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Projet · Polygon DeFi

Polymarket, le marché de prédictions crypto

Actif Risque 3/5

À propos du projet

Polymarket est le plus grand marché de prédictions on-chain : une plateforme bâtie sur Polygon où l’on achète et revend des parts « Oui » et « Non » sur des événements à venir, d’une élection à une décision de la Fed, d’un match de football au cours du bitcoin. Une part gagnante rapporte 1 $ et une part perdante ne vaut plus rien. Son prix se lit donc comme la probabilité que la foule attribue à l’événement.

Pour qui cherche « Polymarket France », la réponse tient en une phrase : le site bloque les connexions françaises depuis novembre 2024, après une intervention de l’Autorité nationale des jeux (ANJ), qui y voit des paris en ligne non autorisés.

Depuis son lancement en 2020, l’entreprise a été sanctionnée par la CFTC, le régulateur américain des produits dérivés, a vu l’appartement de son fondateur perquisitionné par le FBI, a obtenu le classement des enquêtes américaines, puis a reçu 1,6 milliard de dollars d’Intercontinental Exchange (ICE), propriétaire de la Bourse de New York. En octobre 2026, elle exploite deux plateformes : le site international, fermé aux résidents américains, et Polymarket US, une bourse régulée par la CFTC. L’Italie la bloque elle aussi comme site de jeux non autorisé.

Dernier épisode en date : le 14 octobre 2026, StarkWare a ouvert au public OffMarket, une couche de confidentialité qui passe des ordres sur Polymarket pour des traders qui n’y ont jamais ouvert de compte.

Comment fonctionne Polymarket : des parts Oui et Non entre 0 et 1 $

Il n’y a pas de bookmaker. Polymarket ne fixe aucune cote et ne prend pas l’autre côté du pari : les utilisateurs échangent entre eux et le prix suit l’offre et la demande. Une part « Oui » à 0,62 $ signifie qu’à cet instant, le marché estime la probabilité de l’événement à environ 62 %.

Chaque part est couverte à 100 %

Selon la documentation de Polymarket (consultée le 14 octobre 2026), un dollar de collatéral crée une part « Oui » et une part « Non ». À la résolution du marché, la part gagnante est remboursée 1 $, l’autre 0 $. Comme chaque paire est payée en entier dès le départ, le produit de base ne comporte ni effet de levier ni contrepartie susceptible de faire défaut.

Les parts sont des jetons ERC-1155 sur Polygon PoS (chain ID 137). Selon le marché, elles sont enregistrées comme Conditional Tokens de Gnosis ou comme positions « Polymarket Protocol V2 ». On négocie depuis un portefeuille intelligent (smart wallet) que l’on contrôle. Le relais de Polymarket peut soumettre les transactions à la place de l’utilisateur, mais la documentation précise que Polymarket ne prend jamais possession des fonds.

Le pUSD a remplacé l’USDC « bridgé » en avril 2026

Jusqu’au printemps 2026, le collatéral était l’USDC.e, la version transférée sur Polygon par un bridge du stablecoin USDC émis par Circle. Depuis la mise à jour V2 du 28 avril 2026, c’est le pUSD (Polymarket USD), un jeton ERC-20 à six décimales. Deux contrats, CollateralOnramp et CollateralOfframp, convertissent l’USDC.e en pUSD et inversement, et la couverture est imposée on-chain. La documentation exclut tout ancrage algorithmique comme toute réserve fractionnaire, et indique qu’aucune cotation du pUSD sur des plateformes extérieures n’est prévue à ce jour.

Dans les faits, le pUSD est un jeton-dollar qui ne sert que chez Polymarket. Sa valeur repose malgré tout sur l’USDC, donc sur Circle. Notre guide des stablecoins pour débutants explique comment fonctionne ce type d’adossement.

