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Fireblocks : c’est quoi ? Custody MPC, paiements, clients et risques
Actif Risque 3/5
À propos du projet
Fireblocks, c’est quoi ? Une société privée de logiciels qui conserve, déplace et émet des actifs numériques pour des institutions : banques, plateformes d’échange, sociétés de paiement et fintechs. Elle ne vend rien aux épargnants particuliers et n’a aucun jeton. Sa technologie de base découpe chaque clé privée en fragments détenus en des lieux séparés, si bien qu’aucun serveur, aucun téléphone et aucun salarié ne détient jamais une clé entière. Le 2 juin 2026, l’entreprise a affirmé avoir sécurisé plus de 16 000 milliards de dollars de transactions en actifs numériques sur plus de 200 blockchains, un chiffre qui lui est propre et qu’aucun tiers n’a vérifié.
Le nom de Fireblocks est arrivé dans la presse généraliste le 22 octobre 2026. Axios a rapporté, en citant plusieurs sources anonymes, que Visa menait des discussions avancées pour racheter Fireblocks pour environ 2,5 milliards de dollars. Un porte-parole de Fireblocks a répondu : « C’est une nouvelle pour nous, et c’est faux à l’heure actuelle » (notre traduction). Visa n’a pas souhaité commenter. Notre article sur le papier d’Axios et le démenti donne les détails ; la dernière section de cette fiche met le montant rapporté en regard de ce que l’entreprise valait sur le papier en 2022.
Fireblocks, c’est quoi : un logiciel de garde de clés pour les institutions
Fireblocks a été fondée en 2018 par Michael Shaulov, son directeur général, Pavel Berengoltz et Idan Ofrat. La page d’équipe actuelle présente Berengoltz comme directeur technique et Ofrat comme directeur produit. Les titres étaient différents en 2019 : le quotidien économique israélien Globes désignait alors Ofrat comme directeur technique et Berengoltz comme responsable de la recherche et du développement.
L’entreprise travaille depuis New York, où sa filiale de trust est enregistrée au 5 Pennsylvania Plaza, et dispose d’une grosse équipe d’ingénieurs en Israël. Elle ne publie pas ses effectifs. Elle a supprimé 30 postes, soit environ 5 % du personnel, en février 2023, selon Calcalist. Une seconde vague en février 2024 a touché 21 personnes, environ 3 % des effectifs, a rapporté Blockworks, au moment où la société réorganisait ses équipes commerciales et son support client.
Fireblocks présente son produit comme « une plateforme tout-en-un pour stocker, transférer et émettre des actifs numériques ». En pratique, le client est toujours une entreprise. Une banque qui veut détenir du bitcoin pour ses clients, une plateforme d’échange qui fait circuler des fonds entre stockage chaud et stockage froid, une société de paiement qui règle en stablecoins : chacune bâtit sur le logiciel de Fireblocks, mais garde ses propres clients, sa propre licence et, le plus souvent, la responsabilité juridique des actifs.
Pour un particulier, Fireblocks reste surtout invisible. Une application que vous utilisez peut tourner dessus sans le dire. Il n’y a d’ailleurs rien à acheter : ni jeton, ni airdrop, ni action cotée en Bourse, et aucune introduction en Bourse n’a été annoncée. Si votre question est de savoir comment conserver vos propres cryptos, la réponse est un portefeuille personnel, que notre guide des portefeuilles crypto explique, avec ce que signifie concrètement détenir ses clés.
Fireblocks custody et MPC : fragments de clé, matériel sécurisé et moteur de règles
Un portefeuille crypto est commandé par une clé privée. Celui qui la détient peut signer des transactions, et une transaction signée ne se reprend pas. Les institutions disposent depuis longtemps de deux réponses classiques. La première consiste à enfermer la clé dans un module de sécurité matériel (HSM) installé dans un centre de données. La seconde est le multisig, où c’est la blockchain elle-même qui exige plusieurs signatures avant de libérer les fonds.
