Capitalisation 2,74 T $ −6,37 % sur 24 heuresVolume 24 h 80,64 Md $Dominance BTC 59,5 %ETH 10,6 %Fear & Greed 68 AviditéCryptos 22 442

Projet · Bitcoin Infrastructure Layer 2

Liquid Network : sidechain bitcoin de Blockstream, L-BTC et piratage de septembre 2026

Actif Risque 4/5

À propos du projet

Le Liquid Network, la sidechain bitcoin fédérée que Blockstream a lancée en 2018, refonctionne depuis le piratage de septembre 2026, mais en partie seulement. Depuis le 20 octobre, les détenteurs peuvent échanger leurs L-BTC contre du bitcoin auprès de prestataires de swap. Les retraits directs vers la blockchain Bitcoin (les peg-outs) restent fermés, et la réserve contient moins de bitcoins qu’il n’y a de L-BTC en circulation.

Le 21 octobre 2026 à 18 h 21 UTC, l’explorateur liquid.network affichait 4 234,76 L-BTC en circulation pour 3 632,23 BTC dans le portefeuille de la Fédération sur Bitcoin. L’écart est d’environ 602,5 BTC, soit une couverture de 86 % à peu près. Bitcoin.com avait publié les deux mêmes chiffres le 17 septembre : ni l’un ni l’autre n’a bougé en cinq semaines.

Cet écart est ce qui reste de l’attaque du 6 septembre. Un bogue dans Elements, le logiciel sur lequel tourne Liquid, a permis à un attaquant de créer environ 4 000 L-BTC que rien ne couvrait et de les échanger contre 3 996,02 BTC, soit environ 320 millions de dollars à l’époque selon CoinDesk. Les auteurs, qui se disent « whitehats », ont renvoyé 3 400 BTC dès le lendemain. Notre article sur la reprise par étapes annoncée le 20 octobre détaille la dernière avancée. Qui supportera la perte n’a toujours pas été dit.

Liquid Network, c’est quoi ? Une sidechain bitcoin fédérée

Liquid est une blockchain distincte, qui fonctionne à côté de Bitcoin. Elle repose sur Elements, un code open source dérivé de celui de Bitcoin et publié sous licence MIT. Sa monnaie de base, le L-BTC, représente des bitcoins verrouillés dans un portefeuille de la chaîne principale. Les blocs arrivent toutes les minutes environ, au lieu de dix. Les montants et les types d’actifs sont masqués par défaut, et chacun peut y émettre des jetons, de l’USDt de Tether aux titres de minage tokenisés.

La documentation de Liquid parle de sidechain fédérée de Bitcoin, alors que le site liquid.net la présente comme une couche 2 (layer 2) de Bitcoin. La première étiquette est la juste. Liquid n’est pas un rollup, ni un réseau de canaux de paiement comme Lightning : sa sécurité repose sur ses signataires et sur le code de Blockstream, pas sur le consensus de Bitcoin lui-même. Notre explication sur les couches 2 détaille la différence.

Trois acteurs se confondent facilement. La Liquid Federation gouverne le réseau ; elle comptait 87 membres sur six continents au 1er mai 2026, des plateformes d’échange et des desks de trading aux fabricants de portefeuilles. Quinze functionaries (les opérateurs) font tourner les nœuds de signature. Blockstream, l’entreprise bitcoin que Adam Back a cofondée en 2014, écrit le logiciel et exploite liquid.net en tant que prestataire technique de la Fédération. Les pages que nous avons lues ne disent pas quels membres sont les 15 functionaries.

Comment fonctionne le Liquid Network : functionaries, blocs et pont

Il n’y a ni minage ni récompense de bloc. Les functionaries produisent les blocs selon un calendrier fixe d’environ une minute, et la documentation de Liquid fixe le quorum de signature à 11 sur 15. Le même seuil protège le portefeuille en bitcoin de la Fédération, d’après le centre d’aide de Blockstream, la clé de chaque functionary étant conservée dans un module de sécurité matériel (HSM).