Des ordres appariés hors chaîne, réglés sur Polygon

Les échanges passent par un carnet d’ordres central (CLOB). Un opérateur géré par Polymarket apparie les ordres hors chaîne, puis la transaction est réglée sur Polygon par des smart contracts, de façon atomique : les deux jambes passent, ou aucune. Jusque-là, l’utilisateur garde la main sur ses fonds.

L’appariement est rapide et bon marché, comme sur une plateforme centralisée. Le revers : une seule entreprise décide quels ordres se rencontrent, et quand. Le registre des règlements, lui, reste public.

Marchés à plusieurs issues, Combos et Perps

Les événements qui comptent de nombreux gagnants possibles, comme une primaire, passent par ce que Polymarket appelle des marchés à « risque négatif » (negative risk), où une seule issue peut être résolue en « Oui ». La documentation décrit aussi les Combos, des positions combinées dont le prix est obtenu par demande de cotation (RFQ), et les Perps, des contrats à terme perpétuels sur indices, matières premières, cryptos et actions, avec marge et liquidation. Polymarket a annoncé les Perps sur X le 21 avril 2026, selon Bloomberg Law. Nous n’avons pas pu confirmer la date d’un lancement public complet.

Polymarket s’appuie sur deux systèmes de règlement, décrits sur sa page consacrée à la résolution des marchés (consultée le 14 octobre 2026).

La plupart des marchés reposent sur l’Optimistic Oracle d’UMA, un oracle, c’est-à-dire un service qui transmet des faits extérieurs aux smart contracts. Il tient une réponse proposée pour juste tant que personne ne la conteste :

  1. N’importe qui peut proposer un résultat en déposant une caution, en général 750 $ en pUSD.
  2. Une fenêtre de contestation de deux heures s’ouvre. Faute de contestation, le marché est résolu environ deux heures après la proposition.
  3. Une première contestation, assortie d’une caution du même montant, ouvre un nouveau tour de propositions.
  4. Une seconde contestation renvoie la question au Data Verification Mechanism (DVM) d’UMA. Les détenteurs du jeton UMA en débattent pendant 24 à 48 heures, puis votent pendant environ 48 heures. Au total, un marché contesté prend de quatre à six jours.
  5. Si le vote aboutit à « Inconnu » ou à 50-50, chaque part est remboursée 0,50 $.

Polymarket peut aussi publier on-chain un « contexte additionnel » grâce à un contrat qui fait office de tableau d’affichage. D’après la documentation, ces précisions ne peuvent pas changer l’intention fondamentale de la question. Ce qui décide du paiement, c’est le texte complet du règlement du marché, pas son intitulé.

Les marchés crypto « hausse ou baisse » se passent d’UMA. Depuis le 7 août 2026, ils sont résolus sur une moyenne de prix pondérée dans le temps (TWAP) fournie par Chainlink. Le 14 août, les marchés à cinq minutes sont passés d’une TWAP sur 30 secondes à une TWAP sur 60 secondes, selon le journal des modifications de Polymarket. Les contrats V2 ajoutent un OracleAggregator doté de trois modules de rapport (UMA, Chainlink et un rapporteur à adresse unique) ; la documentation ne précise pas quels marchés utilisent le troisième.

Mars 2025 : la querelle du marché sur les minerais ukrainiens

Le point faible du modèle UMA s’est vu en mars 2025. Un marché de 7 millions de dollars demandait si l’Ukraine accepterait un accord sur les minerais avec l’administration Trump avant avril. Le prix du « Oui » a bondi d’environ 9 % à 100 % les 24 et 25 mars, et le marché a été résolu en « Oui » alors que Kiev n’avait rien signé.

Des utilisateurs sur X et Reddit ont accusé un gros détenteur d’UMA d’avoir forcé le vote, a rapporté The Block. Polymarket a qualifié la situation d’« inédite », a jugé qu’il ne s’agissait pas d’une défaillance du marché et a refusé tout remboursement. L’identité de ce détenteur n’a jamais été établie.