Fireblocks emploie une troisième méthode, le calcul multipartite sécurisé, ou MPC. La clé n’est jamais reconstituée en un seul endroit, pas même au moment de signer. Plusieurs fragments de clé, conservés dans des environnements différents, exécutent chacun une partie d’un calcul, et ensemble ils produisent une signature valide. La blockchain voit une transaction ordinaire. Sur sa page consacrée à la sécurité, l’entreprise promet : « Aucun point unique de compromission de la clé privée, avec des fragments répartis entre plusieurs environnements » (notre traduction).
Les protocoles sont les siens : MPC-CMP, puis une version ultérieure, MPC-CMPGG. Le 6 août 2023, Fireblocks a publié sur GitHub le code de sa bibliothèque MPC sous licence restreinte, et elle rémunère des chercheurs extérieurs pour les failles trouvées dans cette bibliothèque grâce à un programme de bug bounty sur HackerOne. Le reste de la plateforme est fermé.
Deux couches de plus entourent les fragments de clé. Les signatures et les approbations s’exécutent dans des environnements d’exécution de confiance, ces zones scellées d’un processeur aussi appelées enclaves sécurisées, et les approbations sensibles sur téléphone exigent Face ID plus un code PIN, d’après l’entreprise. Au-dessus se trouve le Policy Engine, un jeu de règles que chaque client écrit lui-même : qui peut envoyer quel montant, vers quelles adresses, et combien de personnes doivent approuver.
Le Policy Engine bloque un transfert qui enfreint une règle. Il laisse aussi passer tout transfert qui respecte les règles, quel que soit celui qui l’a déclenché. Cette distinction compte dans les incidents décrits plus bas.

Vient ensuite le Fireblocks Network, qui relie les institutions présentes sur la plateforme : une société de trading et une plateforme d’échange, par exemple, peuvent s’envoyer des actifs sans recopier à la main des adresses de dépôt. Off Exchange s’appuie dessus : une société de trading garde ses garanties dans un portefeuille MPC qu’elle partage avec la plateforme au lieu de les y déposer, ce qui limite ses pertes si la plateforme fait défaut. HTX a annoncé une première fois un lien Off Exchange en juillet 2024 et a indiqué dans un communiqué sponsorisé, en avril 2025, que l’intégration était terminée.
Les produits de Fireblocks en 2026 : portefeuilles, paiements, tokenisation et comptabilité
La page d’accueil de Fireblocks, consultée le 22 octobre 2026, recense une vingtaine de produits. Côté portefeuilles : gestion de trésorerie, wallet-as-a-service, portefeuilles intégrés, connecteurs de portefeuilles, conservation qualifiée, portefeuilles froids et comptes professionnels. Les outils de sécurité comprennent le Policy Engine, la gestion de la posture de sécurité et une suite de protection pour la DeFi. S’y ajoutent des applications financières (tokenisation, Earn, staking et Off Exchange) et des produits de conformité et de données, dont COR Compliance et Financial Data.
Paiements : le Network for Payments et Flow
Le 4 septembre 2025, l’entreprise a lancé le Fireblocks Network for Payments, destiné aux sociétés qui déplacent de l’argent en stablecoins. Au lancement, il comptait plus de 40 prestataires dans plus de 100 pays et plus de 60 devises, et Fireblocks disait que 300 sociétés de paiement faisaient déjà circuler de l’argent dessus. Le même article donnait deux volumes mensuels : « 300 milliards de dollars de flux de paiement mensuels » dans un passage, « plus de 200 milliards de dollars de paiements en stablecoins chaque mois » dans un autre. Fireblocks n’a pas expliqué l’écart.
L’article de lancement citait lui-même les premiers prestataires, parmi lesquels Circle, l’émetteur de l’USDC, Bridge, B2C2, Sygnum, Yellow Card, Zerohash et Zodia Markets. Les liens avec le Circle Payments Network et avec WalletConnect étaient alors présentés comme des intégrations à venir, selon Fintech News Singapore. L’annuaire du réseau de Fireblocks indique désormais la prise en charge des deux, sans dire à partir de quand.