Ce portefeuille est le pont entre les deux chaînes : chaque L-BTC est censé correspondre à un BTC qui s’y trouve. Comme tout pont inter-chaînes, c’est un tas de pièces verrouillées, gardé par des clés et par le logiciel qui décide quand les libérer. En septembre, les clés ont tenu. Le logiciel, non.

Peg-in et peg-out : passer du BTC au L-BTC et inversement

La documentation ne fixe aucune condition d’éligibilité pour un peg-in. On envoie des BTC à une adresse de la Fédération, on attend 102 confirmations sur Bitcoin (environ 17 heures) et l’on récupère le même montant de L-BTC sur Liquid.

Les peg-outs sont plus restreints. Seuls les functionaries et les participants dotés d’une clé d’autorisation de peg-out enregistrée, la PAK, peuvent échanger directement du L-BTC contre du BTC, ce qui prend normalement de 11 à 35 minutes. Tous les autres passent par un membre de la Fédération, une plateforme d’échange ou un service de swap. SideSwap, une plateforme de swap membre de la Fédération, détenait l’une de ces clés, et c’est par elle que l’attaquant est passé.

Les pegs ne forment qu’une petite part du trafic. Au premier trimestre 2026, la Fédération a compté 14 063 peg-ins pour 1 252 BTC et 1 201 peg-outs pour 1 144 BTC, sur plus de 1,16 million de transactions.

Clés de secours et verrous temporels

Si les functionaries cessent de signer, un jeu distinct de clés de secours, conservé à froid par Blockstream, peut déplacer la réserve, mais seulement après l’expiration d’un verrou temporel (timelock). Le centre d’aide de Blockstream le fixe à 4 032 blocs Bitcoin, soit environ 28 jours. En 2020, Blockstream décrivait ces clés comme un schéma 2 sur 3 et affirmait qu’elles n’avaient jamais été utilisées.

Ce filet de sécurité a été mis à nu par accident en juin 2020. James Prestwich, fondateur de Summa, a révélé le 26 juin que le verrou d’une sortie contenant 870 BTC avait expiré, pendant 40 minutes selon Blockstream, de sorte que les clés de secours auraient pu, en théorie, la dépenser. « Ce n’était pas un fonctionnement normal », a-t-il déclaré à Cointelegraph. Aucune pièce n’a bougé. Blockstream a corrigé le logiciel des functionaries pour renouveler les verrous sept jours avant leur expiration, et a présenté les Dynamic Federations comme la solution complète.

Les Dynamic Federations, ou DynaFed, permettent à la Fédération d’ajouter ou de retirer des functionaries sans arrêter la chaîne, de relever le plafond de 15, de réaffecter ou de désactiver les clés de secours et d’allonger les verrous. Dans un point d’étape de juillet 2021, six des 12 functionaries nécessaires au hard fork le signalaient.

Le L-BTC : une créance 1 pour 1 sur le bitcoin, couverte à 86 % environ

Le L-BTC est créé quand des BTC entrent dans le portefeuille de la Fédération et détruit quand des BTC en sortent, si bien que l’offre devrait toujours égaler la réserve. Cette règle est le produit lui-même, et c’est elle que le bogue de septembre a brisée.

Liquid n’a pas d’autre jeton natif : ni jeton de gouvernance, ni staking, ni calendrier d’émission. Le L-BTC est aussi le seul actif accepté pour payer les frais. Une proposition permettant de payer avec d’autres actifs (ELIP 204) était à l’étude auprès du comité technique de la Fédération en mai 2026. Les frais sont minimes : liquid.net affichait une moyenne de 0,1 sat/vB le 21 octobre, et l’ELIP 200, annoncée en janvier 2025, a réduit jusqu’à 90 % les frais des transactions confidentielles.

Peut-on aujourd’hui reconvertir du L-BTC en bitcoin ? Par un prestataire de swap, oui, depuis le 20 octobre. Par un peg-out, non, et aucune date n’a été donnée. Nous n’avons trouvé aucun taux publié pour ces swaps par rapport à la parité 1 pour 1, donc nous n’en citons pas. Sur les sites de cours, le symbole « LBTC » désigne en général le bitcoin staké de Lombard, que CoinGecko répertorie sous ce symbole : un autre actif.