Comment Polymarket gagne de l’argent : des frais taker selon la catégorie

Pendant l’essentiel de son existence, Polymarket ne prélevait presque rien sur les échanges. Son journal des modifications date le virage : frais taker sur les marchés crypto à 15 minutes à partir du 5 janvier 2026, sur tous les marchés crypto à partir du 6 mars, nouvelle grille élargie à d’autres catégories le 30 mars, puis taux du sport relevé de 0,03 à 0,05 le 10 juillet.

En octobre 2026, seuls les takers paient, autrement dit ceux qui exécutent un ordre déjà présent dans le carnet. Les makers, dont les ordres attendent preneur, ne paient rien et récupèrent une partie des frais sous forme de remises : 20 % en crypto, 15 % en sport et 25 % ailleurs. La documentation donne la formule : frais = nombre de parts × taux × prix × (1 − prix). Les frais culminent donc quand une part s’échange à 0,50 $ et fondent à mesure que le prix s’approche de 0 ou de 1 $.

Catégorie de marchéTaux de frais taker (oct. 2026)Frais sur 100 parts à 0,50 $
Crypto0,071,75 $
Sport0,051,25 $
Économie, culture, météo, autres0,051,25 $
Finance, politique, mentions, tech0,041,00 $
Géopolitique0 (sans frais)0 $

La ligne crypto reprend l’exemple de la documentation ; les autres appliquent la même formule. À 0,90 $, 100 parts d’un marché politique coûteraient 0,36 $ de frais. Polymarket ne facture ni les dépôts ni les retraits, mais des intermédiaires comme Coinbase ou MoonPay peuvent le faire.

DefiLlama a recensé 481,0 millions de dollars de frais sur les douze mois arrêtés au 14 octobre 2026, et 129,2 millions de revenus, soit la part que Polymarket conserve une fois versées les remises et les récompenses.

Volume, intérêt ouvert et TVL de Polymarket en octobre 2026

Les données ci-dessous viennent de DefiLlama, relevées le 14 octobre 2026 vers 18 h 30 UTC. Elles couvrent le protocole parent : site international, Polymarket US, Combos et Perps.

IndicateurValeurDate
Valeur totale verrouillée (TVL, Polygon)355,7 M$14 oct. 2026, 17 h 38 UTC
Pic de TVL quotidienne580,7 M$4 juin 2026
Volume sur une journée168,8 M$13 oct. 2026 (journée UTC)
Volume sur 30 jours5,15 Md$au 13 oct. 2026
Volume sur un an48,7 Md$au 13 oct. 2026
Volume cumulé (série DefiLlama)58,6 Md$au 13 oct. 2026
Intérêt ouvert632,8 M$13 oct. 2026
Frais sur un an481,0 M$au 14 oct. 2026
Revenus sur un an129,2 M$au 14 oct. 2026

Le 13 octobre, Polymarket US a traité 93,7 millions de dollars de volume, contre 74,1 millions pour le site international, moins d’un an après le début du déploiement de l’application américaine. Le même jour, l’intérêt ouvert atteignait 343,6 millions de dollars sur le site international, 194,2 millions sur Polymarket US et 95,0 millions sur les Perps.

Le volume dépend de qui compte. DefiLlama chiffre juin 2026, son meilleur mois, à 5,95 milliards de dollars. The Block, qui additionne les données de Polymarket et de Polymarket US, parle d’un record de 14,7 milliards en juin, puis de 12,9 milliards en juillet, 8,4 milliards en août et 13 milliards en septembre. Les méthodes diffèrent : ces deux séries ne se comparent pas entre elles.

Deux réserves pèsent sur ces chiffres. Un document de travail de l’université Columbia, publié sur SSRN sans relecture par des pairs et relayé par Fortune le 7 novembre 2025, estimait qu’environ 25 % des échanges sur Polymarket en trois ans ressemblaient à du wash trading, ces allers-retours qui gonflent artificiellement le volume. Le pic approchait 60 % en décembre 2024. L’étude signalait 14 % de 1,26 million de portefeuilles et situait la part à 45 % dans le sport et à 17 % dans les marchés électoraux.