Flow a suivi le 2 juin 2026, lancé au Money20/20 Europe à Amsterdam d’après le communiqué de l’entreprise. Il permet aux prestataires de paiement et aux fintechs d’accepter des stablecoins dans leur parcours de paiement existant, avec plus de 800 portefeuilles pris en charge sur les chaînes EVM, Solana et Bitcoin, et des comptes Coinbase, Kraken et Crypto.com comme sources de paiement. Les fonds arrivent dans un coffre Fireblocks, un portefeuille intégré Dynamic ou une adresse choisie par le commerçant, et le communiqué précise que Fireblocks n’en prend la garde à aucun moment, conversion comprise.
Flutterwave, la société de paiement africaine, figurait parmi les clients de lancement ; Blipply utilisait déjà Flow en production, et Nuvion apparaissait comme partenaire. « Les paiements en stablecoins deviennent aussi courants que les cartes de crédit », disait l’annonce, une formule commerciale plus qu’un fait mesuré.
Tokenisation : l’EURI de Banking Circle et le jeton euro de Qivalis
La tokenisation est entrée par une acquisition. Le 29 septembre 2023, Fireblocks a annoncé le rachat de BlockFold, une société de contrats intelligents qui avait travaillé sur des dépôts tokenisés, des stablecoins et des projets de monnaie numérique de banque centrale pour des établissements financiers. Son cofondateur Terence Siganakis est devenu responsable des produits de tokenisation. Aucun prix n’a été donné. L’usage le mieux documenté est celui de Banking Circle, la banque de paiement derrière le stablecoin en euros EURI : un témoignage client de Fireblocks daté du 22 octobre 2025 indique que Banking Circle importe ses contrats intelligents dans le Tokenization Engine et crée puis détruit des EURI par ce biais, les clés étant sous MPC.
En avril 2026, Qivalis, une société d’Amsterdam fondée par des banques européennes pour émettre un stablecoin en euros, a choisi Fireblocks comme « partenaire d’infrastructure central ». FOW, qui a rapporté ce choix le 22 avril, comptait alors douze banques dans le consortium. Le groupe s’est élargi depuis : le 14 octobre 2026, Qivalis a annoncé que 37 banques de 15 pays le soutenaient, dans le communiqué qui annonçait son agrément d’établissement de monnaie électronique délivré par De Nederlandsche Bank. Ce communiqué ne mentionnait pas Fireblocks, et le jeton en euros n’a toujours pas de date de lancement. L’agrément appartient à Qivalis, pas à son fournisseur de technologie.
Dynamic et TRES : des portefeuilles pour les applications, des livres de comptes pour les directions financières
Deux achats récents ont comblé des manques aux deux extrémités. Le 23 octobre 2025, Fireblocks a racheté Dynamic, un fournisseur de portefeuilles et de connexion pour les applications grand public, fondé en 2022, dont les utilisateurs comptaient Kraken, Stripe et Zerohash, avec Magic Eden et Ondo parmi les applications servies, d’après The Block. Une trentaine de salariés de Dynamic ont rejoint Fireblocks. Aucun prix n’a été annoncé ; un représentant de Dynamic a dit à The Block que le total officieux était d’environ 90 millions de dollars. Shaulov a déclaré que l’opération donnait à Fireblocks « la pile complète pour la finance onchain, de la conservation au consommateur » (notre traduction).
Le 7 janvier 2026, Fireblocks a convenu de racheter TRES Finance, une société de comptabilité onchain fondée en 2022 et forte de plus de 230 clients, dont le portefeuille Phantom et la société d’analyse Dune. Fortune a chiffré l’opération à environ 130 millions de dollars en numéraire et en actions, a rapporté The Block ; Fireblocks n’a pas donné de prix. Cinq mois plus tard, l’article de lancement de Flow attribuait à TRES sa comptabilité et ses relevés prêts pour l’audit.
Qui utilise Fireblocks : quatre clients nommés, beaucoup de logos
Dans son annonce de juin 2026, Fireblocks a cité Worldpay, BNY, Galaxy et Revolut comme clients. Sa page d’accueil affiche bien d’autres logos, parmi lesquels ABN AMRO, Banking Circle, Checkout.com, eToro, MoneyGram, MoonPay, Western Union, Wintermute et WisdomTree. Un logo sur la page d’un éditeur ne prouve pas un contrat en cours, et la page ne dit pas ce que chaque société utilise.