Transactions confidentielles et actifs émis sur Liquid

Sur Bitcoin, chaque montant est public. Sur Liquid, les Confidential Transactions remplacent chaque montant et chaque type d’actif par un engagement cryptographique, accompagné d’une preuve de plage (range proof) qui montre que le montant masqué est valide sans le révéler. Les deux parties voient les chiffres ; un tiers voit qu’une transaction a eu lieu, pas ce qui a bougé ni en quelle quantité.

Cette confidentialité séduit les desks qui déplacent du bitcoin entre plateformes. Elle a aussi rendu la crise de septembre difficile à lire de l’extérieur. Les sorties falsifiées ressemblaient à n’importe quel L-BTC, et les explorateurs divergeaient sur l’offre, qu’il faut déduire de la comptabilité des pegs. Environ sept heures après le paiement, Defiprime a relevé que l’explorateur de Blockstream affichait environ 197 L-BTC (la réserve restante) et mempool.space environ 4 205. Le 21 octobre, les deux concordaient de nouveau : l’explorateur de Blockstream comptait 18 387,58 BTC passés en peg-in, 14 142,80 BTC en peg-out et 10,03 L-BTC brûlés depuis le lancement, ce qui correspond à l’offre de liquid.network à l’arrondi près.

L’émission ne demande aucun contrat intelligent. Tether a lancé l’USDt sur Liquid le 29 juillet 2019, d’abord disponible chez Bitfinex, et liquid.net le valorisait 97 millions de dollars le 21 octobre (notre page sur Tether (USDT) présente le stablecoin lui-même). Blockstream avait dévoilé Liquid Securities, une plateforme pour les émetteurs de titres numériques, le 15 mai 2019. Selon le décompte de liquid.net lui-même, les plus gros actifs sont les billets à ordre Mifiel (2,1 milliards de dollars), les titres de minage de bitcoin BMN2 (877 millions de dollars) et le jeton USTBL (32 millions de dollars).

Un œil et un cadenas près d’un document et d’une pièce isolée
Les transactions confidentielles masquent montants et types d’actifs, tandis que l’USDt et des billets tokenisés partagent la même chaîne.

La programmabilité est venue plus tard. Simplicity, le langage de contrats intelligents de Blockstream, est passé en version alpha sur le mainnet de Liquid le 31 juillet 2025, avec un langage de plus haut niveau nommé SimplicityHL. Au premier trimestre 2026, la Fédération a compté 18 857 nouvelles émissions d’actifs et 1 163 119 transactions, en hausse de 72 % sur le trimestre précédent, avec un pic mensuel de 478 680 en mars. Ces chiffres incluent les émissions et les petits transferts d’actifs : ils mesurent l’activité, pas la valeur.

Liquid Network en chiffres

Les chiffres on-chain ci-dessous viennent de l’interface d’exploration qui alimente liquid.network, consultée à 18 h 21 UTC le 21 octobre 2026 (bloc Liquid 4 110 629). Les autres portent leur propre date et leur propre source.

MesureChiffreDate et source
L-BTC en circulation4 234,76 L-BTC21 oct. 2026, explorateur Liquid
Réserve de la Fédération sur Bitcoin3 632,23 BTC21 oct. 2026, explorateur Liquid
Écart602,53 BTC (couverture de 85,8 %)21 oct. 2026, notre calcul
Peg-ins depuis le lancement117 346, pour 18 387,58 BTC21 oct. 2026, explorateur Blockstream
Peg-outs depuis le lancement10 414, pour 14 142,80 BTC21 oct. 2026, explorateur Blockstream
Pic de la réserve (série mensuelle)4 406,59 BTCFévrier 2026, liquid.network
Membres de la Fédération871er mai 2026, Liquid Federation
Valeur déclarée par Liquid5 milliards de dollars21 oct. 2026, liquid.net

La série mensuelle de liquid.network n’est qu’indicative, mais elle montre l’allure de l’année : des peg-outs nets chaque mois de mai à août 2026, une réserve de 4 216,62 BTC au relevé d’août, puis 3 632,23 BTC en septembre. En octobre 2024, à l’annonce d’un emprunt convertible, Blockstream chiffrait les bitcoins verrouillés dans Liquid à plus de 3 844 BTC et les actifs émis dessus à plus de 1,8 milliard de dollars.