Bloomberg, cité par The Block, a de son côté recensé au moins 34 000 transactions signalées comme de possibles délits d’initiés entre août 2025 et juin 2026.

Historique de Polymarket : de l’amende de la CFTC au 1,6 milliard de dollars d’ICE

2020-2022 : lancement et premier accord avec la CFTC

Shayne Coplan a lancé Polymarket à New York à la mi-2020 ; la CFTC situe ses premiers marchés vers juin de cette année-là. L’entité juridique s’appelle Blockratize, Inc., une société du Delaware. En octobre 2020, elle a annoncé un tour d’amorçage de 4 millions de dollars mené par Polychain Capital, avec parmi les business angels Naval Ravikant, Robert Leshner, fondateur de Compound, et Stani Kulechov, fondateur d’Aave, selon Decrypt.

Le 3 janvier 2022, la CFTC a ordonné à Blockratize de payer une amende civile de 1,4 million de dollars pour avoir exploité sans enregistrement une plateforme d’options binaires sur des événements. L’entreprise devait aussi liquider les marchés non conformes et cesser ces pratiques. Polymarket s’est alors engagé à tenir les utilisateurs américains à l’écart du site. « Tous les marchés de dérivés doivent fonctionner dans le cadre de la loi, quelle que soit la technologie utilisée », avait déclaré Vincent McGonagle, alors directeur par intérim des poursuites de la CFTC (traduit de l’anglais).

2024 : année électorale et perquisition du FBI

Le 14 mai 2024, Polymarket a annoncé 70 millions de dollars levés en deux tours : une série A de 25 millions menée par General Catalyst et une série B de 45 millions menée par Founders Fund, avec Vitalik Buterin et Dragonfly parmi les investisseurs. L’intérêt ouvert a atteint le record de 463 millions de dollars le jour de l’élection présidentielle américaine, le 5 novembre. Le marché sur la présidentielle, résolu en faveur de Donald Trump le 6 novembre, a brassé 3,64 milliards de dollars, selon Decrypt.

Le 13 novembre 2024, des agents du FBI ont perquisitionné l’appartement de Shayne Coplan à Manhattan et saisi son téléphone ainsi que d’autres appareils ; il n’a pas été arrêté. Bloomberg a fait état d’une enquête du ministère américain de la Justice pour savoir si des Américains utilisaient le site. Le 29 novembre, l’ANJ annonçait que Polymarket avait bloqué l’accès depuis la France après son intervention.

2025 : enquêtes classées et retour aux États-Unis

En juillet 2025, le ministère de la Justice et la CFTC ont clos leurs enquêtes sans poursuites, a rapporté CNBC le 15 juillet. Le 21 juillet, Polymarket a annoncé le rachat de QCEX pour 112 millions de dollars. Le lot comprend QCX LLC, une bourse agréée par la CFTC (designated contract market) depuis le 9 juillet 2025, et QC Clearing LLC, une chambre de compensation enregistrée.

Le 7 octobre 2025, ICE s’est engagé à investir jusqu’à 2 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation d’environ 8 milliards avant l’opération ; selon la presse, la valorisation après l’opération atteignait 9 milliards. ICE distribuera les données d’événements de Polymarket à ses clients institutionnels, et les deux groupes comptent travailler ensemble sur la tokenisation.

Dès le lendemain, Coplan a dévoilé deux tours antérieurs, selon The Block : 55 millions de dollars menés par Blockchain Capital à une valorisation de 350 millions en 2024, puis 150 millions menés par Founders Fund à une valorisation de 1,2 milliard plus tôt en 2025.