Le logo de Visa figure lui aussi sur cette page d’accueil. La page ne dit pas si Visa est cliente, partenaire ou autre chose, et aucune des deux sociétés ne l’a précisé.
BNY est à la fois cliente et actionnaire. Fireblocks a annoncé l’investissement de la banque le 18 mars 2021, et BNY Mellon a aussi participé à la série E de 2022. Galaxy Digital, autre cliente citée, avait investi dans la série B de 2020.
Les seuls chiffres détaillés sur la clientèle datent de janvier 2022. The Block rapportait alors que le nombre de clients était passé de 150 à plus de 800 en un an, que 45 milliards de dollars étaient conservés sur la plateforme, que plus de 2 000 milliards de dollars y avaient été transférés, que le chiffre d’affaires avait augmenté de plus de 600 % et que l’entreprise n’était pas encore rentable. En 2026, Fireblocks parle de « milliers d’organisations » sans donner de nombre exact, et ne publie aucun chiffre d’affaires.
Valorisation et financement de Fireblocks : plus d’un milliard levé, 8 milliards en 2022
Fireblocks a levé plus d’un milliard de dollars auprès de fonds de capital-risque et de banques, selon The Block, et son dernier tour valorisé l’a évaluée à 8 milliards de dollars en janvier 2022. Aucun tour plus récent n’a été rapporté.
| Tour | Date | Montant | Chefs de file et investisseurs cités | Valorisation |
|---|---|---|---|---|
| Amorçage | Annoncé le 11 juin 2019 | 4 millions de dollars | Mené par Gili Raanan, de Cyberstarts | Non communiquée |
| Série A | Annoncée le 11 juin 2019 | 12 millions de dollars | Menée par Tenaya Capital, avec Cyberstarts ; Eight Roads, Swisscom et MState également cités | Non communiquée |
| Série B | Novembre 2020 | 30 millions de dollars | Menée par Paradigm, avec Galaxy Digital, Digital Currency Group et des investisseurs précédents | Non communiquée |
| Série C | 18 mars 2021 | 133 millions de dollars | Coatue, Ribbit et Stripes en co-chefs de file ; BNY Mellon et Silicon Valley Bank comme investisseurs stratégiques | Non communiquée |
| Série D | 27 juillet 2021 | 310 millions de dollars | Sequoia Capital, Coatue, Stripes, Spark Capital, DRW VC et SCB 10X en co-chefs de file | Environ 2 milliards de dollars à l’époque ; 2,2 milliards selon des articles ultérieurs |
| Série E | 27 janvier 2022 | 550 millions de dollars | Co-menée par D1 Capital Partners et Spark Capital ; General Atlantic, CapitalG et Altimeter parmi les nouveaux investisseurs | 8 milliards de dollars |
Les sources divergent sur les premiers fonds. Globes a rapporté le 11 juin 2019 un tour d’amorçage de 4 millions de dollars et une série A de 12 millions, soit 16 millions au total ; Eight Roads et Global Venturing ont décrit l’ensemble des 16 millions comme une série A. La série C a été annoncée quatre mois après la série B et a porté le total à 179 millions de dollars, selon Calcalist, qui n’a pas donné de valorisation. Puis les chiffres ont bondi. La série D de juillet 2021 valorisait Fireblocks à environ 2 milliards de dollars, et six mois plus tard la série E l’évaluait à 8 milliards, près du sommet du marché crypto de 2021.
L’argent a financé la croissance et quatre acquisitions. La première fut First Digital Assets Group, un processeur de paiements crypto israélien, le 16 février 2022, pour du numéraire et des actions à des conditions non divulguées. First DAG avait levé environ 21 millions de dollars et construisait l’acceptation des stablecoins pour les commerçants, a rapporté The Block. BlockFold a suivi en 2023, Dynamic en octobre 2025 et TRES en janvier 2026.
