Dakar Bitcoin Days IV : le forum bitcoin du Sénégal, 27 et 28 novembre 2026
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À propos de l'événement
Le Dakar Bitcoin Days revient pour une quatrième édition le vendredi 27 et le samedi 28 novembre 2026 à SEANEMA, le cinéma du centre commercial Sea Plaza, sur la corniche de Dakar, au Sénégal. La première journée porte sur la façon dont les États et les banques centrales traitent les crypto-actifs ; la seconde, sur les paiements transfrontaliers. Les interventions se tiennent en français, en anglais et en wolof, selon le site officiel, et le pass journée coûte 9 900 francs CFA, soit 15,09 € au taux fixe de l’euro. L’entrée est gratuite pour les étudiants.
Le forum reste modeste : environ 350 personnes par édition, d’après le décompte des organisateurs eux-mêmes. C’est son calendrier qui retient l’attention. La banque centrale de la zone franc CFA répète que les crypto-actifs ne sont pas réglementés et refuse d’y voir une monnaie, alors que le comité qu’elle a mis en place rédige encore les premières règles propres à la région.
Jour 1, vendredi : régulateurs, monnaies numériques de banque centrale et réserves de bitcoin
Le site baptise « Jour 1 » le thème institutionnel, et les billets de la page Luma vendent le Jour 1 pour le vendredi et le Jour 2 pour le samedi. Au programme du vendredi : les cadres réglementaires, les monnaies numériques de banque centrale (MNBC, ou CBDC en anglais) et les réserves stratégiques de bitcoin que certains États étudient, c’est-à-dire du bitcoin détenu au bilan d’une institution publique. Les organisateurs annoncent des décideurs publics, des régulateurs, des établissements financiers et des experts. Luma y ajoute la conformité et la gestion des risques.
En toile de fond, les organisateurs citent une « conférence internationale de la BCEAO sur les crypto-actifs » toute récente. La BCEAO, Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, émet le franc CFA pour les huit membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le Sénégal. Sa conférence sur les crypto-actifs et l’innovation numérique s’est tenue à Dakar le 8 mai 2026, avec des gouverneurs de banques centrales africaines et des représentants du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque des règlements internationaux, selon une analyse publiée par Financial Afrik.
Le sujet des monnaies numériques n’a rien d’abstrait ici. La même analyse indique que la BCEAO explore un « e-CFA », version numérique du franc, mais qu’aucune décision d’émission n’a été prise et qu’aucune date n’est fixée. Ni le site du forum ni Luma ne précisent si un représentant de la banque centrale ou du gouvernement sénégalais prendra la parole vendredi.

Jour 2, samedi : paiements transfrontaliers et transferts d’argent
Le samedi est consacré aux paiements transfrontaliers décentralisés. Le site officiel relie ce thème à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et au coût des transferts d’argent pour le commerce, les entrepreneurs et les diasporas, avec Bitcoin et les réseaux blockchain comme outils en débat. La description Luma évoque les envois de fonds de la diaspora, les paiements professionnels à l’étranger et de nouveaux services financiers.
Au Sénégal, le mobile money n’est jamais très loin de ce débat. Wave, opérateur de mobile money, compte parmi les quatre sponsors, et l’un des intervenants annoncés, Modou Sall, est présenté comme expert du mobile money. Aucun programme heure par heure n’est encore publié. Luma promet des conférences, des tables rondes, des ateliers, des démonstrations et du réseautage, pour des entrepreneurs, des étudiants, des développeurs, des banquiers, des juristes, des décideurs publics et des investisseurs.
Dakar Bitcoin Days : les intervenants annoncés à ce jour
Treize intervenants figurent sur le site officiel, sans qu’aucun soit rattaché à une session. Leurs fonctions, telles que le site les donne :
- Abdoulaye Cisse, directeur exécutif chargé de la gestion des risques et de la sécurité informatique chez CGF Bourse.
- Charlene Fadirepo, fondatrice et directrice générale de Mango Digital Strategies.
- Mouhamadou Kouta, chef de projet senior et entrepreneur ; il figure aussi comme hôte de la page Luma.
- Colonel Aly Mime, directeur général de la cryptologie et de la sécurité des systèmes d’information.