Le 25 novembre 2025, la CFTC a approuvé une ordonnance de désignation modifiée qui permet à la bourse américaine de Polymarket de fonctionner comme une plateforme intermédiée : des courtiers et des futures commission merchants y apportent les clients. « Nous sommes reconnaissants pour le dialogue constructif avec la CFTC », a déclaré Coplan (traduit de l’anglais). L’application Polymarket US est arrivée sur iOS le 3 décembre, sur invitation depuis une liste d’attente, avec d’abord des contrats sportifs.

2026 : contrats V2, rachats et nouveaux capitaux

En février 2026, Polymarket a racheté Dome, une jeune pousse d’outils pour développeurs, et Lunch, un cabinet de recrutement de dirigeants. Le 18 mars a suivi Brahma, une société d’infrastructure DeFi fondée en 2021, pour un montant non communiqué, selon Fortune. Brahma doit aider Polymarket à faire monter en charge son infrastructure on-chain et à apporter de la liquidité aux marchés peu actifs.

Le 27 mars 2026, ICE a annoncé un nouvel investissement direct de 600 millions de dollars dans le cadre d’une levée de fonds de Polymarket, auquel s’ajoutent jusqu’à 40 millions d’actions rachetées à des actionnaires existants. Avec le premier milliard d’octobre 2025, ICE estime avoir rempli ses engagements. La valorisation n’a pas été communiquée.

Le protocole V2 est entré en service le 28 avril 2026 vers 11 h UTC, après environ une heure d’interruption. Il apporte de nouveaux contrats d’échange, un carnet d’ordres réécrit et le pUSD. Les ordres signés en V1 ont cessé de fonctionner et les ordres en attente ont dû être replacés.

En août 2026, Bloomberg a rapporté que la levée d’avril s’était conclue sur une valorisation de 15 milliards de dollars, avec l’arrivée de D.E. Shaw et de G Squared, et que Polymarket discutait, à un stade précoce, d’une nouvelle levée d’environ 1 milliard sur la base de plus de 20 milliards. Polymarket n’a pas souhaité commenter, et l’entreprise n’a confirmé aucun de ces chiffres.

Polymarket en France : interdit depuis novembre 2024

C’est la question que se posent le plus les lecteurs français : Polymarket est-il légal en France ? Non. Le service n’y est pas autorisé et ne s’adresse plus au public français depuis fin 2024. Ce qui suit décrit la situation juridique en octobre 2026 et ne constitue pas un conseil juridique.

Pourquoi Polymarket est interdit en France

Le 29 novembre 2024, l’Autorité nationale des jeux (ANJ) a indiqué qu’à la suite de son intervention, Polymarket avait mis en place un géoblocage et que « le site POLYMARKET ne propose plus ses services sur le territoire français ». Le régulateur désigne comme éditeur Adventure One QSS Inc., une société de droit panaméen. Pour l’ANJ, Polymarket relève des paris en ligne proposés sans agrément français.

Le dossier est donc traité en France comme une affaire de jeux d’argent, pas comme un sujet financier : c’est l’ANJ qui est intervenue, et non l’Autorité des marchés financiers (AMF).

L’ANJ rappelle que proposer des jeux d’argent non autorisés en France est un délit, puni de trois ans d’emprisonnement et de 90 000 € d’amende, peines portées à sept ans et 200 000 € lorsque les faits sont commis en bande organisée. Coindaro n’explique pas comment contourner ce blocage, ni par VPN ni autrement.

Et la fiscalité des gains ?

Comme aucune offre n’est autorisée en France, il n’existe pas de régime fiscal propre à Polymarket. À titre d’information générale, la conversion en euros d’actifs numériques comme l’USDC relève en principe, en France, du régime des plus-values sur actifs numériques, à déclarer chaque année. Ce rappel ne rend pas le service légal et ne remplace pas l’avis d’un professionnel.

Polymarket ailleurs : États-Unis, Italie et reste de l’Europe

Hors de France, la carte a bougé plusieurs fois en 2026. Voici la situation en octobre.

