Neuf sociétés de la crypto et de la sécurité blockchain ont lancé jeudi 15 octobre 2026 la Quantum Alliance, un groupe de normalisation ouvert qui veut fixer ce que « prêt pour le post-quantique » signifie pour les blockchains, les portefeuilles et les infrastructures, et donner à chaque équipe un moyen de vérifier cette promesse. Ses dix contributeurs fondateurs viennent notamment de Quantus, Postquant Labs, Midnight Foundation, Keystone et Hacken, selon The Quantum Insider et Crypto Briefing, qui ont tous deux relaté le lancement le jour même. Un communiqué a suivi sur GlobeNewswire le 16 octobre.
Le groupe veut combler un manque dans le débat sur le bitcoin quantique et sur la menace qui pèse de la même façon sur les autres chaînes. Aujourd’hui, n’importe quel projet peut se dire « résistant au quantique ». Personne ne s’accorde sur les parties d’un système que couvre cette étiquette, ni sur les preuves qui devraient l’appuyer. L’alliance prévoit une définition publique, des critères de test ouverts et des schémas de référence pour déplacer les fonds exposés. D’après Bitcoin.com News, le lancement a eu lieu à Lisbonne.
Ce qui lui manque encore compte tout autant. Au moment où nous écrivons, l’alliance n’a publié ni site web, ni projet de norme, ni calendrier. La plupart de ses membres vendent des blockchains, des portefeuilles, des services de conservation ou des audits post-quantiques. Le média TFTC, spécialisé dans Bitcoin, relève que la majorité des fondateurs viennent de projets altcoins plutôt que de Bitcoin Core, et le groupe n’a aucun pouvoir sur la façon dont Bitcoin, Ethereum ou tout autre réseau modifie son code.
Coindaro n’a pas pu consulter le communiqué complet, dont le site bloquait l’accès automatisé. Les détails qui suivent proviennent des médias qui l’ont repris et des déclarations des membres eux-mêmes.
Dix fondateurs issus de neuf sociétés, surtout des acteurs du post-quantique
The Quantum Insider nomme dix contributeurs. Postquant Labs est la seule société représentée deux fois, par ses cofondateurs Colton Dillion (CEO) et Richard T. Carback III (CTO). Les autres ont chacune envoyé une personne.
| Organisation | Contributeur fondateur | Activité |
|---|---|---|
| Quantus | Christopher Smith, fondateur et CEO | Blockchain en preuve de travail qui signe avec ML-DSA, l’algorithme du NIST, depuis son premier bloc |
| Postquant Labs | Colton Dillion (CEO), Richard T. Carback III (CTO) | Développe Quip Network, une place de marché d’accès à du matériel quantique |
| Midnight Foundation | Sebastien Guillemot, CTO | Soutient Midnight, une blockchain de confidentialité à preuves à divulgation nulle liée à Cardano |
| Keystone | Aaron Chen, CTO | Portefeuilles matériels open source, isolés du réseau, qui communiquent par QR code |
| American Fortress | Michal « Mehow » Pospieszalski, CEO | Adresses de paiement privées Send-to-Name avec signature résistante au quantique |
| Intmax | Leona Hioki | Rollup à divulgation nulle de connaissance, sans état, sur Ethereum |
| Abelian | Richard Lee, directeur commercial (Chief Business Officer) | Layer 1 de confidentialité fondée sur la cryptographie post-quantique à base de réseaux euclidiens |
| The Vault | Bryn Bennett, directeur des revenus (Chief Revenue Officer) | Conservation post-quantique pour les banques et les entreprises |
| Hacken | Katina Messinis, responsable du développement commercial | Partenaire de sécurité et d’assurance pour les institutions financières et leurs prestataires d’infrastructure |
La liste penche vers les réseaux récents. Midnight gravite autour de la blockchain Cardano, Intmax tourne sur Ethereum, et Quantus comme Abelian sont des layer 1 avec signatures post-quantiques intégrées. Keystone et The Vault couvrent la conservation des fonds, Hacken l’audit. Aucune grande plateforme d’échange, aucune fondation d’un réseau du top 10 et aucun groupe de développeurs Bitcoin ne figure parmi les fondateurs.
Quatre groupes de travail, des fonds bloqués aux clés interchaînes
Le travail est réparti entre quatre groupes, selon The Quantum Insider et Crypto Briefing.