- Dr Abdoulaye Ndiaye, économiste et professeur à NYU.
- Serigne Mouhamed Ndiaye, Eclipse Holdings, programme Yoonu Leer.
- Antoine Ngom, directeur général de GSIE et président de l’OPTIC.
- Sébastien Ramos, entrepreneur.
- Modou Sall, expert du mobile money.
- Idrissa Seck, formateur chez Xamlé Bitcoin.
- Dr Michel Seck, docteur en cryptographie, professeur à l’EPT.
- Karim Sy, fondateur de Jokkolabs.
- Ndongo Samba Sylla, économiste.
L’appel à intervenants, publié sur Sessionize, s’est clos le 18 octobre 2026 à 23 h 59 UTC. Il demandait des présentations de 30 minutes au plus sur Bitcoin, les questions monétaires ou les paiements transfrontaliers en Afrique : la liste peut donc encore s’allonger.
Billets pour le Dakar Bitcoin Days : 9 900 FCFA par jour, environ 15 €
Le pass standard coûte 9 900 FCFA par jour, chiffre du site officiel comme de l’annonce Luma. L’équivalent en euros est exact, pas approximatif : le franc CFA est arrimé à l’euro à raison de 655,957 francs pour 1 €, parité que la BCEAO a rappelée en 2022 pour démentir des rumeurs de dévaluation. 9 900 divisé par 655,957 donne 15,09 €. Le pass comprend le déjeuner et une collation, les conférences et ateliers, ainsi que l’accès aux stands des partenaires.
Les étudiants ne paient rien, mais doivent s’inscrire via un formulaire et présenter un justificatif de statut en cours de validité. Un pass Premium, limité à 20 places, couvre les deux jours, l’espace VIP et le balcon, le petit-déjeuner, un déjeuner servi, le cocktail de clôture et des goodies. Les données de billetterie qui alimentent la page Luma le facturent 100 000 FCFA (152,45 €) et arrêtent les ventes le 22 novembre, même si ce prix n’apparaît pas dans l’encadré de billetterie de la page.
Le moyen de paiement colle au sujet. Le site cite Banxaas pour le bitcoin, Guichet.com et Gnudem.com pour le mobile money et Luma pour les cartes bancaires, et sa FAQ invite à payer en sats ou en francs CFA, dans le but déclaré que chacun comprenne le fonctionnement des portefeuilles et des transactions bitcoin. Banxaas figure aussi parmi les sponsors.
Lieu, horaires et anciennes dates encore affichées
SEANEMA est le cinéma de Sea Plaza, à Dakar. Aucune adresse postale n’est publiée ; Luma donne des coordonnées GPS et le code Plus MGVG+95X. Le site officiel n’indique pas d’horaires quotidiens. Les données d’événement de Luma vont du vendredi 8 h 00 au samedi 16 h 00 (UTC), ce qui pourrait être une valeur provisoire : Coindaro présente donc le forum comme deux journées entières, en attendant un programme horaire. Dakar vit à l’heure UTC toute l’année, soit une heure de moins qu’à Paris en hiver : 8 h 00 à Dakar, 9 h 00 à Paris.
Les billets journée de Luma se décrivent encore comme valables pour le vendredi 6 et le samedi 7 novembre, une date antérieure. Le site officiel, Sessionize et les données propres à l’événement sur Luma indiquent tous les 27 et 28 novembre.
Trois éditions depuis 2022, selon les organisateurs
Le forum a changé de lieu à chaque fois, et le site ne mentionne aucune édition en 2024 :
| Édition | Dates | Lieu | Thèmes et chiffres (déclarations des organisateurs) |
|---|---|---|---|
| 1re | 2-3 décembre 2022 | Dakar | Présenté comme le premier forum entièrement consacré à Bitcoin en Afrique ; pédagogie sur l’histoire de la monnaie, l’inflation et le protocole ; plus de 350 participants de plus de dix nationalités |
| 2e | Décembre 2023 | Grand Théâtre de Dakar | Adoption, Lightning, paiements, entrepreneuriat ; pas de chiffre de fréquentation |
| 3e | 29-31 octobre 2025 | CICES, Dakar | Inclusion financière, Lightning Network ; pas de chiffre de fréquentation |
| 4e | 27-28 novembre 2026 | SEANEMA, Sea Plaza | Réglementation des crypto-actifs et paiements transfrontaliers |
Les organisateurs revendiquent en moyenne 350 participants par édition, plus des centaines de spectateurs en direct sur YouTube ; la page Luma parle de près de 1 000 personnes sur les trois premières. Coindaro n’a trouvé aucun comptage indépendant. Les participants sont venus du Sénégal, du Mali, du Kenya, du Nigeria, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, d’Inde, des États-Unis et de France, entre autres, affirment les organisateurs. Le forum dure un jour de moins qu’en 2025.