Aucun suivi indépendant ne mesure la valeur détenue sur Liquid. DefiLlama ne répertorie ni chaîne Liquid ni protocole Liquid (son entrée nommée « Liquid » est une interface de trading Hyperliquid sans rapport), si bien que le seul chiffre est celui de Liquid : 5 milliards de dollars sur liquid.net le 21 octobre, contre 3,27 milliards annoncés le 22 mai 2025. La plus grosse ligne, 2,1 milliards de dollars de billets Mifiel, est une créance tokenisée, pas de la liquidité que l’on peut échanger. DefiLlama recense en revanche le piratage : 320 millions de dollars le 6 septembre 2026, classé sous « pont et inter-chaînes », technique « Unbacked Cross-Chain Mint ».

Historique du Liquid Network, de 2018 à 2026

Liquid a ouvert le 10 octobre 2018 avec 23 membres, parmi lesquels Bitfinex, BitMEX, Bitso, OKCoin, Xapo et SIX Digital Exchange. « Il est prêt pour un usage commercial », disait ce jour-là à CoinDesk Samson Mow, alors directeur de la stratégie de Blockstream.

DateÉvénement
10 oct. 2018Lancement public avec 23 membres de la Fédération
15 mai 2019Blockstream dévoile Liquid Securities, plateforme pour les émetteurs de titres numériques
29 juil. 2019Tether lance l’USDt sur Liquid
26 juin 2020Expiration d’un verrou sur une sortie de 870 BTC révélée ; aucun fonds perdu, logiciel corrigé
28 juil. 2021Point d’étape sur les Dynamic Federations : 6 des 12 functionaries requis le signalent
24 août 2021Blockstream lève 210 millions de dollars sur une valorisation de 3,2 milliards
15 oct. 2024Blockstream lève 210 millions de dollars par emprunt convertible
16 janv. 2025L’ELIP 200 réduit jusqu’à 90 % les frais des transactions confidentielles
20 mai 2025La Fédération atteint 81 membres et élit trois comités
31 juil. 2025Simplicity passe en alpha sur le mainnet de Liquid
29 janv. 2026Sept nouveaux membres rejoignent la Fédération
11 mai 2026Blockstream publie une feuille de route de développement de Liquid
2 août 2026Un chercheur extérieur signale la faille de cache de 2018
6 sept. 2026Exploit : environ 4 000 L-BTC sans contrepartie échangés contre 3 996 BTC
7 sept. 20263 400 BTC restitués
9-10 sept. 2026Elements corrigé publié, les blocs et les transactions reprennent
25 sept. 2026Liquid publie son évaluation de l’incident de sécurité
20 oct. 2026Les swaps BTC/L-BTC rouvrent via des prestataires ; les peg-outs restent restreints

Le piratage du Liquid Network : comment un bogue de cache a fabriqué du L-BTC

Cette section s’appuie, sauf mention d’une autre source, sur l’évaluation de l’incident de sécurité de Liquid, datée du 25 septembre 2026.

Deux bogues dans le cache des preuves de plage

Vérifier une preuve de plage coûte cher en calcul, donc Elements garde en cache les preuves déjà vérifiées. La première faille, le « Bug A », remonte à une modification écrite le 25 avril 2018, fusionnée le 30 mai et livrée dans Elements v0.14.1. Elle construisait la clé de cache à partir du nonce, de la preuve de plage et de l’engagement sur la valeur, mais omettait l’engagement sur l’actif et le script de la sortie. Un « valide » mis en cache n’était donc pas lié à la sortie entière qu’il était censé garantir.

Un chercheur extérieur, stutxo, a signalé le Bug A le 2 août 2026. Blockstream l’a corrigé sur les nœuds du pont dès le lendemain, une mission de la Bitcoin Red Team a signalé la même faille avec une preuve de concept fonctionnelle le 7 août, et 13 des 15 functionaries avaient mis à jour leur logiciel le 11 août. Le correctif public a été fusionné le 1er septembre.