Migration des blockchains
Ce groupe étudie comment les fonds et les clés passent à des schémas post-quantiques. Cela inclut les pièces dont la clé publique est déjà visible sur la chaîne, et les comptes dont les propriétaires ont perdu l’accès et ne peuvent plus rien déplacer eux-mêmes.
Preuves à divulgation nulle post-quantiques
Beaucoup de chaînes récentes s’appuient sur des preuves à divulgation nulle de connaissance pour la confidentialité ou le passage à l’échelle. Le groupe veut des méthodes communes pour évaluer et comparer les systèmes de preuve post-quantiques sur la sécurité, la vitesse et la taille des preuves. « S’accorder dès maintenant sur la manière d’évaluer les systèmes de preuve post-quantiques évite à chaque équipe de devoir régler le problème seule plus tard », a déclaré Guillemot à Crypto Briefing.
Sécurité des portefeuilles
Le groupe consacré aux portefeuilles couvre la génération, le stockage, la signature et la récupération des clés post-quantiques, de l’élément sécurisé d’un appareil matériel jusqu’aux procédures de sauvegarde et de restauration. smart contract holding reserves of two or more tokens, supplied by users, that a decentralized exchange uses to execute trades automatically at a price set by a formula.">pool diverge, compared with simply holding the same tokens in a wallet. It becomes permanent when the provider withdraws.">Il s’appuie sur « Wallet Security for Post-Quantum Ethereum », une initiative cosignée par Carback et inscrite auprès du TheDAO Security Fund, rapporte The Quantum Insider. « Les portefeuilles matériels se trouvent à l’endroit précis où la nouvelle cryptographie rencontre les vrais utilisateurs », a résumé Chen, de Keystone.
Compatibilité interchaînes
Le dernier groupe rédige des spécifications pour que portefeuilles, ponts et signataires matériels traitent les clés post-quantiques de la même façon. Sans cela, un format de clé accepté par une chaîne pourrait être illisible pour le pont d’à côté.
Un test public du « prêt pour le quantique », décidé à la manière de l’IETF
Trois livrables sont prévus. Le premier est une définition publique de la préparation au quantique, qui couvre les signatures des transactions, la gestion des clés, le consensus, les preuves à divulgation nulle et les liaisons pair-à-pair entre nœuds. Le deuxième est un ensemble de critères de test et de bancs d’essai ouverts, que toute équipe peut lancer sur son propre code. Le troisième est une série de schémas de migration de référence : pour les clés exposées, pour les comptes dormants et pour les transactions plus lourdes qu’imposent les signatures post-quantiques.
Tout doit être publié en accès libre. La gouvernance s’inspire de l’Internet Engineering Task Force (IETF), l’organisme qui rédige les protocoles d’Internet, et reste ouverte aux contributeurs individuels. Les propositions avancent sur la base de preuves publiques, d’un consensus approximatif et de code qui fonctionne. La taille d’une entreprise ou les jetons qu’elle détient ne donnent aucune voix supplémentaire. Bitcoin.com ajoute que l’alliance ne construira pas de blockchain et ne dira pas aux réseaux comment réagir.
Smith, de Quantus, voit loin : « À l’avenir, la “cryptographie post-quantique” s’appellera simplement “cryptographie”, et tout le reste sera au musée. »

Les indices de préparation se contredisent déjà sur le même réseau
Le besoin d’un étalon commun se montre facilement. Selon The Quantum Insider, l’indice de vulnérabilité quantique de qLABS, publié en mai, classait Ethereum deuxième parmi les réseaux les mieux préparés. Le site migration.fail lui attribue au contraire la note F, car il ne compte que la cryptographie déjà active sur le réseau principal. Les deux peuvent avoir raison selon leurs propres critères, et c’est justement le problème que l’alliance dit vouloir régler.
La taille des transactions est une autre question ouverte. Quantus, l’un des membres fondateurs, a lancé son réseau principal en septembre 2026 avec un plafond de 21 millions de pièces et deux variantes, ML-DSA-65 et ML-DSA-87, pour signer les transactions, rapportait Finbold le 10 septembre. Finbold estimait une transaction Quantus à environ 7 Ko, contre une centaine d’octets pour une transaction Bitcoin. Cet écart d’environ 70 fois, c’est le problème des « transactions plus lourdes » que le groupe migration a inscrit parmi ses objectifs : les signatures post-quantiques coûtent de la place dans les blocs, des frais et de la bande passante.