Les sponsors sont Btrust, Wave, Banxaas et Eclipse. Les partenaires sont l’OPTIC, SenStartup, Alliance Fintech UEMOA, Bitcoin Sénégal, Yité Technologies et Afro Group. Le pied de page du site affiche toujours « Dakar Bitcoin Days III » et sa FAQ parle d’une troisième édition, restes de 2025.
Bitcoin au Sénégal : un forum dans une zone grise réglementaire
L’UEMOA n’a pas encore de régime complet pour les cryptomonnaies. Lors de la présentation du rapport annuel 2025 de la BCEAO à Dakar, le 22 juillet 2026, le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a résumé la situation en trois phrases courtes : « Ce n’est pas une monnaie. Ce n’est pas réglementé. Donc soyez prudents. » La citation provient d’une analyse du juriste Péléni Jonathan Aimé Koné dans Financial Afrik, qui énumère les risques cités par le gouverneur : la volatilité, l’anonymat d’opérations souvent transfrontalières et l’exposition aux cyberattaques. L’auteur souligne qu’il s’agit d’une mise en garde, non d’une interdiction formelle de détenir ou d’échanger.
Certaines règles touchent déjà le secteur. Une loi uniforme de lutte contre le blanchiment adoptée le 31 mars 2023 soumet les prestataires de services sur actifs virtuels à son champ et leur impose un agrément préalable, mais les modalités de cet agrément ne sont pas encore fixées, précise l’analyse. Un comité baptisé C-CRYPTO, présenté lors de la conférence de mai, prépare des règles pour l’union monétaire. La BCEAO a refusé d’en donner la date.
Un forum dakarois qui met monnaies numériques de banque centrale, réserves de bitcoin et mobile money au même programme se situe dans cet entre-deux. Pour ceux qui découvrent l’actif, notre guide pour comprendre Bitcoin pose les bases.
Pourquoi les lecteurs en France peuvent le suivre
Les événements bitcoin en Afrique de l’Ouest francophone sont rares, et celui-ci se déroule surtout en français. Le débat du samedi sur les transferts d’argent concerne les envois que des familles installées en France adressent à leurs proches au Sénégal. Grâce à la parité fixe, les prix se lisent facilement en euros, et l’heure de Dakar n’a qu’une heure de décalage avec Paris en hiver.
Côté français, un point de repère : les prestataires de services sur crypto-actifs qui s’adressent aux résidents européens relèvent du règlement MiCA, et l’AMF agrée ceux établis en France. Rien de tel n’existe encore dans la zone UEMOA, ce qui rend le débat dakarois d’autant plus attendu.

L’Afrique aligne plusieurs rendez-vous crypto cet automne. La Nigeria Blockchain and AI Week à Lagos se tient les 6 et 7 novembre et le Africa Stablecoin Summit au Cap les 12 et 13 novembre, tous deux avant Dakar. L’Africa Bitcoin Conference à Blantyre, au Malawi, est l’autre rassemblement du continent consacré uniquement à Bitcoin.
Ce qu’on ignore encore
Aucun programme horaire n’est publié et aucun intervenant n’a de créneau. Les horaires quotidiens, l’adresse postale et le nom d’un organisateur juridique manquent aussi. Les organisateurs ne donnent aucun objectif de fréquentation pour 2026, et rien n’indique si la BCEAO ou le gouvernement y participeront. Les ventes Premium s’arrêtent le 22 novembre ; le prochain rendez-vous à surveiller est le programme sur le site officiel.