États-Unis : une bourse régulée, en conflit avec les États

Le site international est fermé aux Américains. Ils peuvent utiliser Polymarket US, qui fonctionne via QCX LLC, une bourse agréée par la CFTC, dans le cadre de l’ordonnance modifiée du 25 novembre 2025.

L’aval fédéral n’a pas mis fin au bras de fer avec les États qui assimilent les contrats sportifs à des paris. Le Nevada Gaming Control Board a porté plainte en janvier 2026 et obtenu une ordonnance restrictive temporaire datée du 29 janvier. Le 29 mai, le juge Jason Woodbury, du First Judicial District Court du Nevada, a accordé une injonction préliminaire qui interdit les contrats sur le sport, les élections et le divertissement dans l’État le temps de la procédure.

Le Minnesota est allé plus loin avec une loi interdisant purement et simplement les marchés de prédictions, signée le 19 mai 2026. La CFTC et le ministère de la Justice ont attaqué ce texte, Kalshi et Polymarket se sont joints à la procédure, et le 27 juillet un juge fédéral a bloqué l’interdiction avant son entrée en vigueur, ont rapporté The Block et Courthouse News.

Les cours d’appel fédérales sont divisées sur la même question pour Kalshi, le principal concurrent américain de Polymarket. La cour d’appel du troisième circuit a donné raison à Kalshi face au New Jersey en avril 2026. Celle du neuvième circuit a tranché dans l’autre sens dans le dossier du Nevada en août, et le 25 septembre la cour du sixième circuit a jugé que l’Ohio et le Tennessee pouvaient appliquer leurs lois sur les jeux aux contrats sportifs de Kalshi, selon la National Law Review et DeFi Rate. Ce désaccord pourrait porter l’affaire devant la Cour suprême.

Pour le contexte réglementaire américain, voir notre article sur la consultation de la CFTC sur le trading crypto des particuliers et celui qui détaille comment la SEC et la CFTC écrivent les règles crypto aux États-Unis.

Italie : de nouveau sur liste noire en juillet 2026

L’Agence des douanes et des monopoles (ADM), qui régule les jeux en Italie, a tenté une première fois de bloquer Polymarket en novembre 2025. Le site est revenu après un recours de Polymarket devant le tribunal administratif régional du Latium (TAR Lazio). Le 10 juillet 2026, l’ADM l’a réinscrit sur sa liste des sites de jeux non autorisés, et il est inaccessible depuis l’Italie depuis le 27 juillet, selon Gambling.com et Wanted in Rome. La procédure judiciaire est toujours en cours.

Le blocage a coûté un contrat de football à Polymarket. La Lazio de Rome avait signé en avril 2026 un sponsoring maillot de plus de 22 millions d’euros ; le 11 août, le club et Polymarket y ont mis fin d’un commun accord. Le Decreto Dignità italien de 2018 interdit la publicité et le parrainage en faveur des jeux d’argent.

Belgique, Portugal, Espagne, Pologne et Royaume-Uni

En Belgique, la Commission des jeux de hasard a placé Polymarket sur sa liste noire des sites de jeux illégaux à partir du 30 janvier 2025, selon CDC Gaming. Au Portugal, le régulateur SRIJ a ordonné le blocage du site le 19 janvier 2026 après d’importantes mises sur l’élection présidentielle, et Vodafone, MEO et NOS s’y sont conformés, selon ECO ; la loi portugaise n’autorise pas les paris sur des événements politiques.

En Espagne, la direction générale de régulation des jeux (DGOJ) a ouvert en mai 2026 une procédure de sanction contre Polymarket et Kalshi et ordonné un blocage à titre conservatoire, selon Decrypt. La Pologne figure aussi parmi les pays qui restreignent la plateforme, a indiqué Cointelegraph en juillet 2026, quand la République tchèque l’a ajoutée à sa propre liste noire.