Ce correctif contenait le « Bug B », celui qui a été exploité. Il ajoutait les champs manquants, mais concaténait les octets bruts de quatre champs sans préfixe de longueur. Deux d’entre eux, la preuve et le script, ont une longueur variable, et l’en-tête de longueur de la preuve n’est contrôlé que lors d’une vérification complète, que le cache saute. Un attaquant pouvait donc façonner une preuve et un script dont les octets mis bout à bout correspondaient à une entrée déjà en cache comme valide. Les nœuds qui possédaient cette entrée acceptaient le bloc ; les autres le rejetaient. La chaîne s’est scindée selon le contenu des caches, alors que les 15 functionaries faisaient tourner la même version.

Chronologie des 6 et 7 septembre (UTC)

  • À 13 h 53 min 10 s, la transaction d’exploit atterrit dans le bloc Liquid 4 050 336 et crée du L-BTC qu’aucune entrée ne couvre.
  • À 14 h 00, l’attaquant teste le circuit avec un peg-out de 2,5 L-BTC via SideSwap, puis dépose environ 4 000 L-BTC chez SideSwap à 14 h 05.
  • À 14 h 10, la supervision de Blockstream signale en interne un arrêt de la production de blocs.
  • À 14 h 28 min 56 s, la Fédération libère 3 996,02 BTC dans le bloc Bitcoin 965 783.
  • Le chercheur @ErgoBTC publie la transaction de peg-out à 18 h 23 (selon Defiprime), et les nœuds du pont sont arrêtés à 18 h 26.
  • À 18 h 30, l’attaquant écrit dans une transaction Bitcoin : « we are whitehats. contact us on chain. » Blockstream répond sur la chaîne à 19 h 31, en renvoyant vers son adresse de sécurité, et révèle l’incident à 20 h 25.
  • Le 7 septembre, Blockstream corrige les nœuds du pont à 1 h 09. Selon The Block, l’attaquant lui avait demandé de corriger d’abord le bogue, et Blockstream a répondu par un message signé en PGP sur la chaîne : « Bridge nodes are patched, safe to return the funds. » 3 400 BTC sont revenus à 16 h 09 min 25 s.

Les bitcoins ont quitté la réserve 36 minutes après le bloc falsifié et environ quatre heures avant l’arrêt. Le peg-out a été confirmé « bien avant » que Blockstream puisse coordonner l’arrêt des nœuds du pont, indique l’évaluation.

Ce qui n’a pas été compromis, et le rôle de SideSwap

Aucune clé n’a été volée. « Les functionaries de la Liquid Federation n’ont pas été piratés et aucune clé privée n’a été compromise », a déclaré Liquid, cité par Decrypt. La PAK de SideSwap n’a pas non plus été falsifiée : elle a signé une demande de peg-out authentique, portant sur du L-BTC que le consensus avait accepté à tort. L’USDt et les autres actifs émis n’ont pas été touchés, ont rapporté Decrypt et CoinDesk, même s’ils n’ont pas pu circuler pendant la pause de la chaîne.

La configuration de SideSwap a rendu le paiement rapide. L’évaluation, qui s’appuie sur le récit de SideSwap lui-même, indique que la plateforme gardait sa clé de signature de peg-out en ligne alors que la charte de la Fédération exige qu’elle soit hors ligne, qu’elle transférait les paiements automatiquement dans le même bloc Bitcoin, et qu’elle n’appliquait ni plafond de montant ou de vitesse, ni contrôle de l’historique du portefeuille, ni revue manuelle.

La réparation a pris quatre jours. Le Bug B a été corrigé dans la pull request Elements n° 1600 le 8 septembre, puis Elements v23.3.4 a suivi le 9 septembre, avec un hachage du cache à préfixes de longueur et une option pour désactiver le cache. La production de blocs a repris à 21 h 05 min 10 s UTC ce jour-là, avec un bloc 4 050 336 de remplacement. Les transactions valides ont été rejouées ; les deux sorties invalides et quatre descendantes ont été retirées. Les transactions des utilisateurs sont revenues à partir de 12 h 31 UTC le 10 septembre. Les peg-outs, non.

