Payward, la maison mère de la plateforme Kraken, a annoncé jeudi 5 novembre qu’un de ses fonds affiliés, Digital Asset Special Investments I, blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">LP, et les clients de ce fonds ont acheté de l’AAVE, le jeton de gouvernance du protocole de prêt Aave, sur le marché secondaire. Le communiqué de Payward, daté de Cheyenne (Wyoming), ne donne ni montant, ni prix, ni nombre de jetons. wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il précise que Payward « pourrait procéder à d’autres acquisitions à l’avenir ». Aave Labs a publié un texte quasi identique sur son propre blog le même jour, sans la citation de son directeur général que contient la version de Payward.
Quand les titres écrivent que Kraken achète de l’AAVE, l’acheteur est en réalité un fonds de Payward agissant avec ses clients, et les jetons ont été acquis sur le marché secondaire. Le texte ne mentionne aucune participation au capital d’une société. Le point compte à cause de juin, lorsqu’un article avait décrit une opération bien plus grosse, qui incluait du capital d’Aave Group.
CoinDesk, qui a publié son article à 9 h 00 EST (14 h 00 UTC) le 5 novembre, écrit que l’annonce « ne mentionne aucune prise de participation au capital ». Le sous-titre du communiqué indique seulement que Payward et Aave « explorent des opportunités de collaboration sur de futures initiatives », sans dire lesquelles. The Block, dans son article du même jour, ne trouve pas non plus de conditions financières. Nous n’avons relevé aucun chiffre sur la taille de l’achat, ni dans les sources primaires ni dans les sources secondaires : cet article n’en donne donc pas.
Aave et Kraken : un achat par un fonds de Payward et ses clients
Le communiqué désigne précisément l’acheteur : Digital Asset Special Investments I, LP, présenté comme un fonds d’investissement « affilié à Payward », qui agit avec ses clients. Il ne dit pas si le bilan de Payward lui-même a participé, ni comment le fonds est structuré, ni qui sont ses clients. L’opération est présentée comme une étape pour Payward Asset Management, que le groupe range parmi ses cinq piliers et qui propose aux investisseurs des produits sur actifs numériques, des produits de rendement structurés et des produits tokenisés.
Payward écrit aussi que sa « solide relation avec Aave » a rendu possible ce qu’il appelle un investissement conjoint. Le communiqué n’explique pas en quoi consiste cette relation aujourd’hui.
Gurpreet Oberoi, vice-président de Payward Asset Management and Institutional, déclare dans le communiqué : « Cet investissement reflète notre conviction de long terme dans les marchés du crédit onchain et la DeFi. » Il rattache l’achat à la demande de clients qui cherchent une exposition à ce type d’infrastructure.
Stani Kulechov, fondateur et directeur général d’Aave Labs, est cité dans le communiqué de Payward : « Travailler avec Payward est une étape stratégique pour amener Aave vers la prochaine vague d’utilisateurs particuliers et institutionnels. » Il dit aussi que l’investissement montre la confiance dans le cadre « Aave Will Win », un plan que nous détaillons plus bas.
Ni montant, ni prix, ni capital : ce que Payward n’a pas dit
Ni Payward ni Aave n’ont indiqué les éléments suivants, et nous n’avons pas pu les établir par d’autres sources au 6 novembre vers 14 h 15 UTC :
- le nombre d’AAVE achetés, leur valeur en dollars et le prix moyen payé ;
- l’identité des vendeurs : le communiqué parle seulement d’« achats sur le marché secondaire », ne nomme aucune contrepartie et ne dit pas si des jetons proviennent de l’allocation détenue par Aave Labs ;
- la présence ou non de l’argent de Payward dans le fonds, ou seulement celui des clients ;
- l’existence d’un blocage des jetons, et l’usage que le fonds fera de leurs droits de vote dans la gouvernance d’Aave ;
- le contenu de la collaboration annoncée, et le sort de la prise de participation évoquée en juin.
Nous avons aussi cherché des traces du véhicule lui-même. Nous n’avons trouvé aucun enregistrement officiel au nom de Digital Asset Special Investments I, LP, ni adresse on-chain présentée comme lui appartenant dans les articles consultés. Payward, Aave et les articles de presse cités ici n’en donnent aucune. Sans adresse, personne en dehors des deux sociétés ne peut vérifier la taille de la position sur la blockchain.

Le 15 % de juin et pourquoi Kulechov parlait d’un article inexact
La presse a rapproché l’annonce de jeudi d’un épisode du 25 juin 2026. Ce jour-là, CoinDesk avait révélé, en citant deux sources anonymes, que Payward négociait l’achat de 15 % d’Aave sur la base d’une valorisation de 385 millions de dollars. Selon le rappel publié par CoinDesk le 5 novembre, la proposition portait sur 250 000 AAVE et sur une participation de 15 % au capital ordinaire d’Aave Group.