Ces algorithmes n’ont rien de nouveau. Le NIST, l’agence américaine de normalisation, a finalisé ses premières normes de cryptographie post-quantique en août 2024 : FIPS 203 (ML-KEM), FIPS 204 (ML-DSA) et FIPS 205 (SLH-DSA). L’alliance ne veut pas inventer de nouvelle cryptographie. Elle veut s’accorder sur la façon dont une blockchain prouve qu’elle utilise correctement cette cryptographie, de bout en bout.
Bitcoin et menace quantique : l’alliance compte environ 6 millions de BTC exposés
L’annonce évoque environ 6 millions de BTC, « plus de 30 % » de l’offre, comme « exposés au quantique au repos », rapporte Crypto Briefing. The Quantum Insider donne le chiffre de 6,04 millions de BTC, soit 30,2 %, ce qui correspond à un décompte Glassnode des pièces dont la clé publique est déjà visible sur la chaîne, comme le relève TFTC. Bitcoin.com, citant les contributeurs fondateurs, avance une fourchette de 6,04 à 6,4 millions de BTC. Le total dépend de la méthode : inclure ou non les adresses réutilisées, par exemple, le fait varier.
Le communiqué affirme aussi que la quasi-totalité d’un marché crypto d’environ 2 900 milliards de dollars repose sur des signatures classiques. À titre de comparaison, la capitalisation totale du marché crypto s’élevait à environ 2 760 milliards de dollars à 07 h 00 UTC le 17 octobre, selon les données de marché de Coindaro. Bitcoin.com souligne que le risque dépasse Bitcoin et touche les stablecoins, les ponts et les autres infrastructures qui utilisent la cryptographie à courbes elliptiques.
Exposé ne veut pas dire volable aujourd’hui. Aucune machine capable d’attaquer la cryptographie de Bitcoin n’a été construite, rappellent Bitcoin.com et The Quantum Insider. La vraie difficulté, ce sont les pièces que personne ne déplacera. Environ 1,1 million de BTC sont attribués à Satoshi Nakamoto, une estimation citée par TFTC et Bitcoin.com, dont une grande partie dort dans d’anciennes sorties de type pay-to-public-key. Des pièces perdues ou abandonnées ne peuvent pas être migrées de force, si bien que le seul moyen de les « protéger » serait de les geler, et cette idée divise la communauté Bitcoin.

La « Doom Clock » vise mars 2028, d’autres estimations les années 2030
L’alliance cite des prévisions qui situent les menaces concrètes vers 2028 ou 2029, selon Crypto Briefing. L’une d’elles vient de l’intérieur du groupe. La Quantum Doom Clock, conçue par Carback et Dillion de Postquant Labs, désigne mars 2028 comme une première fenêtre possible et suppose qu’il faut environ 856 000 qubits physiques pour casser la sécurité cryptographique actuelle, rapporte Bitcoin.com. C’est un modèle construit par deux fondateurs de l’alliance, pas une prévision indépendante.
D’autres avis tombent plus tard. Des estimations indépendantes citées par TFTC et Bitcoin.com placent la fenêtre probable entre le début et le milieu des années 2030. L’informaticien Scott Aaronson a jugé en novembre 2025 qu’une machine tolérante aux fautes exécutant l’algorithme de Shor avant la prochaine élection présidentielle américaine était une « possibilité réelle », et il a relayé en avril 2026 des avis d’experts autour de 2029, note The Quantum Insider.
La barre matérielle ne cesse de baisser, ce qui explique l’attention portée à ces dates. Un article de mars 2026 signé Google Quantum AI, la Fondation Ethereum et Stanford situe sous les 500 000 qubits physiques le seuil nécessaire pour casser les clés à courbes elliptiques, et IonQ a estimé en septembre 2026 qu’environ 20 000 qubits à ions piégés pourraient retrouver une clé secp256k1 en 26 jours environ par tentative. Le dernier résultat de Google en correction d’erreurs est détaillé dans notre article sur Willow et ce qu’il change pour Bitcoin.