La négociation sur la chaîne et les litiges

Environ 598,5 BTC sont restés aux mains des attaquants, selon Decrypt et Bitcoin.com ; l’évaluation de Liquid chiffre le solde à environ 602 BTC. L’écart d’environ 4 BTC n’a pas d’explication confirmée. Les attaquants n’ont pas été identifiés, et « white hat » est leur propre étiquette.

Un bogue logiciel et une silhouette à capuche près de pièces, d’une loupe et d’un sablier
Un bogue de cache a laissé du L-BTC falsifié atteindre de vrais bitcoins ; 3 400 BTC sont revenus, environ 600 non.

Bitcoin Magazine a rapporté le 20 octobre que les attaquants menaçaient de divulguer des messages chiffrés de Blockstream si on ne leur versait pas 10 % des bitcoins en guise de prime, soit environ 400 BTC. SlowMist, d’après KuCoin News le 11 septembre, a dit que Blockstream avait rejeté cette demande, et Bitcoin.com écrivait le 17 septembre que Blockstream refuse de payer et veut récupérer les 598,5 BTC. « On ne sait pas si Blockstream est parvenu à un accord en privé avec les pirates », écrit Bitcoin Magazine.

Le second litige porte sur les alertes. Calle, coresponsable de la Bitcoin Red Team, a publié qu’il « ne vous en coûte que 600 BTC pour ignorer un e-mail de la red team », a rapporté Bitcoin.com le 11 septembre. Blockstream a nié avoir ignoré des alertes, et Adam Back a dit que le bogue venait d’« un correctif incorrect d’un bogue trouvé par une IA ». L’évaluation confirme que la mission de la Red Team avait signalé la cause racine le 7 août, un mois avant l’exploit. Notre bilan des piratages crypto du troisième trimestre 2026 place Liquid parmi les plus grosses pertes du trimestre.

Peg-out du Liquid Network : ce qui doit se produire avant la réouverture

La mise à jour sur la reprise par étapes de la Fédération, publiée le 20 octobre, explique que la Fédération, Blockstream et des experts en sécurité extérieurs ont passé plusieurs semaines à durcir le réseau, à remanier sa comptabilité et à tester des garde-fous. Un nouveau logiciel de gestion des réserves est adapté à ce que l’article appelle l’« état comptable post-incident », et assez de functionaries l’ont installé pour passer à la phase suivante.

Cette phase est le service de swap désormais en route : des échanges BTC/L-BTC semi-automatisés avec des prestataires participants, « sans limite de volume imposée par le protocole sur ce service ». Le billet ne nomme aucun prestataire ; une publication d’Adam Back intégrée par Bitcoin Magazine renvoie vers SideSwap pour le bitcoin de la chaîne principale et vers Aqua pour Lightning. « Plusieurs garde-fous indépendants restent en place pour empêcher des peg-outs prématurés ou non autorisés », écrit la Fédération.

La phase finale compte deux étapes, dans un ordre fixe : rétablir la couverture intégrale 1 pour 1, puis rouvrir les peg-outs aux détenteurs de PAK une fois le travail de sécurité et d’exploitation restant achevé, les réserves restant suivies ouvertement sur les explorateurs de blocs. Le billet ne donne ni date, ni montant, ni mot sur les bitcoins non restitués. Une mise à jour antérieure de Liquid, du 29 septembre, rapportée par Bitcoin.com le 11 octobre, énumérait trois étapes vers les peg-outs : un audit indépendant d’Elements v23.3.4, une liste de PAK renouvelée et toutes les clés de peg-out placées en stockage à froid.