Licences : un agrément de trust à New York, rien sur le registre MiCA de l’ESMA
La liste des entités régulées de Fireblocks décrit deux sociétés américaines. Fireblocks Trust Company, LLC détient une charte de trust à objet limité délivrée par le département des services financiers de l’État de New York (NYDFS), obtenue en août 2024. Elle propose une conservation qualifiée aux conseillers en investissement, aux gestionnaires d’actifs, aux émetteurs d’ETF et aux banques, et affirme respecter la loi bancaire new-yorkaise et la règle de conservation de la SEC, une affirmation qu’aucun régulateur n’a confirmée publiquement. Le staking pour ses clients passe par Figment et Kiln.
La seconde entité, Fireblocks LLC, est enregistrée auprès du FinCEN comme entreprise de services monétaires et détient des licences de transmission de fonds dans 37 États américains et dans le district de Columbia, chacune listée avec son numéro. Pour huit autres États, dont la Californie, le Colorado et le Massachusetts, la page indique que l’État ne réglemente pas le service ou a délivré une lettre de non-objection. L’Alaska, Hawaï, New York, la Virginie et le Wisconsin n’apparaissent pas dans le tableau. Au Tennessee, la licence ne couvre pas la transmission de monnaie virtuelle.
Fireblocks ne figurait pas sur le registre de l’ESMA au 22 octobre 2026. Coindaro a interrogé le registre provisoire MiCA des prestataires de services sur crypto-actifs que publie l’ESMA (387 entrées, fichier mis à jour ce jour-là) et n’y a trouvé aucune entité Fireblocks ; la liste des entités régulées de l’entreprise ne nomme elle non plus aucune licence européenne ou britannique. Pour la plupart des clients, Fireblocks est un fournisseur de technologie, et la licence se trouve donc chez le client : une plateforme d’échange, une banque comme Banking Circle ou un émetteur de stablecoin comme Qivalis.
Pour un lecteur français, la conséquence est simple. Un prestataire qui garde des cryptos pour le public en France doit être agréé par l’AMF au titre de MiCA, la période transitoire accordée aux PSAN enregistrés ayant pris fin le 1er juillet 2026. Si un service que vous utilisez repose sur Fireblocks, c’est donc l’agrément de ce service qu’il faut vérifier, pas celui de son fournisseur de logiciel.
Les certifications sont plus anciennes. Ernst & Young a mené un examen SOC 2 de type II de Fireblocks, annoncé le 19 décembre 2019, couvrant la sécurité, la disponibilité, l’intégrité du traitement, la confidentialité et la protection des données personnelles, avec une opinion sans réserve. Le 2 juin 2022, la société a annoncé les certifications ISO 27001, 27017 et 27018 en évoquant un audit externe sans nommer le cabinet. Sa page sécurité revendique aujourd’hui une certification SOC 2 de type 2 avec « zéro constat significatif », se dit la première société certifiée C4 CCSS QSP niveau 3 et décrit ses bibliothèques cryptographiques comme « auditées par NCC ». Elle ne donne ni date ni périmètre pour aucune de ces mentions, et Coindaro n’a trouvé aucun rapport NCC publié.
Sécurité de Fireblocks : recherche, incidents chez des clients et un procès
Dans les articles que Coindaro a trouvés, aucun vol de fonds sur la plateforme Fireblocks elle-même n’a été enregistré. Le nom de l’entreprise est apparu dans quatre autres types d’événements, et dans chacun les faits ci-dessous sont attribués à la partie qui les a énoncés.
BitForge et la faille de BitGo
Le 9 août 2023, l’équipe de recherche en cryptographie de Fireblocks a dévoilé BitForge, un ensemble de failles zero-day dans des protocoles MPC très répandus (GG-18, GG-20 et des implémentations de Lindell 17), présenté à Black Hat USA et à DEF CON après une période de divulgation de 90 jours. Le communiqué indiquait que Coinbase Wallet-as-a-Service et Zengo avaient corrigé leur code, et citait Binance comme touchée. Fireblocks a déclaré : « Les protocoles MPC-CMP et MPC-CMPGG mis en œuvre par Fireblocks ne sont pas affectés par les vulnérabilités BitForge » (notre traduction).
Le directeur technique de Zengo, Tal Be’ery, a dit que le problème avait été corrigé rapidement et qu’aucun fonds d’utilisateur n’avait été touché. Changpeng Zhao, alors directeur général de Binance, a indiqué que la faille se trouvait dans la bibliothèque TSS que Binance avait publiée en open source, qu’elle avait été corrigée et qu’aucun fonds d’utilisateur de Binance n’avait été touché, selon Cointelegraph.
Plus tôt, en mars 2023, Fireblocks avait publié le détail d’une faille qu’elle avait trouvée dans le schéma de signature à seuil de BitGo, un concurrent direct. BitGo avait suspendu les opérations de ses portefeuilles lorsque l’exploit avait été découvert en décembre 2022, déployé des correctifs en février 2023 et demandé à ses clients de se mettre à jour avant le 17 mars, selon ForkLog, qui n’a fait état d’aucune perte. Ofrat, alors directeur technique de Fireblocks, avait été sans détour : « La vulnérabilité est le résultat du fait que le fournisseur de portefeuilles n’a pas respecté des normes cryptographiques éprouvées » (notre traduction).
Fortress Trust, septembre 2023
Fortress Trust, un dépositaire américain qui utilisait Fireblocks, a signalé un incident à l’entreprise le 28 août 2023. Dans sa déclaration du 12 septembre 2023, Fireblocks citait Fortress selon qui « un prestataire tiers a été compromis en interne », et affirmait que sa plateforme « s’est comportée conformément à la configuration et aux règles voulues par Fortress ». Selon son récit, la brèche se situait dans un service tiers doté d’une autorisation automatique préconfigurée, et les transactions ont été bloquées une fois une limite préréglée atteinte. Elle ajoutait qu’aucun autre client de Fireblocks n’avait été touché. La déclaration ne donne aucun montant perdu.
Données du support, décembre 2025
En décembre 2025, alors que le ver Sha1-Hulud 2.0 se propageait dans des paquets logiciels npm, Fireblocks a découvert un accès non autorisé à une partie des données de tickets de son support Zendesk, d’après Blockchain.News, qui a relayé la déclaration de l’entreprise le 10 décembre. La société a dit qu’aucun fonds de client n’avait été compromis, a changé ses identifiants, fait appel à des experts en investigation numérique et prévenu les forces de l’ordre.
Le procès de StakeHound
En juin 2021, StakeHound, une société de staking, a poursuivi Fireblocks devant le tribunal de district de Tel-Aviv. Elle soutenait qu’une négligence avait entraîné la perte des clés de 38 178 ETH, qui valaient alors environ 75 millions de dollars. Fireblocks a répondu qu’elle « n’a jamais eu la charge des clés ». Dans sa version, StakeHound avait généré elle-même ses fragments de clé BLS lors d’une opération ponctuelle menée hors de la plateforme Fireblocks ; Fireblocks avait accepté de les stocker temporairement, en dehors de son processus de sauvegarde habituel puisqu’elle ne prenait pas en charge BLS, et ce stockage avait ensuite échoué. Elle ajoutait que StakeHound avait été invitée à plusieurs reprises à conserver des sauvegardes chez un prestataire tiers et ne l’avait pas fait. Coindaro n’a trouvé aucune trace d’un jugement ni d’un accord.

Concurrents de Fireblocks : BitGo, Anchorage, Copper, Coinbase et les banques
Le rival le plus proche est BitGo, cotée au New York Stock Exchange sous le symbole BTGO. Elle a fixé le prix de ses actions à 18 dollars le 21 janvier 2026, au-dessus de la fourchette annoncée, a levé environ 212,8 millions de dollars et a commencé à être cotée le lendemain pour une valorisation supérieure à 2 milliards de dollars, selon The Block. Anchorage Digital, Copper et l’activité de conservation institutionnelle de Coinbase se disputent une partie du même travail.