| Donnée | Valeur | Source, date |
|---|---|---|
| BTC dont la clé publique est exposée (alliance) | Environ 6,04 millions de BTC, 30,2 % de l’offre | The Quantum Insider, 15 oct. 2026 (Glassnode, selon TFTC) |
| Fourchette citée par les contributeurs fondateurs | 6,04 à 6,4 millions de BTC | Bitcoin.com, 16 oct. 2026 |
| BTC attribués à Satoshi | Environ 1,1 million (estimation) | TFTC, Bitcoin.com, 16 oct. 2026 |
| Marché crypto reposant sur des signatures classiques | Environ 2 900 milliards de dollars | Annonce de l’alliance, via Crypto Briefing |
| Capitalisation totale du marché crypto | Environ 2 760 milliards de dollars | Données de marché Coindaro, 07 h 00 UTC, 17 oct. 2026 |
| Première fenêtre de la Doom Clock | Mars 2028, environ 856 000 qubits physiques | Postquant Labs, via Bitcoin.com |
| Estimation Google, Fondation Ethereum et Stanford | Moins de 500 000 qubits physiques | Mars 2026, via The Quantum Insider |
| Estimation IonQ | Environ 20 000 qubits à ions piégés, environ 26 jours par tentative | Septembre 2026, via The Quantum Insider |
| Taille d’une transaction Quantus | Environ 7 Ko contre une centaine d’octets sur Bitcoin | Finbold, septembre 2026 |
Comment un ordinateur quantique pourrait atteindre une clé bitcoin
Les blockchains prouvent la propriété des pièces au moyen de signatures à courbes elliptiques. Seul le détenteur de la clé privée peut signer, et n’importe qui peut vérifier la signature à partir de la clé publique. Un ordinateur quantique assez puissant, exécutant l’algorithme de Shor, pourrait remonter de la clé publique à la clé privée.
Une clé publique devient visible dès qu’une adresse a dépensé des fonds, et certains types de sorties la montrent dès le départ ; l’article sur Willow cité plus haut détaille lesquels. Les signatures post-quantiques comme ML-DSA résistent à cette attaque, mais elles pèsent des kilo-octets au lieu de quelques octets. Faire passer Bitcoin à ces signatures exigerait une modification du protocole, puis que chaque détenteur transfère ses pièces vers de nouvelles adresses. Tant qu’aucun test commun n’existe, « résistant au quantique » reste une affirmation que chaque projet formule selon ses propres termes.
Cryptographie post-quantique : ce que recommande l’ANSSI en France
En France, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) prépare déjà entreprises et administrations à cette migration. Dans sa FAQ sur la cryptographie post-quantique, elle « insiste fortement » sur l’hybridation, c’est-à-dire la combinaison d’un algorithme classique éprouvé et d’un algorithme post-quantique pendant la transition. Pour le périmètre réglementé, cette hybridation est obligatoire. Seules les signatures fondées sur le hachage (SLH-DSA, XMSS et LMS) échappent à cette recommandation systématique.
L’agence demande de commencer dès maintenant par l’inventaire de ses usages cryptographiques. Elle prévoit d’introduire des exigences post-quantiques dans la qualification des produits à partir de 2027 et estime qu’il « ne sera pas raisonnable » d’acheter après 2030 des produits qui n’intègrent pas de cryptographie post-quantique. Ces recommandations visent les systèmes d’information des organisations : elles ne s’imposent pas à une blockchain publique comme Bitcoin. L’hybridation de l’ANSSI, où les deux algorithmes protègent ensemble, diffère d’ailleurs de la voie « 1-of-2 » proposée par Coinbase pour Bitcoin (voir plus bas), où l’une ou l’autre signature suffit à dépenser.
Ce que l’alliance ne peut pas décider pour Bitcoin
TFTC, média centré sur Bitcoin, n’a pas pris de gants. La plupart des fondateurs viennent de projets altcoins et non de Bitcoin Core, il ne s’agit donc « pas de la réponse native de Bitcoin », a-t-il écrit. Dans un texte d’opinion, TFTC soutient aussi que les projets de gel ou de mise sous séquestre des pièces vulnérables menacent davantage Bitcoin que les machines quantiques elles-mêmes. Smith a confié à TFTC que le premier à construire une machine capable de casser les clés actuelles prendra probablement les pièces vulnérables, sans doute avec la bénédiction d’un gouvernement. « Espérons que ce soit un gouvernement qui aime le bitcoin », a-t-il ajouté.