L’écart de 602 BTC : personne n’a dit qui le comblera

Ni l’évaluation ni le billet du 20 octobre ne disent si Blockstream, la Fédération, SideSwap ou les détenteurs de L-BTC absorberont le manque, ni quand. Bitcoin.com a rapporté le 17 septembre que, selon Blockstream, la parité sera rétablie 1 pour 1 lors d’une étape ultérieure, et qu’Adam Back a conseillé aux détenteurs de ne pas vendre leurs L-BTC de gré à gré avec une décote. Aucun plan d’indemnisation n’a été publié.

Pour un lecteur en France, la question est surtout pratique. Le traitement d’une conversion entre L-BTC et BTC dans la déclaration annuelle des plus-values sur actifs numériques dépend de la situation de chacun : la question se pose à un conseiller fiscal ou à l’administration fiscale. Nous n’avons trouvé aucune information de Liquid sur un agrément ou un enregistrement auprès de l’AMF, ni sur le statut de la Fédération au regard du règlement européen MiCA, et nous n’en déduisons rien.

Équipe, gouvernance et financement

Adam Back, cofondateur et directeur général de Blockstream, est la voix publique de l’entreprise sur Liquid et sur le piratage. Michael Minkevich, arrivé comme directeur des opérations en octobre 2024, est président et COO de Blockstream. La page de direction de Blockstream ne nomme aucun dirigeant chargé de Liquid. Samson Mow, ancien responsable de la stratégie de Blockstream et aujourd’hui à la tête de JAN3, la société derrière le portefeuille Aqua, commente souvent Liquid sans parler en son nom.

La gouvernance est en transition. En mai 2025, la Fédération, qui comptait alors 81 membres, a élu trois comités (supervision, technique et adhésions) de cinq sièges chacun pour un mandat d’un an, séparés de Blockstream. La page Fédération de liquid.net indique désormais que les trois comités ont été regroupés en un comité provisoire unique, sans date ni noms, et l’évaluation précise que d’autres changements de gouvernance sont à l’étude.

Le financement connu est celui de Blockstream, pas celui de Liquid. Blockstream a levé 210 millions de dollars en série B sur une valorisation de 3,2 milliards en août 2021, menée par Baillie Gifford et coconduite par iFinex, l’exploitant de Bitfinex, une partie des fonds étant destinée à Liquid. En octobre 2024, elle a bouclé un emprunt convertible de 210 millions de dollars mené par Fulgur Ventures, pour des travaux sur les couches 2, le minage et sa trésorerie en bitcoin.

Audits et revue du code

Nous n’avons trouvé aucun audit tiers publié de Liquid ou d’Elements. Le Bug B a franchi une analyse interne assistée par IA, un test fonctionnel sur testnet et une seconde analyse avec relecture humaine, selon l’évaluation, et Alpen Labs a participé à plusieurs tours de revue d’Elements v23.3.4 avant sa publication. Blockstream dit instaurer une règle selon laquelle les correctifs critiques du logiciel de consensus en production sont relus par un auditeur indépendant avant leur publication, et l’évaluation annonce un programme de bug bounty.

Liquid a indiqué le 29 septembre qu’un audit externe indépendant de la v23.3.4 était en cours, selon Bitcoin.com. L’auditeur n’a pas été nommé, et aucun rapport n’était paru au 21 octobre.

Lightning et Liquid : deux réponses différentes au même problème

Les deux déplacent le bitcoin plus vite que la chaîne principale, avec des compromis différents. Lightning garde le bitcoin sur Bitcoin, verrouillé dans des canaux de paiement, et personne n’a à faire confiance à une fédération. Liquid déplace le bitcoin vers une autre chaîne aux blocs d’une minute, aux montants masqués et aux actifs émis, et demande aux utilisateurs de faire confiance à 15 functionaries, au code de Blockstream et, en dernier recours, aux clés de secours de Blockstream. Les deux se rejoignent en pratique : Aqua, la voie Lightning des swaps rouverts le 20 octobre, gère les deux.

Les risques du Liquid Network, et à qui il convient

Coindaro note le risque de Liquid 4 sur 5 : couverture inférieure à 1 pour 1, pas de date pour les peg-outs, un bogue de consensus qui a laissé des pièces sans contrepartie atteindre de vrais bitcoins, aucun audit publié et une gouvernance confiée à un comité provisoire. Ce n’est pas un 5, car aucune clé n’a été volée, les transactions falsifiées ont été retirées, le logiciel corrigé est sorti et les actifs émis sont restés intacts.

