’entrée de BingX EU au registre cite déjà la France parmi ses 28 pays de passeport, mais tant que la plateforme n’est pas ouverte, il n’existe aucun service BingX régulé par MiCA pour les utilisateurs français.

En Italie, le régime transitoire a été plus court. Les VASP inscrits au registre de l’OAM pouvaient continuer d’opérer jusqu’au 30 décembre 2025 ; ceux qui avaient demandé une autorisation de CASP à cette date pouvaient poursuivre jusqu’à la décision, mais au plus tard le 30 juin 2026, en vertu du décret-loi 95/2025, comme l’a détaillé la Consob le 4 décembre 2025. Les sociétés sans demande en cours devaient cesser leur activité, restituer les actifs de leurs clients et mettre fin à la conservation.

Neuf sociétés italiennes figuraient au registre de l’ESMA le 16 octobre : Banca Sella (27 avril 2026), CheckSig (6 mai), CoinFlip (4 juin), RIV-Digital (10 juin), Conio (16 juin), Cryptosmart (24 juin), ainsi que Young Platform, Hodli et Hercle (toutes le 30 juin). YouHodler Italy les a rejointes dans le fichier du 16 octobre, ce qui porte le total à 10. La même règle du passeport s’applique à BingX EU en Italie, que son entrée au registre cite parmi ses 28 pays.

Comment vérifier une plateforme avant de s’inscrire

L’AMF et la Consob renvoient vers les mêmes outils. Quatre vérifications couvrent la plupart des cas :

  1. Chercher l’entité juridique européenne de la plateforme, et pas seulement sa marque, dans le registre intérimaire des CASP de l’ESMA (pour BingX EU, l’entité s’appelle MEGE zweite GmbH).
  2. En France, consulter la liste des PSCA autorisés tenue par l’AMF, ainsi que ses listes noires. En Italie, la Consob renvoie à la liste de l’OAM et au registre MiCAR de l’ESMA.
  3. Vérifier que l’entité est passeportée vers votre pays, ou qu’elle y est autorisée directement.
  4. Lire les actualités du régulateur de l’État d’origine : la FMA a publié chacune de ses décisions sur KuCoin EU sur son propre site.

Notre guide pour choisir une plateforme d’échange crypto passe en revue les autres points à contrôler, des frais à la sécurité.

Illustration d'une loupe, d'un document, d'un ordinateur portable et d'un bouclier
Avant d'ouvrir un compte, vérifier le registre de l'ESMA puis la liste des PSCA de l'AMF.

Licence MiCA, c’est quoi : ce qu’elle couvre et ce qu’elle exclut

MiCA, le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs, est entré en vigueur en juin 2023. Ses règles sur les stablecoins s’appliquent depuis le 30 juin 2024 et celles visant les prestataires depuis le 30 décembre 2024, avec des périodes transitoires nationales d’au plus 18 mois, achevées au plus tard le 1er juillet 2026. La France a utilisé la totalité de ce délai. Une licence de CASP énumère les services qu’une société peut fournir, par exemple la conservation, l’échange de crypto-actifs contre de la monnaie ou d’autres crypto-actifs, l’exécution d’ordres ou l’exploitation d’une plateforme de négociation.

Le fichier de l’ESMA du 16 octobre répond à la question que le communiqué laissait ouverte. BingX EU est agréée pour quatre services : la conservation et l’administration de crypto-actifs pour le compte de clients, l’échange de crypto-actifs contre des fonds, l’échange contre d’autres crypto-actifs et les services de transfert. L’exploitation d’une plateforme de négociation, l’exécution d’ordres, la réception et la transmission d’ordres, le conseil et la gestion de portefeuille n’y figurent pas.

Un point ressort clairement du texte lui-même. MiCA couvre les services crypto au comptant ; les produits dérivés comme les contrats perpétuels relèvent de MiFID, les règles européennes sur les instruments financiers. Les produits phares de BingX ne sont donc pas couverts par une licence MiCA. BingX n’a pas dit ce qu’elle compte proposer en Europe dans ce domaine, ni même si elle compte y proposer quoi que ce soit. Pour le cadre complet, voir notre explication du règlement MiCA.

Les prochaines étapes à surveiller

Premier repère, le registre de l’ESMA a bougé : BingX EU y figure depuis le fichier du 16 octobre. Restent une date de lancement et les premiers services proposés, que BingX n’a pas communiqués, et l’éventuel ajout de l’Espagne et de Malte, absentes des 28 pays du registre.

Le prochain mouvement de Binance pèsera davantage sur le marché : une nouvelle demande, en France si l’information du Financial Times se confirme, serait son premier pas vers un retour. La supervision pourrait aussi changer. Le 9 octobre, les ministres des Finances de l’UE se sont accordés sur des éléments clés de la position du Conseil concernant un ensemble de mesures qui confierait à l’ESMA la supervision directe des plus grands acteurs crypto, selon un communiqué du Conseil ; le Parlement européen doit encore adopter sa propre position. Les plateformes agréées doivent aussi respecter l’échéance de janvier fixée par l’ESMA pour retirer les stablecoins non conformes, détaillée dans notre article sur l’échéance des stablecoins non conformes à MiCA.

Plus loin, le règlement européen anti-blanchiment s’appliquera à partir du 10 juillet 2027, et le premier échange de données fiscales sur les crypto-actifs entre États membres au titre de DAC8 est prévu au plus tard le 30 septembre 2027. Pour un contribuable français, DAC8 signifie que les informations sur un compte ouvert auprès d’une plateforme établie dans un autre pays de l’UE remonteront à l’administration fiscale. Les deux textes s’appliqueront à toutes les plateformes agréées, BingX EU comprise, une fois qu’elle aura ouvert.

Sources

  1. ESMA, interim MiCA register: crypto-asset service providers (CSV, files of 7 and 16 October 2026) esma.europa.eu
  2. FMA, FMA lifts ban on new business for KuCoin EU Exchange GmbH; commencement of business operations remains prohibited fma.gv.at
  3. AMF, L'AMF rappelle que la période transitoire pour les PSAN prend fin amf-france.org
  4. Consob, Communication no. 16/25 of 4 December 2025 consob.it
  5. Finance Magnates, BingX EU Secures Austrian MiCA Licence to Enter 29 EEA Markets financemagnates.com
  6. CoinDesk, Binance tells EU users it will no longer provide services after failing to secure MiCA license coindesk.com
  7. Cointelegraph, ESMA Adds BingX, YouHodler to MiCA Crypto Register (19 October 2026) cointelegraph.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *