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Robinhood obtient l’autorisation de la DFSA à Dubaï pour la crypto et les actions, mais son lancement de 2027 n’a pas de liste de pays

Robinhood détient une licence DFSA pour organiser des transactions crypto et actions depuis le DIFC de Dubaï, lancement en 2027. Pays et frais inconnus.

10 min de lecture

Tour de bureaux stylisée à côté d'un contrat signé, d'un globe et d'un calendrier
Sommaire
  1. Ce que couvre l’autorisation de la DFSA, et ce qu’elle ne couvre pas
  2. Licence ou autorisation : ce que dit vraiment le registre
  3. Qui dirige Robinhood MENA
  4. L’expansion internationale de Robinhood, étape par étape
  5. La course à Dubaï : Bybit, Revolut, eToro et Baraka
    1. La licence VARA de Bybit, annoncée le même jour
  6. Ce que cela change pour les lecteurs en France et en Europe
  7. Les questions ouvertes avant le lancement de 2027

Robinhood a annoncé jeudi 22 octobre avoir reçu l’autorisation de la Dubai Financial Services Authority (DFSA) pour lancer sa plateforme d’investissement grand public au Moyen-Orient depuis le Dubai International Financial Centre (DIFC). Selon le communiqué de l’entreprise, la nouvelle entité, Robinhood MENA, proposera du trading et de la conservation sur les dix classes d’actifs que la DFSA approuve, dont les cryptos et les actions, avec une gamme de produits prévue pour 2027.

Le DIFC devient le siège régional de Robinhood. Le communiqué ne donne ni liste de pays, ni tarifs, ni mois de lancement. Le registre public de la DFSA comble une partie du vide : la fiche de Robinhood MENA Limited affiche une licence datée du 20 juillet 2026, une extension pour servir des clients de détail et deux activités autorisées, l’organisation de transactions (« arranging deals ») et l’organisation de la conservation (« arranging custody »). Pour qui tape « Robinhood Dubaï licence » dans un moteur de recherche cette semaine, la réponse courte est donc que la licence existe sur le papier, et que personne en dehors de l’entreprise ne peut encore ouvrir de compte.

Une précision de vocabulaire. blockchain that runs exactly as written when it is called, holding and moving funds according to its code, without an intermediary able to change the outcome.">smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il ne s’agit pas d’une licence VARA. La VARA, la Virtual Assets Regulatory Authority, est l’autorité de Dubaï qui, selon Bybit, a délivré une licence à la plateforme le même jour ; l’autorisation de Robinhood vient de la DFSA, le régulateur financier du DIFC.

Ce que couvre l’autorisation de la DFSA, et ce qu’elle ne couvre pas

Le communiqué résume le périmètre en une ligne : trading et conservation sur les dix classes d’actifs approuvées par la DFSA, dont les actions, les cryptos, les fonds cotés (ETF) et les jetons d’investissement. Seules ces quatre catégories sont citées. Le registre de la DFSA associe dix types d’instruments aux deux activités de la société : certificats, obligations (debentures), contrats à terme, options, actions, produits structurés, warrants, parts de fonds, jetons d’investissement et jetons crypto.

Robinhood décrit un service grand public. Le communiqué s’ouvre sur sa « plateforme d’investissement grand public », Johann Kerbrat parle d’investisseurs particuliers dans toute la région MENA, et le registre porte l’extension pour les services financiers « avec ou pour des clients de détail » (« with or for Retail Clients »). Qui seront ces clients, rien ne le dit, et le communiqué n’emploie jamais l’expression « investisseurs éligibles » ; Bitcoin Magazine en fait le point ouvert qui décidera de la taille du marché. Le texte parle du Moyen-Orient et de la région MENA en général, et ses déclarations prospectives évoquent une expansion prévue aux Émirats arabes unis. Il ne précise pas quels autres pays seraient éventuellement servis depuis Dubaï, ni si un résident de Riyad ou du Caire pourra s’inscrire.

Les tarifs manquent eux aussi. Le communiqué de Dubaï ne publie aucune grille de frais, une lacune que relève également Bitcoin Magazine.

La conservation soulève une autre question. Robinhood possède deux activités crypto qui pourraient en théorie garder les jetons des clients d’une plateforme moyen-orientale : Robinhood Crypto et Bitstamp, la plateforme rachetée en 2025. Le registre donne un indice. Robinhood MENA peut organiser des transactions et organiser la conservation ; il n’affiche pas les permissions distinctes pour négocier des investissements ou pour assurer lui-même la conservation. Cela suggère qu’une autre société exécuterait les ordres et détiendrait les actifs, et ni le communiqué ni le registre ne la nomment.

Balance de la justice stylisée, contrat signé, bouclier et document
L'autorisation de la DFSA couvre dix classes d'actifs, mais les pays, les prix et l'entité de conservation ne sont pas publiés.

Licence ou autorisation : ce que dit vraiment le registre

Le mot de Robinhood est « autorisation » (« authorization »). Finance Magnates écrit que l’entreprise a « reçu une approbation », tandis que Bitcoin Magazine met « licence » dans son titre. Le registre tranche en partie : à la rubrique « Date of Licence », il indique le 20 juillet 2026 pour Robinhood MENA Limited, société du DIFC de référence F012264, soit trois mois avant l’annonce. Dans le système de la DFSA, une société est agréée pour un ensemble d’activités autorisées, et les extensions précisent quels clients elle peut servir.

Les dirigeants figurent aussi au registre. La fiche de M. Salah Eddin Kaddoura (référence I023609) le désigne comme administrateur agréé (Licensed Director) et Senior Executive Officer de Robinhood MENA Limited, à compter du 20 juillet 2026. Coindaro a consulté la fiche de la société et celle de l’intéressé le 22 octobre.

Ce que le registre n’imprime pas, c’est un numéro de catégorie. Organiser des transactions et organiser la conservation sont des activités d’intermédiation, pas de négociation pour compte propre ni de détention d’actifs, ce qui cadre avec la demande de statut de courtier rapportée en 2025, mais la DFSA n’indique pas la catégorie sur la page. La licence est bien réelle ; sa portée est plus étroite que ne le laisse entendre à elle seule la formule « trading et conservation ».

Cette demande de 2025 donne le contexte. En août 2025, Bridge Middle East rapportait que Robinhood avait déposé auprès de la DFSA une demande de licence de catégorie 4, celle des courtiers, et citait Mario Camara comme Senior Executive Officer de la région à l’époque. Aujourd’hui, le communiqué nomme Kaddoura à ce poste. Le changement n’est pas expliqué. Ni Robinhood ni la DFSA n’ont dit si la licence de juillet 2026 correspond à la catégorie 4 demandée alors.

Qui dirige Robinhood MENA

Le communiqué nomme quatre personnes. Vlad Tenev est président et directeur général de Robinhood. Johann Kerbrat, vice-président senior et directeur général de Robinhood Crypto et International, supervise les activités du groupe hors des États-Unis. Salah Kaddoura est Senior Executive Officer et président de Robinhood MENA, et dirige l’équipe locale. Arif Amiri, directeur général de la DIFC Authority, parle au nom de la place financière.

« Le DIFC est l’un des centres financiers les plus importants au monde », a déclaré Vlad Tenev dans le communiqué. Salah Kaddoura a affirmé que « la demande d’outils financiers modernes et accessibles est immense dans cette région ». Johann Kerbrat a ajouté : « Nous sommes ravis de proposer les outils financiers modernes et accessibles que ces investisseurs méritent. »

Aucune de ces trois citations ne donne de mois de lancement, d’objectif de clientèle ni de montant investi à Dubaï.

L’expansion internationale de Robinhood, étape par étape

Dubaï est la dernière pièce d’un chantier commencé par les cryptos en Europe. Fin mai 2025, la Banque de Lituanie a accordé à Robinhood Europe UAB une licence de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) au titre de MiCA, la première qu’elle délivrait, après un agrément d’entreprise d’investissement de catégorie A en avril, selon LRT. Robinhood a annoncé le 2 juin 2025 avoir finalisé le rachat de Bitstamp ; The Block chiffre le prix à 200 millions de dollars.

L’Asie a suivi. Le 23 avril 2026, l’Autorité monétaire de Singapour (MAS) a donné un accord de principe à Robinhood Singapore Pte. Ltd. pour le courtage de valeurs mobilières, les dérivés cotés et la conservation, entre autres services, Singapour devenant le siège Asie-Pacifique. Un accord de principe n’est pas encore une licence. La branche asiatique de Bitstamp détient par ailleurs une licence d’établissement de paiement majeur (Major Payment Institution) dans la cité-État.

Au Canada, le rachat de WonderFi, propriétaire des plateformes Bitbuy et Coinsquare, a été finalisé en juin 2026, d’après Finance Magnates. Au moment de cette opération, Robinhood comptait plus d’un million de clients financés hors des États-Unis.

MarchéStatutDateEntité ou actif
Union européenneAgrément d’entreprise d’investissement de catégorie A, Banque de LituanieAvril 2025Robinhood Europe UAB (Lituanie)
Union européenneLicence crypto MiCA, Banque de LituanieFin mai 2025Robinhood Europe UAB
Crypto, mondeRachat de Bitstamp finalisé, 200 millions de dollars selon The Block2 juin 2025Bitstamp
SingapourAccord de principe de la MAS, pas encore une licence23 avril 2026Robinhood Singapore Pte. Ltd.
CanadaRachat de WonderFi finaliséJuin 2026Bitbuy, Coinsquare
Dubaï (DIFC)Licence DFSA (organisation de transactions et de conservation, extension clients de détail), lancement prévu en 2027Licence datée du 20 juillet 2026, annoncée le 22 octobre 2026Robinhood MENA Limited

Le Royaume-Uni est absent de cette liste : nous n’avons trouvé, dans les sources de cet article, ni demande ni lancement en cours de Robinhood de ce côté de la Manche.

La crypto se rapproche aussi du cœur du bilan de l’entreprise. Le 7 octobre, Robinhood a révélé avoir inscrit 25 millions de dollars de bitcoin à son bilan, rappelle Bitcoin Magazine. Et la blockchain du groupe commence à produire des chiffres : ARK Invest estime que Robinhood Chain a rapporté plus qu’Ethereum au troisième trimestre, 51 millions de dollars contre 41 millions. Côté actions, les titres tokenisés de l’entreprise se heurtent à des résistances aux États-Unis, comme l’a montré notre article sur le refus d’AMC face à Robinhood et les objections de la SEC aux actions tokenisées.

La course à Dubaï : Bybit, Revolut, eToro et Baraka

Robinhood arrive sur un marché encombré. Le DIFC comptait 72 courtiers autorisés au 31 mars 2026, contre 49 en 2022, selon des chiffres cités par Bitcoin Magazine et Finance Magnates. Finance Magnates dresse aussi la liste des concurrents déjà là ou en chemin.

  • eToro a obtenu une licence complète à Abou Dabi en novembre 2023.
  • Interactive Brokers a ouvert un bureau au DIFC en 2024 et ajouté les actions de Dubaï et d’Abou Dabi en décembre 2025.
  • Baraka, basée au DIFC, propose depuis le 10 septembre 2026 des actions cotées sur le DFM et l’ADX.
  • Revolut a annoncé en juillet 2026 un accord de principe de la VARA couvrant les services de courtier-négociant et de plateforme d’échange, encore soumis à l’approbation finale.
  • XTB a choisi une autre voie, avec des licences de catégories 1 et 2 délivrées par l’autorité fédérale des marchés de capitaux (CMA).

Ces chemins ne se valent pas. Une société du DIFC répond à la DFSA ; Revolut et Bybit se sont tournés vers la VARA à Dubaï ; la licence d’eToro vient d’Abou Dabi ; XTB a choisi le territoire continental des Émirats. Un client qui comparera les applications en 2027 comparera, en pratique, aussi les régulateurs.

L’ampleur du gisement fait débat. Finance Magnates relève que la région MENA a capté 4,1 % des visites organiques sur les sites de courtiers forex et CFD de détail au troisième trimestre 2026, contre 42 % pour l’Europe. La part européenne est dix fois plus grande.

Ville stylisée avec une poignée de main, un trophée et un drapeau uni
Le DIFC comptait 72 courtiers autorisés au 31 mars 2026, contre 49 en 2022.

La licence VARA de Bybit, annoncée le même jour

Le même jeudi, Bybit a annoncé que Bybit Fintech FZE détient une licence VARA pour des services de plateforme d’échange à Dubaï. Selon l’entreprise, rapportée par Cryptonomist, la licence couvre uniquement le trading au comptant, pour les investisseurs particuliers, qualifiés et institutionnels ; les produits dérivés nécessitent une approbation distincte que Bybit dit vouloir demander. Bybit revendique plus de 80 millions d’utilisateurs dans le monde, un chiffre qui concerne tout le groupe et non l’entité de Dubaï.

Cryptonomist affirme que le registre de la VARA indique une date d’émission au 20 juin 2026, un statut actif et la référence VL/26/10/003. Coindaro n’a pas pu vérifier cette fiche lui-même : ces détails reposent donc sur Bybit et sur Cryptonomist. L’écart entre une émission en juin et une annonce en octobre n’est pas expliqué. Notre avis sur Bybit détaille les produits et les frais de la plateforme.

Ce que cela change pour les lecteurs en France et en Europe

Pour l’instant, rien ne change pour les clients actuels de Robinhood. Les comptes américains restent soumis aux règles américaines. Dans l’Union européenne, le service crypto de Robinhood passe par Robinhood Europe UAB, en Lituanie, sous la licence MiCA obtenue en 2025. MiCA permet à une société agréée de « passeporter » ses services dans les autres États membres : la liste de l’AMF indique que Robinhood Europe UAB est autorisée à servir la France en libre prestation de services depuis le 16 juin 2025. Un client français n’a donc rien à attendre de Dubaï pour accéder à Robinhood, et rien à craindre non plus pour son compte actuel. Notre guide du règlement MiCA explique comment fonctionne ce passeport.

Une autorisation de Dubaï n’ouvre pas l’accès aux clients européens ou américains. Elle couvre ce que Robinhood peut faire depuis le DIFC, et le communiqué ne dit rien d’un service rendu depuis Dubaï à des clients hors du Moyen-Orient. Pour les résidents du Golfe, les questions utiles avant 2027 sont celles que doit passer toute nouvelle plateforme : quelle entité détient l’argent, quel régulateur traite les réclamations, et ce qu’il advient des cryptos conservées si la société fait défaut. Notre liste de contrôle sur le choix d’une plateforme d’échange crypto les détaille.

Les questions ouvertes avant le lancement de 2027

Plusieurs réponses diront si cela devient un vrai produit grand public ou reste, un temps, un bureau régional :

  • Quels pays Robinhood MENA acceptera comme lieux de résidence de ses clients, et si l’accès grand public commence aux seuls Émirats.
  • Comment l’entreprise définit les investisseurs éligibles, et si une condition liée au type de client pèse sur son autorisation de la DFSA.
  • Si Robinhood MENA demandera à la DFSA les permissions pour négocier et pour assurer lui-même la conservation, ou s’appuiera sur une autre société du groupe.
  • Quelle entité du groupe détiendra les cryptos des clients du Moyen-Orient : Robinhood Crypto, Bitstamp ou une nouvelle structure.
  • Les frais, dont le communiqué ne dit pas un mot.

La prochaine date ferme est celle du lancement lui-même, que Robinhood situe pour l’instant en 2027 seulement, sans préciser de trimestre.

Sources

  1. Robinhood : Robinhood chooses DIFC as regional headquarters for Middle East expansion (22 octobre 2026) robinhood.com
  2. Finance Magnates : Robinhood gets Dubai license, plans 2027 Middle East launch (22 octobre 2026) financemagnates.com
  3. Bitcoin Magazine : Robinhood wins Dubai license (22 octobre 2026) bitcoinmagazine.com
  4. Registre public de la DFSA : Robinhood MENA Limited (F012264) dfsa.ae
  5. Bridge Middle East : Robinhood applies for Dubai license to drive MENA expansion (août 2025) bridgemena.com
  6. Cryptonomist : Bybit VARA licence in Dubai (22 octobre 2026) en.cryptonomist.ch
  7. AMF : liste blanche des PSCA, Robinhood Europe UAB amf-france.org

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