Il faut aussi garder en tête un conflit d’intérêts évident. La plupart des membres vendent les produits qu’une norme de préparation viendrait noter, et deux d’entre eux ont conçu la Doom Clock que cite l’alliance. Un test écrit par des fournisseurs pourrait avantager leurs propres conceptions. Le processus ouvert inspiré de l’IETF et la règle selon laquelle ni la taille ni les jetons ne donnent de voix sont les garde-fous que met en avant le groupe. L’arrivée, ou non, d’acteurs extérieurs dira s’ils fonctionnent.
Le débat propre à Bitcoin suit d’autres voies, et avance lentement. Le BIP-360 (Pay-to-Merkle-Root) reste à l’état de brouillon (Draft), sans proposition d’activation, et n’ajoute pas à lui seul de signatures post-quantiques. Le BIP-361, publié le 14 avril 2026 par Jameson Lopp et cinq coauteurs, éliminerait progressivement les anciennes signatures et finirait par geler les pièces non migrées. Adam Back, de Blockstream, plaide au contraire pour des mises à niveau optionnelles et une dizaine d’années laissée aux utilisateurs pour déplacer leurs clés, rapportait CoinDesk en avril. Le fonctionnement des deux propositions est détaillé dans notre article sur Willow cité plus haut.
Les grands détenteurs de bitcoins ont leur propre groupe. Le 23 juillet 2026, Strategy, BlackRock, Coinbase, Galaxy, Fidelity Digital Assets, Anchorage Digital, ARK Invest, Block et Blockstream ont formé le Bitcoin Security Consortium, avec un engagement de 15 millions de dollars sur trois ans pour financer des développeurs, la recherche en sécurité et les travaux post-quantiques, selon The Block. Chaque membre finance ses propres choix, Mike Schmidt, de Brink, coordonne bénévolement, et le consortium dit qu’il ne prendra pas position sur les modifications du protocole. Galaxy avait annoncé deux jours plus tôt un programme distinct de subventions de 5 millions de dollars pour des travaux sur un Bitcoin résistant au quantique.
Coinbase a lui aussi publié ces dernières semaines des pistes de conception pour Bitcoin, selon CoinMarketCap Academy. L’entreprise privilégie des types de sorties capables d’accueillir plus tard des schémas post-quantiques, en citant P2MR (BIP-360) et P2TRv2, et suggère un chemin « 1-of-2 » dans lequel une pièce peut être dépensée avec une signature classique ou avec une signature post-quantique. Les fonds anciens et ceux de l’époque de Satoshi « relèvent plutôt d’un problème distinct de gouvernance et d’ingénierie », écrit-elle, selon CoinMarketCap Academy. Shashank Agrawal, de Coinbase, a présenté ce texte comme « une contribution à une discussion ouverte ».
Deux initiatives avancent donc en parallèle, avec très peu de membres en commun. Les plus gros détenteurs de bitcoins paient des développeurs Bitcoin ; la nouvelle alliance réunit de plus petits acteurs multichaînes qui veulent écrire le test. Ailleurs, StarkWare a fait miner en août une transaction Bitcoin protégée contre le quantique sur le réseau principal, qui, de son propre aveu, ne protège que les pièces placées dans ce type de sortie spécial. Et, comme le note TFTC, la lettre Bitcoin Optech du 2 octobre a rendu compte des discussions entre développeurs sur les sorties post-quantiques, la compatibilité des portefeuilles et le coût des signatures.
À surveiller : un site, un premier brouillon et de nouveaux membres
Les groupes de travail doivent commencer à publier définitions, critères de test et bancs d’essai, mais l’alliance n’a donné aucune date. Les premiers signes à guetter sont un site web avec un moyen de soumettre des propositions, et un premier brouillon de la définition de préparation au quantique.
L’autre test, c’est la liste des membres. La participation éventuelle d’un développeur de Bitcoin Core, de la Fondation Ethereum ou d’une grande plateforme d’échange déterminera jusqu’où ses critères porteront au-delà des réseaux des fondateurs.
Côté réseaux, les BIP-360 et BIP-361 restent en discussion sur la liste de diffusion bitcoin-dev et dans Optech, sans calendrier d’activation. Ethereum vise une infrastructure post-quantique de base vers 2029, selon ethereum.org.