Au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority a confirmé le 6 octobre 2026 qu’elle discute avec des opérateurs de marchés de prédictions, dont Kalshi et Polymarket, a rapporté le Financial Times. L’interdiction britannique de vendre des options binaires aux particuliers, en vigueur depuis 2019, reste applicable.

Token et airdrop Polymarket : rien d’officiel en octobre 2026

Polymarket n’a émis aucun jeton. Son centre d’aide, mis à jour le 24 juin 2026, indique que l’entreprise n’a annoncé aucun projet d’airdrop ni d’événement de création de jeton (TGE). Les récompenses de trading et de liquidité sont versées en pUSD. Il n’existe ni adresse de contrat POLY, ni offre, ni répartition.

L’idée revient pourtant sans cesse. Le 23 octobre 2025, le directeur marketing, Matthew Modabber, a déclaré dans le podcast Degenz Live : « Il y aura un token, il y aura un airdrop » (traduit de l’anglais). Blockratize a déposé aux États-Unis les marques « POLY » et « $POLY » le 4 février 2026, selon The Block et Decrypt. Au salon TOKEN2049 de Singapour, le 7 octobre 2026, Coplan a évoqué un actif on-chain lié à l’économie de l’entreprise, sans nommer de jeton, de structure ni de date.

De faux jetons POLY et des pages de « réclamation » circulent déjà. Tant que Polymarket n’a pas annoncé de jeton sur ses canaux officiels, tout contrat POLY ou site d’airdrop doit être considéré comme une arnaque.

OffMarket : la couche de confidentialité de StarkWare pour Polymarket

Chaque transaction sur Polymarket est visible sur Polygon, si bien que les gros portefeuilles sont suivis à la trace. OffMarket, l’outil de StarkWare ouvert au public le 14 octobre 2026 après une diffusion restreinte depuis août, vise à couper ce lien, selon The Block et Crypto Briefing.

Les traders déposent de l’USDC sur Polygon et négocient sans créer de compte Polymarket. Les fonds rejoignent le pool de confidentialité partagé de Starknet, qui contenait environ 1,5 million de dollars répartis sur 17 000 dépôts, d’après des chiffres de L2BEAT cités par StarkWare. Les positions sont détenues par des portefeuilles dérivés des signatures des utilisateurs, et les ordres sont exécutés dans les carnets de Polymarket, au prix du marché. Un ordre privé prend environ une minute, un retrait quelques minutes. Les frais taker de Polymarket s’appliquent toujours, plus de modestes frais de réseau.

  • Les dépôts sont plafonnés à 1 000 USDC par compte ; StarkWare indique que ce plafond évoluera selon la demande.
  • Les clés restent dans le navigateur. Comme les portefeuilles sont dérivés des signatures, les positions peuvent être récupérées si OffMarket tombe en panne.
  • Financial Privacy Inc., une société de conformité extérieure, détient une clé de consultation maîtresse dans une enclave sécurisée et filtre les dépôts au regard des listes de sanctions. Cette clé ne permet pas de déplacer des fonds.
  • OpenZeppelin a audité le contrat du pool en juin 2026 sans relever de faille critique ou de gravité élevée ; StarkWare l’a vérifié formellement en juillet.

OffMarket n’est pas un produit Polymarket. L’outil fonctionne dans le cadre du programme de développeurs vérifiés (verified builder program) de Polymarket, sans partenariat formel, et Polymarket peut désactiver son code de développeur. Il applique les mêmes restrictions géographiques que Polymarket, ce qui exclut notamment les Américains.

La confidentialité reste partielle : la taille et l’horaire d’une transaction peuvent encore trahir un trader, et marchés, prix et transactions demeurent publics. Eli Ben-Sasson, directeur général de StarkWare, dit vouloir apporter « la technologie à divulgation nulle de connaissance à Polymarket via OffMarket » (traduit de l’anglais). StarkWare n’a communiqué ni nombre d’utilisateurs ni volume.