Les banques s’y mettent aussi. Standard Chartered a signé le 21 octobre 2026 un accord pour racheter la totalité de Zodia Custody, comme nous l’avons rapporté, même si le prix et la date de finalisation restent inconnus. Quand Fireblocks a obtenu son agrément new-yorkais en août 2024, Cointelegraph notait que la liste des sociétés de trust du régulateur de l’État comprenait aussi Coinbase Custody Trust, Fidelity Digital Asset Services et l’unité d’actifs numériques de PayPal.
La différence tient au modèle. Les dépositaires qualifiés comme Anchorage ou Coinbase détiennent des actifs pour leurs clients sous leurs propres licences. Fireblocks vend surtout les outils permettant aux autres de le faire, et a ajouté une société de trust en 2024 pour les clients qui ont besoin d’un dépositaire régulé.
Les risques de Fireblocks : pas de comptes publics, un seul fournisseur pour des milliers de clients
Fireblocks est une société privée et ne publie aucun compte audité. Chiffre d’affaires et bénéfice de 2026 sont inconnus ; la dernière déclaration publique sur la rentabilité, en janvier 2022, disait que l’entreprise n’était pas rentable. Ses chiffres phares sont ses propres affirmations, et ils bougent : 2 000 milliards de dollars transférés en janvier 2022, « 16 000 milliards » sécurisés en juin 2026, deux volumes de paiement mensuels différents dans une même annonce de 2025.
La concentration est le risque structurel. Des milliers d’institutions, selon le décompte de l’entreprise, dépendent d’un seul fournisseur pour la gestion des clés et la signature. Une faille grave ou une longue panne en toucherait beaucoup à la fois, et l’affaire des données du support de décembre 2025 montre que les outils tiers autour de la plateforme font partie de la surface d’attaque.
Le Policy Engine protège les clés et les règles, pas les décisions. Le cas Fortress Trust, tel que Fireblocks l’a décrit, montre qu’un tiers autorisé agissant dans la configuration du client peut quand même déplacer des fonds.
La régulation est inégale : un agrément new-yorkais et des licences d’États américains, mais rien sur le registre MiCA de l’ESMA, alors que la SEC travaille à de nouvelles règles de conservation aux États-Unis. Quatre acquisitions en moins de quatre ans doivent aussi être digérées dans une seule gamme de produits.
Fireblocks et Visa, le 22 octobre 2026 : ce que l’on sait
Axios Pro a rapporté le 22 octobre 2026 que Visa menait des discussions avancées pour racheter Fireblocks pour environ 2,5 milliards de dollars. L’article est derrière un accès payant ; CoinDesk, The Block et Cointelegraph l’ont relayé. Fireblocks a parlé d’une « nouvelle pour nous » et d’une information « fausse à l’heure actuelle ». Visa n’a pas souhaité commenter : « Nous ne commentons pas les rumeurs ni les spéculations », a déclaré un porte-parole à The Block (notre traduction).
CoinDesk a ajouté que l’idée d’une vente circulait depuis trois ou quatre semaines et que, selon ses sources anonymes, Coinbase était aussi vue comme un acheteur possible. Coinbase a démenti toute implication après la parution de l’article.
Si une opération se concluait à ce prix, elle serait inférieure d’environ 69 % aux 8 milliards de janvier 2022, d’après notre calcul. Un prix de cession et une valorisation de capital-risque ne mesurent pas la même chose, et BitGo valait plus de 2 milliards de dollars lors de son introduction en janvier 2026. Pour l’instant, rien n’est confirmé. Le prochain fait à guetter est une déclaration de Visa ou de Fireblocks, que nous ajouterons à notre article d’actualité.
Points forts et points de vigilance
Points forts
- Gestion de clés par MPC avec enclaves sécurisées et Policy Engine : aucun appareil ni aucune personne ne détient une clé entière (description de l’entreprise, 2026).
- SOC 2 de type II par Ernst & Young (annoncé en décembre 2019) et ISO 27001, 27017 et 27018 (annoncées en juin 2022).
- Une charte de trust new-yorkaise depuis août 2024 et des licences de transmission de fonds dans 37 États américains et le district de Columbia.
- Recherche de sécurité publiée (BitForge, 2023) et bibliothèque MPC sur GitHub avec un programme de bug bounty.