Liquid convient aux desks qui déplacent du bitcoin entre plateformes membres et veulent de la confidentialité et un règlement rapide, ainsi qu’aux émetteurs qui acceptent un modèle de confiance fédéré. Il convient moins à qui a besoin d’une sortie garantie vers le bitcoin à la demande : le grand public n’a jamais eu de peg-out direct, et aujourd’hui personne n’en a. Le bitcoin conservé sur Bitcoin, dans un portefeuille que l’on contrôle, ne comporte aucun risque de pont. Cette page décrit des risques ; ce n’est pas un conseil d’acheter, de vendre ou de conserver du L-BTC.

Ce qu’il faut surveiller ensuite

Les explorateurs diront les premiers si l’écart de 602 BTC se comble. Liquid doit encore nommer l’auditeur de la v23.3.4 et publier son rapport, renouveler la liste des PAK et donner une date pour les peg-outs. Viendra ensuite la feuille de route publiée par Blockstream le 11 mai 2026, des paiements sans confirmation à un pont de type BitVM en 1-parmi-n : rien n’en a été mis à jour depuis le début de la reprise.

Points forts et points de vigilance

Points forts

  • Les montants et les types d’actifs sont masqués par défaut grâce aux transactions confidentielles.
  • Un bloc environ chaque minute, avec un règlement rapide entre plateformes et desks membres.
  • L’USDt, les titres de minage et d’autres actifs tokenisés tournent sur la même chaîne, avec des frais autour de 0,1 sat/vB.
  • Code Elements open source sous licence MIT et une Fédération de 87 membres (mai 2026).
  • L’incident de septembre 2026 a été documenté en détail, et les transactions falsifiées ont été retirées.

Points de vigilance

  • Les peg-outs directs sont fermés depuis le 6 septembre 2026 et le L-BTC était couvert à 86 % environ le 21 octobre.
  • La confiance repose sur 15 functionaries, sur le logiciel de Blockstream et sur ses clés de secours.
  • Une faille de cache datant de 2018 a mené à l’exploit de 2026, et aucun audit tiers n’a été publié.
  • Personne n’a dit formellement qui couvre le manque de 602 BTC, et les chiffres de valeur sont déclaratifs.

Équipe

Financement et audits

TourMontantDateInvestisseurs
Series B (Blockstream)$210M at a $3.2B valuationBaillie Gifford (lead), iFinex (co-lead)
Convertible note (Blockstream)$210MFulgur Ventures (lead)

Feuille de route

  1. 2018-10-10Lancio pubblico con 23 membri della FederationFait
  2. 2019-07-29Tether lancia USDt su LiquidFait
  3. 2025-07-31Linguaggio per smart contract Simplicity in alpha sulla mainnetFait
  4. 2026-05Hard fork ELIP 203 che toglie il tetto di 21 milioni all’emissione per gli asset diversi da L-BTC, previsto per fine maggio (nessuna consegna confermata da Liquid al 21 ottobre 2026)
  5. 2026-06Rilascio dei pagamenti a zero conferme, previsto per giugno (nessun annuncio di rilascio trovato)
  6. 2026-09-10Produzione dei blocchi e transazioni degli utenti riprendono dopo l’exploit, con Elements v23.3.4Fait
  7. 2026-10-20Recupero, fase 1: swap tra BTC e L-BTC tramite i provider aderentiFait
  8. Recupero, fase 2: ripristino della copertura piena 1:1, poi riapertura dei peg-out per i titolari di PAK (nessuna data indicata)
  9. Audit esterno di Elements v23.3.4 (auditor non nominato) e programma di bug bounty (annunciato, senza data)
  10. 2027Attivazione della rete di sweep Taproot, secondo la roadmap di maggio 2026

Les crypto-actifs sont volatils : vous pouvez perdre la totalité de la somme investie. Rien de ce qui est publié sur Coindaro ne constitue un conseil en investissement.

En lien