Est-ce que Polymarket est fiable ? Audits et sécurité

Côté code, les contrats de Polymarket ont été audités de nombreuses fois. ChainSecurity a examiné la plateforme d’échange d’origine en novembre 2022, puis l’adaptateur des marchés à risque négatif en avril 2024. Le code V2 a été passé en revue entre mars et août 2026 par Cantina, Quantstamp, Pashov, Zellic et Sigma Prime, avec une vérification formelle de Certora ; les rapports sont publiés sur le GitHub de Polymarket et listés dans sa documentation. Un programme de prime aux bogues tourne sur Cantina. DefiLlama ne recense aucun piratage du protocole.

Un audit ne couvre que le code. Coindaro attribue au projet un risque de 3 sur 5 : audité à de nombreuses reprises, non dépositaire et soutenu par ICE, mais exposé aux régulateurs de plusieurs pays, aux votes UMA sur les marchés contestés, à son propre opérateur d’appariement hors chaîne et, via le pUSD, à l’USDC.

Les prochaines échéances à surveiller

Les procédures de Kalshi pourraient porter devant la Cour suprême la question du pouvoir des États sur les contrats sportifs, et le projet de règle de la CFTC sur les marchés de prédictions reste en suspens. La plainte du Nevada contre Polymarket et le recours italien devant la justice administrative ne sont pas tranchés. En Espagne, le blocage conservatoire avait été fixé pour trois à quatre mois, le temps de la procédure de sanction. Côté jeton, rien n’est programmé : Polymarket dit seulement que toute annonce passera par ses canaux officiels.

Points forts et points de vigilance

Points forts

  • Parts couvertes à 100 % : 1 pUSD adosse une part Oui et une part Non, remboursable 1 $
  • Marchés profonds : 355,7 M$ de TVL (14 oct. 2026) et 632,8 M$ d'intérêt ouvert (13 oct. 2026), selon DefiLlama
  • Portefeuilles non dépositaires et règlement public on-chain sur Polygon
  • Contrats V2 audités par plusieurs cabinets, plus une prime aux bogues sur Cantina
  • Plateforme américaine régulée par la CFTC et soutien d'ICE, propriétaire du NYSE

Points de vigilance

  • Bloqué en France (ANJ, 2024), en Italie (ADM, 2026) et dans plusieurs autres pays européens ; site international fermé aux Américains
  • Les détenteurs du jeton UMA tranchent les marchés contestés, comme dans l'affaire ukrainienne de mars 2025
  • L'appariement des ordres se fait hors chaîne, sur l'opérateur de Polymarket
  • Estimation de wash trading (environ 25 % du volume, document de travail de Columbia non relu par des pairs) qui brouille les chiffres de volume

Équipe

Financement et audits

TourMontantDateInvestisseurs
Seed$4MPolychain Capital (lead), angels incl. Naval Ravikant, Robert Leshner, Stani Kulechov
Series A$25MGeneral Catalyst (lead)
Series B$45MFounders Fund (lead), Vitalik Buterin, Dragonfly
2024 round (disclosed 8 Oct 2025)$55M at $350M valuationBlockchain Capital (lead)
2025 round (disclosed 8 Oct 2025)$150M at $1.2B valuationFounders Fund (lead), Ribbit, Valor, Point72 Ventures, SV Angel, 1789, 1confirmation, Coinbase, Dragonfly
Strategic (ICE, first investment)$1B (part of up to $2B; $8B pre-money)Intercontinental Exchange
Strategic (ICE, second investment)$600M (+ up to $40M secondary)Intercontinental Exchange

Feuille de route

  1. 2020Polymarket nasce a New York; round seed da 4 milioni $ guidato da Polychain (ottobre)Fait
  2. 2022-01-03Patteggiamento con la CFTC (1,4 milioni $); sito internazionale chiuso agli utenti USAFait
  3. 2025-07-21Polymarket acquista QCEX (112 milioni $), borsa e camera di compensazione autorizzate dalla CFTCFait
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