- Un seul fournisseur pour la conservation, les paiements, la tokenisation et la comptabilité, avec BNY, Worldpay et Revolut cités comme clients.
Points de vigilance
- Société privée : pas de comptes publics audités, chiffre d’affaires inconnu, déclarée non rentable pour la dernière fois en janvier 2022.
- Les volumes phares sont des affirmations de l’entreprise qui varient d’une annonce à l’autre.
- Dernière valorisation de 8 milliards de dollars en 2022 ; une information non confirmée d’octobre 2026 évoque une cession possible autour de 2,5 milliards.
- Le procès StakeHound de 2021 n’a pas d’issue connue, et Fireblocks ne figure pas sur le registre MiCA de l’ESMA.
- Des milliers d’institutions dépendent d’un seul fournisseur ; la plateforme est fermée, hormis sa bibliothèque MPC.
Équipe
- Michael Shaulov Chief executive officer and co-founder
- Pavel Berengoltz Chief technology officer and co-founder
- Idan Ofrat Chief product officer and co-founder
- Michael Levine Chief financial officer
- Elad Roisman Chief regulatory and policy officer, general counsel for regulatory matters
- Adam Levine Chief executive, Fireblocks Financial Services
- Ran Goldi Chief payments and network officer
- Stephen Richardson Chief strategy officer and head of banking
Financement et audits
| Tour | Montant | Date | Investisseurs |
|---|---|---|---|
| Seed (Globes; other sources count the full $16 million as a Series A) | $4 million | Cyberstarts (Gili Raanan, lead) | |
| Series A (announced with the seed round) | $12 million | Tenaya Capital (lead), Cyberstarts, Eight Roads Ventures, Swisscom, MState | |
| Series B (date of the Global Venturing report) | $30 million | Paradigm (lead), Cyberstarts, Tenaya Capital, Swisscom Ventures, Galaxy Digital, Digital Currency Group, Cedar Hill Capital | |
| Series C (valuation not disclosed) | $133 million | Coatue, Ribbit, Stripes (co-leads); BNY Mellon and Silicon Valley Bank (strategic) | |
| Series D (about $2 billion valuation at the time; $2.2 billion per later reports) | $310 million | Sequoia Capital, Coatue, Stripes, Spark Capital, DRW VC, SCB 10X (co-leads) | |
| Series E (valuation $8 billion) | $550 million | D1 Capital Partners, Spark Capital (co-leads), General Atlantic, Index Ventures, Mammoth, CapitalG, Altimeter, ParaFi Capital, Sequoia, Coatue, Ribbit, BNY Mellon, Paradigm, SCB 10X |
Feuille de route
- 2018Fondazione di FireblocksFait
- 2019-06-11Esce dalla fase riservata con 16 milioni di dollari raccoltiFait
- 2019-12-19Annunciato l’esame SOC 2 Type II condotto da Ernst & YoungFait
- 2022-01-27Serie E: 550 milioni di dollari con una valutazione di 8 miliardiFait
- 2022-02-16Prima acquisizione: First Digital Assets GroupFait
- 2022-06-02Annunciate le certificazioni ISO 27001, 27017 e 27018Fait
- 2023-08-09Divulgate le falle BitForge in altri protocolli MPCFait
- 2023-09-29Annunciata l’acquisizione di BlockFold (tokenizzazione)Fait
- 2024-08Charter fiduciaria NYDFS per Fireblocks Trust CompanyFait
- 2025-09-04Lanciata la Fireblocks Network for PaymentsFait
- 2025-10-23Acquisizione di DynamicFait
- 2026-01-07Accordo per rilevare TRES FinanceFait
- 2026-04Qivalis sceglie Fireblocks come partner infrastrutturale per la sua stablecoin in euro (riportato da FOW, 22 aprile)Fait
- 2026-06-02Lanciato Flow per accettare stablecoinFait
- 2026-10-22Axios riporta trattative con Visa; Fireblocks smentisceFait
Les crypto-actifs sont volatils : vous pouvez perdre la totalité de la somme investie. Rien de ce qui est publié sur Coindaro ne constitue un conseil en investissement.