Kulechov avait répondu sur X le jour même. « Premièrement, il n’y a AUCUNE chance que nous vendions de l’AAVE avec 70 % de décote, lol », avait-il écrit, selon The Block du 25 juin. Le média relevait que la valorisation évoquée représentait environ 30 % de la valeur pleinement diluée d’AAVE à l’époque, d’où la décote qu’il mentionnait. Il jugeait « inexact » l’angle de l’article.
Il n’excluait pourtant pas toute vente. « Aave Labs détient une allocation d’AAVE que plusieurs acteurs du marché ont discuté d’acheter », avait-il écrit, en ajoutant que de telles opérations pourraient se faire directement ou au sein de partenariats de plus long terme, toujours d’après The Block. C’est cette phrase qui fait lire les discussions de juin et l’achat de novembre comme un seul feuilleton, même si aucune des deux sociétés n’établit ce lien dans le communiqué de jeudi.
Les deux opérations décrites ne sont pas de même nature. Le récit de juin portait sur une transaction privée avec Aave, à un prix négocié et avec du capital. L’annonce de novembre concerne des jetons achetés sur le marché secondaire, sans aucune action de société. Personne n’a dit officiellement si la première a été abandonnée, transformée en la seconde ou si elle est toujours discutée.
Pourquoi acheter de l’AAVE sur le marché plutôt qu’auprès d’Aave
L’objection de Kulechov en juin portait sur le prix : une vente avec 70 % de décote. Un achat sur le marché ouvert contourne le problème, puisque le fonds paie ce que paient tous les autres. Une personne au fait du dossier, citée sans être nommée par CoinDesk, y voit un « signal d’alignement » entre les deux sociétés, parce que l’achat se fait sur le marché et non directement auprès d’Aave. Aucune des deux entreprises ne l’a dit officiellement.
Le site français Coin Academy proposait le 6 novembre sa propre lecture : un achat sur le marché place Payward dans la même situation que n’importe quel autre investisseur, sans accord privé ni décote. C’est l’analyse du média, pas une déclaration de Payward. Coin Academy suggérait aussi que la participation de juin n’a pas été formellement écartée ; nous n’avons trouvé aucune source officielle sur ce point, ni dans un sens ni dans l’autre.
Ce que donne l’AAVE : des votes et la promesse de revenus « Aave Will Win »
L’AAVE ne représente pas des actions d’Aave Labs, la société qui développe le logiciel. Le jeton donne à ses détenteurs un droit de vote sur le réseau Aave et sur sa trésorerie, gérée par l’Aave DAO. Notre fiche du jeton AAVE explique le fonctionnement du jeton, de son offre et de son staking.
C’est pour cela que le cadre « Aave Will Win » figure dans le communiqué. Approuvé par la gouvernance d’Aave en avril 2026, avec environ 75 % de soutien selon The Block, il engage Aave Labs à verser à la trésorerie de l’Aave DAO les revenus des produits de marque Aave, en plus des frais que le réseau génère déjà. Il s’agit de faire remonter davantage de l’argent gagné autour d’Aave vers la trésorerie que gouvernent les détenteurs du jeton.
En juin, Kulechov évaluait les revenus annualisés d’Aave à 134 millions de dollars, versés à la DAO, selon The Block, et écrivait : « Aucun revenu de protocole ou de produit ne va à Aave Labs », qu’il décrivait comme un prestataire de services de la DAO. Il ajoutait que l’équipe concevait « Aavenomics 3.0 », qui inclurait « un nouveau mécanisme de rachat automatisé et non discrétionnaire ». Les sources de cet article ne donnent pas de date de lancement pour ce mécanisme.
Pour un fonds comme celui de Payward, ces règles constituent l’argument d’investissement : un jeton dont les détenteurs pilotent une trésorerie alimentée par les revenus du protocole et des produits. Notre guide sur la DeFi institutionnelle et ce que les banques adoptent vraiment revient sur la manière dont les institutions abordent ce type d’exposition.
Aave en chiffres : 33 milliards de dollars de dépôts selon Aave, 16 milliards de TVL selon DefiLlama
Le communiqué de Payward décrit le réseau Aave comme détenant « 33 milliards de dollars de dépôts nets et 11 milliards de dollars de prêts actifs ». La version du texte publiée sur le blog d’Aave donne les mêmes 33 milliards, mais 12 milliards de dollars de prêts actifs. Nous rapportons les deux chiffres, car les deux pages officielles divergent.
Les outils de suivi comptent autrement. DefiLlama affichait une valeur totale verrouillée (TVL) d’Aave de 16,16 milliards de dollars à 13 h 49 UTC le 6 novembre. Ce chiffre exclut les actifs déjà prêtés, que DefiLlama présente à part : 11,76 milliards de dollars. Les deux sources emploient des méthodes différentes, leurs totaux ne sont donc pas directement comparables.
La série quotidienne de DefiLlama montre l’effet du piratage de Binance du 30 octobre, puis un rétablissement partiel :
| Date (00 h 00 UTC) | TVL d’Aave, DefiLlama |
|---|---|
| 29 octobre | 17,65 milliards de dollars |
| 30 octobre | 15,91 milliards de dollars |
| 31 octobre | 16,04 milliards de dollars |
| 1er novembre | 16,24 milliards de dollars |
| 2 novembre | 16,41 milliards de dollars |
| 3 novembre | 16,40 milliards de dollars |
| 4 novembre | 16,34 milliards de dollars |
| 5 novembre | 17,18 milliards de dollars |
| 6 novembre | 16,20 milliards de dollars |
La chute du 30 octobre correspond au jour du piratage de Binance, après lequel Aave a laissé neuf actifs à un ratio prêt/valeur de zéro ; notre article sur la réouverture d’Aave avec neuf actifs à LTV zéro détaille l’épisode. Par réseau, Ethereum portait 13,27 milliards de dollars du total le 6 novembre, loin devant Base (0,54 milliard), Arbitrum (0,49 milliard), Plasma (0,41 milliard), Avalanche (0,37 milliard), Monad (0,30 milliard) et BNB Chain (0,19 milliard).
Le cours de l’AAVE a reculé le jour de l’annonce
L’AAVE n’a montré aucun bond visible quand l’achat est devenu public. Sur le marché AAVE-USD de Coinbase, le jeton a ouvert la journée UTC du 5 novembre à 131,60 $, a évolué entre 122,24 $ et 133,76 $, puis a clôturé à 128,88 $, en baisse de 2,1 %. La veille, il avait fini à 131,63 $. Le 6 novembre, la bougie d’une minute de 14 h 12 UTC a clôturé à 130,47 $.
Tout le marché baissait au même moment. Vers 14 h 13 UTC le 6 novembre, le bitcoin s’échangeait autour de 75 540 $ et l’ether autour de 2 226 $, la capitalisation totale des cryptomonnaies atteignait environ 2,57 billions de dollars, en recul de 7,02 % sur 24 heures, et l’indice Fear and Greed affichait 28. Rien dans ces données ne permet d’attribuer les mouvements de l’AAVE à l’achat de Payward, dans un sens ou dans l’autre, puisque la taille de l’ordre est inconnue.

Payward étend sa présence dans la DeFi
L’achat d’AAVE arrive dix jours après une autre initiative de Payward sur les marchés on-chain. Le 27 octobre, Hyperliquid l’a présenté comme le premier déployeur de marchés HIP-3 régulé par la CFTC, une histoire racontée dans notre article sur Payward et Hyperliquid ; ces marchés américains n’étaient pas encore approuvés à ce moment-là.
Cryptoast, dans un article du 6 novembre, a placé l’annonce sur l’AAVE à côté du projet de Kraken d’acheter une banque européenne, que le site français traite séparément. Il a aussi jugé difficile de dire si l’achat apporte à Payward autre chose que le vote dont dispose tout détenteur du jeton. Nous n’avons trouvé aucune déclaration des deux sociétés sur ce point.
Pour les lecteurs établis hors des États-Unis, dont les lecteurs français : l’acheteur est un fonds affilié à Payward, dont le communiqué est daté de Cheyenne (Wyoming), et rien dans l’annonce ne dit que le fonds soit ouvert aux clients de Kraken dans l’Union européenne ou au Royaume-Uni. Nous n’avons trouvé aucun commentaire de l’AMF, de la Consob ou de la FCA sur l’opération.
Ce qu’il faudra suivre après l’achat de Payward
Payward garde la porte ouverte à d’autres achats ; il faudra donc d’abord regarder s’il publie une taille, une adresse de portefeuille ou un dépôt officiel pour Digital Asset Special Investments I, LP. N’importe lequel de ces éléments répondrait à la question que cette annonce laisse ouverte.
Le deuxième point est la collaboration que le communiqué annonce. Un produit conçu avec Aave, comme un marché Aave pour les clients de Kraken, expliquerait pourquoi un exploitant de plateforme veut s’exposer au jeton de gouvernance. Rien de tel n’a été annoncé.
Le troisième se joue du côté d’Aave : le mécanisme de rachat d’Aavenomics 3.0 que Kulechov décrivait en juin, et la façon dont la trésorerie de la DAO emploiera les revenus que « Aave Will Win » lui envoie. Aucune date n’a été donnée pour l’un ni pour l’autre.
